Le Dessin de Presse et le Football: Une Analyse

Le dessin de presse est un genre à la fois artistique et journalistique qui offre la vision d'un dessinateur sur l'actualité. Il est un moyen puissant d'exprimer des idées et de susciter des réactions, souvent en utilisant l'humour pour critiquer la société ou les dirigeants.

L’art des caricaturistes fonctionne sur une logique particulière, qui innerve aujourd’hui les procédés comiques les plus répandus sur les réseaux sociaux. Le journal L’Équipe a rendu hommage à Charlie Hebdo en confiant chacune de ses unes, depuis jeudi dernier, à un dessinateur de presse.

Le dessin de presse ne procède pas systématiquement ainsi, mais c’est un de ses traits caractéristiques. Lasserpe, à la suite de Faro avant lui qui avait dessiné Bielsa donnant des consignes tactiques à tous les Charlie de son équipe, a su repérer et mettre en scène un tel croisement, en se permettant d’articuler une représentation de la marche de dimanche à une autre actualité, et même à mieux encore qu’une actualité: au thème singulier du journal L’Équipe, son actualité permanente à lui - le sport.

Pour croiser les actualités, plus généralement pour aller chercher des "idées de caricaturiste", il y a une méthodologie particulière (qui n’est peut-être pas vécue comme une méthodologie par les caricaturistes tellement l’attitude est spontanée) qui encore une fois fait le talent des dessinateurs de presse en général, et la qualité du dessin de Lasserpe en particulier.

Cela marche avec les mots (la plume est ce avec quoi l’on écrit mais aussi ce dont le poids est comparé au plomb, lui-même possédant les signifiés dramatiquement convoqués la semaine dernière), mais aussi avec les images: le dessin le plus simple d’un crayon suggérera immédiatement une analogie avec une balle de revolver; l’encre rouge pourra aussi signifier le sang, etc. Il est d’ailleurs décisif que le dessin de presse soit simple en apparence, du moins qu’il n’ambitionne pas une représentation trop réaliste; d’une part le style est dans la singularité de la stylisation, d’autre part, moins on fait de traits et de détails pour dessiner quelque chose, plus sa forme permettra les analogies (plus un crayon ressemblera à un crayon, moins il pourra être interprété comme une balle).

Que ce soit avec l’image ou avec les mots, le talent consiste à trouver une analogie qui soit à la fois légitime (elle appartient au registre de l’actualité) et originale (tout le monde n’y a pas déjà pensé): c’est précisément ce qu’a réussi à faire Lasserpe, qui a songé (et lui seul) qu’en parlant de "marche", on pouvait mobiliser le signifié "sport"; cela tombe bien, en plus d’être original, ce signifié permettra à la fois de croiser et de creuser les actualités comme indiqué ci-dessus, de "grossir un trait" (celui qui consiste à considérer que les dessinateurs ne sont pas sportifs), et de désigner par la critique amicale ceux à qui on rend hommage - les maîtres en la matière, ceux de Charlie Hebdo.

"Chargez!", expression militaire s’il en est, renvoie à la signification et à l’étymologie de la caricature: le mot italien caricare signifie charger au sens d’exagérer, de forcer le trait, de dépasser la mesure. La "mesure" d’un caricaturiste désigne peut-être ses valeurs: Charb et consorts grossissent les traits de ceux qui n’ont pas leurs valeurs; rire est leur valeur alors ils brocardent ceux qui ne rient pas; la liberté du corps et de l’âme est leur valeur alors ils dessinent les oppresseurs identifiés, avec leurs costumes variés; le divertissement est leur valeur, alors tout ce qui est susceptible de faire l’actualité doit pouvoir être tourné en dérision.

Un grand caricaturiste est pour finir celui qui, en multipliant les dessins, finit par dévoiler ses principes, son caractère, ses vices, sa personnalité. L’Équipe aura montré, quelques jours durant, une inédite facette de sa personnalité derrière ses caricatures en une. Jean-Patrick Sacdefiel, qui s’est malheureusement déjà vu accuser d’avoir trop chargé le trait, et d’autres dans son sillage mettent ici beaucoup d’application et prennent souvent beaucoup de plaisir à dénoncer sur ces pages les fautes diversifiées du journal L’Équipe.

Effectivement toutes les Unes "dessinées" de l'Equipe sont réussies, y compris celle du jour par Hugot. Peut-être que je suis le seul, mais le phylactère m'a plutôt immédiatement évoqué le fait que l'immense majorité des personnes composant les foules de Dimanche descendaient dans la rue pour la première fois de leur vie; et par conséquent, les personnages en tête de cortège sur le dessin seraient seulement des anonymes représentatifs.

Faro, dessinateur qui a été de l'aventure du mensuel des Cahiers, travaille aujourd'hui pour L'Équipe ou France Football. Dessinateur pour L’Équipe (le journal et la chaîne) et France Football, le Niçois Faro a commencé à collaborer dans la presse sportive il y a une quinzaine d'années, dans le mensuel des Cahiers du foot (2003-2009).

Lasserpe est avec moi à L'Équipe, on a démarré avec vous, et j'ai l'impression qu'on a un humour qui correspond plus à l'époque. Avant nous, il y avait Chenez ou Hugo, qui étaient plus consensuels. Bon il y avait Lefred-Thouron aussi, qui était aussi dans cette veine plus caustique. Moi, je fais l'humour qui me correspond et je dois dire que L’Équipe nous laisse une grande liberté.

Évidemment, il y a des sujets qu'on ne peut pas traiter comme on pourrait le faire dans les Cahiers du football, c'est logique, mais c'est plus le lectorat qui décide de ça. Cela tient à quoi? Oui, il y a un large socle de lecteurs, on ne peut pas tout dire, c'est exactement la même chose que la différence entre Charlie et Le Monde. Mais encore une fois, on peut aller assez loin... Je poste aussi certains dessins refusés sur les réseaux sociaux.

Mais ce n'est pas toujours refusé pour des raisons de fond, parfois ce sont juste des choix éditoriaux, on va recaler certaines propositions par manque de place ou selon le thème dont on veut parler. J'ai aussi la chance, grâce à mon travail à la télévision, de pouvoir recycler certaines idées qui n'ont pas été conservées dans la presse écrite.

Avec le passage du mensuel à la revue l'année dernière, on a créé un nouvel objet éditorial. En tant que dessinateur de presse, je vais te dire que c'est forcément dommage, mais pour avoir vu la nouvelle version, telle qu'elle est ça fonctionne bien, c'est graphiquement cohérent. Déjà, je ne fais pas que du sport, je collabore aussi avec la presse économique, ou des journaux satiriques et, au delà de ça, j'apprécie de faire de la BD.

Ce n'est pas étranger à mon boulot au quotidien. Pour les BD sur François Hollande, c'est moi qui avais sollicité Marie-Eve Malouines, elle s'est prise au jeu, elle a même pris des cours de scénarisation pour le projet. Malheureusement, on n'a fait que deux numéros: ça s'est un peu essoufflé, comme François Hollande je crois.

L’essor du sport moderne est historiquement contemporain de celui de la presse de masse. Le premier journal spécialisé, sobrement intitulé Le Sport, apparaît au mitan du 19e siècle. Ce bimensuel est inspiré de ce qui se fait alors outre-Manche, où il est d’un grand chic que les sportsmen, adeptes des courses hippiques, du yachting et d’escrime, disposent d’une presse relatant leurs performances.

Le tournant des 19e et 20e siècles voit se multiplier les titres de la presse de sport. Les journaux cherchent en effet à gagner les classes moyennes et populaires en dépolitisant leur contenu rédactionnel et en proposant de nouveaux sujets de distraction. Le sport va constituer un atout de la promotion de la presse populaire, autant que le fait divers, le feuilleton populaire et le grand reportage. C’est d’ailleurs de ce dernier genre, dont il est l’exact contemporain, que le journalisme sportif naissant vient en droite ligne.

Pierre Giffard, l’un des premiers « reporters » français, est également l’initiateur de la première grande compétition sportive, le Paris-Brest aller-retour cycliste en 1891, puis le directeur du premier quotidien sportif, Le Vélo, qu’il cofonde l’année suivante. Produits de la société industrielle comme l’est la grande presse, les sports mécaniques ont les faveurs du public. Le vélo, l’automobile et l’aéroplane accèdent à la une. Les bras de fer que se livrent les compétiteurs sur leur « petite reine » ou au volant de leur bolides n’ont d’égal que le duel à mort qui s’engage entre certains journaux.

Ainsi Le Vélo de Pierre Giffard doit-il affronter en 1900 un nouveau venu, L’Auto-Vélo, que lancent le comte de Dion et l’ancien champion cycliste Henri Desgrange. Les deux rivaux s’opposent en tout : le premier a pris position dans l’affaire Dreyfus, le second est apolitique ; Le Vélo est imprimé sur du papier vert, son concurrent le sera sur papier jaune. Et quand, en 1903, L’Auto (ainsi raccourci à la suite d’un procès intenté par Le Vélo pour plagiat de titre) décide la création d’une nouvelle course cycliste plus extraordinaire que les précédentes, c’est encore une pierre jetée dans le jardin du concurrent. Le Tour de France à vélo force l’admiration des Français.

La grande compétition sportive, en premier lieu, exalte un récit national. L’Auto remporte un immense succès. Son tirage, de 120 000 exemplaires à l’ordinaire, double, voire triple pendant la compétition, pour retomber peu après. Le quotidien fait l’expérience d’une presse étroitement dépendante de l’événement sportif et contrainte de captiver sans relâche son lectorat afin de maintenir son développement. Comme d’autres avant elle, cette épreuve initiée par un journal démontre que le média est un puissant moteur de l’économie du marché du sport. Jusqu’à aujourd’hui, ils sont demeurés indissolublement liés par l’argent pour le meilleur et parfois le pire.

Entre les deux guerres, le sport entre dans l’ère de la médiatisation systématique. Soutenu par une active politique publique, particulièrement lors du Front populaire, le phénomène devient culture de masse. Nombre d’événements font la une de la presse. Outre le vélo, le spectacle très populaire du football parvient à drainer 400 000 spectateurs lors de la Coupe du Monde de 1938. Tous les quotidiens disposent désormais d’une rubrique consacrée au sport.

Avec l’organisation de plus en plus rationnelle de la production de l’information apparaît le journalisme spécialisé, et notamment le journalisme sportif. Le reportage photo s’impose également. La photographie n’était pas absente de la presse sportive d’avant 1914. Au contraire, Le Vélo et La Vie au grand air ont été les premiers titres régulièrement illustrés de clichés.

Après-guerre, les photos soviétiques d’Alexandre Rodtchenko et celles de Leni Riefenstahl à la gloire du nouvel homme nazi inspirent l’esthétique de reportages qui investissent journaux et magazines au détriment des articles écrits. La photographie sportive ne dit rien de la nature d’un sport, ni n’informe sur l’événement ; elle saisit un moment de la durée, le plus spectaculaire possible : une brève phase de jeu (le dribble d’un footballeur, le corps tendu d’un athlète…) ou un symbole (les embrassades de joueurs victorieux ou, au contraire, l’effondrement d’un vaincu la tête entre les mains).

L’instrumentalisation politique du sport à partir des années 1930 conduit quelques journaux à tourner le dos à la neutralité idéologique propre à ce type d’information. Les passions partisanes ne dominent cependant pas la presse sportive. Depuis sa création par Jacques Goddet en 1946 pour succéder à L’Auto interdit de publication, L’Équipe, après avoir été brièvement concurrencé par un journal communiste Sports, s’impose comme le seul quotidien sportif dans les kiosques.

Le Parisien libéré et France-Soir parviennent un temps à le concurrencer, ainsi que, localement, les quotidiens de la presse régionale. Mais jusqu’à aujourd’hui, le seul quotidien sportif en France demeure L’Equipe. Les magazines sportifs en revanche fleurissent à partir des années 1980. Le sport devenu « spectacle » devient un enjeu national majeur que la télévision contribue largement à faire naître ; les succès de sportifs comme Yannick Noah, Alain Prost ou les joueurs de rugby propulsent à la une d’autres disciplines que le roi-football et le cyclisme.

De très nombreux titres de magazines accompagnent cette starisation et l’émergence de nouveaux sports : la moto, les arts martiaux, la navigation, le golf…, ainsi que les nombreux sports de fun ou de glisse alors en vogue. Les médias du direct abolissent le temps et la distance. Le commentaire à la radio des matchs et des courses cyclistes dès les années 1930, puis leur télédiffusion régulière à partir des années 1960 sont favorisés par les progrès techniques des moyens de captation et de réception (caméras de plus en plus légères, retransmission télévisée par moyens HF, généralisation du poste à transistor).

Plus récemment, le développement des chaînes commerciales, puis de l’information en continu achèvent de faire des médias audiovisuels les acteurs essentiels de l’économie du sport, d’autant plus que, depuis les années 1970, la télévision accepte de payer des droits pour retransmettre les manifestations sportives. Dépossédée de ses « exclusivités », la presse sportive imprimée se révèle de moins en moins visible dans le sponsoring d’épreuves : parmi beaucoup d’exemples historiques, la Solitaire du Figaro (ex-Course de L’Aurore) s’est ouverte à d’autres partenaires, le Grand Prix cycliste du Midi libre a été supprimé, et le Critérium du Dauphiné a été racheté par le groupe Amaury.

Ce dernier, éditeur de L’Equipe et de France Football, demeure le seul grand organisateur d’événements sportifs (le Tour de France bien sûr, mais aussi le Paris-Roubaix cycliste, le Paris-Dakar, le Marathon de Paris, l’Open de France de golf…) et s’est transformé en puissant groupe multimédia, investissant dès 1998 dans la chaîne L’EquipeTV, puis dans les jeux sur Internet. À l’ère du sport-spectacle vécu en direct, le journalisme sportif, dont la temporalité est différente, s’en trouve bouleversé.

Son pouvoir de narration ne peut soutenir la concurrence de la télévision. Celle-ci, d’ailleurs, impose l’actualité : il n’y a d’événement sportif que celui qui est télévisé. Et les champions populaires sont ceux qui sont révélés par le petit écran. Afin de marquer sa différence, le journaliste se voit contraint d’offrir des épreuves sportives des comptes rendus plus analytiques ou de se livrer à une surenchère dans le pouvoir d’évocation, dans laquelle dominent, pour le meilleur ou le pire, l’humour et le « décalage ».

Le journalisme sportif de presse écrite est à la croisée des chemins. La recomposition du paysage médiatique marqué par Internet et le développement du webjournalisme laisse sans doute entrevoir des perspectives nouvelles, notamment à travers l’usage du commentaire sportif rédigé en live et de l’échange d’avis avec les internautes.

Le dessin de presse, genre artistique et journalistique, est la vision d’un dessinateur sur l’actualité. Répartir la classe en groupes. Chacun dispose d’un dessin de presse avec nom du dessinateur, pays, date de publication et source. Choisir un corpus de dessins sur le métier de dessinateur de presse et sur la liberté d’expression.

De quelle sorte de document s’agit-il ? Décrire en quelques lignes le ou les personnages, leurs actions, leurs rôles, le décor et les objets. Quelle est la mise en scène ? Est-ce qu’il y a du texte ? De quel type (bulles, onomatopées, etc.) ? Quelles émotions ressentent les élèves ? Y a-t-il de l’humour ? Quel est le procédé humoristique ? Quel est le sujet traité ?

À l’aide d’un moteur de recherche, les élèves doivent trouver des informations complémentaires sur le dessin et sur le dessinateur (contexte, lien avec l’actualité). Pour-quoi a-t-il choisi ce sujet ? Quels messages veut-il faire passer ? Quelles réactions veut-il susciter ? En groupe, analyse comparative du dessin de Plantu « La liberté sera toujours la plus forte » (Le Monde, 9 janvier 2015) et du tableau d’Eugène Delacroix « La liberté guidant le peuple sur les barricades » (1830, Louvre).

Donner toutes ces informations aux élèves (auteurs, dates). Quelles sont les ressemblances et les différences ? Lister tous les éléments qui permettent d’identifier le détournement du tableau de Delacroix. Pourquoi des dessinateurs ont-ils été tués ? Aborder factuellement l’attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo (Paris, 7 janvier 2015) et son lien avec les caricatures de Mahomet (2005).

Pourquoi Plantu a-t-il détourné ce tableau ? C’est un symbole de la liberté et de la République française. Quelle liberté évoque Plantu ? Quels messages veut-il faire passer ? Rendre hommage aux dessinateurs tués, montrer que la liberté d’expression des dessinateurs est en danger et qu’il faut se battre pour la conserver.

Demander aux élèves ce qu’ils connaissent sur la liberté d’expression. Lecture de textes qui encadrent et protègent ce droit au niveau national et inter-national (Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, loi sur la liberté de la presse de 1881, Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen, Convention européenne des droits de l’homme). Découvrir la presse satirique française et étrangère, son histoire et son évolution actuelle (journaux, sites, blogs). Débat.

Pourquoi des dessinateurs de tous les pays ne peuvent-ils pas dessiner librement ? Pourquoi certains sont-ils menacés dans des pays où la liberté d’expression existe ? Peut-on rire de tout en France et ailleurs ? Avec Internet, les dessins circulent dans le monde entier mais sont-ils interprétés de la même façon partout ? Pourquoi dessin de presse, liberté d’expression et démocratie sont-ils indissociables ? En prolongement, réaliser un mur de la liberté d'expression avec les dessins des élèves.

«Alors que les nouvelles technologies sont si prometteuses, nous vivons aujourd’hui dans un espace de la communication digitalisé et globalisé qui relève de la “jungle informationnelle”. Or dans la jungle, cela ne surprendra personne, les prédateurs font régner leur loi», estime Christophe Deloire. Le secrétaire général de Reporters sans frontières, gardien de la liberté de la presse depuis 2012, a rédigé une savoureuse préface à l’ouvrage Dans la Jungle de l’info.

Le livre relaie l’impertinence et l’humour corrosif du dessinateur de presse via une soixantaine de dessins dénonçant les menaces qui pèsent sur la profession de journaliste. Fake news, influence exponentielle des réseaux sociaux, prépondérance du marketing sur l’éditorial... Les dessins réunis dans La jungle de l’info n’épargnent personne, journalistes inclus.

«L’expression fake news revient sans cesse dans la bouche de Donald Trump, qui a remporté l’élection présidentielle américaine le 9 novembre 2016. Une manière de balayer d’un revers de main les critiques de la presse. Le président des États-Unis est pourtant lui-même passé maître dans l’art d’énoncer des informations fausses ou incomplètes. «La chasse aux médias critiques menée en Turquie par le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan culmine depuis la tentative de putsch du 15 juillet 2016.

L’état d’urgence a permis aux autorités de liquider des dizaines de médias, réduisant le pluralisme à une poignée de journaux harcelés et à faible tirage. «La liberté de l’information revêt plusieurs visages sur le continent africain, où coexistent à la fois la presse foisonnante du Sénégal et le silence des médias privés en Érythrée.

Qu’est-ce que la caricature ?

Ce mot vient du latin caricare qui veut dire charger, EXAGÉRER. Avec la gravure (procédé de reproduction des images) et l’imprimerie par la suite, les caricatures se diffusent pour servir de propagande ou pour s’attaquer au pouvoir.

La caricature se développe davantage par la presse et les journaux pour diffuser un message, porter à réflexion, dénoncer ou encore poser un regard sur l’actualité. Une image vaut mille mots ! Le peintre, sculpteur et lithographe Honoré Daumier (1808-1879) est un célèbre caricaturiste de presse satirique qui s’attaque au pouvoir politique.

Ses premières planches sont publiées dans La Silhouette, hebdomadaire satirique illustré fondé en 1829, puis dans La Caricature et Le Charivari, deux journaux créés par Charles Philipon. Dans le registre de l’humour, la caricature est à prendre au second degré ! La caricature ne vise pas toujours à ridiculiser ou à se moquer ! Il faut également savoir rire de sois-même.

En quelques traits, les dessinateurs de presse sont capables d’ironiser, dénoncer ou mettre en exergue les faits politiques et d’actualité dans le monde entier. Afin de permettre l’élucidation générale du dessin, un tableau listant les 5W dans la langue étudiée est distribué. L’élève doit alors compléter en identifiant l’auteur (son nom, sa nationalité) et la source (quel média ?) puis décrire l’image : où se situe la scène ? Que montre l’image ? Quel est le sujet abordé ? Y a-t-il une légende ? À qui ce dessin s’adresse-t-il ?

Après le travail d’élucidation, l’élève désigné rapporteur pour chaque groupe présente le travail à l’ensemble de la classe. En classe entière, les élèves réalisent qu’ils peuvent ainsi comprendre le sens d’un dessin, quelle que soit la nationalité de son auteur. Par exemple, dans les ressources de cette fiche, on trouve un dessin de Falco, illustrateur cubain, représentant une planète passant dans un grille-pain pour symboliser le réchauffement climatique.

On y trouve aussi un dessin de l’illustrateur hollandais Aren Van Dam, représentant un homme en train de découper à la tronçonneuse le poumon d’une planète pour dénoncer les conséquences de la ­déforestation. Un travail a été fait en amont sur le vocabulaire relatif au développement durable et à l’analyse du dessin de presse.

Des débats se mettent en place au sein de petits groupes avec régulation du professeur. Chaque élève joue le rôle qu’il s’est vu attribué, à l’aide d’un tableau qu’il aura préparé pour avancer ses arguments à partir du dessin (analyse / interprétation), permettant d’évoquer son opinion et ses sentiments par rapport à l’image.

Il y a dix ans, en 2015, cinq dessinateurs du journal Charlie hebdo ont été tués par des terroristes. Publié dans les journaux et les magazines, un dessin de presse est l’illustration d’un événement d’actualité. Un dessinateur de presse est à la fois un journaliste qui s’intéresse au monde qui l’entoure et un artiste avec un bon coup de crayon !

Parfois, il n’existe pas de photo d’un événement. Les dessinateurs de presse font passer des idées et expriment leur point de vue sur l’actualité. Ils utilisent souvent l’humour pour critiquer notre société ou nos dirigeants. Mais ça ne plaît pas toujours : les caricatures, ces représentations qui exagèrent ou tournent en ridicule, divisent souvent.

Principaux éléments du dessin de presse
Élément Description
Sujet Événement d'actualité illustré
Style Simple, stylisé, permettant les analogies
Objectif Exprimer une opinion, critiquer, susciter une réaction
Humour Souvent utilisé pour renforcer le message
Liberté d'expression Droit fondamental permettant la caricature

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