Le beach-volley, discipline olympique depuis les Jeux d'Atlanta en 1996, s'est imposé comme un sport spectaculaire et passionnant, idéal pour les amateurs de soleil et de sable. Disputé sur le sable, il offre un visage glamour de l'Olympisme, notamment avec l'épreuve des JO de Paris 2024 qui se déroulera au pied de la Tour Eiffel. Cet article explore les règles spécifiques du beach-volley pratiqué aux Jeux Olympiques, en particulier pour les hommes, ainsi que son histoire et ses enjeux.

Histoire et évolution du Beach-Volley
L'histoire du beach-volley remonte au début des années 1920, lorsqu'une variante du volleyball a commencé à apparaître sur les plages californiennes, notamment à Santa Monica. Les joueurs s'affrontaient sur un terrain de sable, marquant la naissance d'une nouvelle discipline. Le premier tournoi officiel a été organisé en 1947, lançant un circuit qui a attiré des centaines de joueurs sur les plages de Californie dans les années 1950.
Après une apparition en tant que sport de démonstration aux Jeux de Barcelone en 1992, le beach-volley a fait ses débuts olympiques officiels aux Jeux d'Atlanta en 1996. Depuis, ce sport n'a cessé de gagner en popularité, devenant une épreuve incontournable des Jeux Olympiques.
Les règles du Beach-Volley aux Jeux Olympiques
Le beach-volley olympique se distingue par des règles spécifiques qui le différencient du volleyball en salle. Voici les principales règles à connaître :
Le terrain
Le terrain de beach-volley mesure 16 mètres de long et 8 mètres de large, entouré d’une zone libre d’au moins 3 mètres. Cette surface plus petite que celle du volleyball en salle exige d’excellents réflexes et une grande agilité de la part des joueurs.
Composition des équipes
Chaque équipe est composée de deux joueurs, sans remplaçant. Cette configuration exige une grande polyvalence de la part des joueurs, qui doivent être capables d'attaquer, de défendre et de servir. Sur le terrain, il n'y a ni coachs, ni remplaçants, les quatre joueurs (deux par équipes) sont les seuls présents.
Déroulement du match
Un match de beach-volley se joue au meilleur des trois sets. Les deux premiers sets se jouent en 21 points, avec un minimum de deux points d'écart pour gagner. En cas d'égalité (1-1), un troisième set, appelé tie-break, est joué en 15 points, toujours avec un minimum de deux points d'écart. Les équipes changent de côté du terrain tous les 7 points lors des deux premiers sets et tous les 5 points lors de la manche décisive, de façon à équilibrer le jeu.
Touches de balle
Chaque équipe dispose de trois touches de balle pour renvoyer le ballon dans le camp adverse. Le block compte pour une touche au beach-volley, contrairement au volleyball en salle. Cela signifie que si un joueur bloque une attaque adverse, son équipe ne dispose plus que de deux touches pour renvoyer le ballon.
Le joueur ayant effectué le block peut effectuer la touche suivante. La touche de balle doit être "propre". Le ballon doit être frappé nettement ou touché avec le dos de la main. Il est interdit de tenir le ballon, de faire une attaque feintée avec les bouts de doigts, main ouverte, ou de faire une relance et une réception en passe en touche haute.
Service
Le service est l’action de mettre la balle en jeu. Le serveur se place derrière la ligne de fond et frappe la balle pour l’envoyer dans le camp adverse. Une seule tentative de service est permise. Lorsque l’équipe qui est au service manque son service ou perd le point, c’est à l’équipe adverse de servir.
Fautes
Il est interdit de toucher le filet avec n’importe quelle partie du corps. Si un joueur commet une faute de filet, le point est attribué à l’équipe adverse.
Spécificités du Beach-Volley
Plusieurs éléments distinguent le beach-volley du volleyball en salle :
- L'environnement : Le beach-volley se joue toujours en extérieur, ce qui signifie que les joueurs doivent s'adapter aux conditions climatiques (vent, soleil, pluie). Ces conditions peuvent influencer le jeu et exiger une grande capacité d'adaptation.
- L'absence de positions fixes : Au beach-volley, les joueurs n'ont pas de position attitrée sur le terrain. Seul l'ordre au service doit être respecté.
- L'absence de ligne centrale : Il n'y a pas de ligne centrale sous le filet au beach-volley, afin de ne pas gêner le jeu de l'adversaire.
- Le ballon : Le ballon de beach-volley est légèrement plus grand (66-68 cm de circonférence) que celui du volleyball en salle (65-67 cm).
Voici un tableau récapitulatif des différences principales entre le volley-ball et le beach-volley :
| Caractéristique | Volley-ball | Beach-volley |
|---|---|---|
| Nombre de joueurs par équipe | 6 | 2 |
| Terrain | 9m x 18m | 8m x 16m |
| Remplacements | 6 remplaçants possibles par set | Aucun remplacement |
| Positionnement | Contraintes de positionnement | Libre |
| Arbitrage | Obligatoire | La plupart du temps, il n’y a pas d’arbitre |
| Touches | Le bloc ne compte pas comme une touche | Le bloc compte comme une touche |
Les nations dominantes et les athlètes emblématiques
Le Brésil et les États-Unis se partagent la majorité des médailles olympiques en beach-volley. Ils ont accumulé à eux deux 24 médailles (dont 10 en or) sur 42 possibles.
Chez les hommes, les Brésiliens Emanuel Rego et Ricardo Santos sont les athlètes les plus médaillés de la discipline, avec trois médailles chacun (une de chaque métal). Les champions en titre sont les Norvégiens Anders Mol et Christian Sorum.
Chez les femmes, la paire américaine Kerri Walsh - Misty May-Treanor a dominé la discipline en remportant trois médailles d'or consécutivement (2004, 2008, 2012).
Les JO de Paris 2024
Les épreuves de beach-volley des Jeux Olympiques de Paris 2024 se dérouleront au pied de la Tour Eiffel, sur le Champ de Mars. La compétition débutera le 27 juillet 2024 et se terminera le dernier week-end des Jeux avec les finales hommes et femmes.
La compétition se déroulera en plusieurs phases :
- Phase de groupes : Les équipes seront réparties en six poules de quatre paires. Les premiers et deuxièmes de chaque poule seront qualifiés pour les phases à élimination directe, ainsi que les deux meilleurs troisièmes.
Règles vestimentaires et controverses
Le beach-volley, discipline olympique depuis 1996, est un sport qui se joue traditionnellement en bikini pour les femmes et en short pour les hommes. Cependant, les règles vestimentaires ont évolué pour tenir compte des diversités culturelles et religieuses. Cette évolution soulève des questions complexes liées à la liberté individuelle, aux valeurs culturelles et à la laïcité, particulièrement en France.
Histoire et évolution des règles vestimentaires
Le beach-volley a fait son apparition au début des années 1920 sur les plages de Santa Monica, en Californie. Il est devenu une épreuve olympique à part entière en 1996, lors des Jeux d'Atlanta. Traditionnellement, le beach-volley féminin a été associé à une image de joueuses en bikini, une tenue considérée pratique et emblématique de ce sport de plage.
Cependant, afin de promouvoir la discipline dans l'ensemble des pays, y compris les plus conservateurs, la Fédération Internationale de Volleyball (FIVB) a assoupli ses règles en 2012, avant les Jeux de Londres. Les joueuses peuvent désormais porter un legging long ou un bermuda descendant jusqu'à 3 centimètres au-dessous du genou, et revêtir un tee-shirt, à manches courtes ou longues. Cette modification a été introduite pour répondre à des motifs religieux ou culturels, permettant ainsi à des athlètes de différentes origines de participer sans compromettre leurs convictions.
Les règles actuelles de la FIVB
Le règlement sportif de 2016 édicté par la fédération internationale précise, en plus des habituelles brassières dévoilant le nombril, le type de tenues autorisées en raison de « croyances religieuses ou culturelles. » Les athlètes peuvent ainsi jouer les jambes entièrement couvertes, et porter des manches allant jusqu'aux poignets.
En pratique, ce fut surtout en raison de la météo londonienne pas vraiment clémente que les beach-volleyeuses durent se couvrir lors des Jeux d'été de 2012. Chaque équipe prévoit ainsi les tenues de ses joueuses, en accord avec la réglementation de la FIVB. Un impératif cependant : les deux joueuses doivent porter la même tenue sur le terrain. Les beach-volleyeuses des équipes du Costa Rica, du Venezuela, d'Espagne ou encore d'Argentine ont également joué les épaules (et/ou les jambes) couvertes.
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Controverses et débats
L'assouplissement des règles vestimentaires a suscité des débats passionnés. Certains y voient une entorse à un des principes fondamentaux des Jeux, la neutralité. L'article 50-2 de la charte olympique interdit en effet toute « sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale […] dans un lieu, site ou autre emplacement olympique. »
D'autres estiment que laisser les joueuses concourir vêtues de tenues couvrantes ou voilées favorise la participation des athlètes femmes, mais ne fait d'ailleurs pas consensus au sein des mouvements féministes, qui y voient une légitimation d'un instrument de domination de la femme. Pour Annie Sugier, présidente de la Ligue du droit international des femmes, « découvrir les femmes pour des raisons commerciales ou les couvrir pour des raisons religieuses, c'est les considérer comme des objets sexuels. Le sport, censé être le langage universel par excellence, devient l'outil de transmission de stéréotypes et de relativisme culturel ».
Par ailleurs, le beach-volley souffre d'une image hypersexualisée, véhiculée notamment par sa couverture médiatique. Une étude réalisée durant les Jeux d'Athènes en 2004 montrait ainsi que respectivement 20 et 17% des images diffusées lors des épreuves de beach-volley féminin étaient des plans serrés sur la poitrine ou sur le fessier des joueuses. Pourtant, plusieurs beach-volleyeuses défendent le port du bikini. Sa compatriote Jen Kessy affirmait de son côté en 2012 qu'on ne la verrait jamais en short sur un terrain, également en raison du sable qui aurait une fâcheuse tendance à finir dans les poches. Les joueurs masculins de beach-volley concourent pourtant dans cette tenue, et en débardeur.
L'athlète égyptienne Doaa Elghobashy, qui a participé aux Jeux olympiques de Rio en 2016 en portant un hijab, est un exemple emblématique de cette évolution. Une photo d'elle, opposée à une joueuse allemande en bikini, a été interprétée de diverses manières, symbolisant à la fois l'esprit olympique du vivre-ensemble et un prétendu « choc des cultures ».

La position de la France et la laïcité
En France, le principe de laïcité est au cœur des débats sur le port de signes religieux dans le sport. En vertu de ce principe, le pays-hôte a interdit à ses athlètes - et seulement aux siennes,- de porter le hijab et le voile aux Jeux olympiques de Paris. Une mesure qui concerne notamment le football, le basket, le volley et la boxe et qui a largement été critiquée.
Cette interdiction a suscité de vives réactions et a soulevé des questions sur la compatibilité entre la laïcité et la liberté religieuse. La Fédération française de volley (FFvolley) s'apprête également à clarifier ses règlements relatifs au respect de la laïcité et de la « neutralité ».
Ce nouveau texte, auquel L'Équipe a eu accès, rappelle d'abord l'interdiction de toute « discrimination » ou de toute « atteinte à la dignité d'une personne », en raison notamment de son « orientation sexuelle », de son « origine ethnique », de son « apparence physique » et de ses « convictions ou opinions ». Puis ce règlement se montre beaucoup plus précis, dans le cadre de « compétitions ou de manifestations organisées par la FFvolley », sur ce qui pourra faire l'objet de « poursuites disciplinaires et/ou pénales » pour les contrevenants. Ces interdictions concernent « tout discours ou affichage à caractère politique, idéologique, religieux ou syndical », « tout port de signe ou tenue manifestant ostensiblement une appartenance politique, philosophique, religieuse ou syndicale », « tout acte de prosélytisme ou manoeuvre de propagande » et « toute forme d'incivilité ».
Réactions et sentiments du public
Alors que le basket et le football connaissent des remous, au niveau amateur, sur la question de l'interdiction du port du hijab (voile islamique) en compétition, la Fédération française de volley s'apprête également à clarifier ses règlements relatifs au respect de la laïcité et de la « neutralité ».
Le choix vestimentaire des joueuses françaises : Bikinis, shorts, leggings… Si la question fait encore jaser hors des terrains, les joueuses de l’équipe de France considèrent que ce n’est plus un débat : elles revendiquent la liberté de s’habiller comme elles l’entendent. Adeptes de la jupe-culotte, Clémence Vieira et Aline Chamereau ont finalement opté pour le bikini dans ce tournoi olympique, le jugeant « plus sympa » esthétiquement que le short proposé. Lors des Jeux olympiques de Paris, la paire française porte un short et une brassière plutôt que le bikini, qui garde les faveurs de la majeure partie des autres concurrentes. Depuis les JO de Londres, les joueuses ont la possibilité de choisir.