C'est une aventure sportive unique en son genre : une équipe de foot composée exclusivement de femmes de plus de 50 ans, bien décidées à devenir championnes du monde. À plus de 50 ans, elles ont rejoint une équipe de foot féminin senior. Leur rêve, c'était de jouer dans la cour des grandes.
La plupart sont débutantes mais toutes ont une bonne raison de taper dans le ballon : se maintenir en bonne santé, sortir de la solitude, ou réaliser un rêve d’enfance.
L'idée de créer une association qui permet aux femmes d'un certain âge de taper dans le ballon lui vient directement. Footeuse à tout âge était né. En juin 2019, dans le cadre de la coupe du monde de football féminin, un match est organisé entre des femmes de plus de 50 ans, une équipe française, l'autre sud-africaine. Sur ce terrain ce jour là, Marie-France Gosselet, 54 ans.
Alors qu'elles ne connaissaient ni la technique ni les règles du jeu il y a quelques mois à peine, nos mamies de Dordogne se sont frottées à des concurrentes bien plus expérimentées venues d'Afrique ou des Etats-Unis, où le foot féminin senior est bien plus développé qu'en France.
Les "mamies foot" sont nées ! Dans le rôle du « sélectionneur », les Sénioriales, un groupe d’habitat pour retraités autonomes, s'est chargé de recruter dans ses résidences à travers toute la France. Problème : en France, soyons honnêtes, nos mamies à nous jouent davantage avec des pelotes qu’avec un ballon rond. A l'origine, un documentaire sur des mamies sud-africaines qui s’affrontent très régulièrement sur les pelouses. Pendant le tournage, elles confient à l'équipe technique, avoir deux rêves. Le premier, c'est de venir en France supporter leur équipe nationale pendant la Coupe du monde féminine et le deuxième, affronter une équipe de mamies françaises.
En attendant elles s’entraînent comme des folles pour "aplatir" les sud-africaines le 19 juin. Yvonne, Edith, Francine, Arlette... Elles seront dix-huit sur le terrain le 19 juin. La doyenne a 84 ans. Elle habite Aix en Provence. Simone et Martine, par exemple, ont chaussé les crampons à Lucé près de Chartres. Quand le stade municipal est occupé, elles empruntent carrément le jardin d’un particulier qu’elles transforment en terrain de foot ...
Elles s'appellent Brigitte, Marie-Claire ou encore Marie-France. Ces passionnées de football sont toutes animées par une seule chose : remporter la "coupe du monde des mamies" qui a débuté en Afrique du Sud le 26 mars dernier.
Les 13 footballeuses sélectionnées pour la France - qui font partie de l'association "Footeuse à tout âge" - ont en effet remporté leur premier match 4 à 1 contre les grannies locales, l'équipe des "Glory’s Gogos". Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la sélection française a eu raison de faire onze heures de voyage pour cette compétition.
"On a prévu de ramener la coupe à la maison. On veut montrer aussi qu’il n’y a pas d’âge pour jouer au foot", prévient Agnès Verpillat, l'une des joueuses âgée de 55 ans, dans les colonnes du Dauphiné Libéré. "Cette participation a également un but humanitaire. Si elles espèrent remporter ce tournoi international, elles veulent avant tout "se retrouver, se faire plaisir".
"Certaines ont déjà participé à des tournois ou des stages ensemble, mais il y a aussi des nouvelles que nous n’avons jamais vues. Des joueuses ont commencé le football très récemment. Elles sont encore en phase d’initiation, mais elles ont beaucoup de volonté", explique Brigitte Hiegel, une joueuse de l'équipe âgée de 63 ans.
Karine Van Den Eyne, une belge vivant en Dordogne, a eu l'idée de créer une section au sein du club de football de l'entente Trémolat Calès, section entièrement féminine pour les plus de 50 ans. Une section du club de l'entente Trémolat-Calès en Dordogne créée sur l'idée d'une belge Karine Van Den Eyne qui a changé et égayé la vie de plus d'une participante.
Le groupe s'est vite formée et se réunit régulièrement pour des entrainements et pour participer à des tournois, parfois même à l'étranger, comme récemment en Espagne. Elles ont été invitées à participer à un tournoi mondial regroupant 32 nations en Afrique du Sud. Elles rêvent d'y aller et lancent une cagnotte pour concrétiser l'aventure et pour réaliser un tour de France auprès de clubs pour donner des idées à d'autres femmes. Nous avons convié Joëlle Mayer, chargée de communication et présente à l'origine de la section foot féminin, dans Sport en Périgord.
Joëlle Mayer, chargée de communication au sein de la section foot féminin du club de Trémolat Calès nous avoue qu'au départ certaines n'avaient jamais enfilé des baskets et une tenue sportive, d'autres ignoraient tout des règles du football, mais aucune ne laisserait sa place désormais au sein de l'équipe. "Nous sommes devenues des amies, des copines, on s'amuse, on a la joie de vivre, on aime se retrouver régulièrement" nous confie Joëlle Mayer. Une initiative qui a changé nos vies au quotidien
Cela a changé notre vie au quotidien. Il y a de la mixité sociale au sein du groupe, un dynamisme communicatif et de l'entraide. Les reines du foot, c'est une aventure formidable si l'on en croit l'invitée de Sport en Périgord. On pratique aussi au sein de la section, le foot en marchant en plus du foot classique.
32 nations seraient représentées. Nous rêvons d'y aller, mais le prix du voyage en avion et le séjour représentent un budget et pour concrétiser ce rêve, les reines du foot vous invitent, selon vos moyens, à les aider à l'accomplir. L'argent récolté ne servirait pas qu'au financement du tournoi mondial en Afrique du Sud, mais il permettrait de réaliser un tour de France, car les reines du foot sont très sollicitées par plusieurs clubs en France pour impulser ou donner envie à d'autres femmes dans d'autres régions françaises. Nos périgourdines deviendraient un peu des ambassadrices du football féminin pour les plus de 50 ans. Une façon de partager cette belle initiative et changer la vie de d'autres femmes qu'elles soient en milieu rural et ou citadines.
Elles sont impatientes d'y aller ! Les reines du foot, équipe composée de femmes de plus de 50 ans à Trémolat et Calès en Dordogne, vont partir pour l'Afrique du Sud fin mars 2025 afin de disputer, une sorte de coupe du monde des mamies footballeuses. On partage leur bonheur et leur excitation.
Marina Carlotti, 62 ans, a eu l’idée originale de créer une équipe de football pour les femmes de plus de 50 ans à Pessac. Une Pessacaise de 62 ans a créé une équipe de football pour les femmes de plus de 50 ans. Comment lui est venue cette idée insolite ? « J’ai toujours aimé ce sport et il y a quelques mois, je suis tombée par hasard sur un reportage à la télévision qui évoquait les Reines du foot, une équipe créée à Trémolat-Calès en Dordogne », raconte Marina Carlotti.
« Très souvent à notre âge, nous pratiquons des sports individuels mais, avec le foot, nous partagerons une passion commune. » La Pessacaise souhaitait aussi pratiquer une activité ludique pour occuper sa retraite tout en gardant un lien social et en restant active.
Le club de football de Pessac-Alouette ouvre ses portes avec bienveillance à cette équipe originale. Les séances seront d’ailleurs encadrées par des coachs du club qui ont l’habitude d’accompagner des débutants.Des règles du jeu adaptées
Les matchs se dérouleront sur des demi-terrains en deux mi-temps de vingt minutes, sans contact pour éviter les blessures. Marina Carlotti tient à rassurer les personnes qui n’oseraient pas se lancer dans cette aventure : « Aucune d’entre nous ne sait jouer pour l’instant, cela n’est pas un problème, ce n’est pas la performance qui compte mais le plaisir de découvrir le football et de progresser à notre rythme.
Dans ce vestiaire sud-africain, Mbele Nonhlanhla n’a pas fini de lacer ses crampons argentés que son entraîneur hurle déjà des encouragements à des footballeuses aux genoux grippés, dos raides et respirations laborieuses. "J’ai l’impression d’être une superstar", sourit-elle, dévoilant une dent manquante. "On m’appelle la machine à marquer des buts", dit-elle, affirmant qu’il "n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves d’enfance".
Son équipe, les Vuka Soweto, vient du célèbre township près de Johannesburg et a rejoint une dizaine d'autres venues du monde entier pour participer le week-end dernier à ce tournoi des "mamies" dans un stade de Tzaneen (nord-est), cerné de montagnes verdoyantes, devant un public déchaîné.
Les matchs, d’une durée de 30 minutes, se sont déroulés en deux mi-temps, à un rythme lent mais déterminé, entre des équipes venues d’aussi loin que les États-Unis, la France et le Togo. "Il s’agit de vieillir de manière active. Que nous gagnions ou perdions, l’objectif est d’abord de se maintenir en forme", explique Devika Ramesar, une Sud-Africaine de 62 ans, grand-mère de cinq petits-enfants. Jusqu'ici, cette fan de Liverpool n'avait jamais mis les pieds sur un terrain de foot.
L’attaquante kényane Edna Cheruiyot n’a eu que deux mois pour apprendre la "longue liste" des règles du football avant de marquer son seul but vendredi. Elle prend des selfies pour se souvenir de son premier voyage à l’étranger et les envoyer à sa famille.
"Je me sens agile. Je n’ai jamais été aussi légère depuis mon premier enfant en 1987", dit-elle en ajustant le bandeau bleu qui recouvre ses cheveux grisonnants. À 52 ans, elle fait figure de jeune fille au sein de son équipe, dont la joueuse la plus âgée, Elizabeth Talaa, a 87 ans.
L’idée du tournoi est née en 2007 pour améliorer la santé des femmes de la région, explique sa fondatrice, Rebecca Ntsanwisi, 57 ans, appelée affectueusement Mama Beka. Elle s’était lancé ce défi après un cancer qui l’avait un temps contrainte à un fauteuil roulant. "Les femmes âgées ont besoin de se retrouver et de s’amuser. Nous sommes négligées", dit-elle à l'AFP devant la maison où elle vit avec ses parents âgés.
En Afrique du Sud, près de 40 % des enfants sont élevés par leurs grands-parents, selon les chiffres officiels, principalement en raison de la pauvreté mais aussi de traditions culturelles et de l’exode rural. C’est lourd, estime cette femme énergique. "Je mourrai en sachant que j'aurai fait quelque chose" de positif pour les "gogos", terme désignant les grand-mères dans son pays.
Chris Matson, 67 ans, a "profité de chaque seconde". "Je ne jouais pas quand j’étais petite, alors le faire maintenant est assez merveilleux", dit la pétillante gardienne de but de l'équipe américaine des New England Breakers, qui a remporté le trophée. "C'est très impressionnant, émouvant, parce que je ne joue au foot que depuis deux ans", confie aussi Bénédicte Anstett, Alsacienne installée dans le Périgord, joueuse de l'équipe France qui est arrivée jusqu'à la finale.
Les douleurs des joueuses ont nécessité un contrôle permanent, raconte Diana Mawila, médecin de l'équipe sud-africaine, qui a multiplié les prises de tension avant chaque match. Les soigneurs des équipes, en attendant, ont bien mérité leurs salaires. "On est en pleine forme !", dément dans un éclat de rire Thelma Ngobeni. "L’essentiel c’est de s’amuser et de faire de son mieux". Cela n'a pas empêché plusieurs des joueuses françaises de pleurer à chaudes larmes après leur défaite en finale. Une émotion à la hauteur de leur investissement.
