Histoire de l'équipe de football du Ghana : Des Black Stars à l'unité africaine

La Fédération Ghanéenne de Football (GFA) a joué un rôle crucial non seulement dans le développement du football au Ghana, mais aussi dans la promotion du panafricanisme et de l'unité africaine. Cet article explore l'histoire de la GFA, son impact politique et social, ainsi que les défis contemporains auxquels elle est confrontée.

Les Débuts de la Fédération et l'Influence de Kwame Nkrumah

Le 6 mars 1957, le Ghana, sous la direction de Kwame Nkrumah, accède à l'indépendance. Nkrumah, Premier ministre puis président, voit le football comme un outil puissant pour l'unité nationale et africaine.

Dès 1957, il réforme la Fédération Ghanéenne de Football et nomme Ohene Djan, un de ses proches collaborateurs, à sa tête.

Nkrumah croyait fermement que le sport, et en particulier le football, pouvait jouer un rôle majeur dans le développement de l'unité et de la compréhension entre les régions du Ghana.

Il pensait également que les compétitions internationales avec d'autres États africains pouvaient fournir une base nécessaire de compréhension mutuelle, contribuant à la réalisation de l'idéal d'unité en Afrique.

La révolution du football ghanéen débute en 1957. Kwame Nkrumah a sans doute quelque chose de monumental en tête. Nkrumah en est alors convaincu : le ballon rond et plus globalement le sport « peuvent jouer un grand rôle dans le développement de l’unité et de la compréhension entre les régions du Ghana… Grâce aux compétitions internationales avec d’autres États africains, le sport peut aussi fournir une base nécessaire de compréhension mutuelle, qui peut grandement aider à la réalisation de notre idéal d’unité en Afrique.

En 1958 se déroule le premier championnat d’envergure nationale, qui regroupe deux équipes des quatre municipalités du pays, Accra, Kumasi, Sekondi et Cape Coast. En parallèle, le Ghana intègre la FIFA et la CAF, en 1958 puis 1960, officialisant son entrée dans l’arène du football des nations.

La Création des Real Republicans

En 1961, Nkrumah crée le club des Real Republicans. Cette formation unique est composée de deux joueurs sélectionnés dans chaque équipe du championnat national, choisis par le gouvernement.

Cette initiative vise à maximiser l'esprit d'équipe et les automatismes collectifs au sein de la sélection nationale.

Champions en 1963 et quadruples vainqueurs de la Coupe du Ghana, les Real Republicans deviennent la colonne vertébrale de la triomphante sélection ghanéenne, qui remporte consécutivement la CAN sur ses terres en 1963, puis en Tunisie en 1965.

Cependant, ce modèle de recrutement centralisé suscite des critiques et illustre l'autoritarisme du régime de Nkrumah.

En 1961 est ainsi créé le club des Real Republicans. Une formation complètement à part, dont l’effectif est composé de deux joueurs sélectionnés dans chaque équipe du championnat national, choisis par le gouvernement. Évidemment, les autorités optent presque invariablement pour les meilleurs éléments de chaque formation. La crème de la crème des joueurs du pays, et donc de la sélection, se retrouve ainsi à évoluer dans le même club, toute l’année. De quoi maximiser l’esprit d’équipe, la mise en place tactique et les automatismes collectifs.

Systématiquement pillés de leur meilleurs joueurs, les autres grands clubs ghanéens et leurs supporters dénoncent les dérives d’une équipe identifiée comme celle du gouvernement.

Dans la sphère footballistique, c’est l’Asante Kotoko Sporting (la plus populaire et la plus titrée des formations du pays avec les Hearts of Oak, un club d’Accra) qui se fait le porte-voix le plus critique de Nkrumah et de ses Republicans.

Même la victoire du Ghana lors de l’édition 1965 de la CAN, le second de suite dans l’épreuve, ne pourra pas sauver Nkrumah. Le 24 février 1966, son régime est renversé, sans aucune résistance, par un coup d’État militaire.

Les Black Stars : Symbole de l'Unité Africaine

La sélection ghanéenne, surnommée les Black Stars, devient rapidement une équipe globe-trotteuse, utilisée pour célébrer la nouvelle autonomie et la fraternité africaine.

En septembre 1962, les Black Stars sont envoyés en Ouganda pour participer à une compétition célébrant l'indépendance du pays, qu'ils remportent en battant le Kenya et l'Ouganda.

Cette sélection d’un genre nouveau va rapidement s’affirmer comme l’équipe nationale la plus globe-trotteuse du continent. Le but ? Utiliser les Black Stars pour célébrer la nouvelle autonomie et la confraternité qui caractérisent les nations africaines.

Nkrumah veille également à ce que soient organisés annuellement des matchs contre d'autres nations africaines nouvellement indépendantes, comme la Sierra Leone et le Nigeria.

C'est aussi sous son impulsion que les pays adhérant à la CAF décident de boycotter les qualifications à la Coupe du monde 1966, exigeant une place automatique pour l'Afrique en phase finale du Mondial.

Un front commun qui paie, puisque, à partir de 1970, une place sera attribuée à un pays africain.

Entre 1958 et 1962, pour confronter les Blacks Stars aux exigences du très haut niveau, Nkrumah et la Fédération ghanéenne organisent aussi plusieurs matchs amicaux de prestige, en faisant venir à Accra l’Austria de Vienne, le Fortuna Düsseldorf, Blackpool, le Dynamo et le Lokomotiv Moscou et même le Real Madrid de Di Stéfano et Puskás (tenu en échec, 3-3). Les Black Stars effectueront également des tournées européennes en jouant des matchs en Union soviétique (face au Dynamo Moscou), en Allemagne de l’Ouest ou encore en Angleterre.

Les Défis Contemporains et les Mesures Stratégiques

Depuis 2019, les Black Stars ont connu des difficultés, incapables de remporter la moindre victoire en Coupe d'Afrique des Nations (AFCON). La récente défaite contre le Soudan a mis en péril leur qualification pour la prochaine AFCON.

Cette période de turbulences coïncide avec la présidence de Kurt Okraku à la tête de la Fédération ghanéenne de football (GFA), qui a débuté en octobre 2019. Sous sa direction, les Black Stars ont connu une série d'entraîneurs - Charles Akonnor, Milovan Rajevac, Chris Hughton et actuellement Otto Addo - chacun apportant sa propre vision sans pour autant parvenir à créer un changement durable.

Après ses deux éliminations au premier tour des deux dernières CAN, le Ghana n'est même pas certain de pouvoir faire partie du plateau de l'édition 2025 au Maroc.

Pour ne pas revivre les heures les plus sombres de son histoire footballistique, le quadruple champion d'Afrique n'a d'autre choix que d'éviter la défaite face à un adversaire tenace, qui mène la danse dans son groupe de qualification pour la prochaine Coupe du monde devant le Sénégal et la République démocratique du Congo.

Pour remédier à cette situation, plusieurs mesures stratégiques peuvent être envisagées :

  • Reconnaître le vrai niveau : Admettre que le Ghana n'est plus au sommet du football africain et réévaluer l'infrastructure du football.
  • Adopter les technologies modernes : Investir dans l'analyse des données pour améliorer les performances des joueurs et la prise de décision tactique.
  • Cultiver des relations authentiques : Encourager activement l'amour du football en établissant des liens avec les joueurs et les supporters.
  • Investir dans le développement des jeunes : Créer de solides académies de jeunes dans tout le pays pour assurer une réserve régulière de talents.
  • Améliorer la formation des entraîneurs : Offrir une éducation et une formation continues aux entraîneurs à tous les niveaux.
  • Achever le Centre d'excellence du football ghanéen : Améliorer et rénover le Ghanaman Soccer Centre of Excellence pour fournir aux Black Stars une base d'entraînement appropriée.

Un match d'une importance capitale qui pourrait confirmer une tendance en Afrique, celle qu'il n'y a plus de petites équipes. Et que le temps des dinosaures est peut-être révolu.

Les Figures Emblématiques du Football Ghanéen

Plusieurs joueurs ont marqué l'histoire du football ghanéen :

  • Samuel Osei Kuffour : Défenseur emblématique du Bayern Munich, vainqueur de la Ligue des champions et de la Coupe intercontinentale.
  • Osei Kofi : Meneur de jeu de l'Asante Kotoko, vainqueur de la CAN 1965.
  • Anthony Yeboah : Meilleur buteur africain de l'histoire du championnat d'Allemagne.
  • Michael Essien : Milieu de terrain puissant, connu pour son passage à Chelsea et son but spectaculaire contre Barcelone.
  • Anthony Baffoe : Joueur polyvalent, devenu dirigeant au sein de la CAF et de la FIFA.
  • Abedi Pelé : Ancien capitaine du Ghana, membre d'un comité intérimaire chargé de gérer les affaires sportives après un scandale de corruption.

Originaire du centre-sud du Ghana, Samuel Osei Kuffour fait ses gammes dans sa ville natale, au sein du King Faisal. Défenseur précoce, l'enfant de Kumasi s'envole pour l'Europe à l'âge de 15 ans. En 1993, lors de la Coupe du Monde des moins de 20 ans en Australie, le Blackstar brille en finale à Sydney face au Brésil malgré la défaite. Arrière centrale puissant, excellent tacleur et très bon dans le jeu aérien, le Bayern flaire le bon coup et le recrute. Pur catholique, le ghanéen boucle une saison avec les Amateurs, avant de débuter en Bundesliga le 29 octobre 1994 contre le VfB Stuttgart. Sa carrière est lancée.

Osei Kofi n’a jamais joué sur le Vieux continent. Après un passage aux Hearts of Oak, il a rejoint l'Asante Kotoko pour le reste de sa carrière. Avec cette formation, il disputera quatre finales de Coupe d'Afrique des clubs champions (Un titre obtenu en 1970).

Joueur courageux qui a impressionné beaucoup de monde sous les couleurs de l'Eintracht Francfort puis de Leeds United, Anthony Yeboah a été un membre important de la sélection ghanéenne durant dix ans dans les années 1990. En club, il aura eu le mérite d'avoir été le meilleur buteur africain de l'histoire du championnat d'Allemagne. Entre 1990 et 2001, il avait marqué 96 buts avec Francfort puis Hambourg.

La hargne l’habite. Sa volonté est impressionnante. Un mélange de puissance physique, d'une résistance infinie, de combativité à toute épreuve, en plus d'avoir un comportement exemplaire et une incroyable frappe de mule. Comme ce but contre le FC Barcelone, en demi-finale retour de la Ligue des champions en 2009. Sur la gauche, Ashley Cole trouve Frank Lampard dans la surface. Le ballon est contré par Yaya Touré. Si le cuir est toujours en l'air, Michael Essien se précipite à toute vitesse pour l'exploiter. Sans contrôle, le Ghanéen déboule et envoie une reprise de volée du gauche à plus de vingt mètres qui vient percuter la transversale de Victor Valdès pour ensuite franchir la ligne. Folie. Avec un scénario et un but comme ça, on ne peut aller qu'en finale.

Anthony Baffoe fait partie de l’une des générations les plus talentueuses du football ghanéen. Rapidement, ce footballeur hors-norme va faire du Monde son terrain de jeu. Baffoe jouera au quatre coins du globe, du Cap en Afrique du Sud à Caracas au Venezuela. En 2003, à 38 ans, Baffoe raccroche les crampons et décide de retourner dans son pays d’origine, le Ghana, pour intégrer les instances fédérales. C’est ainsi qu’il rejoint la CAF (Confédération africaine de football) et la FIFA en 2006. Il est également le fondateur et secrétaire général de l’Association professionnelle footballeurs du Ghana.

Sa technique hors du commun et sa puissance mêlée d'élégance donnaient à Abedi Pelé cette force tranquille qui lui a permis de conquérir les coeurs des amoureux du ballon rond. Le ghanéen a indéniablement marqué toute une génération en Afrique et dans le monde entier. De la galère en amont du firmament, du second couteau et de la préretraite assumée ensuite, il y a bien eu un avant et un après-OM pour Abedi. Car ces trois saisons olympiennes (ce qui n'est finalement pas grand-chose sur une carrière de près 20 ans) ont suffi à faire entrer dans la légende le numéro dix ghanéen. Tout simplement parce qu'il est le premier joueur d'Afrique noire à remporter la Coupe d'Europe des clubs champions.

ABEDI PELE - Comment il a détruit le Nigeria lors de la CAN 1992

Tableau des Titres Majeurs de la Sélection Ghanéenne

Au fil des années, la sélection ghanéenne a remporté plusieurs titres majeurs, témoignant de sa grandeur dans le football africain et mondial :

Compétition Nombre de Titres Années
Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 4 1963, 1965, 1978, 1982
Coupe du Monde U-20 1 2009
Médailles Olympiques (Bronze) 1 1992

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