Histoire du Poitiers Volley-Ball : Des Débuts Modestes aux Sommets Nationaux

L'histoire du volley-ball à Poitiers est riche et passionnante, marquée par des moments de gloire, des figures emblématiques et une passion locale indéfectible. De ses racines modestes à son statut actuel au sein de la Marmara SpikeLigue, le club a connu des hauts et des bas, mais a toujours su rebondir, porté par un esprit de combativité et un attachement profond à sa ville.

Fondé en 1973 sous l'impulsion de Gérard Labrouche, CTR de l'époque, le Stade Poitevin volley-ball a débuté modestement, disputant ses premières rencontres à la salle du Dolmen. L'équipe a gravi un à un tous les échelons, évoluant initialement en départementale.

Au sein d’un club historique comme l’Alterna Stade Poitevin Volley-Ball, il était essentiel d’honorer ses légendes comme elles le méritent. Ces joueurs et ces entraîneurs ont, chacun à leur échelle, contribué au développement et à l’histoire de cette institution emblématique.

Aujourd’hui, nous présentons le CLUB 86. Ce cercle prestigieux réunit 86 joueurs et entraîneurs qui ont marqué l’histoire du club à leur manière. Tous ont évolué au minimum deux saisons sous les couleurs poitevines, à une exception près, Earvin Ngapeth. Par leurs titres, leur engagement et leur personnalité, ils ont laissé une empreinte indélébile.

Ils sont 86. Ils sont le CLUB 86.

Les Premières Heures de Gloire et l'Héritage de Frédéric Lawson-Body

Chaque Poitevin connaît son nom : Lawson-Body. Ce patronyme est aujourd’hui figé dans le temps. L'histoire d'amour entre le volley-ball et Poitiers a débuté avec Frédéric Lawson-Body, un joueur togolais dont le talent spectaculaire a propulsé le volley-ball sur le devant de la scène locale. Son jeu a captivé le public et a contribué à populariser la discipline dans la région.

Le natif de Lomé n’aura passé que cinq années dans la Vienne, de 1985 et 1989. Mais Frédéric, Fred, est à tout jamais lié à Poitiers. Parce que la ville s’est mise à aimer le volley grâce et avec à lui. Parce que la salle omnisports bâtie en 1970 du côté de la Ganterie porte précieusement son nom. Le “ temple du volley ” honore son dieu depuis près de trois décennies.

Ce bâtiment un peu vieillissant mais toujours debout, au toit en forme de coque de bateau renversée qu’il a tant de fois fait chavirer. Avec ses smashs surpuissants, sa détente spectaculaire et surtout son sourire enjôleur.

Lawson-Body, dont le n° 7 fétiche n’a depuis plus jamais été attribué à un nouveau joueur du Stade Poitevin, c’était ça. Un volleyeur exceptionnel doublé d’un homme extraordinaire, à la gentillesse débordante.

Sous l'impulsion de ce joueur et de son entraîneur, Jean-Michel Roche, le Stade Poitevin monte en 1988 en Nationale 1A, l'élite du volley français. Malheureusement, son décès prématuré des suites d'une méningite en 1989 a laissé un vide immense, mais son héritage perdure et son nom reste associé à la salle emblématique du club. Comme pour mieux oublier ce 14 octobre 1989 quand, après une semaine de soins intensifs, il s’en est allé, sous les coups de 18 heures, emporté à 33 ans par une méningite bactérienne foudroyante. Laissant un club et une ville orphelins.

Des dirigeants visionnaires, tels que Jean-Michel Roche, ont également joué un rôle crucial dans le développement du club, en capitalisant sur l'engouement suscité par Lawson-Body et en structurant le club de manière durable.

Depuis 1989, le n° 7 n’est plus porté au Stade Poitevin. En hommage au dernier joueur à l’avoir eu floqué sur le torse et dans le dos : Frédéric Lawson-Body.

Dans les années 80, le Stade Poitevin dispute désormais ses matchs à La Ganterie, et Jean Le Torrec préside aux destinées d'une équipe qui se retrouve aux portes de la Nationale. En 1985, le Franco-Togolais Frédéric Lawson-Body arrive dans le Poitou, alors que le club est en N1B.

Hommage à Frédéric Lawson-Body Dans la salle qui porte son nom depuis trois décennies, le club poitevin tenait à saluer sa mémoire, hier, avant la première rencontre à domicile de cette saison 2019-2020 face à Nice. Cet hommage a pris la forme d’une belle minute d’applaudissements, les yeux tournés vers le grand portait de “ Fred ”, après que la vice-présidente du comité olympique togolais, Nathalie Djatougbe Noameshie, et le maire de Poitiers, Alain Claeys, de retour de la présentation officielle du prochain Tour de France à Paris, aient pris la parole.

« C’est un modèle pour tous les sportifs et surtout les volleyeurs du Togo, s’est exclamée la première arbitre internationale africaine. Je vous remercie de garder le souvenir de Lawson-Body vivant. »

Hommage à Frédéric Lawson-Body au Stade Poitevin Volley Beach

Frédéric Lawson-Body, figure emblématique du volley-ball à Poitiers

Les Premiers Titres

Dans les années 90, Jean-Michel Roche est toujours aux manettes. Le club parvient à se stabiliser définitivement dans l'élite à partir de 1993, malgré quelques soucis financiers. Une formation de seigneurs se met ensuite en place.

L'année 1996 marque un tournant dans l'histoire du club, avec la victoire en Coupe de France, le premier trophée majeur de son palmarès. Cédric Énard, actuel manager du club, se souvient avec émotion de cette époque, où il était un jeune spectateur admiratif de l'équipe première. Cette victoire a galvanisé les joueurs, les supporters et toute la ville, et a jeté les bases d'une période de succès.

En 1996, celle-ci (Soica, Jurkovitz, Bigot, Meneau, Dascalu) décroche le premier trophée de l'histoire du club : la Coupe de France, face à Cannes, devant près de 2.500 personnes montées à Paris.

1999 : Le Sacre National et une Soirée d'Allégresse

Trois ans plus tard, en 1999, Eric N'Gapeth est entraîneur, Jean-Michel Roche manager. Duerden, Croes, Lemarrec, Daquin puis Chambertin font le bonheur de l'équipe, qui soulève son premier titre de champion de France. Le 9 mai 1999 restera gravé dans les mémoires comme le jour où Poitiers a remporté son premier titre de champion de France. L'équipe, portée par un collectif soudé et un entraîneur charismatique en la personne d'Eric Ngapeth (père d'Earvin), a dominé la saison régulière et a surmonté tous les obstacles en play-offs.

Laurent Chambertin, ancien passeur du Stade Poitevin Volley-Ball, se souvient de cette période comme d'un moment de vie exceptionnel. Christine Vignaud, supportrice du club depuis 24 ans, raconte que la salle était pleine comme un œuf.

Cédric Énard, qui était joueur au sein de cette équipe championne, décrit ce titre comme un événement fondateur pour sa carrière professionnelle. Il se souvient d'une saison régulière de très haut vol, avec une seule défaite à Ajaccio, et d'une préparation spécifique pour les play-offs mise en place par Eric Ngapeth.

Cette victoire a propulsé Poitiers parmi les grands clubs de volley-ball français et a marqué le début d'une ère de succès et de reconnaissance nationale.

Les Années Dorées

Depuis plusieurs années, l'engouement est total à Poitiers, où la salle de Lawson-Body est pleine à craquer à chaque match. En 2002, avec Marc Francastel à la barre, l'équipe s'adjuge sa deuxième Coupe de France. Entre temps, le Stade Poitevin dispute la Coupe d'Europe, et régulièrement les premières places du championnat. Olivier Lecat devient l'entraîneur du club en 2006. Des joueurs de classe mondiale évoluent dans le Poitou : Baranek, Hansen, Kieffer, Samica, Rouzier. En 2007 et 2008, le SPVB échoue en finale du championnat de France, mais s'impose en 2011.

Installé dans l’élite à partir de 1992, le Stade Poitevin devient rapidement l’un des phares du volley français, vainqueur de deux Coupes de France (1996, 2002), deux fois champion de France (1999 sous la direction d’Eric Ngapeth, le père d’Earvin, 2011 avec les futurs membres de la TeamYavbou Antonin Rouzier et Nicolas Maréchal), participant à deux Final Four de Coupe de la CEV (2002, 2007) et un de Challenge Cup (2008).

«Les murs transpiraient tant il y avait de monde dans la salle Lawson-Body, se remémore Duhagon. J’avais les yeux grand ouverts, aux côté de Jacques Yoko, Laurent Chambertin au début des années 2000, c’était une période incroyable.»

Les Années 2000 : Confirmation et Nouveaux Défis

Après le titre de 1999, Poitiers a continué à briller sur la scène nationale, en remportant une nouvelle Coupe de France en 2002 et en atteignant la finale du championnat à plusieurs reprises (2000, 2007, 2008). Le club s'est affirmé comme une valeur sûre du volley-ball français, capable de rivaliser avec les meilleures équipes.

Cependant, le début des années 2010 a été marqué par des difficultés financières qui ont conduit à la liquidation judiciaire du club en 2012.

L'équipe du Stade Poitevin célébrant le titre de Champion de France en 2011

Tableau des Titres et Distinctions du Lawson Body Poitiers Volley

Compétition Année
Coupe de France 1996
Championnat de France 1999
Coupe de France 2002
Championnat de France 2011
Coupe de France 2020

2011 : Un Nouveau Titre de Champion de France

Après des années de reconstruction, le club a renoué avec le succès en 2011, en remportant un nouveau titre de champion de France. Cette victoire a confirmé le retour au premier plan du club et a démontré sa capacité à surmonter les épreuves.

2012-2013 : la descente aux enfers

A la suite du second titre apparaissent de sérieuses difficultés financières. Le trou se révélera abyssal, plus de 560 000 euros ! Le club est placé en liquidation judiciaire en juin 2012 après une dernière finale de Championnat perdue contre Tours (0-3). «Ce fut une déchirure pour beaucoup dans le volley de voir disparaître ce club historique, une vraie place forte de notre sport où régnait une telle ambiance», souligne Vincent Duhagon.

Le club repartira en Nationale 1 (3e niveau français) sous un nouveau nom : Stade poitevin volley beach.

2013-2015 : la renaissance

Deux ans après la chute, Poitiers reprend son ascension : promotion en Ligue B et vainqueur de la Coupe de France amateur. Le club enchaîne une nouvelle montée en 2015 et retrouve l’élite cette saison. Son joli recrutement (le Néerlandais Nimir, le Cubain Poey, les Serbes Janic et Bjelica...), paie et il est aujourd’hui co-leader de la Ligue A !

Duhagon : «C’est une belle histoire humaine, tout le monde a mis les bouchées doubles pour construire une équipe compétitive.

La Coupe de France 2020 : Un Trophée Controversé

La saison 2020 a été marquée par la pandémie de Covid-19, qui a perturbé le calendrier sportif et a conduit à l'annulation de nombreuses compétitions. Dans ce contexte particulier, la Coupe de France a été attribuée à Poitiers, qualifié pour le Final Four, mais sans avoir à disputer la finale. Cette décision a suscité des réactions mitigées, certains estimant que le titre n'avait pas la même valeur en raison des circonstances exceptionnelles.

Brice Donat, l'entraîneur de Poitiers, a exprimé sa frustration de ne pas avoir pu jouer la finale, tandis que Claude Berrard, le président du SPVB, s'est dit irrité de ne pas avoir pu disputer le match et déçu pour le club de Toulouse, qui avait réalisé un excellent travail pour organiser le Final Four.

Malgré la controverse, ce trophée reste une ligne supplémentaire au palmarès du club et témoigne de sa régularité au plus haut niveau.

L'Arrivée d'Earvin Ngapeth : Un Coup de Maître et un Retour aux Sources

L'arrivée d'Earvin Ngapeth à Poitiers au début de la saison 2024-2025 a été un événement majeur pour le club et pour le volley-ball français en général. Ngapeth a expliqué que son retour à Poitiers était motivé par son désir de se rapprocher de sa famille et de retrouver les racines de sa carrière. Il a également souligné son attachement à la ville et au club, où il a vécu ses premières grandes émotions de volley-ball.

Son premier entraîneur, Ludwig Proust, se souvient qu'il avait dès ses débuts "une main et une vision du jeu exceptionnelles". Cédric Enard, l'actuel coach du SPVB, décrit également Ngapeth comme un joueur “viscéralement” attaché à Poitiers, son “village”.

L'arrivée de Ngapeth a suscité un immense engouement auprès des supporters et a renforcé les ambitions du club pour la saison à venir.

Earvin Ngapeth, figure emblématique du volley-ball français, de retour à Poitiers

L'Avenir : Ambitions et Défis

L'Alterna Stade Poitevin Volley Ball aborde l'avenir avec ambition et détermination. Fort de son histoire, de son palmarès et de son effectif de qualité, le club aspire à retrouver les sommets du volley-ball français et à briller sur la scène européenne.

Le club peut également compter sur le soutien indéfectible de ses supporters, qui sont un atout précieux dans la réalisation de ses objectifs.

En inscrivant Earvin Ngapeth, joueur emblématique de l’équipe de France de volley, le club de Poitiers affiche de grandes ambitions pour la saison à venir en Marmara SpikeLigue. L’effectif est désormais complet, avec l’arrivée de Franco Massimino et de Simon Magnin, tout deux ancien joueur de Nantes-Rezé.

L'histoire de l'équipe de volley de Poitiers est une source d'inspiration pour tous les amateurs de sport.

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