David Roumieu, né le 15 octobre 1981 à Toulouse, est un joueur français de rugby à XV qui évolue au poste de talonneur. Son parcours est marqué par une carrière sportive riche et une reconversion surprenante.

Débuts et Ascension dans le Rugby
Il a été formé au sein du club du Grenade Sports (alors en Fédérale 3), près de Toulouse, au sein duquel il reste jusqu'en 2003. Il entre ensuite au pôle espoir de l'US Montauban et intègre l'effectif de l'équipe première.
Une vie rugbystique entamée au Grenade Sports entre les mains de Michel Tortelli et de Philippe Gordo qui bascule chez les pros en 2003 exactement, du côté de Montauban, où il signe son premier contrat espoirs sous la houlette de… « Xavier Péméja, mon second père. Je lui dois toute ma carrière. C’est bien simple : si Xavier me donne un conseil, je l’écoute les yeux fermés. D’ailleurs, j’ai fixé la date de mon jubilé (le 27 juin 2020, N.D.L.R.) par rapport à sa présence.
Passage à Bayonne et Expériences Marquantes
Après deux saisons pleines dans le Tarn, David Roumieu est recruté à l'intersaison 2007 par l'Aviron bayonnais dans un effectif où une forte concurrence existe à son poste. Il réussit cependant à gagner sa place dans l'effectif pour devenir au fur est à mesure un joueur clef des ciel et blanc. Il passe l'essentiel de sa carrière à Bayonne, où il joue huit ans de 2007 à 2015.
Anecdotes et Relations
Durant ses huit années passées à Bayonne, David Roumieu a côtoyé des joueurs de classe mondiale comme Joe Rokocoko ou Pepito Elhorga. « À Bayonne, quand je vois l’équipe qu’on a eue… Du 1 au 23, on avait parmi les plus grands joueurs. On n’a jamais fait de phase finale, on est même descendus. C’est les boules. Un constat amer, renforcé par une instabilité chronique en interne : « J’ai connu vingt entraîneurs et dix présidents ! « Il y a toujours un problème d’ego dans ce club. Tout le monde veut se tirer la couverture. Ce sont les joueurs, les stars. Ne l’oublions pas.
« Joe Rokocoko, c’est un mec simple, hyper gentil. Il nous a fait du Joe Rokocoko après un début difficile. « Avec Mamuka Gorgodze, on s’est frité mais c’est un bon mec. Celui avec qui je m’accrochais le plus, c’était Imanol Harinordoquy. On se détestait, avec Damien Traille aussi. Je l’ai encore eu en Facetime ce matin (mardi) et Imanol est devenu un très bon ami. Il était encore chez moi en train de manger des huîtres samedi. Maintenant, on est les meilleurs amis du monde. Ils étaient à mon mariage.
« Antoine (Dupont) ! Même s’il se pète le genou en 2018 quand je suis à Toulouse. Mais sinon, Cheslin Kolbe. C’était un phénomène ! Et à l’Aviron ?
Fin de Carrière et Pige à Toulouse
En avril 2016, le Biarritz olympique annonce son recrutement pour la saison 2016-2017. En août de la même année, il décide finalement d'accepter un nouveau défi en signant en tant que joker médical avec le Stade toulousain pour trois mois. Son projet de reconversion est reporté à mars 2018[6].
Au bout du fil, Ugo Mola m’appelle et me dit « David, il faut que tu nous files un coup de main, je viens de péter mes deux talonneurs (Peato Mauvaka et Julien Marchand) et on a besoin de toi à Toulouse. Dans ma tête, la question s’est posée un quart de seconde. » Lui, le joueur de devoir, le daron de 36 ans, papa de trois enfants, jeune plein d’appétit à Montauban, remplaçant et travailleur obstiné à Castres, icône de la lutte de l’Aviron bayonnais, bosseur, blessé au long cours du côté de La Rochelle, capitaine courage à Biarritz, lui, dont « 95 % de ma carrière fut une lutte pour le maintien », se voit offrir une fin de parcours en première classe. Non seulement la proposition ne se refuse pas mais la pige offerte par Ugo Mola et son président Didier Lacroix n’est que de trois mois. Banco ! « Yoann Huget m’a servi de blablacar et me voilà débarquant à Toulouse. »
William Servat qu’il a croisé sur les terrains, prend les choses en main et intègre le petit nouveau au groupe. La pige de trois mois va très vite se transformer en une saison, le Tournoi approchant et monopolisant les forces vives au poste de talonneur qu’elles soient françaises ou étrangères. Au final, il jouera 21 matchs dans la saison et pèsera de toute sa personnalité dans un vestiaire jeune à qui parfois, le doyen, filera quelques piqûres de rappel, histoire de remettre les yeux en face des trous de certains. L’attitude est appréciée et son aura est précieuse pour le staff afin de maintenir le groupe en alerte. La belle histoire s’arrêtera en quart de finale face à Castres mais le Toulousain garde de cette dernière saison un goût particulier. « Finir sa carrière à Toulouse, mais vous n’imaginez même pas ce que c’est ! À l’heure de faire le bilan, je n’ai aucun regret sur ma carrière et sur mon parcours. À mon époque, Servat, Szarzewski, Kayser et d’autres étaient meilleurs que moi, point. La seule fois où cela m’a fait bizarre c’est pour la finale l’an dernier. Je me suis dit : « tu te rends compte qu’il y a un an, t’étais avec eux… » Mais, mon apothéose à moi, c’est cette dernière saison. Pas le moment de gamberger pour le néoretraité.
« J’ai rattrapé mes quinze ans de bringues en huit mois au Stade Toulousain. « Un matin, certains jeunes râlaient parce qu’ils étaient fatigués. Je vrille : « Si vous râlez encore, je vous fous sur la gueule. « Je faisais 78 kg. Tous les lundis, le staff me pesait. Je cachais des poids de 0,5 kg dans mon cycliste noir. Je buvais même un litre et demi d’eau juste avant pour être plus lourd. Un personnage, ça fait du bien de lire ça !
Reconversion dans la Restauration
Le 14 juin 2018, un mois après sa vraie retraite donc, le voilà qui ouvre son établissement à Biarritz. La Belloteka, la bien nommée : l’accueil y est chaleureux et l’assiette généreuse et on y apprend au verbe du patron le goût d’une cuisine qui ne triche pas. Un an sans voir un match de rugby. Pas le temps. Plus le temps. Ceux qui connaissent le métier savent de quoi il parle. « Un samedi soir au resto, c’est comme un match. Tu sers, tu commandes, tu discutes avec les clients, tu t’occupes des fournisseurs… » L’affaire tourne, la reconversion était anticipée et mûrement choisie depuis longtemps. « La restauration, c’est un truc qui m’a toujours plus et puis j’adore le contact avec la clientèle. Franchement, je m’éclate dans ce boulot et je vais vous avouer une chose, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer. »
Aujourd’hui, le quotidien de son resto est plus calme, crise du coronavirus oblige. Roumieu, comme des milliers de restaurateurs, a dû fermer boutique « ça a été un peu le bordel. On a appris ça le soir très tard, sans anticipation, il a fallu faire vite. Mettre les quatre employés rapidement en chômage technique et contacter les banques, le comptable. Heureusement dans cette période on est épaulé, les gens qui nous accompagnent sont compréhensifs.
Nouveau Défi : La Boxe
Enfin, David Roumieu s’est lancé un nouveau challenge depuis sept mois. Passionné de boxe, à l’image de Vincent Moscato qu’il adore et en fan inconditionnel de Mike Tyson. « Je ne lis pas beaucoup mais je me suis plongé dans la biographie de Mike Tyson, je regarde des combats jusqu’à pas d’heure. Ce type était hallucinant. » Histoire de goûter à une autre cage, celle du ring, Roumieu s’est lancé dans la préparation d’un combat amateur. Chez les lourds bien entendu ! Rien que ça. À raison de plusieurs entraînements par semaine, avec deux coachs, il enchaîne séances de cardio et séances avec les gants. « Franchement j’étais un mec sérieux au rugby, je m’entraînais fort et je me tapais des entraînements durs mais là, la boxe, c’est un truc de malade. Je sors d’une heure et demie d’entraînement nettoyé, rincé. Physiquement c’est très, très costaud. La recette du gala sera reversée intégralement à celle-ci. « Je vous rassure, je vais charger mais c’est un défi que j’avais envie de me lancer.
Il est intéressant de noter une rumeur persistante selon laquelle David Roumieu souhaiterait se lancer dans une carrière de professeur de philosophie. Bien que cette information n'ait pas été confirmée, elle ajoute une touche d'originalité à son parcours déjà atypique.
OSCAR BIARRITZ - DAVID ROUMIEU #2
