Coupe du Pacifique de Rugby : Histoire et Importance

Le rugby est un sport qui ne cesse de gagner en popularité, mais qui reste assez méconnu du grand public, contrairement au football par exemple. Pour remédier à cela, la NRL (National Rugby League) a créé une nouvelle compétition : le championnat du Pacifique de la Rugby League.

Comme nous l’avons brièvement évoqué, les Championnats du Pacifique de la Rugby League sont une compétition de rugby assez récente. C’est la Ligue Nationale de Rugby (NRL) qui est à l’origine de cette compétition. Créée en 2019, le but est d’apporter un peu de nouveauté dans le milieu du rugby.

Cette compétition est importante car elle permet de rapprocher les joueurs de leurs racines. Les joueurs et les fans peuvent découvrir les nombreuses cultures présentes dans le Pacifique. Pour rappel, c’est dans les régions du Pacifique que l’Histoire du rugby a commencé.

Il existe déjà diverses compétitions de rugby, alors pourquoi était-il important pour la ligue nationale de rugby de créer ces Championnats du Pacifique ? Premièrement, elle voulait promouvoir ce sport en le faisant connaître aux générations futures.

Le Pacifique, qui abrite la Micronésie, la Mélanésie, la Polynésie, est un vivier des grandes nations du rugby, pour des raisons peut-être oubliées. L'affiche est magistrale vendredi 8 septembre, pour l'ouverture de la Coupe du monde de rugby : la France contre la Nouvelle-Zélande, les Bleus face aux All Blacks et au fameux haka hérité de la culture maorie. Les peuples natifs de Nouvelle-Zélande étaient de redoutables guerriers, agiles, explosifs, véloces.

En 1870 a lieu le premier match de rugby organisé en Nouvelle-Zélande, alors colonie britannique. À ce moment-là, l’empire est enlisé dans une guerre avec les tribus maories. Les Britanniques parviennent de manière sanglante à s’imposer, mais ils voient dans le rugby la possibilité de canaliser la supériorité physique des guerriers maoris, de concentrer leurs capacités hors norme, en déportant les conflits avec eux sur un terrain de rugby.

Les missionnaires s’occuperont du reste des îles du Pacifique en allant prêcher les vertus du rugby partout ailleurs : Polynésie, Mélanésie, Tongas, Fidjis, Samoas, avec dans leur valise... un ballon ovale. Et les descendants de ces guerriers du Pacifique viennent aujourd’hui renforcer à peu près toutes les grandes nations du rugby.

Ainsi les Manu Samoa, les Fidjiens volants et les Ikalé Tahi (les "aigles des mers") des Tonga ont dépossédé ces nations de leur meilleurs éléments. À titre d’exemple, lors de la dernière Coupe du monde au Japon en 2019, les Tonga ont quitté la compétition avant les quarts de finale, alors que 22 joueurs tongiens (une équipe complète) poursuivaient l’aventure avec d’autres nations.

En effet, les règles de la fédération internationales autorisent, à certaines conditions, la naturalisation des joueurs. Les nations riches tirent naturellement profit de ce règlement. Le documentaire Ocean’s A part met au jour le pillage orchestré par les grandes nations de ces joueurs du Pacifique, dès le plus jeunes âge.

Si la France échappe à cette polémique c’est parce que ses précieux joueurs, Taofifenua, Moefana, Mauvaka (à l’œuvre ce soir), sont originaires de Wallis et Futuna ou de Nouvelle-Calédonie, territoires français qui ont le statut de collectivités d’outre-mer.

Édition 2023 des Championnats du Pacifique

Concrètement, l’édition 2023 des championnats du Pacifique de la Rugby League a vu s’affronter 6 équipes hommes et 4 équipes femmes. Cette compétition s’est tenue dans 3 lieux différents (Australie, Nouvelle-Zélande et Papouasie-Nouvelle-Guinée).

L'entraide des Rugbymen du Pacifique

Cette deuxième édition des Championnats du Pacifique de la Rugby League a suivi le même schéma que la précédente édition. Chaque équipe (masculine et féminine) a été divisée en 2 poules de 3. Il y avait deux poules de 3 équipes. La qualité et la diversité des équipes ont donné lieu à des rencontres passionnantes. Ce qui explique en partie le succès de cette deuxième édition des Championnats du Pacifique de la rugby League.

Quelques moments forts de l'édition 2023 :

  • le match d’ouverture féminin qui opposait l’Australie à la Nouvelle-Zélande restera dans les annales comme l’un des matchs les plus passionnants.
  • autre moment fort : la rencontre entre les équipes des îles Cook et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Impact de la Compétition

Les championnats du Pacifique ont plusieurs impacts positifs :

  • le niveau de jeu s’est amélioré : les différentes équipes qui se sont affrontées ont pu découvrir de nouvelles techniques de jeu, et donc apprendre les unes des autres.
  • émergence de nouveaux talents : grâce aux Championnats du Pacifique, des joueurs locaux ont l’occasion d’affronter des stars du rugby à XIII. Une occasion de développer leurs talents.

Carte du monde montrant la popularité du rugby

Coupe des Nations du Pacifique

Bill Beaumont a annoncé une refonte du calendrier. (D. Le Canada et les États-Unis intègrent la Coupe des nations du Pacifique à partir de 2024 et rejoignent ainsi le Japon, les Fidji, les Tonga et les Samoa. La phase finale se déroulera tous les mois de septembre, au Japon et aux États-Unis, en alternance.

En marge de la refonte du calendrier, le Conseil de World Rugby a acté l'élargissement de la Coupe des nations du Pacifique avec l'arrivée du Canada et des États-Unis qui rejoignent les Fidji, le Japon, les Samoa et les Tonga. Le nouveau format débutera en 2024 et aura lieu tous les ans sur les mois d'août et septembre.

Destinée à accroître la compétitivité de ces équipes en vue des Coupes du monde en Australie (2027) et aux États-Unis (2031), cette Coupe des nations du Pacifique ''new-look'' offrira aux pays la possibilité de disputer au moins trois rencontres en plus de la Nations Cup et des Challengers Series, compétitions également votées ce mardi par le Conseil de World Rugby.

« Nous avons vu lors de cette Coupe du Monde à quel point certaines nations ont besoin d'un accès régulier à des compétitions de haut niveau, a déclaré Bill Beaumont, le président de World Rugby, pour pouvoir se construire, se développer et performer sur la scène mondiale. »

Les six équipes seront réparties en deux poules de trois (Fidji, Samoa, Tonga et Japon, Canada, États-Unis) et déboucheront sur des demi-finales et finale qui se disputeront alternativement au Japon et aux États-Unis.

Tableau des Participants à la Coupe des Nations du Pacifique (2024)

Poule A Poule B
Fidji Japon
Samoa Canada
Tonga États-Unis

Rugby aux Fidji : Un Symbole Culturel

L'équipe des Fidji dispute ce mercredi, contre le Pays Galles, un match crucial pour la qualification en quarts de finale de la Coupe du monde de rugby. C'est l'occasion de se pencher sur l'essor, au cœur de ce territoire du Pacifique, d'une pratique venue d'Occident au XIXe siècle et qui, au fil des décennies, est devenue un symbole incontournable de la culture fidjienne. Que nous raconte donc le rugby sur cette société ?

Premièrement, il semble assez évident que le rugby, né en Angleterre durant la deuxième moitié du XIXe siècle, s'est inscrit dans le paysage fidjien à la suite des conquêtes coloniales. Les Anglais, dont le modèle de gouvernance des colonies repose en partie sur la formation d'une élite locale afin de mieux servir les intérêts du royaume, ont pris en charge l'éducation des chefs indigènes.

Intégrés aux grandes écoles britanniques, ces derniers, en plus de recevoir un enseignement, se familiarisent alors avec la pratique du rugby à XV, très en vogue dans les milieux universitaires bourgeois. De retour dans leurs villages, et par le jeu d'une hiérarchisation et de règles sociales très fortes, ces chefs de clan diffusent largement le rugby auprès de leurs sujets qui y adhèrent très rapidement.

Toute cette historicité nous est rapportée par l'ethnologue Sébastien Darbon, qui a longtemps observé la société fidjienne au travers de la pratique du rugby. Pour le chercheur, si le rugby connaît aussi un immense succès auprès des groupes indigènes des îles Fidji (mais aussi des autres îles du pacifique comme les Tonga ou les Samoa), c'est aussi parce que les valeurs portées par sa pratique entrent en concordance avec d'anciens jeux indigènes, tel que le veibona (sort de chat et la souris) demandant une grande habileté du corps et un sens assez prégnant de l'évitement.

De plus, le rugby véhicule une culture virile du corps faisant écho à l'esprit guerrier de nombreuses tribus fidjiennes, et permettant à cette pratique de devenir un outil important de transmission des normes sociales. Mais les cultures sportives, comme toutes les formes de culture, «sont empreintes de souplesse et de perméabilité». Les contraintes géographiques (terrains impraticables) mais aussi matérielles (équipements) transforment les pratiques formelles émanant du Vieux Continent pour mieux adapter le rugby à la société fidjienne et réussir à conserver une valeur importante de ce sport pour ce qu'il reste des sociétés tribales : l'esprit de cohésion.

Dans cette zone de l’hémisphère sud, le rugby présente la particularité d’être pleinement rattachée à une dimension politique. En effet, au regard des travaux de l’anthropologue Julien Clément, notamment sur les populations des Samoa, les acteurs politiques majeurs de ces archipels sont toujours liés au monde du rugby et à sa gouvernance.

A ce propos, Sébastien Darbon rappelle d’ailleurs que l’ancien capitaine de la sélection nationale fidjienne, puis ancien manager, Ratu Sir Edward Tuivanuavou Tugi Cakobau, descendant du chef suprême Cakobau (qui céda l’archipel aux Anglais en 1874) fut gouverneur général à l’indépendance. Bon nombre de ministres ont occupé des postes importants à la puissante fédération de rugby, véritable antichambre du pouvoir, qui occupe une place prépondérante dans la vie politique et sociale du pays.

Mais ce récit du rugby raconte aussi une autre histoire des Fidji, celle notamment des Indo-Fidjiens. Ces descendants d’immigrés indiens, venus sous la tutelle anglaise pour construire des chemins de fer, représentent 44% de la population fidjienne, soit une part importante de la vie sociale et politique. Néanmoins, comme le souligne Sébastien Darbon, cette population ne pratique pas le rugby, lui préférant d’ailleurs le football.

Selon le chercheur, l’explication réside dans l’inadéquation entre l’héritage culturel indien et les pratiques formelles du rugby. Plus précisément, l’absence du rugby dans la tradition indienne. Mais, surtout, le système de caste latent de la société indienne, importé avec les immigrés, n’autorise pas la promiscuité des corps, ce qui empêche une pratique pleine du rugby où les contacts (plaquages, mêlées) sont essentiels. A travers ce cas, la dichotomie sportive reflète une dichotomie politique et sociale, où les populations autochtones fidjiennes pratiquant le rugby détiennent les pouvoirs politiques, contrairement aux Indo-Fidjiens, discriminés socialement au cours de l’histoire et dont la culture leur ferme les portes de la vie sportive, et donc politique.

Menace de Boycott de la Coupe du Monde (2019)

Rugby Rugby Exclus du projet controversé de Ligue mondiale, les Fidji, les Samoa et les Tonga laissent planer la menace d’une non-participation à la Coupe du monde au Japon qui commence le 20 septembre.

Nations historiques du rugby, les Fidji, les Samoa et les Tonga ne digèrent toujours pas la publication jeudi, dans le quotidien The New Zealand Herald, de la dernière version du projet de Ligue mondiale voulu par World Rugby et appelée à remplir le calendrier les années sans Coupe du monde. A partir de 2020, cette compétition regrouperait douze pays : ceux qui participent au Tournoi des six nations, ceux de l’actuel Rugby Championship (la compétition entre les quatre grandes nations de l’hémisphère Sud), auxquels s’ajouteraient le Japon et les Etats-Unis.

Toutes ces équipes se rencontreraient au moins une fois dans l’année et les quatre meilleures se retrouveraient ensuite en demi-finales avant une grande finale, sur le modèle de la Ligue des nations de football créée récemment par l’UEFA. Un tel système exclurait pour une durée d’au moins dix ans les trois nations du Pacifique qui fourmillent de joueurs de talent mais survivent avec des moyens financiers limités.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux rugbymen ont déjà dénoncé ce projet qui priverait leur sélection de matchs contre les meilleures nations comme la Nouvelle-Zélande, l’Angleterre ou la France… battue par les Fidji en novembre dernier.

Le Samoan Dan Leo qui dirige Pacific Player Welfare (association défendant les intérêts de ces joueurs issus du Pacifique) a annoncé à L’Equipe envisager une solution radicale pour protester. « Si ce projet se concrétise, ça sera difficile pour les joueurs du Pacifique d’aller à la Coupe du monde au Japon (qui début le 20 septembre). En tant que syndicat, ma recommandation serait de boycotter la Coupe du monde 2019. J’espère qu’on n’en arrivera pas à cette extrémité, mais on ne peut pas suivre une fédération qui a cet état d’esprit colonialiste. »

Les mots sont durs, mais l’amertume est compréhensible quand on sait que les Fidji, par exemple, occupent actuellement la 9e place du classement World Rugby devant le Japon (11e) et les Etats-Unis (13e) mais qui ont pour eux d’être des marchés économiques autrement plus importants.

Vulnérabilité Sociale des Athlètes du Pacifique

Ne jamais se fier aux apparences. Ephraim Taukafa est un roc. Et pourtant. Même s'il délivre facilement les sourires, le massif ancien talonneur de la sélection tongienne, véritable force de la nature avec trois Coupes du monde à son actif, peut pleurer comme un enfant.

Ce premier dimanche de juin, en conclusion de quatre jours de pèlerinage à Lourdes avec ses « frères » du Pacifique, en provenance des Fidji, des Samoa, de Wallis ou des Tonga comme lui, il a livré un témoignage poignant. « Je ne sais pas pourquoi c'est toujours mon numéro que la police appelle », s'interroge-t-il, avant de hausser les épaules et de fondre en larmes.

À deux reprises, Ephraim a dû décrocher à son tour son téléphone pour appeler aux antipodes et annoncer la terrible nouvelle aux familles de Samuela Lisala et Isireli Temo, deux rugbymen partis pour conquérir l'Europe mais qui avaient fini par commettre l'irréparable, une fois leur rêve envolé, noyé dans la dépression ou l'alcool.

Daniel Leo, 36 ans et ancien capitaine des Samoa passé par Bordeaux et Perpignan, l'a bien compris. Le président de Pacific Rugby Players Welfare (PRPW), une association née il y a deux ans pour conseiller et servir de béquille à des joueurs déracinés et perdus dans des pays qui ignorent tout des coutumes des îliens, a donc monté ce pèlerinage dans ce lieu symbolique des Hautes-Pyrénées pour venir en aide à ces peuples si croyants.

Au coup d'envoi du Top 14, la saison passée, ils étaient 74 joueurs originaires du Pacifique. Et 57 en Pro D2. Au total en incluant les divisions inférieures (fédérale 1, 2 et 3), ils seraient plusieurs centaines de joueurs pros et semi-pros dans l'Hexagone. À l'échelle mondiale, 20 % des joueurs proviennent des îles.

Si le rassemblement baptisé « Pasifika Unite » n'a pas drainé autant de monde qu'espéré, il a fait souffler un vent nouveau au pied des montagnes. Danses traditionnelles, cérémonie du kava (alcool), barbecue à l'étouffée ont cohabité avec les pèlerins plus classiques. « Il y aura un avant et un après », assure Ephraim Taukafa, rassuré de voir « ses frères » se parler, échanger autour du rugby bien sûr, mais aussi et surtout de leur culture et de la religion.

Ilikena Bolakoro, le centre du club de Nevers (Pro D2), âgé de 31 ans, narre d'une voix blanche tout le défi et le dilemme qui attendent les joueurs de rugby du Pacifique partis à la conquête de l'Europe. Il va passer cinq saisons au Pays basque où le club va tout prendre en charge. Mais quand il mute à Colomiers, il n'a toujours pas pris l'habitude de remplir sa feuille d'impôts et pendant quatre ans, il ne déclarera rien au fisc. « Résultat, il était endetté et quand il a signé à Angoulême, la moitié de son salaire passait dans les arriérés », détaille son épouse Lauren.

Taiseux comme ses compatriotes, le solide gaillard ne dira rien à sa compagne mais il nourrit alors des idées suicidaires. « Il n'est pas dans leurs habitudes de se livrer, regrette Lauren Bolakoro. Avouer sa vulnérabilité, c'est reconnaître ses faiblesses et ça c'est compliqué pour eux. »

Aujourd'hui retiré des terrains, Aliki Fakaté, vice-champion de France avec Montpellier en 2011, éclaire la mentalité qui anime les candidats à l'exil. Recruté à l'Insep comme lanceur de disque prometteur, le jeune Wallisien qui vivait en Nouvelle-Calédonie bifurque vers le rugby après un an en métropole.

« Les gens ici ont du mal à comprendre pourquoi c'est si dur pour nous de s'adapter, explique le champion de France 2009 aux côtés d'un certain Dan Carter. Il faut savoir que beaucoup de jeunes ne sont absolument pas préparés à vivre dans une société occidentale. Chez eux, quand ils ont faim, ils vont pêcher ou ramasser des fruits dans la forêt. Ça peut apparaître comme un cliché mais c'est aussi simple que cela. On peut vivre sans ressources. Imaginez quand on arrive ici en France. Les supermarchés, la solitude, tout ça c'est un choc. »

Elle n'a fait qu'une apparition furtive à Lourdes mais Chanelle Johnston avait des choses à dire et surtout à peindre. L'épouse de Census, joueur du Racing 92, a exposé quelques tableaux qui expriment toute la nostalgie d'un pays qu'elle a quitté à 19 ans en 2005 pour suivre son petit ami. Un départ subi plus que choisi et qu'elle commence à peine à digérer.

« C'était un lundi, Census m'a annoncé que Biarritz lui offrait un contrat, se remémore d'une voix douce celle qui venait alors de décrocher un poste d'institutrice à Auckland. Le mercredi, je démissionnais et le samedi soir, on était ensemble dans une chambre d'hôtel de Biarritz. À l'époque, nous n'avions encore jamais vécu ensemble. Le lendemain matin, il partait pour son premier entraînement et moi je me suis dit : mais qu'est-ce que je fais ici ? Qu'est-ce que je vais faire ? Ce fut dur, très dur. »

De ses expériences au Pays Basque puis à Toulouse ou en Angleterre, au gré des contrats de son mari, Chanelle a tiré quelques certitudes. « Quand le club prend en compte la famille, cela change tout, assure-t-elle. Aux Saracens (NDLR : club anglais de Londres), il y avait cette dimension, beaucoup moins en France où on vous laisse beaucoup plus seul. À Londres, l'exil était plus facile. Mais c'était aussi dû à la langue. »

Les récentes prises de position controversées sur l'homosexualité de l'ailier australien Israel Folau, dont les parents sont d'origine tongienne, l'ont rappelé. La religion est omniprésente pour tous ces joueurs qui célèbrent par une prière leur entrée sur le terrain comme leurs essais, la fin mais aussi le début d'un match.

Toutes les journées au pied des Pyrénées ont débuté par des cérémonies religieuses. Ça tombe bien, Lourdes ne manque pas de chapelles ! Et au dernier jour avant de relâcher tous les participants, le fondateur de PRPW leur a rappelé que la religion pouvait et devait servir de socle au moment où sont grandes les tentations de s'en éloigner à cause du blues du pays ou de comportements addictifs.

Au dernier jour du rassemblement lourdais, Daniel Leo a beaucoup insisté sur l'après-carrière. Si elle est un point crucial pour tous les sportifs, elle l'est encore plus pour ces joueurs partis la plupart du temps sans un diplôme en poche. « 35 % des joueurs qui sont passés par un club en Europe finissent ruinés. »

La carrière en Europe est l'occasion d'envoyer aux familles restées au pays de précieux subsides. Entre deux danses traditionnelles avec la troupe Sons Of Polynesia le troisième ligne du Stade Toulousain Piula Faasalele, confronté à La Rochelle samedi en demi-finale du Top 14, se trouve dans ce cas. L'Australien d'origine verse un quart de son salaire à sa famille restée au pays. « C'est normal. Je vis très bien avec ce qui reste. Je suis heureux et j'ai une belle vie. »

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