Dan Carter est un nom synonyme d'excellence dans le monde du rugby. Considéré par beaucoup comme le meilleur demi d'ouverture de tous les temps, son parcours est une source d'inspiration. Cet article explore la vie et la carrière de cette légende, en s'appuyant sur son autobiographie et d'autres sources.

Les Racines à Southbridge
Dan Carter vient de la petite ville de Southbridge, située au cœur des immenses plaines de Canterbury. Avec à peine une vingtaine de rues et 700 habitants, Southbridge a été pour lui un véritable terrain de jeu. Ses parents sont tous deux issus de grandes familles, ce qui signifiait qu'il était souvent entouré d'amis et très sociable. Dans son petit village, le sport est très présent, un véritable « ciment » selon ses propres mots.
Actif et sportif de nature, il attribue une immense partie de sa réussite aux encouragements de son père. « Dès que j’ai su marcher, il a voulu que je tape dans un ballon. » Choix… Judicieux ! Son père était très présent au bord des terrains pour l’accompagner et l’encourager. Quand Dan ne jouait pas, il accompagnait son père qui était entraîneur. Chaque jour consacré au rugby était un vrai bonheur pour Dan Carter !
Le rugby a donc très vite pris une place importante dans sa vie. Cette obsession prend de l’ampleur à partir du moment où il reçoit « le plus beau cadeau que j’ai jamais reçu ». Ce cadeau vient de son père, pour son huitième anniversaire. C’est une paire de poteaux de rugby professionnels, réplique du club de Southbridge, peints en bleu et blanc.
Ces poteaux existent encore. Dan en parle comme une sorte « d’institution locale ». En effet certains touristes viennent encore les prendre en photo… Cette période de l’enfance est un des fondements de la carrière de Dan. A l’époque il n’aspirait pas du tout à devenir un All Black.
L'Adolescence et les Premiers Pas dans le Rugby
A la fin du chapitre, Dan Carter aborde ses premières années au lycée (qui correspond au collège chez nous). Plus sous l’angle du rugby que des études à proprement parler 😉 A cette époque, il jouait encore n°9 ! C’est à dire demi de mêlée !!! Dan Carter nous raconte ses quelques tentatives « de révolte adolescente » qui « manquaient d’envergure » et étaient comiques.
En effet il était timide, et à l’école il ne levait jamais la main, même quand il avait la bonne réponse. « Sur un terrain, je me sens en sécurité. » Sa carrière professionnelle, ses nombreux liens avec des partenaires tels que les sponsors lui ont permis d’acquérir plus d’aisance relationnelle. Beaucoup plus qu’il n’aurait pu l’imaginer pendant son adolescence !
Sa scolarité, il la passa d’abord au Ellesmere College où il réalisa qu’il était un sportif d’un niveau supérieur à la moyenne. Il jouait au rugby et au cricket et était assez doué dans les deux sports. Daniel a choisi le Christchurch Boys’ High School (CBHS). Au début Dan loupait beaucoup de cours. La raison ? La fin de l’année fut très compliqué. La saison rugbytisque ne fut pas un succès et au niveau scolaire il décrocha sérieusement.
A cette époque, il n’envisageait pas une carrière sportive dans le rugby. « J’étais tellement naïf et pétri de doutes. » L’année qu’il vient de s’écouler (l’an 2000 à priori) à Christchurch Boys’ fut difficile. L’année 2001 fut une occasion de liberté pour Dan. Niveau scolaire, rien. Il faisait toutes sortes de petit boulot. Il aidait son père, « un vrai artisan », mais la collaboration fut de courte durée car il « n’arrivais jamais à être aussi précis que le travail l’exigeait ».
Son quotidien dans cette année de « transition » était fait de petits boulots, de nombreuses fêtes et de beaucoup de rugby. Ce sentiment de surprise est assez fréquent chez Dan Carter. Ensuite, l’enchaînement a été assez rapide. L’hiver suivant, il fut sélectionné dans l’équipe des New Zealand Colts (équipe nationale espoir) pour la Coupe du Monde des moins de 21 ans. « A l’époque, je ne pensais pas que mes performances me rendaient visible sur le radar de la sélection nationale. »
Pour fêter la fin du tournoi, l’équipe s’est retrouvée « dans un club louche au milieu de nulle part ». Mais la moitié des équipes de la Coupe du Monde étaient là pour décompressaient après la compétition. Au départ l’ambiance était bonne jusqu’à ce que une voix annonce au micro que « les Néo-Zélandais sont priées de quitter les lieux immédiatement ».
Moins d’un an après cet épisode de Johannesburg, un épisode « comparable » se produisit avec Dan, alors en tournée avec les Crusaders. Sorti avec quelques partenaires boire un pot en ville, trois d’entre eux (dont Dan) se sont retrouvés seuls sur le chemin de la boîte de nuit. « Nous étions jeunes, nous étions ivres et nous nous trouvions au mauvais endroit. »
Carrière Professionnelle et Vie Personnelle
Dans ce chapitre, Dan nous parle de son arrivée dans le vestiaire des Canterbury Crusaders, toujours un peu surpris de se retrouver à cet endroit si prestigieux. Dan avait organisé une sortie en hélicoptère pour amener Honor pique-niquer dans un magnifique coin de nature. Dan était complètement stressé, voir paniqué à l’idée de faire sa demande.
Au moment de s’agenouiller pour franchir le pas, il a commencé à bégayer et ensuite inversé lors de sa demande le prénom et le nom de sa chérie. Complètement raté, Honor lui a demandé de refaire sa demande correctement quelques instants plus tard. Comme vous l’avez compris, Honor a dit « oui », pour le plus grand bonheur de Dan. Quand, dans son livre, il nous parle de sa femme, il le fait avec énormément de respect et d’admiration.
Dan Carter et le Monde de la Mode
Dan Carter est en effet depuis quelques années l’égérie d’une marque de sous-vêtements. Cependant, le début de sa collaboration avec la marque Jockey correspond au début des années 2000 c’est à dire moins de 10 ans après la professionnalisation du rugby. Depuis, les collaborations entre rugbymans et publicités en tout genre se sont largement démocratisées. Une autre aventure dans le monde de la mode se termina moins bien que celle avec Jockey.
En effet, Dan Carter participa à l’aventure de la marque GAS en ouvrant entre autre son premier magasin à Wellington en 2007. GAS était une marque d’habits de ville, assez haut de gamme. Quand la crise économique frappa en 2008, l’aventure fut grandement compromise. Après avoir injecté de l’argent de sa propre poche pour maintenir la marque GAS à flot et en attendant une reprise économique, Daniel Carter dû clore le projet et fermer boutique.
Dan Carter et la France : Une Relation Complexe
Il existe un lien manifeste qui lie le meilleur demi d’ouverture du monde et notre beau pays français. Tout n’a pas été qu’amour entre eux deux. Pour nous, le quart de final contre les All-Blacks représente une des plus grandes prouesses de notre XV de France de l’ère professionnelle ! Selon Daniel Carter, l’épisode de 2007 est à la base de toute la remise en question et la reconstruction qui a permis à cette équipe tout de noir vêtu de devenir championne du monde deux fois d’affilé, en 2011 et en 2015 !
Lors de ce quart de finale, Dan est titulaire et entre sur le terrain avec une faiblesse au niveau du mollet. Environ à l’heure de jeu, ce dernier lâche. Il sort. Dan sent et sait que ces coéquipiers ne reviendront pas au score. Après cette déconvenue en 2007, Dan finit sa saison avec les Crusaders. Mais le besoin d’un air nouveau se fait sentir. C’est vers la France et vers Perpignan que Dan se dirige. Malgré sa rupture du tendon d’Achille au bout de seulement quelques matchs, Dan reste en France, proche de ses coéquipiers, qui remportent en fin d’année le bouclier de Brennus !
La victoire en finale de Coupe du Monde en 2011 contre la France ne représente pas pour lui la revanche de 2007. En effet, blessé aux adducteurs, il loupe la fin de la compétition. La véritable revanche est le quart de finale en 2015. Après une Coupe du Monde 2015 largement réussie, revoilà Dan en France, cette fois-ci du côté de Paris en paraphant un contrat de 3 ans avec le Racing-Métro 92. Paris étant une ville idéale pour cet amoureux de la mode et des très grandes enseignes.
Revenant de sa blessure au tendon, Dan avait repris la compétition dans un niveau inférieur dans son club de toujours : SouthBridge. Lors de son premier match, Dan est en charge du but.. Et loupe presque tout ses coups de pieds. Lors du match suivant, il a dû insister, si ce n’est pas plus pour qu’on lui laisse la responsabilité du tir au but !
Le hasard voulu que Dan et cette personne dont j’ai oublié le nom, faute de livre, se recroisèrent quelques mois plus tard. Daniel Carter connu beaucoup de blessures. L’enchaînement de petits pépins physiques, l’usure du corps et l’âge avançant, Dan a connu une longue période de blessures et de rééducations. Dan décrit une période où il perdit confiance en son propre corps. Gilbert Enoka, prépateur mental des All-Blacks semble avoir jouer un rôle important à ce moment là, comme la présence d’Honor pour le rassurer.
Un essai venait d’être marqué, l’issu du match définitivement scellée. Dan tapa alors du pied droit dans l’indifférence générale !
Impressions Personnelles sur l'Autobiographie
Venant de terminer il y a quelques semaines le livre de Jonny Wilkinson, je ne peux m’empêcher de faire quelques comparaisons. Ces deux joueurs ont tellement marqués ce sport qu’il est difficile de ne pas en faire. Tout d »abord, l’autobiographie de Jonny est plus viscérale, il semble l’avoir écrit avec une partie de ses tripes tant il nous plonge dans les méandres de son fonctionnement psychique si particulier. A côté, le livre de Dan Carter paraît naturellement plus « léger ». On y apprend tout de même beaucoup de choses !
Lorsqu’ils évoquent son passage à l’Usap, tous parlent en chœur d’un talent hors pair, d’un coéquipier exemplaire et d’un joueur pas vraiment bouleversé par son statut de star. Dès son arrivée en Catalogne, Carter a confirmé sa réputation de joueur au talent rare. «Il voit tout avant tout le monde, analyse David Marty, qui le croisera sur la pelouse samedi soir. La moindre erreur de l'adversaire, il va jouer dedans.» Hors du terrain, Carter est présenté comme un travailleur appliqué.
Du côté des champions de France, on se souvient aussi d’un buteur hors pair, au front dès son premier entraînement, au début de l'hiver. «Toute l’équipe l’a regardé pendant une demi-heure, embraye Olivier Olibeau. Il faisait froid. D’habitude, on rentre vite au chaud, mais là, on est restés. On était sur le cul parce que toutes les pénalités passaient.»
«Au quotidien, il créait une émulation, se remémore Damien Chouly, le compagnon de tablée. On avait envie de prouver qu’on méritait de jouer avec lui. Tout le monde voulait être à la hauteur. On avait même un peu peur de faire des conneries.» Même s’il n’a joué qu’un mois sous les couleurs de l’Usap, avant de se blesser, Carter n’est pas totalement étranger à la fin de saison en trombe de ses coéquipiers. «Il était toujours là, se souvient Chouly. Il poussait derrière, on le sentait. Il était vraiment à fond. Comme nous, il voulait vraiment ce titre.»
Dan Carter est un homme simple, qui malgré son statut de star, n’est pas du genre à tirer la couverture à lui. «On l’a vite démystifié. Au club, c’était un joueur lambda, comme les autres. Du coup, son intégration a été très rapide.» «Il voulait vivre à la française» remarque Olivier Olibeau, qui regrette le départ d’un garçon vraiment «attachant». «Il y avait un vrai décalage entre le phénomène sportif et l’homme. C’était frappant. Ici, on en a croisé certains qui ne lui arrivaient pas à la cheville et qui pourtant, avaient les chevilles beaucoup plus larges que lui.» Le Néo-Zélandais, sollicité en permanence, a toujours fait preuve d’une étonnante disponibilité.