Le rugby, bien plus qu'un simple sport, est une véritable passion qui anime les cœurs, surtout dans le sud-ouest de la France. Cet article explore l'histoire et le fonctionnement du Comité de Rugby Midi-Pyrénées, une institution clé dans le développement de ce sport dans la région.

Carte de la région Midi-Pyrénées
Les Racines du Rugby : Un Héritage Ancien
Qui s’intéresse à la naissance et à l’expansion de ce jeu singulier doit retenir que, quand les jeunes Français se virent proposer la pratique du football rugby, vers 1880, ils étaient déjà dotés d’une triple tradition qui les disposait à l’accueillir et à le faire fructifier : celle qu’avaient implantée dix-neuf siècles plus tôt les occupants de la Cisalpine ou de la Narbonnaise, celle que les joueurs de « soule » avaient maintenue pendant cinq ou six siècles dans les provinces de l’Ouest, et celle de la « barette » jouée couramment dans les provinces du Centre et du Midi.
De tous ces jeux, c’est à coup sûr l’harpastum qui préfigure le mieux le rugby, joué qu’il était sur un vaste rectangle où les joueurs pouvaient se ceinturer, se jeter au sol. Que ce jeu n’ait été qu’une adaptation romaine de la pheninde grecque et plus précisément Spartiate, ou qu’il provienne plutôt d’Alexandrie ou de Sicile, le fait est qu’il imposait d’ores et déjà une certaine vision d’un jeu d’équipe autour et à propos d’une balle dans les colonies de la France méridionale.
Ce n’est que vers l’époque de Louis VII qu’apparaît, comme une sorte de phénomène collectif, un jeu à la fois étrange et simple qu’on appela la « soule ». « Le jeu de la soule est un jeu accoustumé de faire le jour de Noël entre les compagnons du lieu de Coriat en Auvergne, et se diversifie et divide icelui jeu en telle manière que les gens mariés sont d’une part et les non-mariés de l’autre et se porte la dite soule ou boulle d’un lieu à l’autre et se l’ostent l’un l’autre pour gaigner le pris et qui mieulx la porte a le prix dudit jour » (1450, Archives nationales).
S’il est moins facile de situer l’origine historique de la soule que sa zone d’implantation géographique, nous l’avons vu, il est plus difficile encore de dater l’invention de la « barette », qui ne semble pas remonter à une époque très antérieure à la Révolution.
L'Émergence du Rugby Moderne
Un jour de 1823 pourtant, un certain William Webb Ellis, élève bien noté, se saisit de la balle et se mit follement à courir, la portant dans ses bras, vers les buts d’en face. La stupéfaction fut telle et le coup parut si beau qu’il ne fut pas exclu sur-le-champ et que la règle commença d’être remise en question.
25 moments imparables du rugby français
C’est en 1871 que sont adoptées, au cours d’une conférence des clubs formant la Rugby Union, les règles du jeu qui n’est d’ailleurs pas encore à quinze, mais à vingt : de nombreuses illustrations de l’époque montrent des mêlées rassemblant plus de trente joueurs. Ce n’est qu’en 1877 que sera définitivement arrêté l’effectif d’une équipe de football rugby.
C’est en Normandie, pays de la soule (ou pelote, ou éteuf), que va pour la première fois rebondir l’étrange œuf de cuir inventé et mis au point au nord de la Manche. Mais, pendant plusieurs années, seuls de jeunes Anglais y manient le ballon : au Havre, en 1872, on commence à voir quelques-uns d’entre eux s’ébattre, balle en mains, sur un terrain vague de Sainte-Adresse.
L'Essor du Rugby en France et la Méridionalisation
En fait, c’est surtout la guerre de 1914 qui le prolétarisera, alors que c’est quelques années plus tôt, dès 1899, que les équipes méridionales avaient commencé de provoquer la grande transhumance du jeu à quinze. Glissement social et transfert géographique finiront par se confondre.
A partir de 1904, le fameux « bouclier de Brennus », ainsi dénommé non par référence au guerrier gaulois, mais à Charles Brennus, le graveur responsable de cet « objet d’art », devenu ensuite président de la Fédération du jeu à quinze, ne quitta guère les abords de la Gironde que pour émigrer vers Lyon, puis Toulouse (1912), Bayonne (1913) et Perpignan (1914).
De cette conquête ou reconquête du rugby venu du nord par le Midi de la France, surtout pyrénéen et garonnais, il faut tenter de trouver une ou plusieurs explications. Il n’allait pas de soi que - mis à part une équipe parisienne comme celle du Racing, composée pour les quatre cinquièmes de garçons venus d’Aquitaine ou du Languedoc, et une autre, celle du PUC, qui rassemble des éléments aussi divers d’origine que l’université parisienne dont elle est l’expression - le rugby français soit à ce point monopolisé par les gens de l’Adour et des Corbières.
A la méridionalisation du rugby français, apparemment mystérieuse, on peut trouver quelques raisons d’inégale importance, mais qui ont toutes contribué à l’ampleur et à la profondeur du mouvement. La première, c’est peut-être ce jeu de la barette, longtemps pratiqué dans les villages et les écoles du Centre et du Midi, qui a pu assurer aux jeunes gens des pays d’Occitanie, de Limoges à Narbonne et de Grenoble à Biarritz, une solide prédisposition au maniement rapide du ballon ovoïde et à la course d’esquives.
31 mars 1912 : 15 000 Toulousains acclament aux Ponts-Jumeaux leurs 15 champions. Au terme d'une saison sans défaite, ils ont battu le prestigieux Racing club de France. C'est pour le Stade toulousain le premier bouclier de Brennus ; 19 autres suivront, faisant des « Rouge et noir » l'équipe la mieux titrée de France et d'Europe.
Le Blagnac Sporting Club Rugby (BSCR) : Un Exemple de Développement Local
Des années folles à l’après guerre, le rugby est depuis le début du siècle un sport populaire dans le Sud-ouest. A Blagnac de nombreux jeunes s’y adonnent cependant de manière désorganisées jouant le plus souvent dans l ile de l’Arigné . C est alors qu’en 1922, MM. Lapeyrade , Gendre et Lavigne créent le BSC , un club omnisport .
La Mairie cède alors en 1922 un terrain, non loin du stade actuel, ou footballeurs et rugbymen se partagent la zone, ce même terrain a été défriché par leurs soins. Les matchs sont soumis à une logistique sommaire ; et laissent place à des scènes cocasses et surprenantes quand les joueurs eux même changent les poteaux entre chaque matchs.
Fier d’arborer les couleurs rouge et bleu, les premiers rugbymen de Blagnac remportent le premier sacre de l’histoire du club en 1937. Cette ascension va être brutalement arrêtée avec la guerre qui va faire rage de 1939 à 1945.
Ainsi le nouveau maire de la ville décide de nommer Ernest Argelès, alors président du football, en charge du rugby. A peine arrivé et les résultats ne se font pas attendre avec une coupe des pyrénéens et un titre de champion des Pyrénées de IVème séries glanés de 1948 à 1949.
Des sa prise de fonction, les résultats ne se font pas attendre, avec une Coupe des Pyrénées puis un titre de Champion de 4eme série dans la foulée, en 1949. Jusqu’alors peu soucieuse des sports, et faute de moyens, la Mairie met en place les premiers équipements du club.
Les « Rouge et Bleu » se voient octroyer un terrain exclusif, proche de l’emplacement de notre stade actuel, à ne plus partagé avec le football. Une première tribune y est construite, faite de tôles, de bois, et montée sur pilotis pour éviter sa destruction les jours de crues.
Cependant, rarement l’homme l’emporte sur la nature, et un jour de 1952, une terrible inondation emporte tout sur son passage. « STF, sans terrain fixe », du moins déportés à la Meunière, nos Blagnacais n’en déchantent pas moins, voyant leurs rangs grandir en même temps que le Village devient Ville.
En effet une équipe réserve et une équipe junior se constituent, et loin d’être des vagabonds, ce sont plutôt de vrais princes qui remplissent de victoires et de trophées leurs baluchons, comme lors de la saison 54-55. Vainqueurs du Challenge de Toulouse, Champion de 2eme série et Vice Champion de France.
De 1955 à 1960, la Razzia continue avec une accession en Promotion Honneur, dont l’équipe est rapidement championne, suit un titre de Champion de France, auquel s’ajoute 2 titres de champions Honneur et la montée en 3éme division. En plus du succès, le club se dote d’un tout nouveau complexe en 1957, et Ernest Argeles en visionnaire et précurseur, crée l’école de rugby l’année suivante.
En 1960, les Rouges et Bleus entrent dans la cour des grands. En 1967, le complexe s’agrandit, un second terrain est édifié, s’y ajoute l’entrée du stade et un logement pour le gardien, conséquences du développement du Club, de la société de loisir, et de la croissance exponentielle du nombre de spectateurs.
Lancés, dés la saison suivante, alors que le Club avait connu les affres de la relégation ; nos Rouge et Bleu accèdent de nouveau à la 3éme Division. Ce groupe de joueurs talentueux, entrainé par James Carles et Roger Guiter, réalisent un grand coup dans l’histoire du BSCR.
Héritage conséquent pour notre société actuelle, les années 80 ont été fondatrices pour le Monde d’aujourd’hui : politiquement (chute de l’URSS), culturellement ( Michael Jackson, Madonna, U2, les radios « libres », Run DMC, Police…) technologiquement ( naissance du CD, de Windows, de MacIntosh, d’Internet…). C’est un trait d’union entre l’ensemble des progrès passés et une vision futuriste de notre existence.
En 1988, la tactique est la même qu’en 1982, le groupe s’acclimate au niveau de la Division, donne un avertissement à ses concurrents, ici en gagnant le Challenge Riquet face à l’US Carcassonne, et monte en fin saison.
En 1992, alors redescendu en Groupe B, le Club réalise un dernier coup d’éclat en gagnant Montauban 22 à 16, avant de quitter l’élite quelques temps. Entre alors en jeu les données économiques, et la vision financière puis scientifique du Rugby remplacent peu à peu l’amour du clocher et le sympathique amateurisme ancestral de notre sport.
A l’aube du XXI éme Siècle, le BSCR a su négocier tant bien que mal le virage du professionnalisme. Aprés 2 années difficiles, le retour en Fédérale 1 est effectué brillament en étant en Juin 2010 Champion de France Fédérale 2 face à Strasbourg, et par un score sans appel (33-12) c’est la reconquête d’un public et d’un statut qui s’opère.
« 2012 » est le point d’orgue d’une longue Histoire de prés de 90 ans. Le BSCR c’est cette équipe qui a oscillé entre les hauts et les bas, c’est ce groupe qui à l’instar des grands Clubs a connu la gloire et la défaite, un club qui malgré l’évolution de son sport est resté attaché à ses valeurs fondatrices.
L'Association Sportive de Tournefeuille Rugby (AST)
C'est en 1977 que la section Rugby à XV de Tournefeuille a vu le jour à l'initiative d'un groupe d'ainés, de vétérans et de jeunes, au sein de l'Association Sportive de Tournefeuille Omnisports.

Tournefeuille Rugby
Le club monte petit à petit les échelons des divisions régionales en remportant au passage le titre de Champion de Midi-Pyrénées de 3ème série en 1980 (victoire en finale contre Verdun/Garonne à Villemur sur le score de 15 à 6 après prolongation).
De 1989 à 1996, le club évolue entre l'Honneur et la Promotion d'Honneur du comité Midi-Pyrénées.En 1997, l'AST joue pour la 1ère fois de sa jeune existence en 3ème division. En 1998, c'est le doublé Champion Honneur en équipe 1 et en équipe 2, avec une nouvelle montée en 3ème division. Cette saison est une année faste, puisque l'équipe réserve devient Championne de France de sa catégorie en dominant Sallanches.
L'AST reste alors six saisons en Fédérale 3, de 1999 à 2004. A la fin de la saison 2004, l'AST monte pour la 1ère fois de son histoire en Fédérale 2.
En 2009 en se classant 3ème de sa poule, l'AST se qualifie pour les phases finales de la Fédérale 2 et va accéder en Fédérale 1 (1ère division amateur). L'AST se maintient en Fédérale 1 pendant deux saisons (2010 et 2011) avant de rejoindre la Fédérale 2 pour les saisons 2011/2012, 2012/2013 et 2013/2014.
L'AS Tournefeuille Rugby, descendu en Fédérale 3 à l'issue de la saison 2013/2014, démarre la saison 2014/2015 comme un nouveau défi ! L'AST développe par ailleurs depuis de nombreuses années une politique résolument tournée avec la formation avec une Ecole de Rugby et un Pôle formation parmi les plus importants de France.
Depuis 2019, le club évolue en Fédérale 3. Tournefeuille rugby développe depuis de nombreuses années une politique résolument tournée vers la formation avec une Ecole de Rugby et un Pôle formation parmi les plus importants de France. Le club compte près de 880 licencié(e)s, joueurs, joueuses, dirigeants, éducateurs, soigneurs, entraîneurs et bénévoles.
Quelques figures du club
- Fabien Galthié: "À 6 ans, quand mon père a créé l'école de rugby de Tournefeuille. J'étais au CP à l'école du Moulin à vent. Je me souviens encore de mon premier survêtement, bleu et noir, avec l'écusson AST dessus."
- Vincent Clément: "J'ai joué à l' AST durant mes quatre années de collège à Pahin, avant de partir à Colomiers. J'y ai découvert ce sport. Je débutais, et j'ai été très bien accueilli à l'école de rugby."
- Mathieu Bélie:"J'ai passé sept années au club, je me rappelle de mes éducateurs : Maurice Marty, Pierre Gouazé, Pierre Coumin, Michel Petrucci, Tony, Gérard Roziers. Au début je jouais pour m'amuser avec mes copains.
Gouvernance et Hommage
Il s’agit de Jean Pous (Médecin référent - Coq Léguevinois), Jocelyn Brousse (Toulouse R.C), Michel Jacomet (Stade Toulousain), Yves Lagarrigue (Toulouse E.C), Philippe Lecomte (S.C Montastrucois), Laurent Martinie (U.S Cazères) et Michel Minvielle-Larrousse (Stade St Orennais XV).
Dans son allocution de clôture, et en présence d’Alain Doucet, Président de la Ligue Occitanie de Rugby, le nouveau président a tout d’abord exprimé sa joie quant à ce dénouement favorable et a remercié les clubs pour leur confiance accordée : « Ce soir je tenais à vous remercier pour votre soutien et vous exprimer toute ma gratitude.
Il ne faudra pas les oublier. Ils ont tous oeuvré à leur façon faisant du Comité Midi-Pyrénées de Rugby, un des Comités Territoriaux les plus importants sur le plan national. Je voudrais leur rendre un dernier hommage à l’occasion de l’Assemblée Générale de juin, où je souhaiterais amener une touche spéciale.