L'histoire emblématique du chandail des Nordiques de Québec

Le hockey est bien plus qu'un simple sport au Canada; il est une composante essentielle de l'identité nationale.

Les Nordiques, notre équipe (documentaire)

La plus ancienne équipe de hockey en existence, les Canadiens de Montréal, a célébré son centenaire en 2009-2010. Les célébrations du centenaire, réparties sur trois saisons, ont été l'événement symbolique le plus important de Montréal depuis le 350e anniversaire de la ville en 1992.

Dans ce contexte, le hockey s'est ancré profondément dans l'espace public urbain, influençant la culture et l'identité des villes canadiennes. Cet article explore l'histoire du chandail des Nordiques de Québec, un symbole marquant de cette culture hockey au Québec.

L'entrée du hockey dans l'espace urbain

Depuis le début du XXe siècle, le hockey sur glace s'est répandu au Canada, devenant le sport national et une identité partagée d'un océan à l'autre. La grande majorité des Coupes Stanley ont été remportées par des équipes canadiennes, et malgré l'internationalisation de la LNH, plus de la moitié des joueurs sont d'origine canadienne.

Le hockey occupe une place spéciale dans la vie au Canada et dans la mythologie intérieure de sa population, comme son sport d’hiver national. Les victoires répétées d’Équipe Canada aux Jeux olympiques, aux Championnats du monde et à la Coupe du monde de hockey depuis l’an 2000, au même titre que l’atteinte des finales de la Coupe Stanley en 2004, en 2006, en 2007 et en 2011 par Calgary, Edmonton, Ottawa et Vancouver respectivement, ont régénéré partout au Canada un engouement pour le hockey et la fierté du sport national.

Selon un sondage national mené en mars 1999 par Decima Research, 72 % des Canadiens étaient d’avis que le hockey contribue à les définir comme Canadiens. De même, dans une enquête nationale du magazine Maclean’s leur demandant quelles sont les « choses qui [les] lient ensemble », le hockey arrivait au deuxième rang, précédé seulement par le système national de soins de santé.

L’histoire nous rappelle que le hockey est avant tout un phénomène urbain. À Montréal, les différents arénas utilisés par les équipes professionnelles, répartis d’est en ouest dans la ville, démontrent l’emprise urbaine du hockey.

Autrefois limités à l’enceinte de l’aréna, le hockey et ses rituels ont graduellement pénétré l’espace urbain par des mécanismes incitatifs mis en œuvre par différents acteurs de la sphère du hockey. Les villes de l’Ouest canadien sont les premières à avoir amorcé officieusement la hockeyisation de la ville. Le hockey est devenu un enjeu d’identité urbaine et d’aménagement.

C’est en 1985 que le hockey a conquis l’espace urbain dans l’Ouest canadien, et tout porte à croire que le processus de hockeyisation de la ville est un phénomène en croissance. C’est alors que s’amorça le C / Sea of Red, aujourd’hui une composante majeure de l’identité urbaine de Calgary.

En réaction au « C of Red », l’organisation des Jets de Winnipeg de l’époque a répliqué en créant le Winnipeg White Out et en appelant la population à ne porter que des vêtements blancs lors des matchs à domicile. Winnipeg White-Out, literally a sea of 15,000 fans draped often in white sheets, white towels and white body paint, and always, in unrelenting pride.

Les Oilers d’Edmonton, dans leur course pour la Coupe Stanley en 2006, amorcèrent un mouvement similaire à ceux de Calgary et de Winnipeg en promouvant le port de chandails bleus lors des matchs à domicile. Les médias d’Edmonton surnommèrent la Whyte Avenue « Blue Mile », afin de témoigner des rassemblements de partisans et de l’appropriation d’une artère symboliquement rattachée aux Oilers : « Thousands of fans marched up and down the so-called “Blue Mile” » ; « Whyte Avenue is to become Edmonton’s Blue Mile version of Calgary’s Red Mile19 ».

Le hockey gagna également la rue dans la capitale nationale avec l’accession des Sénateurs d’Ottawa à la finale de la Coupe Stanley en 2007. Un fan y affirmait : « Calgary l’a fait dans ses rues. Edmonton l’a fait dans ses rues. Nous voulons que le pays sache que nous soutenons notre équipe21. »

Un nouveau rituel est né en 2008 à Montréal : le port du fanion sur les véhicules. Déjà bien ancrée à Toronto, cette coutume se propagea comme une traînée de poudre durant les séries éliminatoires ; cinq mille petits drapeaux se sont ainsi vendus chaque jour pour un total de près de 200 000. À Montréal, la hockeyisation ne se concentra pas en un seul lieu. Elle se répandit à tout le centre-ville.

L'impact culturel du chandail des Nordiques

Le chandail des Nordiques de Québec est bien plus qu'un simple uniforme sportif; il est un symbole d'identité et de fierté pour de nombreux Québécois. Après avoir évoqué la dernière saison des Nordiques de Québec, du rêve au cauchemar, à l’occasion du 25e anniversaire de leur déménagement à Denver, revenons sur les dates marquantes, grands moments, connus ou méconnus, de l’équipe « fleurdelisée ».

Durant les années 70, la fameuse coupe Longueuil était arborée avec fierté par presque toute l'équipe des Nordiques de Québec pendant plusieurs saisons. Cette coiffure, qui a fait le tour du monde, a su bien traverser les époques puisqu'elle est à nouveau tendance sur le marché. Allez, ne soyez pas jaloux. Vous pouvez à votre tour avoir votre carte de hockey rétro avec une sublime coupe Longueuil, dans le chandail de hockey votre choix.

Le 2 octobre 2010, une vague bleue déferle sur Québec. 75 000 personnes (contre 50 000 prévues), dont de nombreux anciens Nordiques comme les trois frères Stastny, se réunissent aux plaines d’Abraham, dans le grand parc de la Vieille Capitale. Tous militaient pour un retour des Nordiques en NHL et réclamaient une nouvelle patinoire.

Moments marquants de l'histoire des Nordiques

Voici quelques moments clés de l'histoire des Nordiques de Québec :

  • 1982 : Les Nordiques éliminent les Canadiens de Montréal en séries éliminatoires, marquant un tournant dans la rivalité entre les deux équipes.
  • 1984 : La série entre Montréal et Québec est marquée par la tristement célèbre "Bataille du Vendredi Saint", avec de nombreuses bagarres et pénalités.
  • 1985 : Québec élimine Montréal en sept matchs, avec des victoires en prolongation grâce à Mark Kumpel, Dale Hunter et Peter Štastný.
  • 1987 : Un but controversé refusé à Alain Côté lors du match 5 contre Montréal marque un tournant dans la série, que Montréal remporte finalement.
  • 1987 : Les Nordiques repêchent Joe Sakic, qui deviendra une icône de l'équipe et de la LNH.
  • 1991 : Le repêchage d'Eric Lindros par les Nordiques tourne à une saga, Lindros refusant de jouer pour l'équipe.
  • 1993 : Après des années difficiles, Québec revient sur le devant de la scène, mais est éliminé par Montréal au premier tour des séries.
  • 1995 : Un but refusé à Joe Sakic lors du match 4 contre les Rangers est un tournant dans la série, que les Rangers remportent finalement.

Le chandail des Nordiques : Un symbole d'une époque

Le chandail bleu poudré des Nordiques de Québec est un symbole d'une époque où le hockey était profondément ancré dans l'identité québécoise. Bien que l'équipe ait déménagé à Denver en 1995, le chandail continue d'évoquer des souvenirs et des émotions fortes chez les partisans.

La passion des fans

Malgré la disparition des Nordiques, la passion pour le hockey à Québec reste intacte. Les fans continuent de soutenir leur sport et espèrent un jour le retour de leur équipe bien-aimée.

Voici quelques témoignages de fans de hockey :

  • David Arrossaména (fan des Stars) : "Quand il était enfant, David Arrossaména suivait le parcours de quatre franchises : les Panthers, les Sharks, les Sénateurs et les Stars."
  • André (fan de l'Avalanche) : "Si André a depuis gardé une écharpe des Nordiques dans son placard, il porte toujours au moment des séries sa casquette de l’Avalanche."
  • Jean-Charles Michel (fan des Canucks) : "Avec le décalage horaire, je n’ai pas choisi l’équipe la plus cool à suivre."
  • Patrick Mahé (fan des Oilers) : "À l’époque, c’était vraiment les meilleurs. Dans l’équipe du Canada, il y avait d’ailleurs beaucoup de joueurs des Oilers."
  • Bruno Perrin (fan des Panthers) : "Si les Canadiens ne font pas les séries éliminatoires, je suis systématiquement pour toutes les équipes qui affrontent les Bruins."
  • Bruno Télétchéa (fan des Bruins) : "Mon père était un grand fan des Canadiens et il ne pouvait pas voir les Bruins."

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