Affaire de Viol en Argentine : Résumé de l'Affaire Impliquant Deux Rugbymen Français

L'affaire impliquant les deux rugbymen français, Oscar Jegou et Hugo Auradou, a secoué le monde du rugby et a connu de nombreux rebondissements. Voici un résumé des événements clés.

Les deux joueurs de l'équipe de France de rugby Hugo Auradou et Oscar Jégou seront entendus pour la première fois par la justice argentine ce jeudi 8 août 2024 au tribunal de Mendoza. Une femme de 39 ans les accuse de l'avoir frappée et violée, dans la nuit du 6 au 7 juillet, dans une chambre d'hôtel de cette ville située à 1.000 km à l'ouest de Buenos Aires où le XV de France venait de disputer un test-match contre l'Argentine.

Les deux joueurs incriminés, tous deux âgés de 21 ans, venaient d'obtenir leur première sélection nationale. France Bleu vous résume ce qu'il faut savoir avant cette audition d'Hugo Auradou et Oscar Jegou devant le magistrat en charge de l'affaire.

Les Accusations et les Versions

Chaque partie campe sur ses positions. La victime présumée dit avoir été frappée et violée dans la chambre du Diplomatic Hotel de Mendoza que les deux rugbymen partageaient. Joueurs et staff du XV de France logeaient dans cet établissement après une rencontre face à l'Argentine.

Dans son premier témoignage dans la presse argentine paru vendredi 26 juillet, elle assure avoir "dit non à une relation sexuelle" dans une discothèque de Mendoza où elle a rencontré les joueurs avant les faits dénoncés. Dans cet entretien accordé au journal Diario Uno de Mendoza, elle affirme que "les preuves sont solides et réelles. J'ai été trompée dès le premier instant".

[PODCAST] Deux rugbymen français inculpés pour viol aggravé

Hugo Auradou et Oscar Jégou reconnaissent une relation sexuelle avec la plaignante mais affirment qu'elle était consentie. Ils nient toute forme de violence.

Les Suites Judiciaires

Arrêtés le 8 juillet dans la capitale argentine Buenos Aires, Oscar Jégou et Hugo Auradou ont été transférés à Mendoza trois jours plus tard. Les deux joueurs du XV de France ont été inculpés pour viol aggravé le 12 juillet. L'inculpation équivaut à une mise en examen en droit français.

Le troisième ligne du Stade Rochelais et le deuxième ligne de la Section Paloise ont quitté le centre de détention le 17 juillet, après avoir obtenu leur placement en résidence surveillée. Me Rafael Cúneo Libarona, frère du ministre argentin de la Justice, fait partie des avocats des deux rugbymen, ce qui a suscité l’incompréhension de l’avocate de la plaignante.

Il attend désormais une décision devant déterminer si l'assignation à résidence des deux joueurs sera prolongée ou s'ils seront libérés dans l'attente d'un éventuel renvoi vers un procès. En Argentine, les faits reprochés aux deux rugbymen français, viol aggravé car commis en réunion, sont passibles de 8 à 20 ans de prison.

Contradictions et Témoignages

Après une audition de la plaignante de plus de quatre heures mardi 6 août, les avocats d'Hugo Auradou et d'Oscar Jégou ont souligné "des contradictions notables" entre ses déclarations et ont relevé que "des versions différentes ont été arrangées". Me Cuneo Libarona a précisé : "L'accusation avait très bien remarqué certaines contradictions entre sa première et sa deuxième déposition [...] L'innocence des rugbymen a été prouvée, je ne peux pas donner de détails par respect pour l'enquête".

À l'issue de l'audition de la victime présumée, son avocate, Me Natacha Romano a indiqué que "l'histoire ne présente aucune faille [...] qu'il s'agissait avant tout de clarifications nécessaires, puisque la déclaration principale est celle du 7 juillet". Pendant cette audition, la plaignante a écouté des messages audios liés aux faits. "Elle a pu expliquer très calmement chacun d'eux", a commenté son avocate.

Trois joueurs du XV de France, Antoine Frisch, Giorgi Beria et Jean-Baptiste Gros "se trouvaient également à l’hôtel le soir des faits", a assuré l'avocate de la plaignante au quotidien Sud Ouest en précisant que leurs auditions par le parquet de Mendoza avaient été demandées par la défense.

Me Natacha Romano a critiqué une demande s'inscrivant dans "la stratégie des deux accusés" : "On se doute qu’ils vont dire qu’ils n’ont rien entendu. Comment pourraient-ils dire qu’ils ont entendu des appels à l’aide et qu’ils n’ont pas répondu ?"

Qui est la Victime Présumée ?

La victime présumée est une femme âgée de 39 ans dont l'identité n'a pas été dévoilée. Elle est fille et sœur d'avocats. Dans son entretien au quotidien Diaro Uno de Mendoza, elle assure ne pas être en bonne santé. "Je souffre toujours de lipothymie", une sensation de perte de connaissance imminente.

Cette femme a été examinée le dimanche 7 juillet, jour du dépôt de sa plainte. Selon le rapport médico-légal, quinze lésions ont été répertoriées sur son corps. "On n'a pas déterminé si elles provenaient de coups ou de pressions (exercées sur la peau, NDLR)", a indiqué le porte-parole de la justice de la province de Mendoza. Selon son avocate, elle avait "des marques sur le dos, des morsures, des égratignures, des coups sur les seins, les jambes et les côtes".

Dans son entretien à la presse, la plaignante réclame "une vraie justice. De l'honnêteté et de la sincérité, comme j'ai été élevée. De la loyauté envers les victimes de la violence sexiste, qui sont nombreuses à se taire et à ne pas porter plainte".

Remise en Liberté et Non-Lieu

Les deux jeunes rugbymen français inculpés mis en examen pour viol en Argentine ont été remis en liberté lundi, un peu plus d’un mois après leur arrestation. Ils devront toutefois rester en Argentine tant que l’instruction se poursuit.

Après cinq mois de procédure, la justice argentine s’est prononcée, mardi 10 décembre 2024, pour un non-lieu dans l’enquête visant Hugo Auradou et Oscar Jegou, deux rugbymans français inculpés de viol aggravé en juillet, en marge d’une tournée du XV de France dans le pays.

Réactions et Suites

Après bientôt cinq mois, maints reports d’audiences et recours procéduraux, la justice argentine a commencé lundi l’examen de la demande de non-lieu pour Hugo Auradou et Oscar Jegou, les deux rugbymen français inculpés de viol aggravé en juillet, des débats qui se poursuivront mardi.

En décembre déjà, elle avait fait part à l’AFP de sa détermination, sur instruction de la famille de la plaignante, à "épuiser les instances", jusqu’à la Cour suprême, provinciale puis nationale, "et, si nécessaire, la Cour interaméricaine" des droits de l’homme, dont le siège est au Costa Rica, à San José. Laissant entrevoir une procédure sur plusieurs années.

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