Coupe du Monde de Rugby 2003 : France - Angleterre, un résumé

La Coupe du Monde de Rugby 2003 a été marquée par des moments de gloire et de déception. Deux équipes, la France et la Nouvelle-Zélande, avaient enflammé les foules pendant la première partie de la compétition avec leur jeu flamboyant. Cependant, elles se sont retrouvées sur la pelouse du stade olympique de Sydney pour disputer la "petite" finale.

La "grande" finale a opposé l'Australie et l'Angleterre, deux équipes décriées depuis le début de la compétition. L'Angleterre a facilement vaincu la France (24-7) en demi-finale, le dimanche 16 novembre.

FRANCE - ANGLETERRE (RUBGY : COUPE DU MONDE 2003 : PRESENTATION DU MATCH, HYMNES, RESUME)

Une demi-finale sous la pluie

Sous une pluie battante, les Français ont enregistré leur troisième défaite (24-7) de l'année face aux Anglais. Des larmes d'émotion de Lawrence Dallaglio pendant les hymnes au chagrin de "frustration" de Serge Betsen après la défaite, cette demi-finale a été une histoire d'eau. La pluie a arrosé sans discontinuer le stade olympique de Sydney.

Avec le vent tourbillonnant, la foule aux trois quarts habillée de blanc made in England, les chants et les cris, l'atmosphère était celle du Tournoi des six nations, Twickenham plutôt que le Stade de France. Il a plu sur Sydney.

Depuis quelques jours, les météorologues avaient prévenu : possibilités d'averses dimanche 16 novembre. Sous le beau temps de Bondi, les Français se sont préparés pour un de ces matches ensoleillés, de ceux qui leur ont valu les plus beaux compliments ces dernières semaines. "Large, large". La formule leur avait si bien réussi jusque-là.

"Tout le travail de la semaine est tombé à l'eau à une heure du coup d'envoi", regrette Fabien Pelous. Les années passent, les défaites humides se succèdent - le rugby est avant tout un sport d'hiver en Europe -, mais le constat est toujours le même : les Français ne savent pas jouer sous la pluie. Les Anglais, eux, sont les meilleurs du monde à ce jeu.

Jonny Wilkinson, figure emblématique de l'équipe anglaise.

L'efficacité anglaise contre le jeu flamboyant français

"Spectaculaire, ça ne veut rien dire, s'est exclamé l'entraîneur français, Bernard Laporte. Ce qui compte, c'est l'efficacité." L'efficacité française avait étonné pendant cette Coupe du monde. Mais il s'agit d'une qualité décidément mieux ancrée dans les terres du rugby anglais que français. "Seule compte la victoire", n'avait cessé de répéter Clive Woodward dans les jours précédant la demi-finale.

Les moments clés du match

Lors de la dernière coupe du monde, les Bleus ont trébuché, en demi-finale, face aux Anglais. Ils sont passés complètement à côté de cette rencontre perdue 24-7. Serge Betsen avait pourtant marqué le seul essai du match dans les premières minutes. Mais l'impeccable jeu au pied de Jonny Wilkinson a fait la différence.

En 2003, les Français n'avaient pas prévu qu'une pluie battante et qu'un vent tourbillonnant s'abattraient sur le stade olympique de Sidney... Les Anglais ont beau nous surnommer "the frogs" (les grenouilles), quand le terrain est humide, on glisse et on perd des ballons ! Et surtout Frédéric Michalak, qui n'avait pas du tout géré les conditions climatiques. Pendant que Jonny Wilkinson accumulait les pénalités réussies, tous les ballons du buteur tricolore passaient à coté.

Les Français ne doivent pas quitter des yeux Jonny Wilkinson. Le buteur anglais est le meilleur joueur du pays. Ses coups de pied sont exceptionnels de régularité (113 points marqués lors du mondial 2003). C'est grâce à lui que les anglais sont devenus champions du monde. Lors de la finale, il a marqué un drop dans la dernière minute des prolongations. Un drop de légende qu'on ne se lasse pas de revoir...

L'équipe de France lors de la Coupe du Monde de Rugby 2003.

Le parcours de l'Angleterre vers la finale

L'Angleterre est annoncée comme LE grand favori de cette Coupe du monde. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les hommes de Clive Woodward assument leur statut. D'entrée, l'Australie frappe. Sur une chandelle de Stephen Larkham, Lote Tuqiri gagne son duel dans les airs avec Jason Robinson, et aplatit le premier essai du match. Mais la transformation touche le poteau. La suite ? Le début d'une masterclass signée Jonny Wilkinson, qui transforme trois pénalités. Deux minutes avant la pause, Robinson se rachète en inscrivant un superbe essai en coin. Sur un service de... L'Angleterre mène 14-5 à la pause. Mais va être beaucoup pénalisée par l'arbitre en seconde période.

Elton Flatley n'en demandait pas tant, et ramène les deux équipes à 14-14 à la dernière minute. Wilkinson a manqué ses deux tentatives de drop. La suite entre dans la légende. Flatley et Wilkinson passent une pénalité chacun. Le score est de 17-17, et il ne reste plus que 26 secondes à jouer.

Johnson, Wilkinson, Robinson, Cohen, Dallaglio, Thompson, Greenwood d'un côté. Mortlock, Gregan, Lyons, Tuqiri, Sharpe, Larkham de l'autre... Que des légendes.

Fin de carrière pour Fabien Galthié

Fabien Galthié, 34 ans, ne se pose plus ce genre de question. Il avait annoncé sa sortie bien avant le coup d'envoi du Mondial 2003, son quatrième. Il rêvait d'un final en apothéose, d'un titre de champion du monde, quelques mois après son premier titre de champion de France, en juin, avec le Stade français. Mais deux jours après la leçon de rugby donnée par l'Angleterre (24-7), le capitaine des Bleus a repris l'avion pour la France, mardi 18 novembre. Un décès dans sa famille l'a amené à avancer son retour. Comme il l'avait annoncé dans la foulée de la défaite en demi-finales, il avait renoncé à disputer un dernier match.

"Je ne jouerai plus au rugby, a-t-il officiellement déclaré, la voix teintée d'émotion. Je trouve normal de ne pas jouer cette petite finale. Elle correspond déjà à l'avenir du rugby français. Et moi, je ne représente pas l'avenir, c'est clair." Dimitri Yachvili occupera le poste de demi de mêlée face à la Nouvelle-Zélande, jeudi 20 novembre, pour le match pour la troisième place. Le capitanat de cette équipe profondément remaniée (13 changements) reviendra à Yannick Bru.

"Fabien Galthié est un garçon exemplaire et c'est un grand honneur de lui succéder, a reconnu le talonneur toulousain.

Le parcours de Fabien Galthié

La carrière internationale de Fabien Galthié a débuté en 1991, contre la Roumanie. Depuis, il avait accumulé 64 sélections. Il avait été nommé capitaine en 2001, et avait conduit l'année suivante le XV de France vers le premier grand chelem de l'histoire du Tournoi des six nations.

Vingt ans avec l'US Colomiers, le club de son enfance, six mois avec le club sud-africain de False Bay, dans la banlieue du Cap, et deux ans avec le Stade français : "Ma carrière, c'était bien, a-t-il résumé. J'ai essayé de donner beaucoup, j'ai pris beaucoup des autres aussi. C'est le propre du rugby."

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