Corée du Sud et Japon: Histoire et Évolution des Confrontations Footballistiques

La rivalité footballistique entre la Corée du Sud et le Japon est l'une des plus passionnantes et chargées d'histoire en Asie. Cet article explore l'évolution de leurs confrontations, leurs performances en Coupe du Monde, et le développement de leurs ligues nationales.

L'Épopée de la Coupe du Monde 2002

La Corée du Sud avait fait sensation, chez elle en 2002, lors de sa Coupe du monde organisée conjointement avec le Japon. Non contente de franchir pour la première fois la phase de groupes, elle s'était invitée dans le dernier carré avec Guus Hiddink aux commandes, battue par l'Allemagne (0-1) après avoir sorti l'Italie et l'Espagne. Cette équipe rentrée dans la légende a d'ailleurs été réunie en juin pour célébrer son vingtième anniversaire avec un match contre les moins de 14 ans sud-coréens.

Quant au Samuraï Blue, il avait aussi réalisé la meilleure performance de son histoire en atteignant les huitièmes de finale en 2002. Face à la Croatie, ce sera sa quatrième tentative pour franchir une marche de plus.

Rayonnement International en Hausse

Depuis 2002, la Corée du Sud a toujours participé au Mondial, au mieux huitième-finaliste (2010). Son football s'est démocratisé et est devenu plus compétitif, alors que les clés de la sélection ont été souvent données à des coaches étrangers (les Néerlandais Hiddink, Jo Bonfrère, Dick Advocaat, Pim Verbeek ; l'Allemand Uli Stieleke ; les Portugais Humberto Coelho et Paulo Bento). La Fédération multiplie aussi les échanges avec l'Europe, par exemple avec l'Ajax sur la formation des entraîneurs, ou avec la Fédération française sur l'arbitrage.

Le nombre de joueurs évoluant en Europe a crû. En 2002, 17 sur 23 évoluaient au pays, deux en Europe, quatre au Japon. En 2010, ils n'étaient plus que 13. Cette année, 8 jouent dans des clubs européens, dans le sillage de Son Heung-min (Tottenham) ou Kim Min-Jae (Naples).

Depuis 2022, les Sud-Coréens ont soulevé cinq fois la Coupe d'Asie de l'Est (2003, 2008, 2015, 2017, 2019). Et leurs clubs ont remporté six des seize dernières éditions de la Ligue des champions d'Asie.

Le Japon, lui, a atteint les huitièmes en 2002, avec seulement 4 joueurs évoluant à l'étranger. Un chiffre qui évoluera peu lors des deux éditions suivantes. En revanche, il va croître sensiblement la décennie suivante dans le sillage de Shinji Kagawa (Dortmund, Manchester United : 12 en 2014, 15 en 2018 et 19 cette année, sachant que trois autres (Gonda, Sakai, Nagatomo) ont connu l'Europe.

Dans le même temps, le Samuraï Blue va disputer trois huitièmes en Coupe du monde (2010, 2018, 2022), tout en remportant la Coupe d'Asie des nations (2004, 2011) et la Coupe d'Asie de l'Est (2013, 2022), sans oublier une 4e place aux JO de Tokyo, en 2021. Côté clubs, trois sont sacrés en Ligue des champions d'Asie : Urawa Red Diamonds (2007, 2017), Gamba Osaka (2008) et Kashima Antlers (2018).

Tableau Comparatif: Évolution des Joueurs Évoluant à l'Étranger

Pays 2002 2010 Année Actuelle
Corée du Sud 2 10 8
Japon 4 12-19 19

Organisation Locale Perfectible

En Corée du Sud, les progrès sont sensibles, mais les axes de développement restent perfectibles. « Avant 2002, nous avions très peu d'infrastructures, relève Kim Hansu, du quotidien Busan Ilbo. Tout s'est accéléré après, au niveau des pelouses, des stades et de l'image du foot. Des équipes ont vu le jour dans les lycées, les collèges, les écoles. Par exemple, Lee Kang-in (Majorque, 21 ans) a grandi dans ce système. À 7-8 ans, il est passé dans un show télé. À 10 ans, il est parti en Espagne (Valence). Beaucoup de jeunes veulent être comme Son Heung-min. » Pour notre confrère, le niveau du Championnat est assez équivalent à celui de son voisin. « Mais il y a plus de concurrence au Japon et de meilleures infrastructures. »

Au Japon, l'affluence moyenne est stable, autour de 20 000 spectateurs. « La vitrine du football japonais reste l'équipe nationale, bien plus considérée que les clubs, explique Shuichi Tamura, reporter indépendant basé à Tokyo. Les résultats en Coupe du monde sont très importants pour pouvoir attirer des sponsors et aussi pour les droits télé de la J-League. » Celle-ci n'a été créée qu'en 1993. Elle n'a donc pas encore trente ans et si ses joueurs sont de plus en plus réclamés à l'export, ce n'est pas uniquement parce qu'ils sont (encore) bon marché. « Au Japon, il y a à la fois de la formation dans les clubs et un Championnat des lycées qui est très important et populaire, chacun ayant son propre club amateur », poursuit le journaliste.

Corée du Sud vs Japon : Où vivre, voyager ou immigrer en 2025 ? Comparaison complète

L'Engouement au Pays

Alors que les résultats au plus haut niveau sont désormais réguliers, le Samuraï Blue pâtit de deux phénomènes : le manque de charisme du sélectionneur, Hajime Moriyasu, à la différence de Philippe Troussier (1998-2002), Ivica Osim (2006-2007) ou Vahid Halilhodzic (2015-2018), et l'absence de « stars », comme les ex-internationaux, Hidetoshi Nakata et Keisuke Nonda, par exemple.

Leurs successeurs n'évoluent plus dans les plus grands clubs européens. C'est aussi pour cela que la popularité du football n'a pas augmenté depuis le Mondial 2018. Mais le ballon rond reste un sport collectif majeur au pays du Soleil-Levant, même si son pendant ovale progresse (Coupe du monde au Japon, en 2019) tandis que le baseball reste très populaire. Sur cette compétition, le décalage horaire avec le Qatar ne favorise pas les audiences. Mais de 20,1 % pour le match contre l'Allemagne (2-1, 22 heures, heure locale), il est passé à 42,6 % face au Costa-Rica (0-1, 19 heures).

La qualification pour les huitièmes contre le Portugal (2-1) a clairement déchaîné les passions, vendredi, en Corée du Sud. Malgré l'horaire (minuit à Séoul) et la température négative, près de 20 000 personnes l'ont célébrée place Gwanghwamun, dans la capitale. Le nouveau président, Yoon Suk-yeol, investi en mai, a regardé le match dans son bureau présidentiel et a félicité au téléphone le lendemain midi le coach Paulo Bento et son capitaine Heung Min-son. Pour assister au huitième de finale contre le Brésil, ils seront sans doute nombreux à régler leur réveil à 4 heures du matin.

tags: #coree #du #sud #vs #japon #football