Coupe du Monde de Rugby : L'Énigme de l'Abréviation "Poule"

Depuis le début de la Coupe du Monde de Rugby 2023, l'expression « sortir des poules » est sur toutes les lèvres. Mais d'où vient ce terme omniprésent dans le monde du rugby ?

Tous les quatre ans, c’est la même rengaine. Dès que la compétition commence, commentateurs et supporters n’ont plus que les « poules » à la bouche. En toute honnêteté. Pour les joueurs, l'objectif est clair : sortir de leur « poule », qu'elle soit perçue comme facile ou difficile, pour atteindre les quarts de finale et espérer remporter le titre de champion du monde.

Et si l’on en sort, encore faut-il être bien classé et en prime, de façon favorable. Histoire de ne pas tomber sur un gros os en quarts, comme les Bleus qui, une fois sorti des poules, pourraient affronter l’Afrique du Sud, champion du monde en titre.

Bref, en Ovalie, la « poule » - à ne pas confondre avec la « cocotte », cette phase de jeu appelée aussi maul ou encore ballon porté - est une idée fixe.

Serait-ce parce que le ballon de ce jeu est ovale comme un œuf qu’une poule aurait pondu ? L’hypothèse est séduisante si l’on se réfère au XV de France. L’emblème des Bleus, qui ont d’ailleurs compté dans leurs rangs l’ancien international Rory Kockott, dont le nom sonne comme « cocotte », n’est-il pas le coq gaulois et ne dit-on pas de ses joueurs bien baraqués qu’ils sont de « beaux poulets » ? Mais elle évanouit dès qu’on sort de la pelouse tricolore. Notamment si on s’intéresse d’un peu plus près au XV à la Rose. En clair, aux Anglais.

La « poule », c’est le « groupe ». Selon le « Petit Robert », le mot « poule » est en effet une francisation du mot anglais « pool » qui se prononce de la même façon et qui signifie « groupe ».

Le terme n’est pas propre au rugby. Il désigne dans le sport « une épreuve dans laquelle chaque concurrent rencontre successivement chacun de ses adversaires, et un groupe d’équipes qui se rencontrent entre elles lors d’un tour de qualification, d’un championnat ou de la phase finale d’un tournoi majeur ».

L’utilisation de « poule », dans ce contexte, s’est imposée en France vers la fin du XIXe siècle avec l’arrivée des sports anglais, ancêtres du football et du rugby.

Mais l’affaire remonterait bien avant, au XVIIe siècle (1690, précisément) et « pool » serait lui-même une récupération du mot français « poule », qui désignait alors un jeu de cartes où le gagnant emportait l’ensemble (le groupe) des mises. « Poule » étant lui-même issu du Latin « pulla » « poulette » , féminin de » pullus », « petit d’un animal », qui désigne la femelle du coq domestique.

D’autres analyses sémantiques évoquent une métaphore de « poule », par allusion au pondoir où plusieurs poules déposent leurs œufs (attention toutefois à ne jamais tous les mettre dans le même panier) et rappellent aussi, qu’au XVIIe siècle, le mot désignait « la quantité d’argent ou de jetons qui résulte de la mise de chacun des joueurs et qui forme enjeu », pour « gagner la poule ». Limpide. Sauf que ça se complique.

Avant qu’il soit utilisé par les amateurs des ballons, ronds ou ovales, le billard (1832) puis le milieu des courses hippiques (1856) se sont approprié le terme français de « poule » par « une métonymie allant de l’enjeu à la partie ou à un ensemble de parties », explique doctement le dictionnaire.

Pour les étymologistes qui suivent la piste du turf, la « poule » rugbystique n’aurait ainsi plus rien avoir avec la volaille, mais aurait d’abord été une abréviation de « poulain » ou « pouliche », avant de désigner le total des mises des parieurs, puis les courses d’essai permettant de classer les jeunes chevaux.

De fait, dans le contexte du football, en anglais, « pool » désigne toujours aujourd’hui l’ensemble des paris. Bon, alors, finalement, qui de la « poule » ou du « pool » a fait la « poule » ? Vous l’avez compris, on ne le saura vraiment jamais.

La seule certitude, c’est qu’au rugby, comme au foot, au basket, au handball ou à la pelote basque, l’essentiel, c’est d’en sortir.

En résumé, l'utilisation du terme "poule" dans le rugby, comme dans d'autres sports, est un héritage linguistique complexe, mêlant influences anglaises et françaises, et dont l'origine exacte reste incertaine. Ce qui est sûr, c'est que ce terme est aujourd'hui indissociable de l'excitation et de l'enjeu des compétitions sportives.

Schéma des positions des joueurs de rugby.

Les règles de la phase de groupes de la Coupe du Monde

Les règles du rugby semblent parfois difficiles à comprendre pour les non-initiés. Celles de la phase de groupes de la Coupe du monde le sont presque autant. Les 20 sélections engagées, réparties dans quatre poules, le savent : pour se hisser en quarts de finale, il faut occuper l'une des deux premières places du groupe. Et ainsi prendre le plus de points.

C'est là que tout se complique. Si une victoire rapporte quatre points, un match nul deux, et une défaite zéro, il est possible de gonfler son total en fonction du score de chaque rencontre ou du nombre d'essais inscrits.

Le point de bonus offensif

Comme le XV de France, vainqueur de la Nouvelle-Zélande en ouverture (27-13), l'Italie, l'Irlande, l'Australie, le pays de Galles et le Japon se sont tous imposés pour entamer la compétition. Mais toutes ces équipes affichent déjà cinq points au compteur, contre quatre pour les Bleus. Elles ont en effet glané un point de bonus offensif.

Pour le décrocher, la règle est claire : il faut inscrire quatre essais, ou plus, lors d'une même rencontre. Le point de bonus est ensuite accordé quel que soit le résultat final, une victoire, un match nul ou une défaite. Une manière de récompenser les meilleures attaques...

Le point de bonus défensif

Tandis que les perdants d'un match accroché peuvent, eux aussi, se consoler. Il est en effet possible de débloquer son compteur malgré une défaite : il s'agit du point de bonus défensif. Ce lot de consolation est accordé aux équipes qui perdent avec un écart de sept points, ou moins.

Et les deux bonus peuvent s'additionner. Les Fidjiens en sont, pour l'heure, le seul exemple. En plus de leur point de bonus défensif, ils ont inscrit quatre essais face aux Gallois, sur la pelouse de Bordeaux. C'est pourquoi, malgré leur défaite, ils enregistrent déjà deux points au compteur, l'équivalent d'un match nul.

Comprendre le rugby en 5 minutes !

Tableau récapitulatif des points et bonus

Pour une meilleure compréhension, voici un tableau récapitulatif des points attribués lors de la phase de groupes :

Résultat Points
Victoire 4 points
Match nul 2 points
Défaite 0 point
Bonus Condition
Offensif 4 essais ou plus
Défensif Défaite de 7 points ou moins

Match d'ouverture de la Coupe du Monde de Rugby 2023.

L'impact des absences : le cas de Romain Ntamack

L’équipe de France est-elle moins forte sans Romain Ntamack? Les bookmakers le pensent, et ils ont ajusté leurs cotes en conséquence après le forfait de l’ouvreur pour la Coupe du monde 2023 (8 septembre-28 octobre).

Le forfait de Romain Ntamack laisse un grand vide. L’équipe de France avait bâti autour de son association avec Antoine Dupont ces dernières années en prévision de la Coupe du monde. Et une partie du destin des Bleus dans ce Mondial à domicile allait reposer sur les prestations de son ouvreur clé.

Orpheline de son génie toulousain, la charnière de l’équipe de France n’aura pas tout à fait la même allure le mois prochain. S’en trouve-t-elle pour autant largement diminuée?

Le débat agite le monde du rugby, mais les "bookies" (abréviation de bookmakers) ont tranché. Pour de nombreuses agences de paris en ligne, à l’instar de Bet365, ce forfait aura un impact considérable, si bien que la Nouvelle-Zélande, qui affrontera le XV de France en ouverture du tournoi (vendredi 8 septembre), est légèrement passée favorite, avec une cote à 3.50 pour la victoire finale (contre 4.00 pour la France).

Pour d’autres bookmakers, tel Unibet, certes moins nombreux, la France et la Nouvelle-Zélande sont toutes deux cotées à 3.75 pour la victoire finale, devant l’Afrique du Sud et l’Irlande.

Jalibert en numéro 10?

Sorti à la 58e minute du dernier des deux matches que l’équipe de France disputait contre l’Ecosse dans le cadre de sa préparation, Romain Ntamack s’est blessé sur un plaquage. Il souffre d’une rupture du ligament croisé du genou gauche. En son absence, le numéro 10 de l’Union Bordeaux-Bègles Matthieu Jalibert pourrait bien être le remplaçant désigné pour occuper le poste de titulaire durant le tournoi.

Le XV de France a encore deux matches de préparation à disputer, contre les Fidji samedi à Nantes, puis face à l’Australie.

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