L'année 1976 fut une année riche en événements pour l'équipe de France de rugby, marquée par le Tournoi des Cinq Nations et les Jeux Olympiques de Montréal. Cet article se penche sur la composition de l'équipe et son parcours durant cette année.

Tournoi des Cinq Nations 1976
L'équipe de France a participé au Tournoi des Cinq Nations 1976, avec des résultats mitigés :
- 7 février 1976: Italie - France (11 - 23)
- 7 février 1976: France - Irlande (26 - 3)
- 6 mars 1976: Pays de Galles - France (19 - 13)
- 20 mars 1976: France - Angleterre (30 - 9)
En fait, ce Grand Chelem a pris racine en 1976, quand le Pays de Galles nous en a privés.
Les Jeux Olympiques de Montréal 1976
À l’occasion des Jeux de Montréal, en 1976, le football français honore sa dixième présence au sein du rendez-vous olympique. La sélection française, dirigée par Gaby Robert, s’est qualifiée en dominant les Pays-Bas puis la Roumanie. Le règlement olympique exige que les joueurs soient amateurs et acceptent de fait ceux qui n’ont pas encore signé leur premier contrat pro.
Composition de l'équipe olympique
Parmi les joueurs sélectionnés, on retrouve de jeunes talents qui marqueront l'histoire du football français :
- Michel Platini, 21 ans, qui compte déjà deux sélections chez les A.
- Olivier Rouyer et Paco Rubio (Nancy)
- Bruno Baronchelli, Loïc Amisse et Eric Pécout (Nantes)
- Patrick Battiston (Metz)
- Henri Zambelli (Nice)
- Jean Fernandez (Marseille)
- Jean-Marc Schaer (Saint-Etienne)
Parmi les 17 joueurs qui ont fait partie du groupe présent aux Jeux de Montréal, sept connaitront l’équipe de France A au cours de leur carrière : Michel Platini, bien entendu (72 sélections, 41 buts), Patrick Battiston (56 sélections, 3 buts), Olivier Rouyer (17 sélections, 2 buts), Loïc Amisse (12 sélections, 2 buts), Bruno Baronchelli (6 sélections, 1 but), Eric Pécout (5 sélections, 1 but) et Francis Meynieu (1 sélection avant les JO). Henri Zambelli sera convoqué 4 fois, mais n’entrera jamais en jeu.
Parcours aux Jeux Olympiques
L’aventure olympique de nos jeunes Bleus commence au Landsowne Park d’Ottawa devant plus de 14.000 spectateurs. Il s’agit d’un départ en fanfare, car les Tricolores s’imposent 4-1 face au Mexique, une performance qui rappelle inévitablement l’exploit du stade Azteca aux Jeux de 1968. L’équipe de Gaby Robert est tombée dans le seul groupe du premier tour comptant quatre équipes. Treize pays seulement participent au tournoi, le Nigeria, le Ghana et la Zambie s’étant retirés quelques jours avant le début pour suivre le boycott des pays africains.
Le deuxième match des Bleus se déroule au Stade municipal de Sherbrooke où ils sont opposés au Guatemala. Face à un adversaire de faible calibre, les Français déroulent et appliquent le même score que contre les Mexicains (4-1). Le troisième match des Français se déroule au stade olympique de Montréal, le stade principal des Jeux. L’équipe de France est qualifiée pour le cinquième quart de finale de son histoire olympique. Elle retourne à Ottawa où l’attend un adversaire redoutable, la RDA.
Comme toutes les nations d’Europe de l’Est, cette sélection est-allemande évolue avec les meilleurs joueurs du pays. Le statut d’athlète d’Etat alors en vigueur dans les pays de l’Est échappe aux critères de professionnalisme imposés par le CIO. Le drame de l’équipe de France est qu’elle tombe cette année-là sur l’une des plus belles générations du football est-allemand. A Ottawa, face aux Français, les Allemands de l’Est font une démonstration de leur supériorité. À la demi-heure, l’attaquant Wolfram Löwe se faufile dans la défense tricolore et bat Jean-Claude Larrieu d’un tir à bout portant.
Tout bascule en deuxième période, à l’heure de jeu, quand l’arbitre Alberto Michelotti accorde un penalty aux Allemands de l’Est pour une faute d’Alexandre Stassievitch. L’italien croit bon d’en rajouter un peu, en adressant un carton rouge à Paco Rubio puis à Jean Fernandez ! Menés de deux buts et réduits à neuf, face à une équipe qui s’était montrée plus forte auparavant, c’est la fin de l’aventure pour les jeunes Tricolores. La déception est vive mais les Tricolores, même si l’arbitrage ne leur a pas été favorable, admettront qu’ils sont tombés sur plus fort qu’eux.
Cette magnifique équipe de RDA, au jeu vif et offensif, poursuivra son chemin en écartant l’URSS d’Oleg Blokhine en demi-finale (2-1) puis en battant le tenant du titre polonais en finale au stade olympique (3-1).
| Date | Match | Résultat |
|---|---|---|
| 7 février 1976 | Italie - France | 11 - 23 |
| 7 février 1976 | France - Irlande | 26 - 3 |
| 6 mars 1976 | Pays de Galles - France | 19 - 13 |
| 20 mars 1976 | France - Angleterre | 30 - 9 |
| 12 juin 1976 | États-Unis - France | 14 - 33 |
| 24 octobre 1976 | France - Australie | 18 - 15 |
| 30 octobre 1976 | France - Australie | 34 - 6 |
| 14 novembre 1976 | Roumanie - France | 15 - 12 |