Le commentaire sportif est bien plus qu’une simple description des actions sur le terrain. Dans l’univers du handball français, ces voix deviennent les complices de nos émotions, transformant chaque match en épopée collective. Cet article explore le monde des commentatrices de handball féminin, mettant en lumière leurs parcours, leurs défis et leurs contributions à la popularité de ce sport.

Les Pionnières et Actrices Actuelles
Une évolution constante
Au fil des années, la présence féminine dans le commentaire sportif s'est affirmée. La liste des consultantes sur AB Sport, Pathé Sport puis pour le Groupe Canal+, s’est étoffée avec Carole MARTIN, Catherine PIBAREAU, Stéphanie LUDWIG, Nodjialem MYARO, Véronique PECQUEUX-ROLLAND et Valérie NICOLAS.
C'est aussi en 1997, avant le championnat du monde féminin en Allemagne, que l'aventure a commencé pour certain(e)s. Un voyage à Metz, où l’équipe de France, dirigée par Carole MARTIN, était en stage, a marqué le début d'une belle histoire.
Les commentatrices se sont retrouvées et la sensation était forte, comme si elles étaient contentes de se retrouver alors qu’on ne s’était jamais vues.
Amélie Goudjo : De joueuse à experte
Ancienne capitaine de l’équipe de France et actuellement consultante, Amélie Goudjo s’est confiée sur son parcours et son expertise. Spécialiste en handball féminin, l’ancien pivot possède une double expertise liée à la performance.
Elle possède plusieurs casquettes professionnelles, étant consultante sportive, commentatrice de matchs de handball pour plusieurs chaînes de télévisions françaises, conférencière et préparatrice mentale. Amélie Goudjo était handballeuse professionnelle en France et à l’étranger avant sa reconversion professionnelle.
Palmarès d'Amélie Goudjo
- Vice-championne de France 2012 et 2014 (Issy Paris Hand)
- Vice-championne d’Europe 2013 et 2014 (Issy Paris Hand)
- Coupe de la Ligue en 2013 (Issy Paris Hand)
- Coupe d’Espagne 2009 (Bera Bera)
Pour Amélie, le handball est un sport collectif, ultra complet qui allie l’adresse et la combattivité. C’est un sport formidable à pratiquer et à suivre en tant que spectateur où l'on ne s’ennuie pas, ça va vite, il y a l’attaque, la défense et pleins de postes différents où chacun peut trouver une manière de s’exprimer et mettre en exergue ses qualités.

Son meilleur moment reste l’année 2009, avec des succès et des émotions fortes. Évoluant en Espagne, elle a adoré s’adapter à une autre culture. Cette année-là, son équipe a gagné la Coupe d’Espagne, qui a une bonne côte là-bas. De plus, elle a créé la surprise avec un groupe très jeune en équipe de France, terminant vice-championnes du monde et vainqueur des jeux méditerranéens avec un groupe hyper soudé.
En 2012, elle a appris qu’elle ne participerait pas aux JO au dernier moment. À 32 ans, c’était un rêve de gosse qui s’envolait en quelques secondes.
Lorsqu'elle était joueuse, Amélie était battante et puissante, donc forcément la défense était un secteur d’expression fort pour elle. Elle adorait les duels, stopper les joueuses habiles sur le 1 contre 1. En attaque, elle était une spécialiste des CHABALA et des tirs désaxés, faisant de bons blocs pour ses partenaires.
C'était une période particulière de transition pas évidente, la fameuse « petite mort » du sportif qui arrête une passion. Elle voulait travailler dans le secteur social car elle avait fait des études dans ce sens-là, créer une association lorsqu’elle était encore en carrière. Elle a eu une autre expérience associative dans le domaine de l’éducation par le sport à mi-temps conjointement à son activité de consultante. Et puis la bascule s’est faite naturellement vers ce deuxième métier. Maintenant, elle est entrepreneuse indépendante, ce qui est formidable de ressentir cette liberté d’organisation au quotidien, d’avoir des collaborations diverses. Comme elle déteste la routine et qu’elle aime bouger, c’est très épanouissant.
Amélie a beaucoup de plaisir à commenter depuis plus d’une dizaine d’années et elle a toujours la sensation d’évoluer. Elle avoue que cette saison la perspective des JO de Paris l’anime tout particulièrement, à Lille notamment. Si nos équipes de France performent, ça va être exceptionnel de vivre ça. Elle ressent très peu de contraintes dans ce métier à part la fatigue engendrée par les déplacements. Pour le reste, elle s’adapte aux aléas et elle accepte de se mettre parfois en difficulté en sortant de sa zone de confort, en acceptant de nouveaux challenges.
Elle considère son acolyte comme son âme sœur professionnelle. Dès les premiers commentaires, ils ont réussi tout de suite à trouver de la fluidité, du rythme et une bonne complémentarité. Au-delà de leur passion commune pour le hand, ils partagent les mêmes valeurs humaines : esprit d’équipe, altruisme. Ça aide forcément, ça facilite la collaboration, la communication et permet de trouver une unité et du plaisir dans le travail.
En tant que métisse béninoise, elle était super fière de recevoir une distinction, de créer du lien avec la fédération et le hand béninois. C’était une manière de concrétiser un engagement mutuel. Sidikou Karimou est un président dynamique, un homme d’action qui fait preuve de créativité et d’ambition. Les lignes bougent en ce moment à la fédération. Ils gardent le contact, elle se tient prête pour apporter sa contribution à de nouveaux projets ou pérenniser ce qu’ils ont initié avec la formation des journalistes et consultants sportifs.
Amélie a rencontré très peu de handballeurs ou handballeuses d’origine béninoise en France. Trois seulement pendant sa carrière. Elle est régulièrement en contact avec Rock Feliho, de par leurs activités respectives en lien direct avec le hand, et ils sont tous les deux très attachés au Benin. Alors ils s’encouragent, ils suivent avec plaisir les projets de chacun. Anne Sophie Kpozé est une ancienne coéquipière et toujours une amie très proche. Elles continuent à aller voir des matchs ensemble à Issy au Paris 92, là où elles ont joué ensemble. C’est aussi l’occasion d’amener leurs enfants. Ça leur fait beaucoup sourire de les voir à la fin des matchs s’amuser sur le terrain qu’elles ont foulé par le passé.
Laura Di Muzio : La force du collectif
Laura Di Muzio mobilise les valeurs du rugby pour proposer des prises de paroles détonantes sur la force de collectif avec des parallèles efficaces avec le monde de l’entreprise. Elle partage dans ses conférences son expérience du collectif autour des notions qu’elle a éprouvé au quotidien en tant que joueuse de rugby professionnelle : la légitimité de chacun, l’utilisation de la communication pour performer, la force du groupe, l’implication collective dans le projet.
Elle revient sur son parcours de près de 10 années en club, des débuts jusqu’au titre suprême, le tout saupoudré d’anecdotes vécues et d’illustrations concrètes des notions abordées et applicables à votre quotidien professionnel. Laura Di Muzio a eu une carrière remarquable dans le rugby, tant en club qu’en équipe nationale.
Elle a passé la majeure partie de sa carrière au Lille Métropole rugby club villeneuvois, devenu son club de cœur. En tant que capitaine emblématique de l’équipe, elle a mené le club à plusieurs succès notables, notamment en remportant le championnat de France de D2 et le championnat de France de D1 en 2016. Son leadership et ses performances sur le terrain ont grandement contribué à l’ascension du club dans l’élite du rugby féminin français.
Au niveau international, Laura Di Muzio a représenté la France dans deux formats du rugby. Elle a accumulé une dizaine de sélections avec le XV de France, participant à des compétitions majeures comme le Tournoi des Six Nations. Parallèlement, elle a également été membre de l’équipe de France de rugby à 7, où elle compte une quinzaine de sélections, prenant part à des étapes du circuit mondial.
Évoluant au poste de demi d’ouverture, Laura a joué un rôle clé dans l’organisation du jeu. Cette position requiert une excellente vision du jeu, des compétences tactiques et une capacité à diriger l’équipe sur le terrain, des qualités qui correspondent bien à son rôle de capitaine.
Laura Di Muzio est désormais présidente du Lille Métropole rugby club villeneuvois, un rôle qu’elle a endossé après avoir mis un terme à sa carrière sportive active. En tant que présidente, elle s’engage à promouvoir le rugby féminin et à renforcer la structure du club pour soutenir les joueuses. Sous sa direction, le club a mis en place des contrats spécifiques pour les joueuses de l’équipe Élite, une initiative pionnière dans le rugby féminin en France. Laura souhaite non seulement assurer la pérennité du club au plus haut niveau national, mais aussi offrir aux jeunes talents un environnement propice à leur développement.
De plus, elle se fait également connaître par un large public pour être devenue la voix et le visage du rugby féminin en tant que consultante et commentatrice pour France Télévisions.
Allison Pineau : Une légende du handball
Allison Pineau, handballeuse française, est la quatrième joueuse la plus capée de l'histoire du handball français. Elle a tout remporté avec les Bleus, du mondial en 2017 au sacre européen en 2018, jusqu'au titre olympique en 2021.
À 34 ans, elle souhaite participer une cinquième et dernière fois aux Jeux Olympiques. Allison Pineau a déjà participé à quatre JO : Tokyo en 2008, Londres en 2012, Rio de Janeiro en 2016 et de nouveau Tokyo en 2021.
Dans son livre autobiographique, Alli : Histoire(s) d'une championne, elle retrace les combats qu’elle a dû mener pour devenir la femme, et sportive, qu’elle est aujourd’hui.
En 2021, Mejdaline Mhiri a co-fondé l’association Femmes Journalistes de Sport.

Les Défis et Spécificités du Commentaire Handball
LE sport dans lequel les femmes rattrapent les hommes 🧗 (avec Janja Garnbret)
Chaque commentateur handball développe sa propre philosophie face au micro. L’exercice présente des défis spécifiques à cette discipline. Une partie significative de l’audience découvre les règles du hand lors des grandes compétitions, nécessitant un équilibre délicat entre vulgarisation et expertise technique. Cette dualité s’observe particulièrement lors des phases de jeu rapide, où la pédagogie doit s’adapter à l’intensité du moment.
L’Avenir du Handball et son Exposition Médiatique
Bien sûr le handball a évolué mais se situe encore dans une démarche militante. Le handball a plus besoin d?exposition et de reconnaissance, que d?argent.
Les récentes acquisitions font que les chaînes n?auront pas les droits des prochaines compétitions IHF et EHF. Mais cela ne veut pas dire que le groupe Canal+ ne reviendra pas dans la course plus tard. Certes il va y avoir un break mais il est possible de revenir dans la course plus tard.
tags: #commentatrice #handball #feminin