L'Histoire des Entraîneurs Belges de Football : De Goethals à Henry

L'histoire du football belge est riche en figures emblématiques, tant sur le terrain que sur le banc de touche. Cet article explore l'impact des entraîneurs belges, de Raymond Goethals à Thierry Henry, en passant par les moments clés et les contributions significatives de chacun.

Raymond Goethals : Le Sorcier Belge à l'OM

Alors que l'Olympique de Marseille affronte l'Union Saint-Gilloise de Bruxelles, certains supporters se souviennent encore du lien du club avec la Belgique. C'est grâce au "sorcier belge", le surnom donné à l'entraîneur Raymond Goethals, que l'OM remporte la Ligue des champions en 1993. C'est un entraîneur de légende de l'Olympique de Marseille.

"Raymond la Science", son autre pseudonyme, n’est plus tout jeune quand Bernard Tapie fait appel à lui. À 70 ans, beaucoup d’entraîneurs ont déjà raccroché. Mais pour Raymond Goethals, le football, c'est une drogue, et l’OM un défi.

Grâce à lui, l’OM sera champion de France puis champion d’Europe, faisant rentrer l'entraîneur belge dans la légende marseillaise en 1993. Et sur le parvis du Vélodrome, les supporters marseillais ne l’ont pas oublié. Mais, chez les plus jeunes, le souvenir est un peu flou. “Je sais que c’est un entraîneur belge avec qui on a gagné la Ligue des champions, qui fumait sur le banc, et qu’il avait un survet' violet “, se rappelle un autre.

À la disparition de Raymond Goethals en décembre 2004, le stade Vélodrome lui rend un dernier hommage.

Le Parcours de Raymond Goethals

Raymond Goethals est une légende dans la cité phocéenne. Surnommé “Raymond la Science“, Goethals est né le 7 octobre 1921 à Forest en Belgique. Il débute le football au poste de gardien de but au Daring Bruxelles en 1941 et termine sa modeste carrière au Racing Bruxelles onze ans plus tard. Mais c’est en tant qu’entraîneur qu'il va écrire sa légende. Il commence sa carrière de coach dans son pays natal et entraîne successivement le RFC Hannutois, le RS Waremme FC et le Saint-Trond VV. Il est d’ailleurs vice-champion de Belgique avec Saint-Trond VV en 1966 avec peu de moyens.

Il devient en 1968 le sélectionneur de la Belgique et emmène les Diables Rouges à la troisième place de l’Euro 1972. Le “sorcier belge“ devient ensuite l’entraîneur d’Anderlecht, club dans lequel il passe trois ans (1976-1979) et où il remporte en 1978 la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe ainsi que deux éditions de la Supercoupe d’Europe (1976, 1978). Il connaît durant la saison 1979-1980 un court passage à Bordeaux et pose ses valises à Sao Paulo lors de l’exercice 1980-1981. Il remporte d’ailleurs le championnat régional avec le club brésilien.

Après le Brésil, la France et son pays, Goethals coache ensuite au Portugal au Vitoria Guimarães pendant un an avant d’être nommé manager du Racing Jet et d’entraîner de nouveau Anderlecht. Il gagne deux éditions de la Coupe de Belgique durant son deuxième passage chez les Mauves (1988, 1989). Il regagne ensuite la France où il connaît un deuxième passage à Bordeaux.

L'Arrivée à l'Olympique de Marseille

Mais en janvier 1991, Goethals arrive dans un autre club français, un club prestigieux : l’Olympique de Marseille. En début de saison, le boss marseillais Bernard Tapie limoge Gérard Gili et Franz Beckenbauer est nommé à la tête de l’équipe première. Mais les résultats de l’Allemand sont sont insatisfaisants pour Tapie qui décide en janvier 1991 de nommer Goethals. Pour sa première sur le banc marseillais le 13 janvier 1991, l’OM l’emporte 7 buts à 0 contre Lyon au Vélodrome ! Papin inscrit un quadruplé. Le début d’une belle histoire d’amour entre Marseille et le Belge.

“Raymond la Science“ mène l’OM au titre de champion de France en 1991. Mais ses joueurs échouent de justesse en finale de la Coupe d’Europe des clubs champions face à l’Étoile Rouge de Belgrade à Bari le 29 mai (0-0. 5 tab 3) ainsi qu’en finale de la Coupe de France contre Monaco le 8 juin (1-0). Mais le Belge quitte le club provençal à l’été 1991. Tomislav Ivic est alors nommé entraîneur mais Goethals effectue son retour à la tête de l’équipe première en octobre. Le natif de Forest remporte à nouveau le championnat de France avec Marseille en 1992 mais ses hommes sont éliminés par le Sparta Prague en 8e de finale de la Coupe d’Europe des clubs champions.

Le Triomphe en Ligue des Champions

A l’issue de la saison 1991-1992, des départs majeurs sont enregistrés notamment ceux de Papin, Mozer et Waddle. Tapie obtient alors les signatures de Völler, Bokšić, Ferreri, Eydelie, Desailly, Barthez, Omanbiyik et Martin Vasquez. Goethals laisse sa place à son adjoint Jean Fernandez mais le Belge fera son retour en novembre. Et le 26 mai 1993, Goethals entre dans la légende. Il remporte avec l’OM la Ligue des Champions face au grand Milan AC à Munich grâce à un but de Basile Boli sur corner (1-0). Le Belge demeure aujourd’hui encore le seul entraîneur à avoir remporté la Ligue des champions avec un club français.

L’aventure entre Goethals et l’OM prend fin à l’issue de l’exercice 1992-1993. En 1994, il connaît une dernière pige à Anderlecht. Il s’éteint le 6 décembre 2004 à 83 ans à Forest des suites d’un cancer. Marseille ne l’oublie pas.

Thierry Henry : De Joueur Légendaire à Adjoint Respecté

Au mois de février 2017, Thierry Henry était l’invité exceptionnel de Team Duga sur RMC. Le meilleur buteur de l’histoire en équipe de France avait expliqué ses nouvelles fonctions au sein de la sélection belge qu’il a mené jusqu’en demi-finale de la Coupe du monde, mardi face à la France à Saint-Pétersbourg (20h). Et pourquoi il s'était engagé avec la Belgique.

Thierry Henry n’est pas très bavard. Du moins avec les médias français. L’année dernière pourtant, il s’était longuement confié sur RMC, dans l’émission Team Duga. L’occasion notamment d’évoquer son nouveau rôle de second assistant du sélectionneur de la Belgique, Roberto Martinez. Un poste qui prend la lumière cet été alors que "Titi" et les Diables Rouges défieront la France pour une place en finale de la Coupe du monde.

"Je ne suis pas avec l’équipe de Belgique pour m’occuper des attaquants, avait-il expliqué. Je ne parle pas seulement aux attaquants, je parle avec tout le monde. Le coach m’y autorise, il est vraiment extraordinaire pour ça. Je suis là pour l’aider en tant que second assistant."

Huit ans après, Thierry Henry va de nouveau humer le parfum incomparable d’une Coupe du monde. Depuis deux ans, Henry est dans le staff de Roberto Martinez, le sélectionneur espagnol du Plat Pays, pour parfaire son apprentissage du métier d’entraîneur. Avec un rôle bien précis.

Son Rôle au Sein de l'Équipe Belge

« Il est T3, comme on dit ici, explique Jonathan Lange, journaliste à la Dernière Heure, un quotidien belge. Il est le deuxième adjoint de Martinez, chargé du secteur offensif de l’équipe. Il anime les séances devant le but. »

« Ça se passe bien, il est ultra-respecté, continue Jonathan Lange. La génération actuelle a grandi avec ses exploits à Arsenal. Les frères Hazard, Benteke, Lukaku, Batshuayi ont tous été biberonnés au championnat anglais. Il a la légitimité, un peu comme Zidane quand il a débuté au Real. Jouissant d’une aura médiatique hors-norme « et pas du tout négative comme en France », indique le journaliste, Henry cherche avant tout la discrétion.

L’ancien Gunner n’est jamais venu en conférence de presse, par exemple. « Il ne s’est exprimé qu’une seule fois devant la RTBF et la VRT, les chaînes de télévision qui possèdent les droits de diffusion, raconte Jonathan Lange. Cela avait été tourné à Londres, où il habite. Il est très difficile de décrocher une interview avec lui. Ses opinions, Thierry Henry les délivre sur Sky Sports, la chaîne de télévision anglaise pour laquelle il est consultant. »

L'Impact sur l'Attaque Belge

« C’est concluant, car la Belgique a fini meilleure attaque de tous les groupes de qualification européens, note Jonathan Lange. Son travail est salué. Mais le juge de paix, c’est maintenant. La Coupe du monde va permettre d’évaluer son réel apport auprès des Diables Rouges, avec lesquels son contrat se termine cet été.

Thierry Henry, meilleur buteur de l'histoire de l'équipe de France avec 51 réalisations, participe en Russie à sa sixième Coupe du monde . Il en a disputé quatre en tant que joueur (1998, 2002, 2006 et 2010) et une en tant que consultant, en 2014. Vous ne le saviez peut-être pas si vous ne suivez pas de près l'actualité du football, mais l'ancien attaquant d'Arsenal met son expérience au service des Diables Rouges depuis déjà près de deux ans.

"Il nous a amené un élément important, l'expérience", a expliqué le technicien espagnol en conférence de presse, la semaine dernière. "Il a fait partie d'une équipe qui a gagné la Coupe du monde (en 1998) et a également remporté la Ligue des champions (en 2009). Il sait ce que ressentent les joueurs à ce moment-là. La pression pour remporter des matches.

Thierry Henry, le Bleu de 98 qui voit rouge

Dans l'émission Walk Talk Football sur YouTube, Roberto Martinez avait insisté sur l'apport psychologique de "Titi" Henry. "Le Diable Rouge embarqué dans l'aventure doit voir les choses autrement", avait expliqué le technicien, dans des propos repris par le site de la RTBF . "Il lui faut être conscient qu'il joue dans une très forte équipe, avec laquelle il lui est demandé d'aller le plus loin possible. Il s'agira donc de grandir dans ce tournoi, afin de résorber progressivement notre déficit en expérience. Avec heureusement l'aide de Thierry Henry. Lui, il l'a gagnée, la Coupe du monde (en 1998, ndlr), et aussi l'Euro (en 2000). Il a un impact phénoménal sur le groupe. Il lui révèle tout ce que doit savoir un joueur qui fait partie d'une génération à succès, comme ce fut autrefois son cas en France. Et ils sont tous à l'écoute..."

Lukaku, Batshuayi, Januzaj, tous ces joueurs ont marqué en Russie et fait de la Belgique la meilleure attaque du tournoi, avec 14 buts inscrits .

Pourquoi la Belgique et Pas la France ?

Une question se pose néanmoins, à quelques heures de cette demi-finale de Coupe du monde : pourquoi la Belgique et pas la France, par exemple ? "Au moment où l’offre est arrivée, il n’y avait pas de choix. Quand tu es un bon joueur, tu te dis 'Je vais aller là plutôt que là-bas', tu choisis. Mais quand tu aspires à devenir coach, il faut que ton téléphone sonne. Mon téléphone a sonné", avait raconté Henry à Canal+ l'an dernier, dans des propos repris par FranceTV Info .

Les anciens de France 98 comprennent le choix de "Titi" Henry. "Il a passé ses diplômes dans un cursus anglo-saxon et il a eu cette opportunité d'aller en Belgique pour apprendre", soulignait Marcel Desailly le mois dernier. "Ce n'est pas une trahison, c'est une occasion pour lui d'apprendre le métier, dans la foulée d'un entraîneur", abonde Arsène Wenger. "Je pense que c'est très important au départ d'observer ce qui se passe sans être directement exposé à la lumière et ça permet d'apprendre sans avoir la pression."

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