La Fédération Internationale de Football (FIFA) a annoncé que l’édition 2030 de la Coupe du Monde serait organisée conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. La vingt-quatrième édition du Mondial se tiendra donc sur trois continents et six pays, une première.
L'annonce promet un montage politique et logistique complexe et de nombreuses interrogations autour de l’impact environnemental des grands événements sportifs, peu après l’organisation au Qatar d’une Coupe du monde qui avait déjà soulevé de nombreuses questions.
La FIFA doit encore valider les critères techniques et n’entérinera officiellement cette décision que fin 2024, mais l’approbation « unanime » de ce dossier, unique candidat, par le conseil de la FIFA, ne laisse aucun doute.
Après les États-Unis en 2026, ce sera au tour de l'Espagne, du Portugal et du Maroc d'organiser la Coupe du monde de football 2030. Ce n'était pas une surprise, mais c'est désormais officiel.
La Fifa a accordé l'organisation de la Coupe du monde 2030 à la seule candidature en lice : celle de l'Espagne, du Portugal et du Maroc. La compétition se jouera pour la première fois sur trois continents : au Maroc, en Espagne et au Portugal pour l’essentiel, mais trois matchs du premier tour auront également lieu en Amérique du Sud.
Le Maroc a officialisé sa candidature pour organiser conjointement la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. Pour la première fois, des pays africains et européens unissent leur force.

Une Célébration du Centenaire en Amérique du Sud
Pour marquer le centenaire de la première édition, organisée en Uruguay en 1930, trois matchs auront lieu par ailleurs en Amérique du Sud. Un accord entre les confédérations européenne, africaine et sud-américaine prévoit également que trois rencontres auront lieu en Argentine (à Buenos Aires), en Uruguay (à Montevideo) et au Paraguay (à Asuncion).
Cette édition marquera également les 100 ans de la première Coupe du monde. Pour fêter cela, trois matches seront également organisés au Paraguay, en Argentine et en Uruguay.
Selon la FIFA, une « cérémonie du centenaire » se tiendra en effet « au stade où tout a commencé », à Montevideo, à l’époque où l’épreuve réunissait treize équipes dans une même ville hôte - contre trente-deux lors du Mondial 2022 au Qatar et quarante-huit à partir de l’édition 2026 aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique.
Trois matches de l'édition se dérouleront en Amérique du Sud. Une occasion pour le monde du football de célébrer les 100 ans de la première Coupe du monde de l'histoire, qui s'était déroulée, à l'époque, en Uruguay.
Pour cela, Le pays sera mis à l'honneur avec son stade Centenario, et ses 60.000 spectateurs, qui avait été construit pour le premier mondial. L'Argentine recevra également une rencontre dans le Monumental, enceinte du club de River Plate pouvant contenir plus de 80.000 spectateurs. Enfin, le Paraguay est le dernier pays sud-américain sélectionné pour l'évènement avec dans le futur Estadio Conmebol qui pourra contenir à terme plus de 60.000 spectateurs.
Les six pays qui accueilleront des rencontres seront directement qualifiés pour la compétition.
Fin de la Rivalité et Solidarité
L’annonce de mercredi met fin à la rivalité annoncée entre deux favoris, une candidature conjointe de l’Argentine, de l’Uruguay, du Chili et du Paraguay, et un ticket européen longtemps emmené par l’Espagne et le Portugal.
Il y a un an, avec l’appui de l’Union des associations européennes de football (UEFA), ces deux pays avaient intégré l’Ukraine à leur dossier, assurant vouloir lancer « un message de solidarité et d’espoir » et rendre hommage à « la ténacité et à la résilience » d’un pays en partie occupé par l’armée russe depuis février 2022.
Mais cet attelage hautement politique n’a pas été confirmé depuis et le Maroc, quintuple candidat malheureux à l’accueil du tournoi, était entré dans la danse à la mi-mars, sans que soit alors précisé ce qu’il adviendrait de l’Ukraine.
L’accord entre l’UEFA et ses homologues africaine (CAF) et sud-américaine (Conmebol) entérine à la fois le retrait de l’Ukraine et celui du projet initial Argentine-Chili-Uruguay-Paraguay, en échange d’une concession symbolique majeure.
Les Stades Pressentis
Europe 1 vous propose de découvrir les stades qui accueilleront cet événement planétaire.
En Espagne
L'Espagne est le pays qui pourrait accueillir le plus de rencontres lors de cette Coupe du monde 2030. En 1982, le pays avait déjà reçu la Coupe du monde, remportée par l'Italie.
Tout d'abord, le Camp Nou, le stade du FC Barcelone, actuellement en travaux et dont la capacité doit être portée à 105.000 places, et le Santiago Bernabéu, l'antre du Real Madrid avec 80.000 places, font partie des stades qui pourraient accueillir la finale de la compétition. Deux autres stades, situés, eux aussi,, dans les villes de Madrid et de Barcelone, accueilleront les supporters du monde entier en 2030 : l'Estadio Metropolitano, l'antre de l'Atlético Madrid d'Antoine Griezmann dont la capacité est de 70.000 places, ainsi que le RCDE Stadium de l'Espanyol Barcelone qui peut recevoir 40.000 personnes.
L'Estadio La Cartuja, connu aussi sous le nom de stade olympique, pourra accueillir jusqu'à 70.000 spectateurs à Séville, quand La Rosaleda à Malaga peut contenir 40.000 personnes. Le Pays basque espagnol sera également représenté avec le Stade d'Anoeta à Saint-Sebastian et de San Mamés à Bilbao qui ont des capacités respectives de 40.000 et 53.000 spectateurs.
Les îles Canaries auront l'occasion de recevoir des rencontres puisque le Stade de Grande Canarie a été retenu pour la compétition. Le Riazor à La Corogne et La Romareda de Saragosse, tous deux avec une capacité de plus de 40.000 spectateurs, ont également été retenus pour la compétition.
Au Portugal
Après l'Euro 2004, le Portugal accueillera également sur son sol, et dans ses stades, la Coupe du monde 2030. La capitale, Lisbonne, verra ses deux stades être mobilisés pour l'événement.
D'abord, le plus grand du pays, l'Estadio da Luz. Utilisé par le SL Benfica durant l'année, ce stade, qui compte plus de 66.000 places, a déjà été le théâtre des finales de la Ligue des champions en 2014 et en 2020. Le deuxième stade lisboète est l'Estadio José Alvalade. Il est utilisé toute la saison pour accueillir les matchs à domicile du Sporting Club de Portugal et a une capacité de 50.000 places.
Porto sera également à l'honneur pendant la compétition. L'Estadio do Dragao du FC Porto, 50.000 places, a déjà été utilisé pour la phase finale de la Ligue des Nations 2018-2019 qui avait vu la Seleçao de Cristiano Ronaldo soulever le trophée.
Au Maroc
Le Maroc deviendra en 2030 le deuxième pays africain à organiser une Coupe du monde depuis l'Afrique du Sud, en 2010. Pour l'occasion, Casablanca devrait se doter de la plus grande enceinte de la compétition : le Stade Hassan II et ses 115.000 places. Il pourrait accueillir la finale.
Les autres stades marocains devraient tous connaître des travaux de rénovations d'ici au coup d'envoi de la compétition. Ainsi, le stade Ibn-Batouta de Tanger pourrait ainsi passer à 76.000 places, le stade du Prince Moulay-Abdallah à Rabat aura une capacité de 68.000 spectateurs. Le stade de Fès a été retenu tout comme celui de Marrakech et d'Adrar, à Agadir. Des enceintes qui peuvent contenir entre 45 et 56.000 supporters.
| Pays | Ville | Stade | Capacité |
|---|---|---|---|
| Espagne | Barcelone | Camp Nou | 105 000 |
| Espagne | Madrid | Santiago Bernabéu | 80 000 |
| Portugal | Lisbonne | Estadio da Luz | 66 000 |
| Maroc | Casablanca | Stade Hassan II (projeté) | 115 000 |
Un Dossier Solide et des Relations Diplomatiques Renforcées
La candidature du royaume au côté de l’Espagne et du Portugal a bénéficié des bonnes relations entre les trois pays, mais aussi de la qualité de leurs infrastructures respectives.
Le royaume chérifien s’était porté candidat à cinq reprises pour organiser le tournoi (1994, 1998, 2006, 2010 et 2026), mais toujours à titre individuel. En mars au Rwanda, lors du congrès de la FIFA, il avait annoncé se joindre au duo constitué par le Portugal et l’Espagne, une initiative rapidement soutenue par la Confédération africaine de football (CAF) et l’Union des associations européennes de football (UEFA).
En 2019, il avait déjà été question d’un trio Espagne-Portugal-Maroc, mais à cette époque Gianni Infantino, le président de la FIFA, s’était déclaré opposé à ce que la Coupe du monde soit organisée sur deux continents différents.
Les premières discussions se sont déroulées au plus haut niveau politique dans les trois pays lors du second semestre 2022, une candidature pour l’organisation d’un Mondial ne pouvant être validée qu’avec les accords des gouvernements concernés. Le roi Mohammed VI a rapidement donné un avis favorable au projet.
La démarche hispano-portugaise a pu s’appuyer sur les relations officielles entretenues avec le Maroc. Après une brouille de dix mois entre juin 2021 et avril 2022, marquée par une rupture des relations diplomatiques, les rapports entre l’Espagne et le Maroc se sont nettement réchauffés, notamment dans le domaine commercial, dans la lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine et sur la question du Sahara occidental, Madrid ayant aligné ses positions sur celles de Rabat.
Les trois pays, proches géographiquement, politiquement stables et considérés comme sûrs, ont également décidé d’unir leurs forces en raison de la qualité de leurs infrastructures respectives. Ils disposent de nombreux stades homologués par la FIFA, de centres d’entraînement fonctionnels, d’importantes capacités de logement, d’hôpitaux, d’autoroutes et de plusieurs aéroports internationaux, autant de critères exigés dans le cahier des charges établi par la FIFA.
« L’Espagne, le Maroc et le Portugal, qui sont de grands pays de football et ont l’habitude d’organiser des compétitions internationales, sont des destinations touristiques très prisées. Ils sont bien équipés pour accueillir des centaines de milliers de visiteurs. En résumé, il n’y aura quasiment rien à construire, juste quelques petits travaux ici et là. Le dossier est très solide », vante une source proche de la fédération marocaine.
Une prochaine réunion entre les trois fédérations est programmée d’ici à la fin du mois d’octobre. Elle portera notamment sur la répartition des 101 matchs. Au premier tour, l’Espagne pourrait accueillir six groupes, le Portugal et le Maroc trois chacun. L’attribution des rencontres à élimination directe devrait être plus équitable. Le royaume chérifien souhaite accueillir le match d’ouverture dans le stade de 93 000 places qu’il projette de construire près de Casablanca, et l’Espagne la finale.
Le Maroc, qui s’est vu attribuer l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025, présentera cinq ou six stades dans son dossier : outre le nouvel écrin casablancais, Tanger, Agadir, Rabat, Fès et Marrakech sont régulièrement cités.
Réunis ce samedi à Rabat, les présidents des fédérations de football du Maroc, du Portugal et de l'Espagne ont signé une lettre confirmant leur souhait commun d'organiser la Coupe du monde de 2030.
« Cette candidature est un message d'espoir et d'unité, car cette Coupe du monde sera une démonstration permettant d'unir les cultures et de promouvoir l'inclusion, la diversité et le respect. Ce sera une Coupe du monde avec un héritage social important et durable au Maroc, au Portugal, en Espagne, ainsi que dans le monde entier », a confié Pedro Rocha, le président de la Fédération espagnole.