La Coupe de France est une compétition mythique qui a marqué l'histoire du football français. De sa création à l'incertitude entourant la finale de 2026, plongeons au cœur de cette compétition emblématique.

La Genèse de la Coupe de France
Tout commence le samedi 19 avril 1902. À Londres, le jeune Henri Delaunay assiste à la finale de la Cup Anglaise. Fasciné par l’événement, il se promet de créer un jour pour le football français un événement de cette envergure. Quinze ans plus tard, devenu secrétaire général du Comité Français Interfédéral (CFI), ce passionné parvient en pleine Guerre mondiale à impliquer tous les clubs au sein d’une grande compétition : c’est la Coupe Charles-Simon, renommée Coupe de France dès 1919. Le trophée, création de l’orfèvre Chobillon, récompense depuis lors le vainqueur de cette compétition mythique.
Les Dates Clés de la Coupe de France
- 1917: La Coupe de France est officiellement créée le 15 janvier 1917 par le Comité Français Interfédéral, sous l’impulsion d’Henri Delaunay. Elle s’appelle dans un premier temps Coupe “Charles Simon”, en hommage au président fondateur du CFI, mort au front en 1915.
- 1918: L’Olympique de Pantin remporte la première finale de la Coupe face au FC Lyon le 5 mai 1918, sur le score sans appel de 3-0. C’est aussi la première victoire d’un outsider, après la qualification surprise du club en demi-finales face aux favoris du Club Athlétique de la Société Générale (2-1).
- 1927: À l’occasion de la finale de l’édition 1926-1927, le président de la République Gaston Doumergue assiste pour la première fois en tribune à la rencontre, ouvrant une tradition respectée après lui par tous les chefs de l’État. C’est François Mitterrand, avec quatorze finales, qui remporte le palmarès de l’assiduité présidentielle.
- 1947: Pour placer tous les clubs sur un pied d’égalité, le principe du tirage au sort intégral dès les 32èmes de finale est adopté. Les clubs de Division 1 ne sont plus “protégés”: ils étaient auparavant assurés de ne pas se rencontrer trop prématurément. Polémique, ce dispositif sera supprimé entre 1954 et 1961 avant d’être rétabli.
- 1952: La finale de la Coupe de France 1952, qui oppose l’OGC Nice aux Girondins de Bordeaux (5-3) est diffusée à la TV. C’est une première pour le football à la télévision française, alors que le parc français compte environ 40 000 téléviseurs.
- 1960: En 1960, l’AS Gardanne (Bouches-du-Rhône), qui évolue alors en Promotion d’Honneur B, réalise un exploit sans précédent en 16es de finale en l’emportant contre un club de Division 1, le Toulouse FC (3-2). Avec cinq divisions d’écart, c’est un record absolu à ce stade de la compétition. L’AS Gardanne s’inclinera de justesse face au LOSC Lille en 8es (1-2).
- 1992: Furiani. À 20h23, quelques minutes avant le coup d’envoi du match opposant le Sporting Club de Bastia à l’Olympique de Marseille, une tribune précaire et instable du stade Armand-Cesari s’effondre, causant la mort de dix-sept personnes et blessant 2 357 spectateurs. Pour la première fois depuis la création de la Coupe, la finale n’aura pas lieu.
- 1998: À l’occasion de la finale de 1998, le Stade de France, flambant neuf, accueille sa première finale, qui oppose le Paris Saint-Germain au RC Lens (2-1). La Coupe a été remise dans sept stades différents au long de son histoire. Celui de Colombes détient encore aujourd’hui le record de finales disputées, avec quarante-deux éditions entre 1925 et 1971.
- 2017: La centième édition de la Coupe est remportée par le Paris Saint-Germain contre Angers SCO (1-0). C’est alors la onzième victoire du PSG, qui passe à cette occasion devant l’Olympique de Marseille (dix victoires) au palmarès. Avec six victoires, l’AS Saint-Étienne et le LOSC Lille complètent le podium.
- 2024: En raison de l'organisation des Jeux Olympiques de Paris 2024 (du 26 juillet au 11 août), la finale de la 107ème édition de la Coupe de France se déroule en Province pour la première fois de l'histoire : à la Decathlon Arena - Stade Pierre-Mauroy de Villeneuve d'Ascq.
Les Stades Emblématiques de la Coupe de France
La Coupe de France a été accueillie dans plusieurs stades historiques. Voici un aperçu :
- Stade de la Légion Saint-Michel: 1 finale (1918).
- Parc des Princes: 8 finales (1919, 1938, 1940, 1944, 1963, 1965 à 1967, celle de 1963 rejouée).
- Stade Robert-Bergeyre: 1 finale (1920).
- Stade John-Pershing: 4 finales (1921 à 1924).
- Stade Olympique Yves-du-Manoir: 40 finales (1925 à 1937, 1939, 1942, 1943, 1945 à 1964, 1969 à 1971, dont deux en 1925, 1943 et 1959, la première étant rejouée ; celle de 1963 a été rejouée au Parc des Princes).
- Stade de Paris: 1 finale (1941).
- Nouveau Parc des Princes: 25 finales (1972 à 1997).
- Stade de France: 26 finales (depuis 1998).
- Decathlon Arena - Stade Pierre-Mauroy: 1 finale (2024).
Depuis 1998, le Stade de France a accueilli 27 des 28 dernières finales de Coupe de France (en 2024, la finale a eu lieu à Lille puisque le Stade de France était réservé pour les JO).

Incertitudes Autour de la Finale de la Coupe de France 2026
Selon les informations de l'Équipe, la Fédération Française de Football (FFF) n'a toujours pas acté le lieu ni la date définitive de la finale de la 109e édition de la Coupe de France. Malgré plusieurs réunions de travail et la volonté affichée par la Fédération française de football (FFF) de lever le doute au plus vite, les discussions patinent.
Plusieurs scénarios restent sur la table pour accueillir l'événement. L'une des options privilégiées serait d'avancer la rencontre au vendredi 22 mai, avec une tenue traditionnelle au Stade de France. Toutefois, l'instance fédérale n'exclut aucune piste, pas même celle d'une délocalisation inédite en province à la date initialement prévue.
La raison: des travaux d'infrastructures dans le cadre du Grand Paris va impacter les transports ce jour-là. Le RER B qui permet un accès au stade sera par exemple fermé tout le week-end. Une situation qui contrarie la FFF alors que la date de la finale, le 23 mai, était actée depuis longtemps. Il faudra donc sans doute faire une croix sur le Stade de France, sauf si la date est finalement décalée.
Les Options Envisagées
- Avancer le match au vendredi 22 mai: Cette option pose un problème de programmation. Il est préférable en effet pour la mise en valeur de la rencontre de jouer un samedi soir. Et pour l'instant, impossible d'acter cette possibilité officiellement tant que l'Olympique Lyonnais est toujours en course.
- Délocaliser l'affiche: Deux stades se sont portés candidats : le stade Pierre-Mauroy à Lille (c'était déjà le lieu de la finale 2024) et le Groupama Stadium à Lyon. Là encore, impossible d'acter une décision dès maintenant.
Lyon est toujours en course en Coupe de France et pour des questions de "neutralité", il est impossible de faire jouer l'OL dans son stade en finale. Et même si le LOSC est déjà éliminé de la compétition, la présence du RC Lens rend hypothétique le choix du stade Pierre-Mauroy en raison de la rivalité entre lensois et lillois.
La FFF va suivre de près les huitièmes de finale. Une élimination de l'OL et/ou du RC Lens permettra d'accélerer sur la décision finale. Si les deux équipes se qualifient, il faudra attendre le 4 mars et la programmation des quarts de finale de la compétition pour avancer sur la meilleure solution. Si une finale Lyon-Lens est toujours possible à ce moment-là, d'autres options devront sans doute être imaginées.
Renforcement des Contrôles et Sécurité
Après avoir « regretté un certain nombre de remarques déplacées et inexactes, ainsi que des dérapages à répétition contre l'arbitrage français », et évoqué l'objectif de 500 000 licenciées féminines auprès de la FFF, soit presque le double du total actuel, le président Philippe Diallo a également pris la parole au sujet d'un autre chantier majeur : les catégories allant des U6 à U13.
Une population représentant 43 % des plus de 2,3 millions de licenciés actuels et à laquelle le dirigeant « porte une attention immense, car c'est ici que tout commence et qu'on leur doit sécurité et plaisir dans leur apprentissage du jeu ». C'est notamment pour cela qu'a été entrepris et validé un renforcement des contrôles sur l'identité et les antécédents des éducateurs bénévoles ou professionnels et des dirigeants, grâce à un croisement accentué entre leur licence FFF et le Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles et violentes, notamment.