Après une très longue saison régulière entamée à l’automne dernier, le printemps fait place aux très attendus playoffs NBA et Euroligue. Le basket-ball est un sport universel qui se joue à travers le monde, que ce soit dans les ligues professionnelles, les compétitions internationales ou les tournois universitaires.
La NBA, basée aux États-Unis, et l’EuroLeague, la principale compétition européenne, sont les deux ligues les plus prestigieuses au monde. Pourtant, malgré un même ballon et un même panier, ces deux ligues ont des styles, des cultures et des philosophies bien distincts.

Ces règles de la FIBA permettraient de régler les problèmes de la NBA.
Aspects Financiers et Popularité
Sans doute ce qu’il se fait de mieux actuellement dans la sphère du sport business, la National Basket Association demeure le championnat de basket le plus suivi du globe, avec des dizaines de millions de téléspectateurs chaque jour, répartis dans plus de 200 pays. Machine à cash inouïe, la ligue américaine repose sur le principe des franchises, par opposition à la grande majorité des compétitions européennes (tous sports confondus), qui ont un penchant culturel pour le modèle de club promu ou relégué.
La valeur des 30 franchises est évaluée aujourd’hui en moyenne à 1,7 milliard d’euros, soit une hausse de 13% par rapport à 2018, toujours selon Forbes. Du côté des droits télévisuels, Disney (avec ESPN et ABC) et Turner (avec sa chaîne TNT) se partagent les retransmissions jusqu’à la fin de la saison 2024/2025, versant un total de 2,3 milliards d’euros par an. Plus de trois fois ce qu'ils payaient en 2001 ! Il faut dire que les audiences sont en constante augmentation, notamment chez les 18-49 ans, et ce malgré l’apparition de nouveaux supports d’exposition.
En somme, la NBA tire profit d’une stratégie globale, car, contrairement aux idées reçues, elle n’est pas en capacité d’assurer son développement en restant concentrée uniquement sur son territoire, où le football américain, le hockey sur glace ou encore le baseball sont des sports plus populaires.
Nouveau terrain de jeu des acteurs du sport, le phénomène des réseaux sociaux n’a bien entendu pas échappé à la NBA, qui fait même figure de modèle en la matière. Pas étonnant donc qu’elle ait dépassé le milliard d’abonnés (likes, followers…), devenant le premier championnat professionnel de la planète à atteindre ce seuil. D’abord initiée sous la présidence de David Stern, cette stratégie agressive sur les réseaux sociaux s’est intensifiée sous l’ère Adam Silver. L’objectif ? Inonder les fans de contenus. Et tout est bon à relayer en NBA, du jeu lui-même aux réactions, en passant par les interviews ou autres reportages.
Incomparable avec ce qui se passe en Europe, où l’Euroligue comptabilise environ 2 millions de suiveurs sur les principaux réseaux. Il faut cependant souligner les performances du Fenerbahçe Beko, équipe masculine d’Euroligue, qui évolue comme un ovni en Europe sur les réseaux sociaux. Les Turcs sont la seule “franchise” européenne à s’inviter parmi les américaines quand on parle de puissance sur les réseaux sociaux.
L'Euroligue, officiellement Turkish Airlines Euroleague, plus importante compétition de clubs dans la hiérarchie du basket-ball européen, devant l'Eurocoupe, a augmenté rapidement ses revenus, passant de 232 millions d’euros en 2014 à environ 454 millions d’euros cette saison. Cela s’explique en partie par des recettes issues des droits télévisuels en hausse, mais surtout, par la signature en 2015 d'un contrat record de 630 millions d'euros sur dix ans avec IMG Media, consortium américain en charge de la gestion des droits commerciaux de la ligue.
L'objectif est clair : faire de cette compétition la meilleure du Vieux continent, en lançant une ligue semi-fermée et de très haut niveau. Un format très avantageux tant sur le plan sportif qu'économique pour les cadors européens, à l’instar du FC Barcelona, le Real Madrid, le CSKA Moscou, le Maccabi Tel-Aviv ou encore l'Olympiakos, qui ont tous adhéré à cette nouvelle formule. De fait, la valorisation des 16 équipes composant l’Euroligue ont gonflé, estimées aujourd’hui entre 60 et 230 millions de dollars, d’après le magazine Forbes. Quant à la France, qui n'avait plus d'équipe dans la cour des grands du basket continental depuis 2016 (Strasbourg et Limoges), va faire son grand retour la saison prochaine, grâce à un passage à 18 clubs.
Salaires des Joueurs
Et si vous n’étiez toujours pas convaincus du monde d’écart qu’il existe entre l’Euroligue et la NBA, la différence stratosphérique des salaires entre les athlètes évoluant de part et d’autre de l’Atlantique devrait finir par vous faire entendre raison. Parmi les joueurs les mieux payés en NBA, on retrouve sans surprise les superstars Stephen Curry (33,28M€), Chris Paul (31,68 M€) ou encore LeBron James (31,68 M€), rapporte Spotrac. Une somme rondelette qui ne prend bien évidemment pas en compte les revenus publicitaires, pouvant augmenter les entrées financières de plusieurs millions d’euros.
Différences de Règles
Nombreux sont ceux qui défendent l’Euroligue et ses principes de jeu collectifs et tactiques d’école en ce qui concerne le terrain. À l’image de la ligne à 3 points qui n’est pas à la même distance, les règles ne sont pas toutes les mêmes en Europe et en NBA. Trouver trace d’un même sport avec des règles différentes relève quasiment de l’impossible. Le basket fait donc figure d’exception.
Voici un tableau récapitulatif des principales différences de règles :
| Règle | NBA | FIBA |
|---|---|---|
| Durée du match | 4 quarts-temps de 12 minutes (48 minutes) | 4 quarts-temps de 10 minutes (40 minutes) |
| Ligne à 3 points | 7,24 m | 6,75 m |
| Temps morts | 7 | 5 |
| Fautes personnelles | 6 fautes | 5 fautes |
| Règle des 3 secondes en défense | Interdite | Autorisée |
| Nettoyage du cercle | Interdit | Autorisé |
En NBA, le jeu est ainsi partagé en quatre quarts-temps de 12 minutes chacun avec une prolongation de 5 minutes en cas de besoin (2 fois 20 minutes en NCAA et 5 minutes de prolongation). Selon les règles FIBA, un match dure 40 minutes réparties en quatre quarts-temps de 10 minutes (et un même temps de prolongation). Si, dans les deux camps, le temps avant de déclencher un tir est le même (24 secondes, la FIBA est passée de 30 à 24 secondes après les Jeux de Sydney en 2000, 35 secondes pour les hommes en NCAA), il en va autrement pour les temps-morts.
Aux Etats-Unis, chaque franchise a le droit à sept temps-morts avec même cette possibilité d’autoriser un joueur à demander un temps-mort si nécessaire. Deux autres temps-morts sont disponibles pour chaque prolongation. La FIBA impose elle, cinq temps-morts par équipe dont deux sont accordés pendant la première période et les trois restants disponibles pendant la deuxième période. Un autre tempsmort est également possible pendant la prolongation.
Est exclu après six fautes personnelles ou après une seconde faute technique. Selon les règles FIBA par contre un joueur est exclu après une cinquième faute personnelle et technique. Venons-en au cœur du débat : la fameuse ligne à 3 points ! Si, aux USA, elle se situe à 7m24 (6m70 de la ligne de fond), elle est depuis 2010 à 6m75 selon les règles FIBA (6m60 de la ligne de fond), une distance que la NCAA a adoptée en 2019.
Adaptation des Joueurs
« De plus en plus d’Européens jouent en NBA. Quand on voit les intégrations réussies de Gobert, Fournier et d’autres, ils se sont très bien adaptés au jeu américain. Il n’y a pas débat là-dessus. On voit aussi que la NBA essaie de s’implanter de plus en plus en Europe. À mes yeux, ce sont des règles basiques à adapter. Prenons également l’effet inverse. Le joueur américain qui vient en Europe s’adapte ».
« Il a fallu que je m’adapte au départ quand je suis arrivé en Europe. Cela n’a pas été facile du tout. Gaucher, avec des dimensions de terrain différentes, il a fallu que je trouve des solutions. Le basket en Europe est beaucoup plus physique. En défense, les gars sont très coriaces. C’est beaucoup plus un jeu d’équipe ici qu’en NBA. Quand vous débarquez des Etats-Unis, vous devez donc apprendre à jouer différemment ».
Et le joueur d’Orléans de parler de cette mythique ligne des 3 points… « Elle est plus éloignée en NBA. En Europe, elle se rapproche de ce qui se fait en université aux Etats-Unis. Forcément, cela a un impact sur la manière de jouer, de se placer, de bouger ».
Évolution des Règles
Faut-il alors croire à une possible harmonisation des choses dans un futur proche ? À voir. La NBA a su aussi se réinventer. Au fil du temps, la défense de zone afin de limiter le systématique un contre un a trouvé sa place dans la grande ligue. Car jusqu’à l’ouverture de la saison 2001/2002, faire zone en défense était tout simplement proscrit !
Avec des scores de plus en plus fleuves, des pivots qui se permettent même de mitrailler à 3 points, l’idée de la ligne à 4 points (comme celle de relever la hauteur du panier fixée à 3m05) a même été posée en NBA. L’idée a fait son chemin (Nate Robinson avait même inscrit un panier à 4 points en All Star week-end, mais ce fait d’arme était non officiel). Les avis demeurent partagés devant cette possibilité de bonus pour ces tirs venus de très loin. L’ancienne légende de Dallas, Dirk Nowitzki, se prononçait il n’y a pas longtemps sur le sujet en pointant que « tout le monde shoote à 3 points facilement maintenant. C’est une question dont on peut débattre. Mais je n’ai pas envie non plus de voir tout le monde shooter à plus de dix mètres. Steph Curry (Golden State) est le seul à pouvoir en réussir souvent. Les joueurs tirent de loin avec tant de facilité de nos jours ».
Le regretté Kobe Bryant ne fermait pas la porte à cette potentielle ligne à 4 points : « Je pense que maintenant ce n’est pas une bonne idée. Peut-être que viendra le moment d’instaurer la ligne à 4 points. De nos jours, les jeunes joueurs oublient les fondamentaux du jeu pour mettre des 3 points comme Curry ou d’autres. Cela dessert le jeu car ils oublient que Curry maîtrise techniquement les fondamentaux qui existaient avant les tirs à 3 points. Malheureusement, ils ne voient que cela. Ce n’est pas le moment. Peut-être qu’un jour ce sera l’heure de la ligne à 4 points ».
Le monde du basket évolue constamment. De là à ce que le monde entier s’accorde sur le même schéma, rien n’est sûr… Tout le monde aurait pourtant à y gagner, et pas seulement au nom de ce sacro-saint spectacle.
Les paniers de basket de la NBA, de la FIBA et des compétitions universitaires
Les paniers utilisés dans les matchs de la NBA sont régis par des règles spécifiques. Les dimensions du panier sont les suivantes : un diamètre de 18 pouces (45,7 cm) pour l'anneau et une hauteur de 10 pieds (3,05 m) du sol au dessous de l'anneau.
Les paniers de la FIBA diffèrent légèrement de ceux de la NBA. Les dimensions de l'anneau sont identiques ainsi que la hauteur du panier.
Les compétitions universitaires de basket-ball, notamment en Amérique du Nord, ont leurs propres règles en ce qui concerne les paniers. Les dimensions de l'anneau et la hauteur du panier sont les mêmes que celles de la NBA.
La NBA est connue pour son aspect spectaculaire. Les joueurs y sont parmi les athlètes les plus impressionnants de la planète. Les matchs NBA sont souvent marqués par des actions rapides, des dunks spectaculaires et un rythme de jeu très élevé. Le jeu est plus ouvert, avec un accent sur les exploits individuels.
L’EuroLeague, de son côté, met l’accent sur la discipline, la tactique et le jeu collectif. Le rythme y est plus lent, mais chaque possession est cruciale. Les équipes européennes jouent souvent en demi-terrain, avec des systèmes offensifs plus élaborés et une défense plus rigoureuse. Le jeu collectif prime, et il est courant de voir des équipes faire circuler le ballon jusqu’à trouver le meilleur tir possible.
tags: #difference #basket #europe #et #nba