L'Équipe de Rêve de Football de Tous les Temps: Critères de Sélection et Impact de Cristiano Ronaldo

Depuis notre plus tendre enfance, on s'est toujours prêté au jeu du onze idéal, qu'il concerne son équipe préférée, sa sélection ou le meilleur onze de tous les temps. Les jurés du Ballon d’or 2020 de France Football ont désigné leur Dream Team, un onze de légende choisi poste par poste et disposé en 3-4-3.

La Dream Team est composée de :

  • Gardien : Lev Yachine
  • Défenseurs : Cafu, Franz Beckenbauer, Paolo Maldini
  • Milieux : Xavi, Lothar Matthaüs, Pelé, Maradona
  • Attaquants : Messi, Ronaldo, Cristiano Ronaldo

Dans les cages, on retrouve Lev Yachine, le seul gardien à avoir remporté la célèbre récompense de Ballon d'Or. Cafu, Paolo Maldini et Franz Beckenbauer ont été élus meilleurs défenseurs de légende. Au milieu de terrain, Xavi a remporté le plus de votes, et a été préféré à Andrès Iniesta. Enfin, les éléments offensifs, et pas des moindres. Pelé et Diego Maradona sont positionnés en milieux offensifs. Qui n'a pas rêvé de voir les deux monstres dans la même équipe ? Côté gauche, Cristiano Ronaldo avait aussi de sacrés adversaires avec Ronaldinho, Thierry Henry ou Ryan Giggs, mais le Portugais les a tous battus. Évidemment à la pointe de ce trio, qui d'autre que le grand et l'unique Ronaldo, le Brésilien cette fois.

Pas de Michel Platini ni de Zinedine Zidane pas plus que Laurent Blanc ou encore Johan Cruyff dans ce onze de légendes. Chaque sensibilité est différente, et les choix ont dû être rudes à chaque poste.

Le Cas Cristiano Ronaldo: Expérience Contre Performance

Avant même de penser à ce match et aux enjeux qu’il peut présenter, quand on nous parle du Portugal, notre esprit pense automatiquement à Cristiano Ronaldo. Ce sentiment est encore légitime puisque la légende portugaise continue d’être appelée à chaque rassemblement. Un choix controversé, que certains peuvent comprendre ou non. Alors qu’il évolue en Arabie saoudite, à Al-Nassr, Cristiano, du haut de ses 40 ans, est encore ambitieux. L’homme aux 217 sélections et 135 buts souhaite encore, dans un coin de sa tête, s’offrir une dernière chance de gagner la Coupe du Monde avec son pays, seul trophée qu’il n’a pas encore soulevé dans sa carrière. Pour cela, il devra rester dans les 23 joueurs de cette équipe jusqu’en 2026… Il vise aussi les 1 000 buts en carrière, un défi compliqué auquel il continue de s’accrocher (928 buts inscrits actuellement). Ce joueur hors norme vit de défis et peine visiblement à se stopper. Mais pour CR7, l’aspect que nous soulevons est le fait qu’il est maintenant loin de son meilleur niveau et qu’il peut donc être handicapant lors d’un match.

C’est ce que l’on se dit d’un point de vue extérieur, même si, au sein de l’équipe, tout le monde semble rêver d’une victoire en Coupe du Monde avec Ronaldo, en témoigne ce que dit son coéquipier Diogo Dalot : « Pour moi, comme pour tous mes coéquipiers de la sélection je pense, c’est un énorme privilège et une fierté de pouvoir continuer à l’avoir en sélection, de partager des moments avec lui, de profiter de son expérience. On a tous envie de le voir gagner de grands trophées avec le Portugal. Ce serait une belle histoire pour le football portugais de le voir soulever des trophées jusqu’à la fin de sa carrière.

La présence de Ronaldo ne serait pas dérangeante si elle se limitait à apporter de l’expérience, un élément qui doit jouer dans l’appréciation de Roberto Martinez. Mais ce dernier lui accorde encore beaucoup de temps de jeu. En effet, l’ancien du Real Madrid a été titulaire à chaque match lors de l’Euro 2024 et, malgré de faibles performances, il est resté titulaire pour les phases de poules de la Ligue des Nations (à 4 reprises sur les 6 matchs). De plus, tout l’aspect psychologique entre en ligne de compte puisque le quintuple Ballon d’or attire toute la lumière, ce qui soulève diverses questions : est-ce que cela permet à ses coéquipiers de moins subir la pression, ou au contraire, est-ce que cela les empêche de prendre leurs responsabilités ? Même s’il a brillé en phase de groupes, quand le niveau va s’élever, celui qui évolue en Arabie saoudite depuis un certain temps risque d’être en dessous du niveau attendu.

Néanmoins, cela peut être compensé par un jeu intelligent et un bon QI football, où lui-même n’essaye plus de faire ce qu’il réalisait il y a quelques années. Après le match face à la Croatie en phase de poules, son coach déclarait : « Il a certes marqué mais il a surtout réalisé une très bonne performance. C’était une prestation pleine d’intelligence.

Malgré que de nombreuses interrogations soit levées, quant à sa présence, le coach portugais, lui, ne doute pas de l’importance d’avoir un tel joueur dans son effectif : « Au fil des années, j’ai appris à évaluer les joueurs selon trois critères fondamentaux : leur talent individuel, leur expérience, leur attitude et engagement. J’évalue Cristiano Ronaldo comme chaque joueur, selon trois critères. D’abord son talent. Le sien est indéniable ; il est l’un des meilleurs de l’histoire du football. Puis son expérience qui est également unique : il est le seul joueur à avoir disputé six Championnats d’Europe et plus de 200 matchs internationaux. Et le plus remarquable, c’est son engagement. Sa passion pour le Portugal est contagieuse et motive toute l’équipe.

Il est vrai que Cristiano est encore capable d’être décisif (meilleur buteur actuel de la Ligue des Nations avec cinq buts), mais il n’a plus le même impact dans le jeu, au contraire. À voir ce qu’il nous réserve pour l’avenir, mais une titularisation reste tout de même difficile à envisager face à des joueurs évoluant au plus haut niveau européen (Gonçalo Ramos, Rafael Leão, João Félix, Diogo Jota…). Cependant, une légende comme lui reste toujours précieuse dans un effectif. Il pourra toujours entrer en cours de match afin de représenter une menace, sans oublier l’esprit de gagne, l’envie et l’expérience qu’il peut insuffler à cette nation.

L'Importance des Statistiques et de l'Analyse de Performance

Dans le football mondial, « aucune sélection ne prête autant attention aux statistiques » et à l’analyse de performance que la sélection allemande, explique Simon Kuper, journaliste au Financial Times. Leur credo ? Une (r)évolution en coulisses, dans laquelle s’est pleinement engagée la Mannschaft, dans le sillage de Jürgen Klinsmann, sélectionneur de 2004 à 2006, et de Joachim Löw, son successeur, devenu champion du monde : tous deux sont les promoteurs de méthodes de travail scientifiques autant que sportives. On dit de Löw comme de Klinsmann qu’ils sont plus powerpoint que tableau noir ; ils dissèquent volontiers les performances de l’effectif à l’aide de données physiques et techniques.

Depuis 2005, la Mannschaft travaille en relation directe avec l’université des sciences du sport de Cologne, qui remet régulièrement des rapports statistiques au staff de la sélection nationale, dans lesquels les performances des joueurs et adversaires sont passées au crible. Ces données apportèrent ainsi des enseignements qui allaient révolutionner le jeu de l'équipe. Mais avant de déferler sur l’Allemagne, la formule gagnante - « The winning formula », avait d’abord envahi l’Angleterre.

Depuis quelques années, les statistiques y influencent le recrutement et orientent la manière de jouer. « Le développement durable d’un club, c’est à la fois des éléments qui optimisent la composition de l’effectif, d’autres qui établissent la contribution des joueurs aux performances de l’équipe et, enfin, une étude des profils à recruter, et à quelle valeur, pour remplacer des joueurs vendus ou sur le départ. »

« Il ne faut même pas se poser la question de savoir si c’est utile ou pas, philosopher sur l’apport de tels outils, car si les statistiques permettent d’améliorer ne serait-ce que 5 % des performances d’une équipe, c’est un bond en avant considérable dans l’univers ultra concurrentiel du sport de haut niveau », corrobore l’universitaire Chris Anderson. Car « le foot reste un sport de hasard », aux logiques aléatoires et aux résultats incertains.

Si tous les clubs anglais de Première Division disposent d'un département performance, dont l’une des principales activités recouvre l’analyse des statistiques récoltées pendant les rencontres de football, en France, les entraîneurs, les joueurs, les présidents à s'y intéresser restent rares. Certains entraîneurs verraient d’un mauvais œil l’apparition dans les staffs de statisticiens, mathématiciens, aux profils iconoclastes ; s’ils sont bardés de diplômes, ils n’ont généralement jamais foulé les pelouses.

En France, des clubs comme Lille, Lyon, ou Paris ont donc récemment copié le modèle anglais et mis en place des embryons de départements performance. Mais pour quels résultats ? Ces clubs figurent parmi les plus stables de la Ligue 1, gagnent des matches, des titres.

Peut-être le premier entraîneur de football à avoir utilisé les statistiques pour analyser la performance de ses joueurs, passant des heures dans son bureau à visionner les matches, à l’aide de nouveaux outils vidéo et informatiques. Il remplit des feuilles de calcul et se constitue une large base de données. Il hérite aussi d’un surnom, « le Professeur », pour ses articles universitaires sur l’histoire du foot et les systèmes de jeu.

L’objectif de Reep était de comprendre la supériorité ou l’infériorité d’une équipe ou d’un joueur, à l’aide de données chiffrées, dites objectives. Pour lui permettre d’améliorer ses prestations. Les techniques de collecte des données pendant les matches sont alors rudimentaires et empiriques. Certains disent qu’il est allé jusqu’à compter les foulées des joueurs pour estimer les kilomètres parcourus.

Après la seconde Guerre mondiale, et même si, à l’époque, la méthodologie était toujours balbutiante, Reep va analyser manuellement plus de 500 matches des Championnats anglais et de Coupe du monde, et découvrir que la moitié des buts marqués au cours d’une rencontre proviennent de ballons récupérés dans la surface de réparation adverse. Ils révèlent aussi que 90 % des équipes perdent la balle au-delà d’une séquence de trois passes.

Équipe Type de la Décennie 2010-2019

Entre 2010 et 2019, certains joueurs ont marqué le football mondial. Voici une équipe type de cette décennie :

  • Gardien : Manuel Neuer
  • Défenseurs : Marcelo, Daniel Alves, Sergio Ramos, Gerard Piqué
  • Milieux : Andres Iniesta, Toni Kroos, Luka Modric
  • Attaquants : Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, Karim Benzema

Remplaçants : Yachine, Lahm, Puyol, Rijkaard, Zidane, Di Stéfano, Cristiano Ronaldo, Cruyff, G.

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À la différence du Ballon d'Or qui a parfois été accusé de favoriser les stats individuelles au détriment de la réussite collective, nous avons mis en avant ceux qui cumulaient les deux. Pour entrer dans notre gotha, il faut au moins avoir remporté un titre majeur (Mondial, Euro, Ligue des champions) durant la dernière décennie. Il faut en outre faire partie des dominants de cette décennie. De ceux qui ont marqué ces dix ans par leur leadership, leurs statistiques, leurs exploits personnels dans des moments clés.

Difficile de parler de joueurs et de jeu si le système tactique n'est pas évoqué au préalable. La décennie aura ainsi été marquée par la fin des meneurs de jeu et le retrait progressif du fameux 4-4-2 si cher à Antoine Kombouaré pour faire la part belle au 4-3-3. Pep Guardiola, Zinédine Zidane, Jürgen Klopp, pour ne citer qu'eux, ont marqué les années 2010 avec cette mise en place.

Dans les buts, un seul homme a véritablement marqué cette décennie. Manuel Neuer a été de tous les succès au début des années 2010 avec le Bayern Munich puis avec la sélection allemande. Après une première finale perdue en 2012, il décroche la coupe aux grandes oreilles en 2013. Individuellement, il est élu meilleur gardien de l'année à quatre reprises et termine 3e du Ballon d'Or en 2013. Ses relances au pied comme ses pattes d'ours font la différence sur toutes les pelouses d'Europe. Dans cette équipe type, Manuel Neuer est un peu l'exception qui confirme la règle.

À gauche, le Madrilène Marcelo semble indéboulonnable. Le Brésilien a révolutionné son poste comme l'avait fait par le passé un certain Roberto Carlos. Offensif, technique mais aussi leader dans le vestiaire, il a remporté quatre ligue des champions sur l'ensemble de la décennie et fait une demie finale de Coupe du monde avec le Brésil en 2014. Sur le côté droit, son collègue de toujours et rival historique avec le FC Barcelone Daniel Alves est lui aussi l'un des grands footballeurs de la décennie. Après avoir remporté la Ligue des champions à deux reprises (2011 et 2015), "Dani'" est allé s'essayer au football italien. Avec réussite. Au sein de la Juventus Turin, il rallie de nouveau la finale de la C1. Comme un symbole de la domination espagnole en sélection puis à travers les clubs, deux joueurs sont incontournables pour former la charnière centrale de cette équipe type de la décennie. Piliers de leurs défenses au Real Madrid et au Barça comme en équipe nationale où le duo a fait des misères à beaucoup d'attaquants, ils incarnent le prototype du défenseur moderne. Rugueux, fourbe, redoutable relanceur et buteur à ses heures perdues.

Si la décennie a été marquée par le football espagnol, deux clubs ont particulièrement occupé le devant de la scène. Reléguant à eux seuls (ou presque) la Premier League et sa galaxie d'étoiles, le Real Madrid et le FC Barcelone ont formé les milieux modernes. Ils ont tous les trois brillé lors d'un Mondial. En 2010, Andres Iniesta est sacré champion du monde et marque en finale. Hormis le Ballon d'Or cette année-là qui lui échappe et qui reste un mystère comme l'assassinat de John F. Kennedy, l'Espagnol a globalement imprimé de sa patte cette décennie. Avec le Barça (deux Ligue des champions) et avec l'Espagne (Mondial 2010, Euro 2012). Moteur de l'entre-jeu de ses équipes, on a pu mesurer son impact une fois parti. Toni Kroos a brillé lors de la Coupe du monde 2014, titre à la clé. Vainqueur de la C1 avec le Bayern puis avec le Real Madrid à trois reprises, il s'est parfaitement adapté au système espagnol en étant repositionné plus bas. Et si l'Allemand a autant brillé, il le doit en partie à sa complicité avec son alter ego croate : Luka Modric. Plus offensif et libre dans la création, l'ancien joueur de Tottenham a été le meneur de jeu de toutes les offensives du Real Madrid. Évoluant à un poste de relayeur capable de se projeter, il a été l'un des piliers des trois victoires du club madrilène en Ligue des champions. Capitaine de la sélection croate, il a en outre terminé meilleur joueur du dernier Mondial après avoir échoué face à la France en finale. Modric a aussi, et surtout, marqué la décennie en grattant un Ballon d'Or à Messi et Cristiano Ronaldo. Les deux extraterrestres de ce jeu étaient jusqu'ici les seuls à avoir reçu la prestigieuse distinction individuelle depuis 2010.

Ils ont marqué les dix ans et plus encore l'histoire du football. Lionel Messi et Cristiano Ronaldo sont les deux hommes forts de cette équipe. Pour entrer en détail sur ce qu'ont accompli les deux hommes, il faut se mouiller la nuque au préalable. Six Ligue des champions à eux deux. Plus de 450 buts sur la décennie pour "CR7", plus de 500 pions du côté du lutin argentin. Des statistiques affolantes auxquels il faut ajouter les centaines de passes décisives, les actions de classe, et les onze Ballon d'Or à eux deux (6 pour Messi, 5 pour Cristiano Ronaldo). Pour épauler ces deux hommes il fallait un lieutenant. Le Scottie Pippen de Michael Jordan dans cette équipe type se nomme Karim Benzema. Arrivé de Lyon en 2009 pour le Real Madrid, "KB9" a révolutionné le poste de numéro neuf. Buteur, passeur, homme à tout faire sur le front de l'attaque. Bras droit de Cristiano Ronaldo durant près d'une décennie avant de prendre son envol depuis deux saisons et le départ du Portugais à la Juventus, il s'affirme désormais comme l'un des patrons de la Maison blanche. Vainqueur de quatre Ligue des champions, il n'est pas l'attaquant le plus médiatisé ni le plus coté. Il a même été écarté de l'équipe de France pour des raisons extra-sportives. Mais sa domination sans discontinuer en fait un élément indiscutable au sein de ce onze.

Le Recrutement Moderne: Au-Delà du Talent Brut

Les scouts cherchent désormais à tout savoir sur les traits de personnalité du joueur. Les Spurs finiront par jeter leur dévolu sur Dimitar Berbatov, mais l'anecdote dit assez de la place prise, depuis le début du siècle, par les considérations psychologiques dans les processus de recrutement des meilleures écuries européennes. Quasiment seize années se sont écoulées depuis la signature du Bulgare dans le nord de Londres (Torres choisira Liverpool un an plus tard) et la tendance n'a fait que s'accroître. La clé, c'est d'obtenir un tableau complet. État d'esprit, rapports aux autres, passé... » Jusqu'où cela peut-il aller ?

« Bien sûr que je passe du temps sur les réseaux sociaux du joueur, expose-t-il. Si je vois qu'il passe son temps à liker des photos de jeunes femmes différentes chaque semaine, ça va me mettre en alerte. » Des doubles-clics aux fréquentations, les dénicheurs de talents entendent donc désormais tout checker.

Selon Paulo Noga, le boss du recrutement de l'académie du Sporting Portugal, il s'agirait simplement de vivre avec son temps. « Si le garçon est tout en haut de la liste de nos priorités, on va vraiment chercher à tout savoir, explique celui qui a également accompagné Antero Henrique deux ans durant au PSG. Aujourd'hui, tous les enfants veulent avoir un "gros" Insta et on ne va pas aller contre ça. On va plutôt chercher à comprendre comment ils se servent de cette application et ce que ça dit d'eux. »

Le travail des dénicheurs de talents ne se résume toutefois pas à écumer des pages et des pages sur internet. La vraie vie compte au moins autant. Du journaliste local qui scrute les divisions amateurs aux directeurs d'académie en passant par les agents ou les chauffeurs de taxi, tout le monde est susceptible d'apporter un complément d'information. Avec un impératif : recouper les infos.

Les Merengues sont notamment attentifs à ce que leurs cibles font de leur argent. Inversement, ce sont l'état d'esprit et l'entourage de Federico Valverde, unanimement salués par les émissaires madrilènes sur le pont en 2016, qui ont fini de convaincre l'état-major du Real de débourser cinq millions d'euros pour s'attacher les services de l'Uruguayen de 18 ans à l'époque.

Luis Ferrer, ancienne figure du recrutement du Paris Saint-Germain, parle, lui, de « check-up complet ». « Imagine-t-on se passer de la visite médicale avant une signature ? poursuit celui qui a notamment joué un rôle clé dans les arrivées de Kylian Mbappé ou de Giovani Lo Celso dans la capitale. C'est le même principe mais concernant l'extra-sportif... »

« Il faut obtenir les informations qui vont vous permettre de savoir si ça peut matcher entre toutes les parties. La qualité que je recherche en priorité, c'est la capacité du jeune et de ses conseillers à s'inscrire dans le projet du club. »

De l'avis de plusieurs scouts, le milieu est désormais très bien entouré mais certains intermédiaires lui auraient, à l'époque, causé du tort. Slawomir Czarniecki, qui a couvé Kai Havertz à Leverkusen et qui est, depuis, devenu coordinateur sportif du Bayer, poursuit : « On recrute des humains avant de recruter des joueurs. Cela est d'autant plus vrai pour des clubs comme le nôtre, qui achètent beaucoup de jeunes. Nous avons besoin de découvrir des gars capables de mettre en place les choses nécessaires à leurs progrès. Est-ce que l'on a affaire à un joueur qui a la volonté d'apprendre, qui aura l'humilité de vouloir progresser ? C'est ça que l'on tente de savoir.

Chacun a ses méthodes : l'Atalanta aime par exemple organiser des petits-déjeuners avec la potentielle recrue quand le groupe Red Bull accorde une importance capitale au savoir-vivre.

« J'ai déjà abandonné la piste d'un joueur après m'être entretenu avec lui en présence de sa femme. J'aime bien rencontrer le gars et une personne de son entourage, son épouse de préférence s'il est marié. On discute. Madame n'est pas disponible le jour où on a prévu de se voir ? On repousse. Tu peux parfaitement oublier un bon joueur car tu sens que l'entourage n'est pas sain... »

« Tout dépend de l'âge du mec que vous avez repéré, explique cependant Gérard Bonneau. On sait qu'on va avoir quelques années pour travailler une fois qu'il sera dans la nouvelle structure. Est-ce que ça ne vaut pas le coup d'essayer ? À 25 ans, oui, vous pouvez sûrement ne pas prendre un mec sur ces critères de comportement ou de background. Avant, je ne suis pas sûr... » Parce qu'avant, il est encore temps d'agir. Voilà pourquoi le groupe Red Bull emploie des « integration officers » et pourquoi le PSG a créé, sous l'impulsion de Ferrer, un service dénommé « family care ».

La fiche de poste est simple : faciliter la vie des recrues et de leurs proches et s'assurer qu'elles ne déraillent pas à la première contrariété ou tentation venues. Au-delà de cet accompagnement qu'il estime - comme beaucoup de ses confrères - fondamental, cette figure du recrutement aime à citer l'exemple Schalke 04 comme celui à ne pas suivre.

Du point de vue de l'Allemand, le club de la Ruhr, qui vient de valider sa remontée en Bundesliga, est descendu lors de la saison 2020-21 alors qu'il possédait l'un des meilleurs effectifs du pays sur le papier. La faute, selon lui, à une absence de travail sérieux concernant tout ce qui a été évoqué jusqu'ici. Cet impair ayant conduit à la composition d'un groupe aux qualités techniques et athlétiques indéniables mais inégal sur le plan mental, et donc à l'équilibre précaire.

« Si tu n'investis que dans les joueurs, ça va, tôt ou tard, poser problème. En réalité, il ne s'agit alors même pas d'investissements mais de simples dépenses. Tu auras fait signer des éléments qui t'auront coûté de l'argent mais qui ne t'en rapporteront jamais. Et ceux-là arrivent dans ton effectif précisément parce que tu n'as pas investi, en amont, dans des gens capables de te ramener des joueurs fiables, qui ont une vraie valeur et qui font celle de ton club. »

L'Ère de la Data: Un Recrutement 3.0?

Déjà très présentes lorsque l'on s'en tient au terrain, les données pénètrent, peu à peu, le domaine extra-sportif. Predicta Football se présente, par exemple, comme un « outil scientifique d'identification des talents pour prédire le potentiel à réussir au niveau pro. »

Interrogé sur la pertinence du dispositif et l'émergence d'un recrutement 3.0, un recruteur résume les choses ainsi : « Petit à petit, je me suis rendu compte que les travers des joueurs, leurs petits tics révélateurs de certains traits de caractère, je les percevais à la vidéo. Donc celui qui parvient à les centraliser de manière automatique récolte, sur trente matches, autant voire plus d'infos que via un test de personnalité.

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