Le ZSC Lions est l'un des clubs de hockey sur glace les plus prestigieux de Suisse, avec une histoire riche et de nombreux succès à son actif. Les entraîneurs ont joué un rôle essentiel dans cette réussite, en guidant l'équipe à travers les différentes époques et en mettant en place des stratégies gagnantes.

Les débuts du club et les premiers entraîneurs
Au début de son histoire, le ZSC Lions a connu des difficultés, malgré la qualité de ses joueurs, dont la star suédoise Gösta Johansson et le Canadien Stan Obodiac. Fredy Bieler, dirigeant du club, a même dû rechausser les patins pour éviter la relégation. L'absence du gardien Hans Bänninger, blessé, a également fragilisé l'équipe.
L'ère des entraîneurs étrangers
Au fil des années, le ZSC Lions a fait appel à de nombreux entraîneurs étrangers, notamment des Canadiens, des Suédois et des Finlandais. Harold Kreis, champion en titre avec Lugano, a été chargé de redresser la barre en 2006/07, en s'appuyant sur un système défensif rigoureux et des joueurs slovaques talentueux comme Robert Petrovicky, Rastislav Pavlikovsky et Radoslav Suchy.
Le titre de champion d'Europe en 2009
ZSC Lions gewinnen Victoria Cup 2009 (Zürich vs. Chicago Blackhawks 2:1 - 29.09.2009)
L'année 2009 a été marquée par un événement historique pour le ZSC Lions : sa victoire en Ligue des Champions. Sous la direction de Sean Simpson, l'équipe a surpris tout le monde en battant les Russes de Magnitogorsk en finale. Cette victoire a permis au ZSC de se positionner comme un club majeur sur la scène européenne.

Les entraîneurs récents et les défis actuels
Plus récemment, le ZSC Lions a connu des périodes de succès et de difficultés. Le club a notamment fait appel à des entraîneurs suédois, tels que Hans Wallson et Peter Johansson, mais les résultats n'ont pas toujours été à la hauteur des attentes. Le défi actuel est de trouver la bonne formule pour permettre au ZSC Lions de retrouver le sommet du hockey suisse et européen.
En 2017/18, le titre de National League était la seule option pour altérer une opinion bien décevante au sujet des deux Suédois qui étaient attendus comme des demi-dieux après quatre finales consécutives en SHL.
Les moments clés de la saison 2021-2022
La saison 2021-2022 a été riche en émotions pour le ZSC Lions. Après avoir été battus lors des trois dernières rencontres, les Zurichois ont retrouvé la position d’outsider du début de la Finale qui leur convenait peut-être mieux.
Depuis l’introduction des playoffs en Suisse, c’est la dixième fois que le titre se décidera lors de l’acte décisif (match 5 ou match 7 selon le format). Le sort de cette « Finalissima » est rarement favorable à l’équipe qui reçoit : seuls Davos (en 2007 face à Berne) et Berne (en 2010 face à Genève-Servette) s’étaient imposés devant leurs partisans.
Plus encore, rappelons que Zurich n’a jamais perdu de match décisif que cela soit en 2001 à Lugano (victoire 1-2 en prolongations), en 2012 à Berne (victoire 1-2, après avoir été mené 3-1 dans la série) et en 2018 une nouvelle fois à Lugano (victoire 0-2).
Les alignements pour ce match 7 sont identiques au match précédent. L’entame de match est parfaite pour Zurich qui ouvre le score dès le premier tir : Roe s’en saisit et parvient à battre Jan Kovář et Kreiss dans l’arrondi. Sa passe trouve Azevedo oublié seul dans le slot. Le canadien tire sans contrôle et surprend Genoni (un peu faible pour le coup) sous la botte, côté rapproché (0-1, 1’02’’).
Zoug possède l’ascendant dans le jeu mais Zurich défend bien et contraint l’EVZ à prendre des tirs plutôt que s’approcher de la cage. La première ligne zurichoise est également présente des côtés de la patinoire. Ce même trio assure un back-check efficace face à leur pendant zougois.
Muet durant les matchs 1, 2, 4 et 6 car peut-être trop prévisible, le powerplay de Zoug s’est adapté : Plutôt que de chercher le one-timer d’Hofmann via une passe transversale, le maître à joueur Jan Kovář repère Simion qui est descendu dans le carré entre les quatre joueurs de Zurich. L’attaquant contrôle et lève le palet du revers au-dessus de la jambière de Jakub Kovář (1-1, 17’34’’).
En fin de tiers, Roe s’échappe mais est accroché par Cadonau. Les arbitres attribuent (logiquement) deux minutes au défenseur mais refusent de siffler un pénalty malgré les protestations de Roe.
Pour Zurich, c’est le scénario fatal qui se reproduit : une domination stérile qui aboutit finalement à un but de Zoug contre le cours du match. Acculés dans leur zone pendant une grande partie du tiers-temps (aucun tir tenté entre 24’03’’ et 33’26’’), les champions en titre trouvent encore les ressources pour marquer un but crucial au pire moment pour les ZSC (lors d’un temps fort).
Dans le coin, Gross charge Diem, s’empare du puck et poursuit son action derrière le but. Présent en embuscade à l’embouchure du filet, Hofmann tire sur réception. Jakub Kovář effectue un arrêt-réflexe d’un plongeon mais il reste étendu sur la glace, grimaçant. Stupeur dans les rangs des ZSC.
Un genou sur la glace, Azevedo contre le puck du patin, se redresse et tente du revers de loger le palet entre les jambières de Genoni qui ne laisse aucun espace. La chance des ZSC est définitivement passée. L’impuissance et la frustration prennent le relais.
Les joueurs de Zoug exultent au coup de sifflet final. Ils l’ont fait, et devant leur public ! Quelle apothéose pour cette saison 2021-2022 !
L'analyse de la saison 2021-2022
Pour la troisième fois de son histoire et pour la deuxième année consécutive, l’EV Zug est le « Schweizermeister » au terme d’une finale magnifique, tant par son déroulé - une remontée que tous ou presque jugeaient impossible - que par la qualité du jeu proposée par les acteurs de la série.
À la conclusion de ces sept matchs, c’est la meilleure formation qui s’est imposée. C’est pour cela qu’on ne peut pas parler d’effondrement pour Zurich ni même de hold-up pour les trois victoires zurichoises.
Mais lorsque la machine zougoise s’est activée, Rikard Grönborg a persisté dans ses choix jusqu’à paraître à cours de réponses. Le coach suédois n’aura pas trouvé les solutions pour insuffler une dynamique à ses deuxième, troisième et quatrième trios. Il s’est reposé à l’envie sur sa ligne de parade jusqu’à l’épuiser.
Au sortir de deux premiers tours peut-être trop faciles face à Lugano (balayés 4-0 avec près de 40% de réussite en jeu de puissance) puis face à Davos (là encore 4-0 avec seulement deux buts accordés aux Grisons en quatre matchs), les champions en titre auront pris de plein fouet la maestria de la ligne de parade zurichoise en début de série.
Mais Dan Tangnes s’est adapté là où Rickard Grönborg n’aura pas trouvé les leviers à activer pour redresser son équipe. Cette victoire est ainsi celle du génie tactique du Norvégien qui a su redynamiser son effectif en modifiant son alignement au match 3 (entrée de Klingberg à la place de Lander) puis au match 4 (Herzog en première ligne en remplacement d’Hofmann) jusqu’à trouver la bonne combinaison. L’ajustement de la tactique en powerplay pour le match 7 (jouer dans la boîte plus que de chercher la reprise de volée d’Hofmann) apparaît également comme un coup de maître.
À l’image de son équipe, le gardien international a offert des prestations un peu en dessous de ses standards lors des matchs 1 à 3 avant d’élever son niveau jeu.
Les réactions après la défaite
- Maxim Noreau (défenseur de Zurich) : « Je pense que nous avons bien commencé la série mais Zoug est revenu très fort. On savait que c’était une bonne équipe. C’est décevant. Après 4 ans ici j’espérais mieux pour les gars dans le vestiaire. Finir comme ça, ce n’était pas le plan.
- Reto Suri (attaquant de Zoug) : « Tu travailles 9 mois pour ce moment-là, 14 ou 15 années en pro, 3 finales perdues. Tu commences enfant, tu fais ta carrière… Il me manque les mots, je ne peux pas expliquer. C’était difficile de regarder, mais ce qu’ont fait les gars, ce qu’ils ont dit ces derniers jours, ils se sont battus. Je dis chapeau. Je ne pourrais jamais assez remercier ces gars-là.
- Jan Kovar (attaquant de Zoug) : « C’est incroyable, un tel retour après été mené 3-0, ce n’était vraiment pas facile. Je dois dire qu’un élément a changé la série à mes yeux : quand nous sommes revenus à Zurich pour le match 4, durant l’échauffement il y avait écrit « Zurich Schweizer Meister » (champions de Suisse) sur tous les écrans du Hallenstadion avant le match.
- Dan Tangnes (entraîneur de Zoug) : « Je suis si fier pour les joueurs. Ce sont des choses qui arrivent quand vous répétez les choses et quand vous croyez en ce que vous faites. Quand vous êtes stressés, quand vous êtes sous pression, vous pouvez vous y raccrocher. Je dois dire que quatre victoires de suite, peu de monde en Suisse nous croyait capable d’y arriver sauf eux [les joueurs].
- Gregory Hofmann (attaquant de Zoug) : « Exceptionnel… J’ai rarement vécu ça même en gagnant les autres titres. Même quand on était menés, on est toujours restés positifs dans notre tête. Et à la fin c’est ça qui a fait la différence. Je crois que s’il y avait une équipe capable de le faire [gagner la finale après avoir été mené 3-0], c’était nous. On ne méritait pas forcément de perdre les trois premiers matchs mais on les a perdus. Dans le vestiaire on savait qu’on était toujours là. On n’a pas accepté la défaite.
- Carl Klingberg (attaquant de Zoug) : « Tout le monde contribue dans cette équipe, y compris ceux qui ne jouent pas. Tout le monde se soutient. Nous avions perdu deux matchs, nous avions besoin de changements. J’ai eu de la chance. Bien sûr, je veux disputer tous les matchs. Nous avons écrit l’Histoire.
L'histoire du Hallenstadion
Le Hallenstadion, enceinte emblématique du ZSC Lions, a connu de nombreuses transformations au fil des années. Après une rénovation complète, il a été inauguré en 2005/06, mais l'équipe n'a pas réussi à y trouver ses marques, échappant de justesse à la dernière place. En 2022, le club a déménagé dans une nouvelle patinoire, la Swiss Life Arena, située à Altsetten.
Le Hallenstadion, où règne l'odeur de la saucisse et de la bière, reste un atout de taille, car il n'y a que deux patinoires couvertes dans le pays (l'autre est celle des Vernets, à Genève). Les visiteurs habitués à jouer en plein air sont moins habitués à cet environnement.
Les fusions et les changements de nom
En 1997, le ZSC Lions a fusionné avec les Grasshoppers, un autre club zurichois. Cette fusion a permis au ZSC de renforcer sa position financière et de disposer d'une base de supporters plus large. Cependant, elle a également entraîné la disparition du nom des Grasshoppers.
Tableau des entraîneurs du ZSC Lions
| Saison | Entraîneur |
|---|---|
| 2006/07 | Harold Kreis |
| 2008/09 | Sean Simpson |
| 2016/17 | Hans Wallson |
| 2021/22 | Rikard Grönborg |
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