Le Brest Bretagne Handball (BBH) est l'histoire d'une croissance accélérée, la soif d'un club définitivement attiré par le plus haut niveau et soucieux de l'atteindre le plus rapidement possible.
Fondée en 1965, Metz Handball est une association forte de plus de cinq cents licenciés masculins et féminins, présente dans toutes les catégories, du baby-hand aux seniors. Avec plus d’un demi-siècle d’histoire, le club affiche un palmarès exceptionnel sur le plan national avec pas moins de quarante titres décrochés par son équipe féminine.
De la N1 à la finale de la Ligue des Champions, il n’y a ainsi qu’un (grand) pas que le BBH a su franchir en sept petites années.
On a coutume de dire que le plus dur n’est pas d’atteindre le sommet mais d’y demeurer alors c’est dans une nouvelle phase que le club des Présidents Gérard et Denis Le Saint est entré depuis quelques saisons, celle de la stabilisation après une évolution à vitesse grand V.
Les principaux caps ont d’ores et déjà été franchis, les cases cochées une à une.

Bâti sur les fondations de son Arena, sans laquelle rien n’aurait sans doute été possible, le projet brestois a atteint son premier palier significatif en rejoignant en 2016 la Division 1, après une saison qui restera encore longtemps dans les mémoires, ponctuée d’une invincibilité totale du début à la fin, d’une accession dans l’élite donc et d’une victoire historique en Coupe de France.
Ce glorieux passage symbolisait l’entrée dans le grand monde du handball hexagonal pour celles qu’on appelait déjà à l’époque les Rebelles.
Il aura fallu quatre petites saisons pour y arriver et tout cela n’avait rien d’une finalité. Car les ambitions des dirigeants brestois et la volonté de l’entraîneur Laurent Bezeau d’inscrire le club dans l’excellence étaient très fortes.
Solidement soutenue par un socle de partenaires économiques nombreux et fidèles, la structure allait passer à la vitesse supérieure en attirant de grands noms du handball dans ses rangs et en prenant ses marques avec la compétition européenne, la deuxième dans la hiérarchie, pendant que les esprits lorgnaient fermement la Ligue des Champions dans un avenir très proche.
Pour ses premiers pas chez les grands, le BBH se plaçait vice-champion de France et poussait jusqu’aux quarts de finale dans la compétition continentale en 2017.
La marche suivante était alors immédiatement atteinte et pendant que le Brest Bretagne Handball poursuivait sa quête de gloire nationale, il faisait son entrée dans le gratin européen en intégrant la Ligue des Champions, une épreuve qu’il n’a plus quittée jusqu’à aujourd’hui et contribuant fortement à sa renommée et à ses progrès sportifs et structurels.
Le léger coup de mou, que certains ont appelé une crise de croissance, lors de la saison 2018/2019 n’aura été que passager et surtout le point de départ d’une nouvelle accélération qui allait voir les Rebelles décrocher leur premier titre de championne de France et atteindre la finale de la Ligue des Champions en mai 2021.
Avant d’entrer dans la dixième année, le BBH a pris un virage en plaçant Pablo Morel à la tête du projet sportif pour faire suite à Laurent Bezeau.
Lors de la saison 2024/2025 Raphaëlle Tervel succède à Pablo Morel.
Un nouveau cycle est donc en route pour ce club qui ne veut se fixer aucune limite, que ce soit en France ou en Europe.
Brest Bretagne Handball 🆚 Metz Handball | Quarter-finals | EHF Champions League Women 2024/25
L'Ère Laurent Bezeau
Laurent Bezeau a été une figure emblématique de l’histoire du hand brestois.
D’abord à l’Arvor 29, avec un titre de champion en 2012 ; puis au BBH, pour son retour en 2013.
À son palmarès, trois Coupe de France, un titre de champion, et une finale de Ligue des champions.
Le projet, c’était de ramener le club en première division, et d’y jouer un rôle majeur.
On fait d’abord une bonne première année en D2, en terminant 2e derrière Besançon.
Ça aurait pu le faire, mais avec le recul, c’était peut-être un peu trop tôt pour monter en D1.
La saison suivante, en 2015-2016, on vit quelque chose d’extraordinaire.
On termine invaincu, on gagne la Coupe de France… On monte en D1 en ayant consolidé le club.
L’idée, c’était que tous les pans du club puissent grandir ensemble.
Car si tu as un pan qui reste à la traîne - ce qui s’était passé avec le feu Arvor 29 -, tu tires le sportif vers le bas, et ça peut exploser.
Clairement, vous prenez possession de l’Arena en 2014. Ça a été un catalyseur, un développeur exponentiel et essentiel au BBH. Avec cette salle, on pouvait avoir un projet économique - et donc sportif - de très haut niveau.
C’est une saison extraordinaire sur le plan sportif, mais aussi sur le plan humain. Il y avait une espèce d’harmonie.
En championnat, on a dominé assez rapidement, et ça nous a permis de bien préparer les matches de Coupe de France.
Il y avait des filles qui avaient déjà connu le très haut niveau, comme Marta Mangué, Stéphanie Ntsama Akoa, Daniela Perreira… Il y avait des équilibres à tous les postes.
Je pense à Alice Durand, Marion Limal.
À l’époque, j’avais peur, pas pour des filles comme Marta Mangué, mais pour d’autres.
On partait quand même de loin, il y avait des jeunes joueuses qui avaient grandi avec le projet.
Je savais que Bercy allait être plein à craquer, que nos supporters seraient en nombre.
J’avais peur que cet environnement écrase les filles. L’idée de la moustache, c’était pour leur dire : « On s’en fout à quoi on ressemble, on se concentre sur ce qu’on a à faire ».
C’était une façon de dédramatiser.

En 2018, le BBH recrute Ana Gros et Isabelle Gullden.
Oui. Ana Gros, c’est l’une des meilleures arrières droites du monde, une serial killeuse, une buteuse incroyable.
Isabelle Gullden, c’est une carrière exceptionnelle, une star du hand féminin qui a déjà gagné la Ligue des champions.
À un moment, tu es pris par le temps. Ce que certains clubs ont réussi à mettre en place en vingt ans, tu dois le faire plus vite, rattraper le retard.
La saison dernière est exceptionnelle, avec le titre de champion, une nouvelle Coupe de France.
Forcément… C’est mon dernier match, et je finis sur une défaite (28-34).
J’y ai pensé, et je continue à y penser.
Pauline Coatanéa et le BBH n’avaient rien pu faire face à Kristiansand en finale de la Ligue des champions la saison dernière.
De son côté, Vipers avait beaucoup moins joué durant la saison en raison du covid.
Il y avait aussi une vraie synergie, avec beaucoup de joueuses de la sélection norvégienne.
Il y avait Loke, Mork, Lunde dans les buts… Et Reistad, une joueuse extraordinaire, qui était en train de devenir la meilleure du monde.
On avait dominé assez largement Metz durant la saison (victoires 30-19 en championnat et 23-29 en demi-finale de la Coupe de France).
Quatre jours avant le match aller, on gagne la Coupe de France (contre Nantes) en ayant dépensé beaucoup d’énergie.
Physiquement, c’était difficile. Et il fallait que l’on réussisse à sentir que l’on pouvait encore être mis en danger contre Metz.
On tombe contre une équipe de Metz déterminée, qui avait beaucoup travaillé.
On est mené au score, on est moins en réussite sur certaines choses, et on prend l’eau.
Une torpeur s’empare de tout le monde. À un moment, je sais que ce match, on va le perdre. L’objectif, c’était de rester en vie avant le retour.
On récupère le jeudi, et le vendredi, on fait une journée exceptionnelle.
Évidemment, mais certaines personnes pensaient que j’avais lâché, que je pensais que c’était mort pour le titre.
C’était tout le contraire ! J’étais plus déterminé que jamais, je m’étais replié sur moi-même.
On ne commence pas très bien, on est mené 4-2.
Mais on avait travaillé une défense 1-5 pour essayer de fermer le secteur central, je prends un temps mort, et on revient à 4-4, puis on passe devant.
À la mi-temps, on mène de deux buts, mais il ne fallait pas de toute façon être trop tôt en avance. C’était le scénario parfait.
À la fin, quand on est champion de France, j’ai les nerfs qui craquent complètement.
Palmarès
Voici un aperçu du palmarès du Brest Bretagne Handball :
- Championnat de France : 1 titre
- Coupe de France : 3 titres
- Ligue des Champions : 1 finale
Le Brest Bretagne Handball continue de viser les sommets en France et en Europe, avec une équipe talentueuse et une structure solide.
En 2021, pour une première dans l’histoire, une équipe française (Brest) atteignait la finale de la Ligue des champions.
Et ce week-end, la France sera représentée pour la deuxième fois de suite au Final Four avec Metz qui prend le relais du BBH.
Ces deux clubs dominent le championnat français, comme l’atteste le récent palmarès d’un championnat qui tend vers le haut grâce à ces deux locomotives.