La victoire du PSG face à l’Inter en finale de la Ligue des champions a déclenché des scènes de joie intense, mais aussi des débordements dans les rues de Paris. Les supporters du PSG se sont réunis place du Trocadéro pour célébrer la victoire de leur équipe en finale de la Ligue des champions face à l’Inter (5-0), samedi 31 mai 2025. Les supporters attendaient ce moment depuis 2011 et l’arrivée du Qatar à la tête du PSG.
Des fans du PSG affluent sur les Champs-Élysées après la victoire de leur club face à l’Inter (5-0) en finale de la Ligue des champions, samedi 31 mai 2025. Les célébrations devraient durer une bonne partie de la nuit, notamment autour des Champs-Élysées. Une parade est prévue dimanche pour présenter le trophée.
48 000 personnes étaient venues vivre ce moment historique pour le football français au Parc des Princes. Des feux d’artifice ont été allumés au-dessus du Parc des Princes après la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions, samedi 31 mai 2025.
Tout juste auréolé de deux titres en Coupe de France et en Ligue des champions, le Paris Saint-Germain espérait conclure sa saison historique en beauté lors de la finale de la Coupe du monde des clubs.
PSG UCL Finale 2025 • Les Coulisses d’un sacre

Des supporters du PSG célèbrent la victoire de leur équipe en finale de la Ligue des champions.
Un Dispositif de Sécurité Exceptionnel
Anticipant un scénario euphorique en cas de nouveau sacre parisien, les autorités avaient mobilisé un dispositif de sécurité exceptionnel dans la capitale. La Préfecture de Police de Paris avait pris un arrêté dès vendredi, interdisant tout rassemblement visant à suivre la retransmission du match, qu’il s’agisse de fan zones ou d’écrans visibles depuis la voie publique.
Circulation coupée dès 20 heures sur les Champs-Élysées, stations de métro fermées, présence massive de CRS : tout avait été pensé pour prévenir d’éventuels débordements similaires à ceux survenus après la finale de la Ligue des champions. Paris s’était préparée à vivre une soirée potentiellement explosive ce dimanche, à l’occasion de la finale de la Coupe du monde des clubs entre le PSG et Chelsea.
En prévision d’éventuels débordements, un important dispositif policier avait été déployé dans la capitale, notamment autour des Champs-Élysées, où la circulation avait été coupée dès 20 heures. La Préfecture de Police avait pris les devants dès vendredi en interdisant tout rassemblement public autour de la diffusion du match, y compris les fan zones ou écrans visibles depuis la voie publique.
Le club parisien lui-même avait appelé à la responsabilité de ses supporters sur les réseaux sociaux, insistant sur la nécessité de « respecter les arrêtés » dans un esprit d’unité et de fête. Mais le scénario du match n’a laissé aucun suspense.

Des policiers anti-émeutes interpellent un supporter du PSG sur l’avenue des Champs-Élysées.
Des Débordements Malgré Tout
De nombreux incidents ont éclaté tard dans la nuit de mercredi à jeudi, à Paris, en marge de la qualification du PSG pour la finale de la Ligue des champions. Ce devait être un soir de fête, et cela l'a été à bien des endroits, où les supporters Parisiens ont célébré tranquillement la qualification de leur équipe pour la finale de la Ligue des champions après leur succès contre Arsenal (2-1, aller : 1-0), mercredi.
Mais, dans les instants qui ont suivi la rencontre, de nombreux débordements ont éclaté. Les forces de l'ordre, mobilisées en nombre pour cet événement (2000), ont d'abord dû intervenir à renfort de gazage porte de Saint-Cloud, là où étaient rassemblées des centaines de non-détenteurs de billets, afin de disperser la foule, notamment après des usages pyrotechniques, feux d'artifice improvisés et dégradations de panneaux de signalisation perturbant la circulation.
Les odeurs de gaz ont même investi les tunnels de la station de métro, ce qui pouvait piquer les yeux et les gorges. Par la suite, la plupart des supporters ont filé vers les Champs Élysées depuis des rames bondées pour célébrer. Là encore, l'esprit était initialement bon enfant, avec des chants « On est en finale », des agitations de drapeaux, et encore des fumigènes ou des feux d'artifice improvisés, ce qui augurait un moment uniquement festif.
Mais les fans étaient tellement nombreux - 10 000 environ - sur la plus belle avenue du monde qu'ils ont, d'abord, provoqué un énorme ralentissement de la circulation (laquelle n'était étonnamment pas fermée). Très vite, les trottoirs étaient remplis, on pouvait à peine mettre un pied devant l'autre aux alentours de minuit, et les artères adjacentes devenaient à leur tour bien occupées, allant même jusqu'à boucher la voie Pompidou en bord de Seine.
Tout se passait quand même assez bien, donc, jusqu'à un incident majeur : rue Christophe Colomb, un automobiliste a foncé sur la foule. Trois personnes ont été blessées. L'une d'elles a été prise en charge en urgence absolue avec un pronostic vital engagé. La voiture a ensuite pris feu, et les images de cette scène qui circulent sur les réseaux sont effrayantes.
À partir d'une heure du matin, plusieurs groupes se sont formés, dont certains avec des individus cagoulés, et des dégradations ont été commises sur certains commerces des Champs Élysées. Par ailleurs, de nombreux projectiles ont été envoyés sur les forces de l'ordre. Au total, 47 personnes ont été interpellées et 44 mises en garde à vue, précisait ce jeudi matin France Info.
La victoire du PSG contre l'Inter Milan en Ligue des champions est magnifique, mais le bilan de la nuit de célébrations est lourd. Deux personnes - un mineur de 17 ans à Dax et un homme à Paris - sont décédées dans la nuit de samedi à dimanche et 559 personnes ont été interpellées pendant la nuit, selon le ministère de l'Intérieur.
Un dispositif de sécurité important avait pourtant été mis en place, avec plus de 5.000 policiers et gendarmes mobilisés, mais il n'a pas été suffisant. Le bilan de la nuit n'est « ni une réussite, ni un échec », a estimé le préfet de police de Paris, Laurent Nunez.
A Dax, un mineur de 17 ans a été tué à coups de couteau, lors d'un rassemblement pour célébrer le sacre du club parisien contre l'Inter Milan, tandis qu'à Paris, dans le 15e arrondissement de la capitale, un jeune homme de 20 ans à scooter a été percuté par une voiture et a succombé à ses blessures.
A Grenoble, quatre personnes d'une même famille ont été blessées, dont deux grièvement, après qu'une voiture a heurté la foule célébrant la victoire du PSG. A Coutances, dans la Manche, un policier a été placé en coma artificiel après avoir été blessé par un tir de mortiers d'artifice.
Il y a eu 559 interpellations dont 491 à Paris. Elles ont conduit à 320 gardes à vue dont 254 dans la capitale, a ajouté le ministère. Le périphérique a été brièvement envahi juste après la fin du match tandis que des échauffourées ont eu lieu sur les Champs Elysées et vers le Parc des Princes. Il y a eu beaucoup de dégâts matériels.
Des débordements ont éclaté tout au long du week-end, notamment dimanche après-midi au cœur de Paris. Lundi 2 juin sur RTL, le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a reconnu un "échec" dans une certaine mesure.

Avenue de Wagram, des poubelles et objets pillés finissent de se consumer après les débordements de la nuit.
Réactions Politiques
Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur et nouveau patron des Républicains (LR) , a dénoncé sur X « des barbares […] venus dans les rues de Paris pour commettre des délits et provoquer les forces de l'ordre ». Dimanche, en amont de la parade des joueurs du PSG sur les Champs Elysées, Bruno Retailleau a affiché sa fermeté. « Nous ne supporterons aucune exaction ce soir : la consigne a été donnée aux forces de sécurité intérieures d'intervenir systématiquement, immédiatement, dès lors qu'ils pourraient constater des violences », a-t-il indiqué à la presse.
Lors de la réception des joueurs à l'Elysée, Emmanuel Macron a ensuite condamné des incidents « inacceptables ». « Rien ne peut justifier ce qu'il s'est passé ces dernières heures, les affrontements violents sont inacceptables […] Nous poursuivrons, nous punirons, on sera implacables », a-t-il dit avant de féliciter les joueurs dans la salle des fêtes de l'Elysée.
Les événements n'ont pas manqué de susciter des polémiques politiques. Antoine Léaument, député de la France Insoumise (LFI), a accusé les forces de police d'avoir tiré des gaz lacrymogènes sur une foule pacifique. Sur France3, Manuel Bompard, le coordinateur de LFI a accusé Bruno Retailleau de jeter de l'huile sur le feu avec l'utilisation du mot « barbare ».
A l'inverse, le Rassemblement national (RN) a dénoncé un « fiasco ». « Le risque sécuritaire de cette soirée a été manifestement sous-estimé, et le dispositif sous-dimensionné. Paris est livrée aux émeutiers. Bruno Retailleau évoque des « barbares » dans les rues de Paris : nous avons ce soir la démonstration supplémentaire que les mots, même durs, ne remplaceront jamais l'action. Il devra s'expliquer sur ce fiasco », a dénoncé sur X Jordan Bardella, le président du parti à la flamme.
Tableau Récapitulatif des Incidents et Interpellations
| Ville | Décès | Interpellations | Gardes à vue | Autres incidents |
|---|---|---|---|---|
| Paris | 1 | 491 | 254 | Échauffourées, dégâts matériels |
| Dax | 1 | - | - | Meurtre à coups de couteau |
| Grenoble | 0 | - | - | Quatre blessés après avoir été fauchés par une voiture |
| Coutances | 0 | - | - | Policier en coma artificiel après tir de mortiers |
| Total | 2 | 559 | 320 | - |
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