L'Association Sportive Michelin, plus connue sous le nom d'ASM Clermont Auvergne, est un club emblématique du rugby français. Découvrons l'histoire de ce club, son palmarès et ses joueurs emblématiques à travers le regard d'Anthony Floch, enfant du club ayant évolué entre 2002 et 2013.

Les Débuts du Club
Marcel Michel et son cousin Jacques Hauvette créent le 11 octobre 1911 l’Association Sportive Michelin. Ce club omnisports possède plusieurs terrains de sport à Clermont-Ferrand pour l’exercice de trois disciplines différentes : le cross-country, le football et le rugby. En 1922, le club change de nom et devient Association Sportive Montferrandaise. En 1925, le club devient champion de France d’honneur avec ce titre l’AS Montferrand accède à l’Excellence, la première division de l’époque.
Les Premières Finales
En 1932, alors que 14 clubs dissidents créent une nouvelle organisation UFRA, l’AS Montferrand reste parmi la FFR. Championnat démuni de participants, le club se qualifie pour les demi-finales mais échoue face à Narbonne. L’AS Montferrand se maintient en première division du championnat de France et pour la première fois de son histoire, les jaunards se qualifient pour la finale. Toutefois Montferrand s’incline contre Narbonne. L’année suivante, les Jaunards sont à nouveau en finale mais échouent à nouveau alors qu’ils étaient favoris. Il faut attendre 1938 pour voir le club remporter son premier titre majeur.

Les Années Difficiles
Pendant la Seconde Guerre Mondiale comme de nombreux clubs, les pertes humaines de l’AS Montferrand sont nombreuses. À la reprise des compétitions, en 1943 puis 1944, le club atteint la finale du championnat mais échoue face à Agen puis Perpignan. Nouvel échec en 1945 face à Agen lors de la finale de Coupe de France. En 1947, Montferrand perd en finale de la Coupe de France et en demi-finale du championnat face au Stade Toulousain. De 1952 à 1969, le club connaît des années difficiles sans briller. Invitée en 1952 lors de la première édition d’après-guerre du Challenge Yves du Manoir, Montferrand termine dernier. Il faudra attendre 1957 pour revoir le club en Challenge Yves du Manoir. Repêché, le club perd en finale contre Dax 6 à 6. Dax est déclarée vainqueur selon l’article 10 du règlement (bénéfice de l’âge). En championnat, Montferrand se qualifie en quarts de finale en 1954,1964 et 1969.
Les Années 1970
En 1970, le club est vice-champion de France. Dans les années 1970, le pack montferrandais est surnommé “le monstre à seize pattes ». En 1976, Clermont remporte le Challenge du Manoir. Cette année sera toutefois endeuillée par la mort de Jean-François Phliponeau frappé par la foudre sur le terrain du Stade Marcel-Michelin.
De 1977 à 2006
De 1977 à 1994, le club accédera plusieurs fois en demi-finales (1981,19884,1985,1990) et même en finale (1978 et 1994) du championnat mais n’arrivera pas à concrétiser. En 1999, le club remporte le Challenge européen. La même année en finale de championnat de France, Clermont échoue face à Toulouse. En 2001, c’est une nouvelle défaite face à Toulouse en finale de championnat de France. En 2002, l’Association Sportive Montferrandaise crée la société anonyme à objet sportif ASM rugby. Challenge européen en 1999. À partir de 2006, l’ASM est placée sous la direction du Néo-Zélandais Vern Cotter.
L'Ère Vern Cotter et les Succès Récents
Cette saison 2006-2007 marque la renaissance du club. Ainsi l’ASM remporte le Challenge européen en 2007 et le club est en finale du championnat de France pendant quatre années consécutives. Il faudra attendre 2010 pour que l’ASM puisse concrétiser. Face à Perpignan le 29 mai 2010, l’ASM remporte la finale 19 à 6 et devient pour la première fois de son histoire Champion de France. Après son titre en Top 14, Vern Cotter et les Jaunards se fixent le toit de l’Europe comme objectif. Ainsi l’ASM est demi-finaliste de la coupe d’Europe en 2012 et 2014. En 2013, après sa victoire en demi-finale face à Munster, les Jaunards s’inclinent à nouveau en finale face à Toulon. Clermont, sacré champion de France en 2010.

L'Après Cotter et les Défis Actuels
À la fin de la saison 2013/2014, Vern Cotter, entraîneur de l’ASM depuis 2006 quitte le club et laisse sa place à Franck Azéma. En 2015, la yellow army atteint à nouveau la finale de Coupe d’Europe. En finale, les Jaunards retrouvent à nouveau les Toulonnais qui remportent à l’issue du match leurs troisièmes Coupe d’Europe consécutives. En Top 14, l’ASM parvient à se qualifier directement en demi-finales. Puis en Finale, les Clermontois retrouvent le Stade Français. L’ASM perd ainsi pour cette saison 2015 sa deuxième finale. En 2016, à l’issue de la saison régulière les Jaunards terminent premier du championnat de France avec 88 points. En demi-finale face au Racing 92, Clermont s’incline 33 à 34. Il faudra attendre 2017 pour que Clermont reprenne sa revanche face au Racing 92 en demi-finale de Top 14. Les Clermontois remportent la demi-finale de championnat 37 à 31 face aux Racingmens puis ils retrouvent en finale Toulon. Clermont remporte la finale 22 à 16 et devient à nouveau Champion de France. En finale, l’ASM échoue à nouveau en finale face au Saracens 28 à 17. En 2019, l’ASM a des résultats exceptionnels en Challenge européen. En effet, sur 6 matchs disputés, Clermont a remporté 6 victoires bonifiées. C’est le premier club français a réalisé cette performance dans la compétition européenne. Pour la 4ème fois de son histoire, Clermont se qualifie en finale pour une finale 100% française. Au terme d’un match maîtrisé par les Jaunards, Clermont remporte le Challenge européen.
Après un début de saison tonitruant, la seconde partie du championnat de France est plus compliquée pour Clermont. Toutefois, l’ASM parvient à se qualifier pour les demi-finales de Top 14. Pour la 5ème fois de leur histoire, les Clermontois s’inclinent face à Toulouse 18 à 24. Lors de la dernière saison de Top 14, l’ASM termine à la 7ème place du classement de la saison régulière. L’ASM a terminé la saison dernière au pied des phases finales de Top 14 à la 7ème place du classement finale de la saison régulière. L’objectif est à moyen voir court terme de remettre sur le devant de la scène l’ASM. Ainsi pour redevenir une des références du rugby français , l’ASM devra retrouver les phases finales et aller chercher des titres. L’objectif est avant-tout est le titre du Top 14 puis le deuxième objectif sera d’afficher une nouvelle étoile pour retrouver les toits de l’Europe.
L'Équipe de Légende des Partenaires de Clermont selon Anthony Floch
Enfant du club, avec lequel il a évolué entre 2002 et 2013, Anthony Floch, nous a dévoilé son "XV de légende" de l'ASM, composé de ses partenaires clermontois de l'époque.
- Thomas Domingo (2006-2017): "La vachette". Il était très difficile à faire tomber, mais aussi très bon avec le ballon.
- Mario Ledesma (2005-2011): Charismatique et leader naturel sur un terrain. En plus de ça, un mec très intelligent.
- David Zirakashvili (2004-2020): Ça fait maintenant 16 ans qu’il tient la baraque. De plus, c’est un garçon formidable.
- Jamie Cudmore (2005-2016): Craint par tout le monde. Rugueux et gros plaqueur, mais c’était aussi un garçon très bon, ballon en mains.
- Thibaut Privat (2003-2011): Il excellait dans le travail de l’ombre.
- Alexandre Audebert (1999-2012): En terme de professionnalisme et de longévité, il n’y a pas mieux que "Bébert". Un gros travailleur, mais aussi un gros défenseur. Il lisait très bien le jeu.
- Olivier Magne (1999-2005): C’était vraiment la classe. Il savait tout faire. Dans n’importe quel sport, il était doué.
- Elvis Vermeulen (2001-2014): Le "gros" Vermeulen c’était un tank. Il avançait tout le temps. Puis il y a le rugby sur le terrain, mais surtout en dehors, et dans un groupe Elvis c’est un amour.
- Morgan Parra (2009-présent): Quel leader, quelle rage de vaincre ! Sur un terrain, c’est un chien.
- Brock James (2006-2016): Une passe magnifique, un jeu au pied incroyable… Très sérieux et complet, je suis persuadé que ça sera un entraîneur formidable.
- Julien Malzieu (2002-2015): C’est comme mon frère. Il y a l’affinité, certes on se connaît par coeur, mais c’était un cheval.
- Tony Marsh (1999-2007): Marsh, c’est aussi la classe, quel joueur ! Quand je suis arrivé je le badais. C’était très propre, à l’instar de Magne, avec beaucoup de charisme.
- Aurélien Rougerie (1999-2018): Que dire de plus, hormis que c’est l’icône de tout un peuple. Il a même une statue aujourd’hui.
- Napolioni Nalaga (2006-2011/2012-2015): C’était pas le plus grand rugbystiquement, mais c’était une force de la nature. Il a marché sur tout le monde pendant des années.
- Jean-Marcellin Buttin (2011-2015): Il représentait la relève clermontoise.
Les Remplaçants
- Benjamin Kayser : pour sa longévité et son leadership.
- Laurent Emmanuelli : très bon pilier et dans un effectif, il était génial. Pendant des années, il a été pour beaucoup dans la cohésion du groupe.
- Julien Pierre : il y avait Cudmore et Privat, mais également Pierre dans la rotation à ce poste.
- Julien Bonnaire : je le mets sur le banc. Je suis obligé.
- Pierre Mignoni : déjà un gros leader à l’époque, un sacré joueur.
- Gérald Merceron : et oui forcément. Je ne le mets pas titu mais quand j’ai débuté à ses côtés c’était un honneur.
- Wesley Fofana : quand il est arrivé on l’a pris un peu sous notre aile avec Malzieu. Franchement, il m’a bluffé avec la carrière qu’il réalise.
- Sébastien Viars : un joueur complet avec une belle qualité de relance
Le XV des Anciens selon Anthony Floch
Pour moi, tous les joueurs présents dans cette sélection méritent de figurer dans un "XV de légende" du club. Mon choix a été guidé par deux facteurs essentiels : leur longévité au club et leur carrière internationale.
- Dominique Sauzade (1976-1991): Tout le monde disait que c’était un roc. Surnommé le "Chi".
- Philippe Marocco (1980-1996): C’était un super joueur, il m’a également entraîné.
- Fabrice Heyer (1984-1993/1994-2000): "Bob" Heyer était avant tout un dur au mal.
- Bernard Chevallier (1950-1965): Dit "Dada". Je pense qu’il a été la première star du club.
- Olivier Merle (1989-1991/1994-2000): Avec lui, tu voyages tranquille.
- Arnaud Costes (1993-2000): En premier lieu, c’est un Auvergnat pure souche, qui est resté longtemps au club.
- Jean-Marc Lhermet (1987-1999): Je pense qu’il représente bien le club. Capitaine, leader, manager, vice-président, il est encore chargé du développement du rugby à XV du club.
- Yves Lafarge (1976-1984): Ce choix peut surprendre, mais Lafarge était très technique.
- Jean-Pierre Romeu (1968-1981): Et oui, l’icône de toute une génération.
- Philippe Saint-André (1988-1997): Un peu comme Chevallier pour les avants, c’était la première grosse star des trois-quarts. Capitaine du XV de France, 69 sélections avec les bleus… Quel marqueur d’essais, à 5 mètres de la ligne il était inarrêtable.
- Éric Nicol (1985-2001): J’ai décalé un 10 au centre. Plus de 400 matchs avec l’ASM. Je pense qu’avec Rougerie ils se tirent la bourre. Ca vous classe un garçon.
- Joël Molenat (1976-1989): Il fallait que je mette des pattes puisque Nicol n’était pas le plus rapide. Dès 22 ans, il a fait une finale de championnat (en 1978). C’était un joueur très fin que je peux comparer à Philippe Sella, dans le style.
- Fabien Bertrank (1990-1995): Il a dû malheureusement arrêter sa carrière très jeune (en raison d’un accident de la route) mais au sein du club, tout le monde était unanime pour dire qu’il aurait eu une grande carrière sans ce coup du sort.
- Michel Droitecourt (1970-1982): Gros dilemme pour moi à ce poste entre lui et Gilles Darlet. Mais une nouvelle fois, je vais privilégier la carrière internationale.
Les Joueurs Emblématiques
Voici quelques joueurs emblématiques qui ont marqué l'histoire du club :
- Aurélien Rougerie
- Fabien Galthié
- Jean-Marc Lhermet
- Olivier Magne
- Alessandro Troncon
- Julien Bonnaire
- Mario Ledesma
- Thomas Domingo
- Tony Marsh
- Stéphane Prosper
- Gonzalo Canale
- Julien Malzieu
- Jamie Cudmore
- Martin Scelzo
- Napolioni Nalaga
- Brock James
ASM c'est l'histoire d'un club
Crise et Changements de Management
L'éviction de Jono Gibbes en cours de saison par l'ASM Clermont est un séisme en Auvergne. Le club jaune et bleu n'avait plus licencié un entraîneur en cours de saison depuis dix-huit ans. Les volcans se sont réveillés en Auvergne. L'ASM a officialisé ce lundi 16 janvier le licenciement de Jono Gibbes, de son poste de manager de Clermont. Le départ du technicien néo-zélandais était fortement pressenti après la lourde défaite de Clermont face à Leicester (29-44), mais son annonce officielle a clos une ère glorieuse de l'histoire de l'ASM. Le club des Jaunards n'avait en effet plus écarté un entraîneur en cours de saison depuis... août 2004.
Le précédent Alain Hyardet
Mais avant l'apogée de l'ASM, Alain Hyardet avait connu le même sort que Jono Gibbes. À l'époque, le championnat de France s'appelait Top 16 et le club jaune et bleu, Montferrand. Après une saison 2003-2004 moyenne, Alain Hyardet et ses hommes débutaient le prochain exercice en eaux troubles. Trois défaites inaugurales ont eu raison de l'entraîneur alors l'ASM se retrouvait dans les bas-fond du classement avant même le début du mois de septembre. Une rupture similaire à celle du Néo-Zélandais mais dans un contexte bien différent assume Alexandre Audebert, troisième ligne de Clermont entre 1999 et 2012. "À l'époque, on avait une équipe de casse co*illes, il faut le dire (rires). Plus sérieusement, le club était malade mais on avait un groupe étoffé avec plusieurs joueurs internationaux comme Olivier Magne, Gérald Merceron, David Bory... Mais la mayonnaise n'a pas pris d'un point de vue rugbystique avec Alain Hyardet. Quand on compare avec 2023, Jono Gibbes a hérité d'un groupe totalement déséquilibré et en pleine reconstruction. Et il ne faut pas oublier que nous étions au tout début du professionnalisme en 2004, les joueurs se préoccupaient peut-être moins de leurs carrières personnelles qu'aujourd'hui, ce qui est parfaitement logique. Dès lors, Jean-Marc Lhermet et Jean-Pierre Laparra ont dû prendre les rênes d'une équipe malade.
L'arrivée d'Olivier Saïsset
Après seulement trois matchs, Alain Hyardet a donc été poussé vers la sortie, ouvrant la porte à l'inimitable Olivier Saïsset, en octobre 2004. Le pompier venu de Catalogne devait éteindre un incendie naissant avec une recette efficace : le retour aux bases et une remise à zéro complète. "Quand Olivier arrive, c'est une nouvelle saison qui démarre. Son premier discours est simple : "ce qui est derrière est derrière, maintenant il faut avancer sans regarder dans le rétroviseur". Il impose une réinitialisation complète des rôles, des cadres aux jeunes en passant par ceux qui étaient en manque de temps de jeu. Avec lui, c'était marche ou crève. Olivier a été très efficace et il a remis un cadre très basique sur les fondamentaux avec sa gouaille et sa manière de faire passer les messages. Et c’est souvent ce qui marche. L’engagement le combat la conquête la défense, en ensuite on voit comment on joue. Les têtes remises dans l'axe, la bande montferrandaise signait alors un impressionnant retour en force en Top 16. Un résultat inespéré à l'automne 2004, et une réussite totale pour le pompier Saïsset, qui avait ensuite quitté l'Auvergne pour revenir dans sa ville chérie de Béziers.
Espoirs pour l'avenir
Dix-huit ans plus tard, l'ancien troisième ligne casqué espère un scénario identique pour Christophe Urios, le successeur de Jono Gibbes. " C'est tout le mal que je souhaite au club ! Aujourd'hui, il faut sauver les meubles.
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