Après de nombreuses années de combat judiciaire, la Fédération Française de Football (FFF) a été contrainte de créer un District de football à Paris. Ce qui va changer le paysage du football francilien. C'est une étape supplémentaire avant la mise en route du District de Paris.
Ce mercredi, au siège de la Fédération, les 120 clubs de la capitale se donnent rendez-vous pour une assemblée d'approbation des statuts de cet organe chargé d'organiser les compétitions au niveau départemental. Il faudra toutefois attendre la saison 2021-2022 pour que les compétitions départementales à Paris débutent vraiment.
« La réunion de ce mercredi doit définir les modalités pour l'élection du futur président du District, qui se déroulera dans deux mois environ », explique Philippe Surmon, le président du comité départemental de Paris, et vice-président des Gobelins.

Genèse et Création du District
Deuxième département de France en terme de population, derrière le Nord, Paris n’a jamais eu de District de football. Une véritable anomalie. Les clubs de la Capitale sont en effet affiliés aux départements voisins d’Île-de-France depuis quarante ans.
Depuis les années 1980 et la création des Districts franciliens, les équipes parisiennes, qui avaient été placées dans les Districts avoisinants (92, 93, 94), vont enfin pouvoir voler de leurs propres ailes.
« En 2006, on a décidé d’aller en justice car personne n’était vraiment contre mais personne ne voulait faire quelques chose pour la création du District » nous expliquait Philippe Surmon, le président du Comité Départemental de Paris de Football (CDFP) l’an dernier.
Fort de 25 000 licenciés, la nouvelle instance départementale a réussi à sortir de terre après un long bras de fer avec la Fédération. Au milieu des années 2000, les clubs parisiens emmènent la FFF sur le terrain juridique. Victorieuses en première instance en 2011, les équipes parisiennes ont dû attendre l'épuisement de tous les retours pour enfin crier victoire le 18 mars 2018. Un triomphe validé lors de l'assemblée générale de la FFF le 2 juin 2018 à Strasbourg.
« Depuis, le District de Paris a été créé, explique Surmon, principal artisan de la création d'un district parisien. C'est aujourd'hui une coquille vide afin que la FFF ne soit pas condamnée à payer des pénalités d'astreinte. Elle a même un premier président en la personne de Marc Debarbat, le président de la Ligue de Football Amateur. »
En mars 2018, la Cour d’Appel de Versailles a estimé que la Fédération Française de Football devait créer ce District pour Paris : « La FFF ne démontre pas, par des études précises ou des simulations, la pertinence des motifs qu’elle invoque à l’appui de sa demande de dérogation ; qu’elle ne rapporte pas la preuve de l’existence de motifs justifiant qu’il soit dérogé à la règle de création d’un district par département ».
Lors de son comité exécutif du 12 septembre, l’instance fédérale a donné des informations complémentaires concernant le calendrier du District parisien de football : « Entendu les explications relatives au calendrier prévisionnel de mise en place de ce nouveau District durant la saison 2019/2020, avec notamment la première assemblée statutaire ainsi que l’assemblée élective, décide qu’il y aura lieu d’attribuer une subvention de mise en place et de fonctionnement pour ce nouveau District pour combler l’absence initiale des recettes habituelles liées aux compétitions ».
Conséquences et Réactions
Mais la création d’un nouveau District en Île-de-France ne fait pas que des heureux… notamment sur les Districts voisins qui vont perdre un certain nombre de licenciés.
Cette création fait grincer des dents au sein des Districts voisins et le premier d'entre eux, celui des Hauts-de-Seine. Amputé de 12 500 licenciés (sur un total de 43 000) répartis dans 92 clubs (sur un total de 152), le 92 perd beaucoup avec le départ programmé de « ses » Parisiens.
« C'est très simple, d'après nos estimations, nous risquons de licencier deux salariés sur les douze que compte le District », assure François Charasse, le président. Pour le 93 et le 94, les pertes tournent autour de 8 000 et 5 000 licenciés en moins.
« Selon nos estimations, la perte de ces 12 500 licenciés représentera une perte sèche annuelle de 200 000 euros, prévoit le président du district des Hauts-de-Seine, François Charrasse, auprès de La gazette de la Défense. Cette décision va probablement mener à la perte de plusieurs postes salariés pour que le budget soit validé. »
Le District de Paris pourra compter sur ses locomotives naturelles, à savoir le Paris FC (L2) ou les Gobelins (N2). Mais pas du PSG (L1), ni du Racing (N3), basé à Colombes ou du Red Star (Nat.), qui joue à Saint-Ouen. « Pour intégrer le District de Paris, il faut une des deux conditions, soit avoir un terrain dans la capitale, soit son siège social », précise Philippe Surmon.

Perspectives d'Avenir
Le futur District parisien de football pèserait environ 22 000 licenciés en prenant les chiffres des 157 clubs de Paris intra-muros en 2018-2019, Foot Libre, Futsal, Foot Loisir et Foot entreprise compris. La création de ce nouveau District sera effective au niveau administratif pour la saison 2020-2021 avec un lancement complet la saison suivante.
Mais il reste encore beaucoup de boulot…
Tableau Récapitulatif des Impacts
| District | Perte Estimée de Licenciés |
|---|---|
| Hauts-de-Seine (92) | 12 500 |
| Seine-Saint-Denis (93) | 8 000 |
| Val-de-Marne (94) | 5 000 |