Disney+ et la Stratégie du Cricket : Une Offensive en Asie pour Dépasser Netflix

Après un démarrage impressionnant avec 10 millions d'abonnés en seulement 24 heures aux États-Unis, au Canada et aux Pays-Bas, Disney+ regarde déjà vers l'avenir. En effet, le service de streaming du géant du divertissement Disney prévoit de miser sur l'Asie dès l'année prochaine pour accélérer son développement à l'international et ainsi concurrencer le géant Netflix.

La Walt Disney Company vise ainsi 60 à 90 millions d'abonnés dans le monde d'ici 2024. Pour contrer la firme de Los Gatos, Disney+ va s'étendre en Inde et dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est dès le deuxième trimestre 2020, selon des sources proches du dossier citées par TechCrunch.

Lancé en 2015, Hotstar domine actuellement le marché indien du streaming vidéo. Mais contrairement à Netflix et aux autres plateformes concurrentes en Europe et aux États-Unis, ce ne sont pas les séries et les films qui font grimper la base d'utilisateurs.

En effet, Hotstar a indiqué avoir plus de 300 millions d'abonnés mensuels entre mai et juillet, période correspondant au début de la saison de la Première ligue indienne de cricket (IPL) et à la Coupe du monde de cricket qui s'est tenue en Angleterre et au Pays de Galles. Cependant, la base d'utilisateurs de Hotstar chute en-dessous des 60 millions d'abonnés mensuels après la saison de cricket.

Dans ce contexte, l'arrivée de contenus originaux de Disney sur Hotstar, qui propose déjà un certain nombre de titres détenus par la firme américaine en Inde, pourrait doper le nombre d'abonnés de la plateforme pour la maintenir à flot après les saisons de cricket. Toutefois, la concurrence s'est intensifiée au cours de ces dernières années, avec l'arrivée d'Amazon Prime Video, Apple et Netflix sur le marché indien.

Sur ce marché, Netflix a d'ailleurs fait le pari d'une approche «mobile-first» avec le lancement d'une offre à 2,8 dollars par mois, qui permet de regarder des films et des séries seulement en définition standard (480p) et sur un seul smartphone. De son côté, Disney prévoit d'augmenter le prix d'abonnement à Hotstar en Inde, où le service coûte actuellement 14 dollars par an.

Disney ne vise pas seulement l'Inde pour gagner du terrain sur le marché du streaming. Le géant du divertissement vise également l'Asie du Sud-Est. Si les prix n'ont pas encore été finalisés, le service devrait cependant coûter plus de 30 dollars par an dans cette région du monde, qui représente un vivier de 600 millions de consommateurs connectés.

Dans cette dernière, Netflix mise, comme en Inde, sur une offre 100% mobile, notamment en Malaisie où le géant américain a lancé cette année un forfait mensuel de 4 dollars. Pour contrer Netflix à l'échelle mondiale, Disney ne pourra pas seulement s'appuyer sur Disney+ et Hotstar. Le géant du divertissement dispose également de la plateforme Hulu, qui compte 28 millions d'abonnés.

Une offensive multi-plateforme qui pourrait rapidement porter ses fruits, tant le catalogue de Disney (Pixar, Marvel, Star Wars…) est populaire à travers le monde.

Les droits audiovisuels de l'Indian Premier League (IPL), la principale compétition de cricket, ont été attribués pour l'équivalent de 6,2 milliards de dollars (5,9 milliards d'euros), triplant leur valeur par rapport au précédent cycle de cinq ans. À raison de 74 rencontres par an - et 94 à partir de 2026 -, chaque match du tournoi coûtera donc plus de 15 millions de dollars, soit plus que ce que coûte aux diffuseurs britanniques la Premier League de football (11 millions).

Disney+, unique diffuseur de l'IPL depuis le rachat de la 21st Century Fox, a conservé les droits TV domestiques de la compétition, pour 3 milliards de dollars environ. Mais le groupe américain a vu lui échapper les précieux droits du streaming, tombés dans l'escarcelle de Viacom18, une coentreprise réunissant Paramount et l'indien Reliance, contrôlée par ce dernier.

Le conglomérat, dirigé par le multimilliardaire Mukesh Ambani, frappe ainsi un grand coup à l'heure où la consommation de contenus sportifs sur smartphone explose dans le pays.

Pour la première fois, les droits du tournoi ont ainsi été décomposés en plusieurs lots : droits domestiques « classiques », droits streaming, droits à l'étranger, et droits d'une sélection de matchs en codiffusion. Les enchères ont eu lieu en ligne et les participants ont pu connaître seulement le montant des offres déposées, pas l'identité de leurs concurrents.

Il semblait toutefois évident que la bataille se jouerait entre une poignée de prétendants, comprenant Disney, Reliance, mais aussi Sony et Zee, un autre conglomérat indien. Après avoir annoncé son intention de participer à l'appel d'offres, Amazon a finalement jeté l'éponge, anticipant une surenchère de ses concurrents.

Cette défection, combinée à l'acquisition des droits streaming, permet à Reliance de consolider sa position dans un pays de 1,4 milliard d'habitants, où la consommation en ligne croît de manière exponentielle. Le cricket, sport culte - 600 millions de téléspectateurs pour le seul IPL -, constitue une porte d'accès inestimable vers un marché extrêmement prometteur.

Comme Amazon, Reliance cherche notamment à établir des passerelles avec son activité de commerce en ligne, où il entend contester la domination du géant américain.

D'après une estimation du cabinet Media Partners Asia, relayée par l'agence Bloomberg, le groupe américain pourrait perdre jusqu'à 20 millions d'abonnés à son service Disney+, et ne pas atteindre du coup son objectif de 260 millions d'abonnés en 2024 au niveau mondial.

Si Disney intègre autant le domaine du sport, c’est parce qu’il sait que ce dernier attire la jeunesse, mais pas seulement. Kun Agüero a d’ailleurs fait mention de la jeunesse latino-américaine dans sa vidéo.

Il semble que Disney souhaite donc intégrer de plus en plus le domaine du sport.

Disney fait de tout, touche à tout. La société fait des films, des séries, des jeux vidéo, des figurines… Elle s’intéresse à de nombreux sujets, qu’elle utilise ensuite pour créer son propre contenu. Et si, à présent, Disney s’intéressait encore plus au domaine du sport ? Il y a cinq jours, l’ancien joueur de Manchester City, Sergio Agüero (ou Kun Agüero) a annoncé sur les réseaux que Disney l’avait contacté.

Il y a cinq jours, Kun Agüero a posté une vidéo sur Instagram. Dans cette dernière, il explique les nouveaux projets dans lesquels il va plonger. Si on retient d’abord ESPN Argentina, qui est un réseau de télévision diffusant le sport, on retient également un grand nom : celui de Disney.

Dans sa vidéo, Sergio Agüero se dit fier de pouvoir travailler en collaboration avec Disney :« Je suis très content. Avec le football, vous savez que j’ai donné tout mon amour. Je suis content de pouvoir faire la même chose avec Disney. Je sais que tout va bien se passer. »

Pour ce qui est des projets à venir en collaboration avec Disney, Sergio Agüero reste assez flou :« Peut-être que ce sera un film, je ne sais pas. Nous verrons bien. »

Dans tous les cas, Sergio Agüero a remercié la Walt Disney Compagny d’avoir établi une relation de confiance entre les deux parties, qui a débouché sur un accord.

Il rappelle également la place importante qu’occupe Disney dans le domaine du divertissement à l’échelle intercontinentale. Selon lui, ce sera l’occasion de faire plaisir aux enfants du monde entier et, plus particulièrement, de l’Amérique Latine.

On connaît Disney pour ses contenus divertissants. Des contenus à la fois magiques, mais également vecteurs de messages. Mais il semble que Disney s’intègre de plus en plus dans le domaine du sport.

Cela ne date pas d’hier. Mickey et le sport entretiennent déjà une excellente relation. La société américaine possède un véritable empire sportif. Elle possède en effet des chaînes sportives comme ABC ou ESPN, elle diffuse les matchs de NBA, une discipline dans laquelle elle s’est associée avec l’équipe de basket Magic d’Orlando en 2017. Et, dernièrement, on a appris que BYJU’S, une entreprise associée à Disney, est devenue un sponsor officiel de la coupe du monde de football 2022, qui se déroulera au Qatar. Disney a donc un pied dans l’une des compétitions les plus prestigieuses.

L’autre discipline sportive que Disney souhaite mettre en avant est le cricket. Et, plus particulièrement, le cricket indien. Véritable sport en essor, il ne cesse d’intéresser la population indienne et extérieure. Et ça, Disney l’a parfaitement compris. Pour la saison 2022, l’IPL, qui est donc la ligue indienne de cricket, propose de nouvelles équipes et encore plus de matchs. Une aubaine pour les fans, mais également pour Disney, qui est devenu le principal diffuseur des matchs.

Par l’intermédiaire de sa chaîne « Disney HotStar », une chaine exclusive en Inde, la société s’est associée à 15 sponsors pour le championnat. Et pour ce qui est des recettes, Disney Star devrait empocher entre 4 200 et 4 400 millions de dollars de recettes publicitaires. L’un des membres de l’équipe de vente de Disney Star a déclaré :« Nous sommes tout à fait en mesure d’atteindre nos chiffres de ventes lors de l’IPL 15. Ce sera notre meilleure année et nous sommes certains que, comme toujours, les annonceurs bénéficieront de la meilleure expérience possible. »

Tableau: Comparaison des coûts des droits de diffusion

Compétition Coût par match (estimé)
Indian Premier League (IPL) 15 millions de dollars
Premier League (Royaume-Uni) 11 millions de dollars

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