Les Différentes Divisions du Football Féminin en France

Le football féminin en France a mis des décennies à obtenir une reconnaissance institutionnelle. Depuis les premiers matchs non officiels du début du XXᵉ siècle jusqu’à la création de la Division 1 Féminine en 1974, ce sport a dû surmonter de nombreux obstacles sociétaux et culturels. Aujourd'hui, le football féminin en France repose sur une structure hiérarchisée qui favorise la progression des joueuses, du niveau local au niveau professionnel.

Le football féminin en France est structuré en plusieurs niveaux, permettant une progression sportive du niveau amateur au niveau professionnel.

Les événements sportifs éco-responsables : l'exemple du football au féminin

La Pyramide des Compétitions Féminines en France

La structure des compétitions de football féminin en France est organisée de manière pyramidale, avec différents niveaux permettant aux clubs de progresser et aux joueuses de se développer.

Division 1 Arkema : L'Élite du Football Féminin

La Division 1 Arkema est la vitrine du football féminin en France et un championnat d’élite reconnu en Europe. Avec ses 12 équipes professionnelles, ce niveau est à la fois un tremplin vers la reconnaissance internationale et une compétition d’excellence. Les équipes participantes s’affrontent pour remporter le titre national, mais aussi pour décrocher une place en Ligue des Champions féminine, une compétition prestigieuse qui met en lumière les meilleurs clubs européens.

Pour évoluer à ce niveau, les clubs doivent se conformer à des exigences strictes. Cela inclut la gestion d’un centre de formation agréé, garantissant un développement optimal des jeunes talents féminins. Les clubs doivent également satisfaire à des critères financiers rigoureux, contrôlés par la Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG), afin de garantir une gestion saine et durable. Grâce à la qualité des joueuses et à l’engagement des clubs, la D1 Arkema bénéficie d’une forte visibilité internationale. Des joueuses de renom, comme Wendie Renard ou Kadidiatou Diani, évoluent dans ce championnat, attirant les regards des amateurs de football du monde entier.

En France, l’exemple du championnat de Division 1 Arkema révèle tout d’abord un déséquilibre compétitif, selon l’indice de Noll-Scully, autour de deux clubs, L’Olympique Lyonnais et le Paris Saint-Germain, qui survolent le championnat tout en brillant en Ligue des champions. Cette domination s’accompagne d’une métropolisation du football féminin de haut niveau souvent adossé à des clubs de Ligue 1.

Les revenus des clubs de Division 1 restent médiocres et proviennent surtout des droits TV et du sponsoring, mais très peu des recettes au guichet et du transfert de joueuses.

Division 2 Féminine : Un Tremplin Vers l'Élite

La Division 2 Féminine constitue une compétition stratégique pour les clubs qui aspirent à rejoindre l’élite. Elle regroupe 12 équipes, dont certaines disposent d’une infrastructure semi-professionnelle en constante évolution. Chaque match en D2 Féminine est une épreuve de compétitivité, où les clubs cherchent à se démarquer tout en renforçant leur expérience tactique.

Division 3 Féminine : Développement et Ambition

La Division 3 Féminine est un championnat crucial pour le développement des joueuses et des clubs. Ce niveau représente souvent le premier pas vers la compétition nationale pour les clubs ambitieux. Les meilleures équipes accèdent à la Division 2 Féminine, tandis que les autres continuent de former des talents et de consolider leurs bases. Les clubs de D3 Féminine sont accompagnés dans leur structuration et leur professionnalisation.

La D3 féminine a débuté le 17 septembre 2023, avec une poule A composée de six clubs de l’Ouest : Croix Blanche Angers, ESO La Roche-sur-Yon, Stade Brestois, Stade Malherbe Caen, Saint-Malo et CPBB Rennes. Relancée cette saison 2023-2024, suite au passage à une poule unique de la D2F, et de la volonté d’avoir un troisième niveau national dans le championnat de France de football féminin, la D3 reste un visage inconnu.

La création de la D3 est une très bonne chose car c’était le chaînon manquant des championnats du football féminin. Il y avait un gros écart entre le niveau de Régional 1 et de Division 2. Cette division 3 va permettre de trouver un équilibre, elle va élever le niveau du foot féminin, c’est forcément bénéfique et intéressant pour un club.

Régional 1 Féminin : Le Plus Haut Niveau Régional

Le Régional 1 Féminin est le plus haut niveau régional en France, jouant un rôle clé dans le développement du football féminin. Cette compétition permet aux clubs amateurs les plus performants de se mesurer à un niveau compétitif local élevé. Ce niveau est souvent le premier contact avec une organisation semi-professionnelle, où les clubs sont confrontés à des exigences tactiques et physiques accrues. De plus, cette compétition aide les joueuses à se préparer pour des niveaux supérieurs grâce à des oppositions de qualité et des rencontres régulières avec des équipes expérimentées.

Régional 2 et Niveaux Inférieurs : La Base de la Pyramide

Les divisions de Régional 2 et les niveaux inférieurs forment la base de la pyramide du football féminin en France. Pour de nombreux clubs, le Régional 2 représente une étape cruciale dans leur croissance. Les équipes utilisent ce niveau pour consolider leurs effectifs, améliorer leurs infrastructures, et préparer une éventuelle montée en Régional 1. Les niveaux inférieurs jouent un rôle clé dans l’expansion du football féminin en France. Ils permettent à de nombreuses joueuses, souvent jeunes ou débutantes, de s’initier à la compétition dans un cadre convivial et accessible. Les niveaux régionaux sont indispensables pour assurer la pérénité du football féminin. Ils forment un réservoir de talents et contribuent à la structuration des clubs dans une dynamique ascendante.

La Ligue Féminine de Football Professionnel (LFFP) : Un Tournant en 2024

En 2024, une étape cruciale sera franchie avec la mise en place de la Ligue Féminine de Football Professionnel (LFFP). Cette nouvelle entité, qui sera effective dès le 1er juillet, représentera un tournant dans l’histoire du football féminin en France. Présidée par Jean-Michel Aulas, ancien dirigeant emblématique de l’Olympique Lyonnais, la LFFP ambitionne de transformer le football féminin français en un modèle d’excellence au niveau européen.

Un des aspects fondamentaux de cette réforme est l’allocation de nouveaux moyens financiers aux clubs. La LFFP vise également à accroître la notoriété des compétitions féminines. En collaborant avec des partenaires médiatiques, elle s’assurera d’une meilleure diffusion des matchs et d’une couverture médiatique renforcée. La réforme de 2024 constitue également un levier important pour la promotion de l’égalité dans le sport. En offrant aux joueuses des conditions similaires à celles des hommes, elle contribue à réduire les écarts de traitement et de reconnaissance entre les deux genres.

La création de la Ligue féminine de football professionnel (LFFP), votée lors de l’Assemblée générale 2023, est l’aboutissement du travail mené par la FFF et la commission fédérale du football féminin depuis 2021. En s’engageant pour cette professionnalisation, la Fédération souhaite proposer une discipline d’excellence tout en garantissant les droits des joueuses. La naissance de la LFFP, le 1er juillet 2024, marque donc un tournant dans l'histoire du football français et illustre une dynamique sans précédent en faveur de la pratique féminine.

Placée sous l’égide de la FFF, la Ligue, présidée par Jean-Michel Aulas, fonctionne avec sa propre organisation. Andreea Koenig, membre du Conseil d'administration au RC Lens depuis 2019, a été nommée vice-présidente par le Comité exécutif de la FFF.

L'identité graphique de la nouvelle LFFP a été divulguée le 29 avril 2024 par Philippe Diallo, président de la FFF, et Jean-Michel Aulas, nommé président de la LFFP et vice-président délégué de la FFF, lors de la cérémonie des Trophées de la saison de D1 Arkema. Cet avènement s’accompagne d’une nouvelle identité pour les championnats. L’Arkema Première Ligue et la Seconde Ligue vont remplacer respectivement la D1 Arkema et la D2 féminine à compter de la saison 2024-2025. Avec la LFFP, ils seront les nouveaux représentants de l’élite du football professionnel national.

La D1 Arkema devient l'Arkema Première Ligue.

Financement du Football Féminin en France

Malgré les récentes avancées, le football féminin reste sous-financé par rapport à son homologue masculin.

Les revenus de la D1F ont plus que doublé, passant de 9,3 millions € en 2012-2013 à 22,5 millions € en 2018-2019. Ceci est dû surtout à l’OL et au PSG dont la part dans le total est passée de 67 % en 2013-2014 à 74 % en 2018-2019.

Parmi les sources de financement, on observe une prépondérance des revenus commerciaux (droits de retransmission TV, merchandising, adhésions), suivis de l’apport des sponsors et des subventions publiques.

La chaîne Canal+ a signé un contrat de 6 millions € avec la D1F pour les droits de retransmission pendant cinq saisons (1,2 million € par saison), mais cet argent n’est pas redistribué entre les équipes - comme en Ligue 1 et Ligue 2 masculines - pour l’heure.

La D1F a attiré 462 000 téléspectateurs par journée de championnat en 2018-2019 ; l’affiche OL-PSG du 13 avril 2019 fit une audience de 301 000 téléspectateurs, et 128 000 pour Montpellier-OL (16 décembre).

Chiffres clés de la LFFP pour la saison 2024-2025
Élément Valeur
Budget de la LFFP 10 millions d'euros (hausse de 33% par rapport à 2023-2024)
Championnats organisés Arkema Première Ligue et Seconde Ligue
Clubs avec agrément pour centres de formation 7 en Arkema PL (Dijon, Fleury, Le Havre, Lyon, Montpellier, Paris FC, Paris-SG) + 1 en Seconde Ligue (Lille)
Dotation financière pour un club en Arkema Première Ligue (licence Excellence) 350 000 € (+200 000 € pour ceux avec licence Élite)

Figures Emblématiques du Football Féminin

Plusieurs joueuses ont marqué et continuent de marquer l'histoire du football féminin.

  • Marta : Souvent surnommée la « Pelé au féminin », Marta est une icône mondiale du football féminin. Avec ses six titres de meilleure joueuse FIFA, elle a marqué l’histoire de ce sport.
  • Alex Morgan : Figure emblématique de l’équipe des États-Unis, Alex Morgan est connue pour son agilité et son sens du but. Championne du Monde en 2015 et 2019, elle a également remporté des titres olympiques.
  • Megan Rapinoe : Megan Rapinoe est bien plus qu’une joueuse de football. En plus de ses succès sportifs (deux Coupes du Monde, un Ballon d’Or féminin), elle est célèbre pour ses engagements en faveur des droits LGBTQ+ et de l’égalité salariale.
  • Ada Hegerberg : Première lauréate du Ballon d’Or féminin en 2018, Ada Hegerberg est une attaquante redoutable. Avec l’Olympique Lyonnais, elle a remporté de nombreux titres, dont plusieurs Ligue des Champions.
  • Christine Sinclair : Avec plus de 190 buts en sélection nationale, Christine Sinclair est la meilleure buteuse de l’histoire du football international, hommes et femmes confondus.
  • Lucy Bronze : Lucy Bronze, latérale droite talentueuse, est une pilier de l’équipe d’Angleterre et une joueuse clé du FC Barcelone. Récompensée par le titre de Meilleure joueuse FIFA en 2020, elle se distingue par son impact défensif et ses contributions offensives.

Megan Rapinoe, une figure emblématique du football féminin.

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