La sécurité lors des événements sportifs, notamment au Parc des Princes, est une priorité absolue. Le Paris Saint-Germain (PSG) a mis en place un dispositif complexe et rigoureux pour assurer la sécurité de ses joueurs, de ses employés et des spectateurs. Au cœur de ce dispositif se trouve le directeur de la sécurité, un poste clé aux multiples responsabilités.
Le PSG s’est mis en quête d’un « super directeur de la sécurité » chargé de plusieurs missions, d’après L’Equipe. Le club de la capitale aurait déjà essuyé un refus auprès de Ziad Khoury, l’homme qui s'est occupé de la sécurité autour de l’Euro 2016.
Le vestiaire des Bleus au Parc des Princes, Equipe de France I FFF 2023
Les Missions du Directeur de la Sécurité
D’après L’Equipe, le champion de France est à la recherche d’un « super directeur de la sécurité » dont le rôle sera de gérer la sûreté du club francilien, mais aussi les relations avec les pouvoirs publics et les supporters. Le rôle exige tout à la fois à assurer la sécurité et le bon déroulement de la vie des salariés du club, principalement des joueurs, que celle des spectateurs notamment présents les soirs de match, au Parc des Princes.
Les missions du directeur de la sécurité sont vastes et variées. Elles comprennent :
- La gestion de la sûreté du club.
- Les relations avec les pouvoirs publics.
- La gestion des relations avec les supporters.
- Assurer la sécurité des salariés du club, en particulier des joueurs.
- Garantir la sécurité des spectateurs présents au Parc des Princes les soirs de match.
Michel Besnard : Un Profil Expérimenté à la Tête de la Sécurité du PSG
Habitué à œuvrer dans l’ombre, Michel Besnard goûte assez peu d’être en pleine lumière. Le voilà pourtant propulsé en première ligne avec la réception des Serbes de l’Etoile rouge de Belgrade, mercredi 3 octobre, au Parc des Princes, lors de la deuxième journée de la phase de poules de Ligue des champions. Nommé en avril, le nouveau directeur de la sécurité du Paris-Saint-Germain est attendu au tournant, alors que le contexte de la rencontre inquiète les pouvoirs publics depuis plusieurs semaines.
Après avoir gravi les échelons de la police et de l’administration durant trois décennies, cet ancien préfet a succédé au PSG à Jean-Philippe d’Hallivillée (2006-2017), l’un des artisans du plan de sécurisation dit « Leproux », en 2010, et opposé au retour des ultras au Parc, acté, en 2016, par la direction du club.
M. Besnard n’était pas le premier choix des dirigeants parisiens. Ces derniers auraient préféré recruter un autre « grand flic », Laurent Simonin, chef d’état-major à la direction de l’ordre public et de la circulation à la Préfecture de police de Paris et dont le nom est apparu dans l’affaire Benalla cet été.
Directeur délégué à la cellule interministérielle de crise à l’occasion des attentats de Paris (novembre 2015) et de Nice (juillet 2016), M. Besnard avait intégré, en 2012, le cabinet du directeur général de la police nationale en tant que chef de l’unité de coordination des grands événements. C’est à ce titre qu’il a été chargé de la sécurité de l’Euro 2016 ou du Mondial de handball, en 2017.
« Michel Besnard est un grand professionnel de la sécurité. Il a le sens de l’Etat et a travaillé deux, trois ans sur l’Euro 2016, assure le préfet Ziad Khoury, ancien directeur de la sécurité de l’Euro. Il connaît le milieu footballistique, ses codes, le comportement des supporteurs. »
Le principal dossier de M. Besnard - qui « préfère rester en retrait et ne donne jamais d’interview », selon le PSG - est la gestion du Collectif ultras Paris, ostracisé avant le rachat du club par Qatar Sports Investments, en 2011, et autorisé, sous condition, cinq ans plus tard à regagner le Parc des Princes pour réchauffer l’ambiance.
« Il est pragmatique, à l’écoute, et a une bonne image », estime-t-on chez les ultras parisiens.
Besnard doit également travailler avec l’influent Jean-Martial Ribes, directeur de la communication du PSG, à la manœuvre lors du retour en grâce des ultras, et former un tandem avec un ancien policier des renseignements généraux, Malik Nait-Liman. Ce dernier a été nommé en août « référent supporteurs » par le club après avoir servi d’intermédiaire avec le CUP.
« Besnard apprend, observe, résume-t-on aux portes du PSG. Il doit éviter les situations conflictuelles avec les ultras. Quitte à parfois fermer les yeux. »
Le Dispositif de Sécurité au Parc des Princes
Le Parc des Princes est équipé d'un système de sécurité de pointe, supervisé depuis le poste de commandement opérationnel (PCO), surnommé la « bulle ». Cette pièce de 25 m2, située à l'angle des tribunes Borelli et Boulogne, est le centre névralgique de la sécurité les jours de match.
La « bulle » regroupe une quinzaine de personnes, attachées à la prévention des risques et à la sécurisation du stade. Ici, et contrairement à de nombreux autres stades français, les différents intervenants ne sont pas cloisonnés : le club et les forces de l'ordre travaillent en coordination permanente et directe.
Concentrés sur leur mur d'écrans, les agents chargés de piloter la vidéosurveillance sont installés dos au terrain. Les autres locataires bénéficient d'une vue panoramique sur la pelouse et les tribunes, derrière des vitres teintées, dans un espace insonorisé. De droite à gauche, en entrant, se trouvent les responsables des CRS (Compagnies républicaines de sécurité) ou des gendarmes mobiles, suivant les effectifs requis, puis la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la PP, avec le commissaire Antoine Mordacq, adjoint au chef d'état-major de la DOPC et patron du dispositif de sécurité du Parc.
À l'autre extrémité de cet arc siègent deux officiers de police judiciaire et un magistrat du parquet de Paris. Leur présence permet de traiter, sur place, les gardes à vue consécutives aux éventuelles interpellations effectuées par les forces de l'ordre (le Parc des Princes abrite deux petites cellules à cet effet, dans son sous-sol). Enfin, un représentant de la Direction du renseignement de la Préfecture de police (DRPP) navigue également, alerte et mutique, dans cette petite ruche.
Les policiers présents dans le PC sécurité contrôlent d'autres caméras, placées sur la voie publique. Lors de notre présence, à l'occasion de PSG-Manchester City (2-0, le 28 septembre), nous avions assisté en direct, depuis la bulle, à l'interpellation d'un fan britannique, rue du Commandant-Guilbaud (une artère qui jouxte le Parc), sur la voie d'évacuation encadrée des supporters de City.
À chaque rencontre du PSG, la configuration urbaine du Parc des Princes nécessite un mécanisme humain et logistique sur mesure, très adaptable, au gré des restrictions et interdictions progressives de stationnement et de circulation à l'intérieur du périmètre, délimité par une quinzaine de barrages. Pour la venue du club allemand, environ 400 membres des forces de l'ordre seront mobilisés.
La première réunion préparatoire est dirigée par Michel Besnard, le directeur de la sécurité du PSG (un ancien policier), et Mordacq, le chef du dispositif sur site. Côté PSG, Besnard est accompagné de Pierre-Octave Arrighi, directeur des opérations du club et « main contact » (responsable des relations) avec l'UEFA. Dans un des grands salons du Parc des Princes, tout est passé en revue lors de ce rendez-vous initial, auquel participent également des représentants de la police municipale de Boulogne-Billancourt et du commissariat du XVIe arrondissement : le filtrage établi dans le périmètre sécurisé, le dispositif anti-drones, l'heure du déminage avec chien renifleur, le numéro de vol de l'avion qui transporte l'équipe visiteuse, l'hôtel où elle loge...
La veille du match, à la PP, sur l'île de la Cité, en plein cœur de Paris, Mordacq finalise l'organisation du « dispo » dans son bureau, face à une carte détaillée du secteur du Parc. Puis, en fin d'après-midi, ultime réunion collective de préparation de la rencontre, dirigée par le « security officer » de l'UEFA, accompagné du « match delegate ».
Si aucun incident sérieux ne vient perturber la rencontre, la bulle commencera à se vider de ses occupants une heure après la fin du match. Une fois le Parc vidé de son public, la surveillance n'est pas tout à fait terminée : elle se concentre sur le parking souterrain du stade, où une demi-douzaine de caméras observent joueurs, officiels et VIP rejoindre leur véhicule et sortir de l'enceinte.
C'est un grand mur d'images à la fois troublant et hypnotisant ; un assemblage serré de 32 téléviseurs et sur chacun de ces écrans plats, on peut suivre, en haute définition, quatre « programmes » différents en direct, au gré des changements de plans et d'orientation, des corrections d'angle, des travellings intrusifs et des captations, pour évacuer ou confirmer un doute. Aux manettes, trois opérateurs vidéo d'une société privée, les yeux rivés sur cette mosaïque numérique de 128 fenêtres, scrutent en permanence, avant, pendant et après le match les flux de spectateurs et les comportements potentiellement suspects dans l'enceinte, grâce à 300 caméras. Sur la même rangée, un adjoint à la sécurité du PSG, regard tout autant aiguisé, supervise ce ballet bigarré. L'acuité de ce système de vidéosurveillance interne est stupéfiante : la qualité de zoom d'une caméra plongeante pourrait permettre d'observer ce que consulte ou écrit un spectateur sur son téléphone portable... Le système de vidéosurveillance du Parc des Princes.
La DRPP est notamment chargée du repérage et du suivi des supporters à risques, en liaison avec la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), qui dépend du ministère de l'Intérieur. Les policiers présents dans le PC sécurité contrôlent d'autres caméras, placées sur la voie publique. Ce policier en civil a passé toute la rencontre, avec un collègue, dans le parcage des supporters des Citizens (ils étaient 1 370), attentif au moindre dérapage en tribune, en compagnie de plusieurs stadiers. Ils auront la même mission, ce mardi soir, au milieu des 1 400 supporters du RB Leipzig, également encadrés par des « spotters » (« guetteurs ») venus d'Allemagne.
Les Défis et Enjeux
La gestion de la sécurité au Parc des Princes est un défi constant, nécessitant une adaptation permanente aux nouvelles menaces et aux spécificités de chaque rencontre. Parmi les enjeux majeurs, on peut citer :
- La lutte contre le hooliganisme et les comportements violents.
- La prévention des intrusions sur le terrain.
- La gestion des flux de supporters, notamment lors des matchs à risque.
- La coordination avec les forces de l'ordre et les autorités publiques.
- La sécurisation des accès au stade et de ses environs.
Pour les différents acteurs de la sécurité du Parc, le coup d'envoi d'une rencontre européenne a lieu cinq ou six jours avant sa tenue. Au menu : diverses questions, plus ou moins graves, posées en préambule aux autorités publiques et à l'organisateur, comme : « Quel est le niveau de la menace terroriste ? », « Y a-t-il un risque d'envahissement du terrain ? », « Vous attendez-vous à l'utilisation d'engins pyrotechniques ? » ou « Combien de VIP allez-vous accueillir ? » Passé le questionnaire routinier de l'UEFA, le débat tourne souvent autour de l'accueil et de la gestion des supporters visiteurs, entre les deux clubs concernés.
À chaque pays ses pratiques : contre City, le PSG s'est étonné à plusieurs reprises, comme les autorités publiques, du peu d'informations précises (moyens de transport, trajets...) transmises par leurs homologues anglais concernant ses supporters, à risques ou pas. « On fait de notre mieux pour les aider mais la police britannique n'a pas les mêmes égards... », avait déploré Besnard.
Il est minuit et demi, l'écrin parisien est rendu à sa pénombre silencieuse.
| Type de rencontre | Nombre de membres des forces de l'ordre mobilisés |
|---|---|
| Matchs réguliers | Variable, en fonction du niveau de risque |
| Matchs européens | Environ 400 |
