Coupe de France de Rugby : Histoire et Évolution

La Coupe de France de rugby à XV est une compétition de rugby à XV entre clubs français, créée en juin 1942 par la Fédération française de rugby.

Les premières traces d'une coupe de France de rugby datent de 1919. Cette première édition fut organisée sur le terrain de l'AS Strasbourg lors d'une grande fête sportive de Pâques le 27 avril 1919. Les deux acteurs se quittent sur un score de parité (19-19) et une première polémique.

Le 9 mai 1920, la coupe est reconduite et se joue sous le même format. Le championnat ayant repris, c'est le Stadoceste qui est toujours champion et réaffronte le Reste.

Pour sa dernière édition au 1er mai 1921, le champion de France est l'US Perpignan.

Sous le modèle de sélection, tel que le County Championship en Angleterre, il existait la « Coupe nationale ».

En 1920, une compétition similaire existait sous le nom de « Coupe Revolle ».

Celle des années 1930, était dotée d'une coupe offerte par Mme Failliot, afin de faire perdurer le souvenir de son mari joueur de rugby du Racing CF mort en 1935, sous le nom de challenge Pierre-Failliot.

La Coupe de France pendant la Seconde Guerre Mondiale

La Seconde Guerre mondiale conduisit dans un premier temps à la suspension du championnat de France, coupe nationale et du challenge Yves du Manoir. Comme pour la Grande Guerre, on prépare des compétitions pour juniors, comme la Coupe de l'Espérance.

Cependant, il faut attendre l'armistice du 22 juin 1940 pour voir la pays sombrer dans sa période la plus noire de son histoire : l'Occupation.

Le colonel Joseph Pascot, ancien international et champion de France avec l'US Perpignan (1921 et 1925), est un adepte de la Révolution nationale. Il œuvre pour l'interdiction du professionnalisme dans le sport dès 1940. Il est l'un des auteurs et acteurs de l'interdiction du rugby à XIII et de la spoliation de ses biens pour la FFR.

Les compétitions de rugby commencent à reprendre, et c'est le Challenge de l'Amitié qui voit le jour lors de la saison 1941-1942 mais reste inachevé. Néanmoins, l'idée d'inspiration officielle sera celle du football, très populaire et appréciée par le public.

Les logiques de reprise du championnat et de la coupe sont censées faire oublier les affres de l'Occupation et contribuant à la propagande vichiste.

Des premiers tours verront les clubs régionaux s'affronter et un faible nombre ira rejoindre ceux du championnat lors de phases finales.

Cependant, l'effet recherché n'est pas au rendez-vous. Les petits clubs souffrent des restrictions et rationnements rendant certains déplacements impossibles.

Pour cette première édition, ce sont 200 clubs qui sont inscrits.

Avec la ligne de démarcation, la gestion est compliquée et la FFR trouve une solution : diviser la France en deux en respectant les limitations de l'armistice. Les zones Nord et Sud voient chacun de son côté des premiers tours puis une phase finale des trente-deuxièmes à une finale.

Nombreux sont les clubs à ne pas pouvoir s'inscrire pour la coupe et la FFR décide de supprimer le premier tour.

Malgré ces contraintes, la compétition continue et voit le Nord être représenté par le Stade bordelais UC et le Sud par le SU Agen.

La finale interzones a lieu le 2 mai 1943, sous les yeux du président de la FFR, Eluère, et du commissaire, Pascot à Bordeaux.

La saison suivante, malgré toujours les mêmes contraintes, l'envahissement des Allemands de la zone libre permet une meilleure répartition des rencontres.

Ironie de l'histoire, c'est un ancien club de rugby à XIII, le Toulouse olympique qui vainc le SBUC en finale pour devenir champion.

L'Après-Guerre et l'Interruption de la Coupe

À la sortie de la guerre, c'est le Stade toulousain qui s'octroie la coupe à deux reprises entre 1946 et 1947, devenant le premier club à le réaliser et en faisant, lui aussi un doublé Coupe-Championnat en 1947.

Les Tarnais du Castres olympique la soulèvent en 1948 face aux Lourdais (6-0).

Le 2 juin 1951, la finale de la coupe de France voit le derby bigourdan clôturer la saison officielle. La rencontre est pénible et l'arbitre doit suspendre le match pour cause de violence.

Le rencontre tente de se poursuivre et le score final voit Lourdes reconquérir son titre (6-3).

Si la presse se dresse contre la tenue de cette finale.

La Fédération anglaise condamne fermement cette mauvaise image donnée au rugby.

Pire encore à leur yeux, le capitaine lourdais et de l'équipe de France, Jean Prat, n'a pas donné l'exemple sur le terrain et faisait partie des éléments perturbateurs.

Ainsi, elle demande à la FFR de suspendre cette compétition.

Alfred Eluère, le président de la FFR s'exécutera (la France venant tout juste de réintégrer le Tournoi des Cinq Nations quatre ans auparavant), au prétexte d'un calendrier annuel trop chargé pour les clubs (le championnat est d'ailleurs désormais joué par matchs simples la même année).

La Renaissance de la Coupe de France

Sous l'impulsion du président de la FFR Albert Ferrasse, l'épreuve renaît de ses cendres en 1983. Le principe des éliminations directes est conservé.

La première édition de reprise voit le Stade toulousain triompher du FC Lourdes devant son public au Stadium (6-0). La saison suivante, il perd son titre en finale face au RC Narbonne.

En 1996, l'épreuve « ressuscite » une deuxième fois, succédant à un challenge Yves du Manoir en perte de vitesse.

Le vainqueur brandit néanmoins encore le trophée du Manoir en guise de « Coupe de France » jusqu’en 2000.

C'est la Section paloise qui vainc le CS Bourgoin-Jallieu (13-11) à Nîmes. En 1998, c'est une revanche de la demi-finale de championnat, entre Toulouse et le Stade français CASG qui prive les parisiens d'un doublé Coupe-Championnat (22-15) à Paris.

Pour sa dernière édition, la FFR autorise les clubs d'Élite 2 et les clubs de divisions nationales (devant se regrouper dans des sélections régionales) à participer en coupe. Ils donneront quatre clubs s'ajoutant aux 28 autres d'Élite 1 pour composer les trente-deuxièmes de finale après des phases éliminatoires.

Également en perte de vitesse et d'intérêt face aux deux coupes européennes, la FFR ne reconduit pas la coupe de France pour la saison suivante.

Les Toulousains Yves Bergougnan et Robert Barran ont remporté la coupe de France à trois reprises, avec deux clubs toulousains différents.

À partir de la saison 2011-2012, la FFR a décidé de lancer la première Coupe de France de rugby à sept.

La compétition est relancée en 1983 et se disputent en même temps que le challenge Yves du Manoir et le Challenge Antoine-Béguère.

La Coupe de France de rugby à XIII, appelée « Coupe Lord Derby », est une compétition nationale à élimination directe organisée par la Fédération française de rugby à XIII. Le trophée remis au vainqueur est la « Coupe Lord Derby », référence à Edward Stanley, 17e comte de Derby, en 1935.

Au fil des décennies, la compétition a vu s’illustrer de nombreux clubs historiques tels que l'A.S. Carcassonne (recordman de victoires), le XIII Catalan, le Villeneuve R.L.

Organisée chaque année à l’exception des années d’interdiction du XIII par le régime de Vichy (1940-1944), la Coupe demeure aujourd’hui un rendez-vous majeur du calendrier treiziste.

Le palmarès de la Coupe de France Lord Derby témoigne de la richesse du rugby à XIII Français, de ses grandes heures et du pluralisme qui l'a toujours caractérisé.

L'édition 2019-2020, d'abord suspendue courant mars, est finalement annulée par la Fédération française de rugby à XIII, le 15 avril 2020, en raison de la pandémie de maladie à coronavirus.

Coupe de France de Rugby

LE FRENCH FLAIR 🇫🇷 – L’ART DE JOUER À LA FRANÇAISE | Terres de Rugby #8

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