Fonctionnement du Centre de Formation du Grenoble Rugby

Le centre de formation du Grenoble Rugby (FCG) joue un rôle crucial dans le développement des jeunes talents et l'avenir du club. Véritable pépinière, il permet de former les joueurs de demain tout en assurant la pérennité du club. Cet article explore le fonctionnement de ce centre, son importance et ses perspectives d'avenir.

Un Centre de Formation Historique

« Le premier centre de formation qui a été créé en France est celui de Grenoble, en 1988. » À part le Stade Toulousain, peu de clubs avaient cette démarche. Il n’y a pas de hasard, ils s’entraînaient plus que les autres, il y avait déjà une individualisation du développement du joueur.

L'Importance de la Formation

La formation est-elle indispensable au bon fonctionnement d’un club ? Encore plus au FCG qu’ailleurs ? C’est évident. C’est en tout cas le leitmotiv du club. Ce n’était peut-être pas toujours visible, mais cela a toujours été notre fil conducteur. Et encore plus depuis deux saisons, où les choses s’accélèrent. Il y a des efforts énormes réalisés depuis les plus petits jusqu’aux moins de 23 ans. On espère que cela va encore plus profiter au club à l’avenir. Toute la préformation du joueur, entre 13 et 18 ans, est primordiale pour espérer sortir d’autres têtes de gondoles dans quelques années. C’est un enjeu du rugby français.

Grenoble n’a pas de mécène pour couvrir un recrutement cinq étoiles chaque année. C’est aussi un enjeu structurel de club. On avait anticipé cela avant les nouveaux règlements. Et la conjoncture actuelle fait qu’on est de plus en plus poussé à travailler fort sur la formation.

Les Infrastructures et l'Accompagnement

Pour être attractif, il faut que le club, ta vitrine, soit au plus haut niveau, et s’appuyer sur des infrastructures sportives et scolaires de qualité. « La chance à Grenoble, c’est d’avoir les facs, les écoles d’ingénieurs. C’est un avantage sur Valence ou Bourgoin, en revanche il y a la concurrence de Lyon », explique Fabrice Landreau.

« Des infrastructures de qualité » Comme le SA XV, Petit Poucet au milieu d’un triangle géographique et rugbystique La Rochelle - Brive - Bordeaux, Grenoble n’est pourtant pas seul dans son coin.

« La région est très riche en termes de joueurs et de clubs. Le bassin va des deux Savoie, descend jusqu’à Aix-en-Provence et monte jusqu’en Bourgogne.

« Je suis arrivé à Grenoble dans l’année de mes 15 ans », se souvient celui qui a rejoint le SA XV à l’été 2023. « J’ai fait les classes jeunes puis je suis rentré à 16 ans au centre de formation, avec Killian Geraci. Originaire de Voiron, au nord de Grenoble, le futur ouvreur vit alors un rêve. « Je jouais pour le club que j’allais voir quand j’étais petit, avec mes potes d’enfance, un peu ce que vivent les Morand-Bruyat ici. À 16 ans, je suis au centre de formation, même pas à l’internat, avec mon petit studio ! Et puis on était très bien accompagné, que ce soit dans le développement du rugby ou le suivi scolaire. »

La Confiance Accordée aux Jeunes

Cette confiance accordée à la formation est-elle nouvelle cette saison au FCG ou simplement plus visible ? Il n’y a pas de changement brutal dans notre politique. Fabrice Landreau incorporait des jeunes dès les préparations d'avant-saison, Bernard Jackman avait toujours un lien avec nous pour la formation. Peut-être que le fait d’être en Pro D2 et de la sensibilité de Stéphane et Dewald fait qu’il y a une accélération. Mais le FCG reste un club marqué sur la formation et le développement des jeunes joueurs. C'est l'ADN du club. On ne fait pas jouer des jeunes juste pour leur faire plaisir. S’ils jouent, c’est qu’ils sont bons.

Preuve que le travail paie, ils sont 19 joueurs passés par les équipes de jeunes du FCG à avoir disputé au moins une rencontre avec le leader écrasant du championnat cette saison. « Une bonne partie a été championne de France Crabos (-18 ans) », relève Corentin Glénat. Et ils sont nombreux à être des patrons désormais du FCG, à l’image d’Antonin Berruyer et Romain Fusier, co-capitaines, ou Wilfried Hulleu, deuxième meilleur marqueur d’essais de Pro D2.

Au FCG, on couve la jeunesse et on lui donne sa chance. Le 11 octobre 2019 à Chanzy, Corentin Glénat, 20 ans comme Ange Capuozzo, dispute sa dixième rencontre chez les « grands ».

Même l’un des plus beaux joyaux du rugby français, Louis Bielle-Biarrey, a fait ses classes à Grenoble, de 13 à 18 ans, mais l’UBB se l’est arraché avant ses débuts chez les pros. Une rareté.

Les Défis et les Attentes

Il y a toujours eu tous les profils de joueurs qui arrivent en haut. Certains ont un niveau d’exigence, une volonté de travail et une maîtrise tout de suite suffisants et d’autres doivent tout apprendre. Certains sont patients, certains ne le sont pas. Certains s’enflamment très vite, d’autres non. Mais cela a toujours existé. Ce qu’on constate, en revanche, c’est qu’il y a une augmentation de l’impatience. La pression familiale, amicale, l’arrivée de l’argent, les agents qui interviennent auprès des plus jeunes fait que les joueurs sont impatients plus rapidement. Mais ce n’est pas de leur plein gré. C’est le système qui est en cause. Dans le passé, c’était différent. Christian Rizzi et moi, sur le centre de formation, on rencontre de plus en plus ce phénomène. Il y a souvent trop de bruit autour de ces jeunes joueurs. Le recul n’est plus le même.

Le joueur n’a rien demandé à la base et tout allait bien. Le joueur exprime cette impatience mais cela vient bien souvent des pressions extérieures.

Est-ce péjoratif de dire que les joueurs sont impatients, ou est-ce que cela peut être une bonne chose ? Non ce n’est pas péjoratif. Encore une fois, leur impatience naît de tout ce qui gravite autour de leur monde. On va leur dire qu’ils ne sont pas en équipe première à 18 ans, alors que dans le club voisin, certains le sont, etc.

Les jeunes qui ne jouent pas parviennent-ils à comprendre certains choix ? A 18 ans, on aimerait jouer tous les week-ends. Sauf qu’une carrière peut durer jusqu’à 35 ans. C’est bien de souffler, même si c’est dur à comprendre parfois. On fera peut-être ces choix dans les mois à venir et c’est quelque chose de tout à fait normal.

Dernier centre de formation de Pro D2 la saison passée selon un classement publié par la Ligue, le SA XV a pourtant des atouts à faire valoir.

Nouveau Centre de Performance à Lesdiguières

Le FCG devrait se doter dans les prochains mois d'un nouveau centre de performance et de formation sur le site de Lesdiguières. Le projet est lancé, il a été présenté aux partenaires ce mardi. Voici à quoi ressembleront les nouvelles installations.

Lors de leur conférence de presse destinée à lancer officiellement la saison 2024-2025, le président du FCG Patrick Goffi et le directeur sportif Aubin Hueber ont présenté le nouveau projet de centre d’entraînement sur le site historique de Lesdiguières. Le projet avait beau avoir fuité dans nos colonnes dès le mois de février, son officialisation par le président Patrick Goffi et le directeur sportif du FCG Aubin Hueber (en charge du pilotage du projet) est évidemment un nouveau départ dans la reconstruction du FCG.

« Le FCG a lancé différents projets ces dernières années au niveau de ses infrastructures, le projet Pont-de-Claix a été abandonné et on revient logiquement à Lesdiguières, notre maison, où on souhaite bâtir un véritable centre de performance, ainsi commenté ce jeudi le président Patrick Goffi.

En effet, alors que le projet de Pont-de-Claix était initialement chiffré à plus de huit millions, c’est un budget estimé à « seulement » six millions qui devrait être alloué à la réfection de Lesdiguières, qui dispose d’ores et déjà depuis quinze jours d’une pelouse flambant neuve.

« Désormais, on espère très vite se projeter sur la suite du chantier, qui consistera à raser les anciennes tribunes (seule la tribune Liénard restera en l’état avant d’être rénovée, NDLR) pour créer de nouveaux bâtiments et un terrain couvert, appuyait Goffi. On espère avoir le permis de construire en septembre pour si possible lancer les travaux au début de l’année 2025, en espérant être fin prêts à la rentrée 2025-2026. C’est un projet financièrement coûteux, bien sûr, mais nécessaire pour notre image et les moyens mis à disposition du sportif. » Les six millions en question se trouvant cofinancés par le club et ses actionnaires ainsi que par les collectivités locales (région, département, Métro, Mairie), ce dont Goffi ne pouvait que se féliciter. « L’engagement des collectivités fait sens car il s’agit d’un réel investissement, pas de subventions à proprement parler, précisait Goffi. Même si le club n’est plus convalescent financièrement, il est hors de question d’engager des dépenses excessives, l’objectif est de le solidifier et de le structurer.

Le président du FCG Patrick Goffi a présenté le "Projet Lesdiguières" aux partenaires du club ce mardi matin. Un projet évalué à 7,5 millions d'euros et dont le début des travaux est espéré en mars prochain.

Concrètement, deux bâtiments vont sortir de terre. Un premier en face de la tribune principale qui accueillera le centre de performance. A l'intérieur, on y trouvera un terrain synthétique couvert et tous les équipements nécessaires aux joueurs et au staff avec notamment salle de musculation, salle de kiné et balnéo. Deux parkings de 79 et 28 places seront construits dans l'enceinte de Lesdiguières.

Un autre bâtiment, situé derrière un des en-but, va lui abriter une salle de réception de 600 mètres carrés pour de l'événementiel mais aussi un self-service et les cuisines. La tribune principale de Lesdiguières sera conservée. Elle va être complètement rénovée et continuera d'accueillir les personnels administratifs et tous les bureaux du club. Ce nouveau complexe sera entièrement autonome au niveau de la consommation d'énergie avec des panneaux photovoltaïques installés sur les bâtiments.

Selon le calendrier espéré par le président Patrick Goffi et les membres du club, ce centre de performance pourrait être opérationnel en fin d'année 2025 : "Tous les clubs de Pro D2 et de Top 14 sont équipés avec du neuf et de la haute technologie. Il nous faut quelque chose d'adapté à l'époque pour que ce soit attractif pour nos joueurs, les jeunes de la formation, nos filles mais aussi les joueurs que l'on veut recruter. Il faut appeler un chat, un chat : Lesdiguières est un peu vieillissant. Ce projet me tient à cœur car c'est un projet club. Quand le président m'a sollicité, il y avait l'objectif de monter en Top 14 mais aussi d'améliorer la structure. Tout est lié", explique le manager Aubin Hueber.

Un début des travaux dès le mois de mars est-il vraiment envisageable ? Oui assure Patrick Goffi : "C'est tout à fait réalisable. Le projet est déjà très travaillé en amont. Ce qui retarde les choses, c'est toujours les procédures administratives mais le maire de Grenoble nous a permis de tout lancer en même temps. On ne perd donc pas de temps. Après, si on a des recours contre le permis, on y fera face. Concernant la démolition, tout peut aller très vite. Même Bourgoin-Jallieu ou Vienne ont créé des infrastructures. Si le FCG ambitionne le Top 14, il ne pouvait pas continuer à travailler sous un chapiteau et ne pas avoir tout ce qui est nécessaire au haut niveau sportif."

La tribune principale sera complètement rénovée et continuera à abriter les bureaux du FCG.

Le groupe professionnel en profitera dès 2026 sur la commune de La Côte-Saint-André.

Rôle de l'Encadrement

Dans le cadre de l’entraînement collectif ou en match, il faut avoir la même forme d’intervention pour tous. Mais c’est vrai qu’on connaît ces joueurs-là depuis longtemps. Ce n’est pas tant de la proximité, mais plutôt de la compréhension. On a peut-être plus de facilité à intervenir avec eux car on a les clés. Les points d’entrée sont différents selon les joueurs. Il faut les tempérer si on les monte très haut en peu de temps ou les remettre dans les rails s’ils sont au creux de la vague. Si les choses doivent se détériorer pour des joueurs, on sera là pour intervenir.

Je retrouve plus le terrain et un lien direct avec les joueurs. Avec les Espoirs, je l’étais moins, j’avais plus un rôle de coordinateur. Mon rôle au niveau des joueurs professionnels consiste à faire pas mal de travail individuel en fin d’entraînement ou sur les jours de repos. Le fonctionnement de notre staff fait que je ne m’occupe pas uniquement de cela. On n’est pas cloisonné, tout le monde peut intervenir partout. Il y a des référents pour chaque secteur mais on partage le contenu des séances. Ce côté participatif est très important.

Grand format : un grand CLUB parisien nous ouvre ses portes pour la Rentrée du FUTSAL

Est-ce une fierté de voir l’émergence, depuis le début de cette saison 2017-2018, de plusieurs joueurs issus du centre de formation à l’image d’Antonin Berruyer, Bastien Guillemin ou Gervais Cordin ? C’est quelque chose qui nous fait énormément plaisir. Depuis quelques saisons, on a la chance de voir plusieurs joueurs émerger au plus haut niveau et surtout y rester. Aller une ou deux fois en équipe première n’est pas très dur, c’est d’être régulier qui importe. C’est gratifiant pour le club et pour l’ensemble de la formation. Au-delà du terrain, ce qu’on apprécie, en tant que formateurs, c’est l’évolution humaine du joueur.

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