L'Histoire des Aigles de Nice Hockey : D'une Patinoire Découverte à la Ligue Magnus

L'aventure du hockey à Nice prend officiellement racine en 1969 avec la création du Nice Hockey Club. Ambassadeur du hockey sur glace sur la Côte d’Azur, les Aigles de Nice (Nice Hockey Côte d’Azur) occupent une place singulière dans le paysage de la Synerglace Ligue Magnus.

Le choix de l’Aigle est une référence directe aux armoiries de la ville de Nice. Depuis le XVe siècle, l’aigle rouge couronné est le symbole de la cité, représentant la puissance, la liberté et l’attachement à l’identité niçoise. En adoptant ce nom, le club a souhaité s’ancrer profondément dans le patrimoine local.

Les Premières Années et l'Ascension Progressive

Pendant plusieurs décennies, le club a patiemment construit son identité à travers les divisions nationales. 1er joueur niçois à avoir été formé à Nice et avoir évolué au plus haut niveau, Didier Fassi (toujours adhérent du NHCA et sur la glace avec l’équipe eagles4 des Vétérans peut comme d’autres raconter le passage de la patinoire découverte de la plaine du Var qui accueillait les hockeyeurs (et patineurs et patineuses, Surya Bonaly y a fait ses premières figures) jusqu’en 1983.

En 1984, l’équipe première de hockey sur glace de Nice évolue en Nationale C … et n’a plus de patinoire suite à la fermeture de la plaine du Var et en attendant la construction de Jean Bouin. Les équipes portent le nom des Aigles depuis 1994 et l’association devient le Nice Hockey Côte d’Azur en 2003. Dès 2004, l’équipe première remporte le titre de champion de France de Division 3 et bon nombre des joueurs de cette équipe ont aujourd’hui leurs enfants sur la glace, sont de fervents contributeurs de la vie du club, sont coachs des équipes de jeunes, ont toujours le plaisir de se retrouver toutes les semaines eux-mêmes sur la glace et contribuent à la promotion de notre sport dans la région PACA à travers le Nice Hockey Vétéran et son très beau tournoi du mois de juin.

Le tournant majeur de l’histoire moderne intervient au début des années 2000 avec la création du Nice Hockey Côte d’Azur (NHCA), une structure ambitieuse visant à ramener Nice durablement sur la carte du hockey professionnel.

L'Ère des Titres et l'Accès à la Division 1

Une ligne de plus au palmarès du club déjà titré champion de France de D3 en 2004, puis de D2 en 2008.

En 2016, les Aigles de Nice sont sacrés champions de France de Division 1. Le capitaine des Aigles, Aurélien Macon, peut lever les bras. Nice est champion. Les Niçois ont battu les basques d'Hormadi Anglet 4-1 lors du cinquième et dernier match. Une ultime confrontation décisive dans cette finale des play-offs disputée au meilleur de cinq oppositions entre les deux équipes.

Les Aigles de Nice s'étaient facilement ouvert le chemin de la victoire en gagnant les deux premiers matches. Mais les Azuréens n'ont pas su conclure en terre basque. Les hockeyeurs d'Anglet ont rattrapé leur retard en remportant leurs deux manches à domicile. La décision finale s'est donc faite sur la glace de la patinoire Jean Bouin. Déjà défait la saison dernière en finale des play-offs de D1 par Bordeaux, Anglet a de nouveau courbé l'échine devant les hockeyeurs niçois. Les joueurs de Stan Sutor avait connu la même infortune en 2012. Mais cette fois, le titre est pour les Azuréens.

Pour être sacrés champion de France division 1, les Azuréens devront battre les Basques à trois reprises. La victoire s'adjuge au meilleur de cinq rencontres. Premier match, ce soir à Nice.

Résultats des Matchs de la Finale des Play-offs de Division 1 (2016):

MatchDateRésultat
Match 1Vendredi 18/03NICE - ANGLET (3-2)
Match 2Samedi 19/03NICE - ANGLET (3-2 après Prolongation et Tirs au but)
Match 3Mardi 22/03ANGLET - NICE (5-2)
Match 4Jeudi 23/03ANGLET - NICE (3-2)
Match 5Samedi 26/03NICE - ANGLET (4-1)

L'Arrivée en Ligue Magnus et les Défis

Cela faisait huit ans que la Ligue Magnus n'avait pas accueilli un nouveau venu au plus haut niveau du hockey sur glace français. Le dernier "béotien" était Neuilly-sur-Marne, monté en 2008.

En tant que promu, Nice a un an de délai pour se constituer en société et se mettre en conformité. L'argent est le nerf de la guerre, il a donc fallu augmenter encore le budget, qui était de 400 000 euros et a accompagné la pente ascendante du club. Dès l'annonce de la montée, la municipalité a assuré de son soutien. Le lien tissé au fil des ans avec Christian Estrosi (ex-Maire mais toujours premier adjoint, président de l'agglomération et surtout nouveau président de région) a servi à garantir le soutien public nécessaire.

Les hockeyeurs niçois ont renouvelé leur bail en Ligue Magnus. Après avoir découvert l'élite cette saison, les Aigles sont allés chercher leur maintien sur la glace de Dijon ce mardi malgré la défaite (4-3). Le Nice Hockey Côte d'Azur a réussi sa saison.

Dans le top 10 des plus grandes villes de France, il n'y a pas que Marseille - la révélation du précédent Championnat - et Bordeaux - finaliste la saison dernière - qui ont une équipe en Ligue Magnus. Il y a aussi Nice. Certes, les Aigles sont surtout habitués au bas du classement. Mais ils figurent dans l'élite depuis 2016 et sont actuellement sur une jolie série de quatre victoires consécutives. Un peu plus tôt dans la saison, les Niçois se sont également offert par deux fois Rouen, le champion de France en titre.

Autant de résultats qui les placent en 7e position au classement à mi-saison, et leur permettent d'espérer une qualification pour les play-offs, comme cela avait été le cas la saison dernière (pour la deuxième fois de l'histoire du club seulement, élimination en quarts contre Rouen).

Une Infrastructure Atypique et des Limites

L'infrastructure niçoise est pour le moins atypique, avec sa patinoire au 5e étage d'un complexe sportif, au-dessus de la piscine. Elle respecte les normes sportives mais elle atteint ses limites de capacité (1200 places). Le taux de remplissage y était de 90% en D1, et la finale a été compliquée à gérer avec des spectateurs laissés à la porte pour raisons de sécurité, certains en colère, d'autres en larmes, notamment des enfants.

Plutôt bien pour un club qui a été touché en début de saison par des blessures et par des joueurs sitôt arrivés sitôt repartis (Jérémy Lapointe, Michal Kvasnica). Mais le recrutement du Letton Daniel Berzins et des Tchèques Ondrej Kopta et Adam Raska a fait du bien. « On est stable, commente Nicolas Tomasini, le manager général, arrivé cette saison après avoir passé 25 ans à Grenoble comme manager et directeur du centre de formation. Les joueurs sont de plus en plus à l'aise dans le système de jeu de (l'entraîneur) Frantisek Stolc. Nous avons la réputation d'être une équipe contre laquelle il est difficile de jouer. Il nous manque néanmoins une profondeur de banc et il faudrait marquer un peu plus (54 buts, avant-dernière attaque du Championnat). »

Plutôt bien aussi, cette première partie de saison, pour un club au budget d'1,4 million d'euros, un des plus bas du Championnat, qui évolue dans une patinoire de 1 090 places, « pleine à 90 % » dixit Philippe Jot, le vice-président, et qui est basé dans une ville où le football et le rugby dominent.

Les Jeux Olympiques de 2030 et l'Avenir des Aigles

Mais les Aigles pourraient prendre un plus grand envol. En 2030, les Alpes françaises organiseront les Jeux Olympiques d'hiver et la ville de Nice accueillera entre autres les tournois de hockey sur glace dans une toute nouvelle patinoire, de 5 000 places, qui verra le jour en 2029. Cette année-là, la formation azuréenne l'a déjà cochée dans son agenda.

Nice va profiter des Jeux Olympiques d’hiver de 2030, pour effectuer sa métamorphose. Le CIO ayant attribué, au mois de juillet dernier, aux Alpes françaises l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 2030, le premier ministre Michel Barnier a signé le 2 octobre une lettre officielle de garantie de l’Etat répondant ainsi à la demande expresse de Thomas Bach le président du CIO.

Ces futurs Jeux Olympiques seront une aubaine, notamment pour la métropole de Nice, puisqu’un village olympique de 1 500 lits sera construit et ce dernier sera ensuite transformé en logements étudiants et sociaux.

En effet, une patinoire et une piscine ont été construites côte à côte au cinquième étage de l’édifice soit à plus de 20 mètres de hauteur ! Autant dire qu’en haut du bâtiment, le panorama offert par d’immenses baies vitrées s’avère exceptionnel.

Bref, avec la perspective d’assister, dans six ans seulement, aux Jeux olympiques d’hiver à domicile, le club de Nice, qui dispute actuellement sa neuvième saison consécutive dans Ligue Synerglace Magnus, semble bénéficier soudainement d’une nouvelle « cote » d’azur aux yeux de tous les observateurs de notre discipline.

Qu’on se le dise, aucun autre club de la Ligue Magnus ne s’est lancé en ce moment dans une métamorphose aussi comparable que celui de Nice.

Au-delà de la glace, dans les coulisses de la vie d'un sportif professionnel

« Mon rôle cette saison sera de structurer le club à tous les niveaux, que ce soit dans les secteurs sportifs, commerciaux, de la communication ou de la billetterie. L’une de mes priorités est de mettre en place un organigramme plus cohérent et de structurer les différents départements, étape par étape, afin de préparer au mieux l’arrivée dans la nouvelle patinoire prévue pour janvier 2029. Cette nouvelle piste était une nécessité pour l’évolution des Aigles de Nice. Nous allons entrer petit à petit dans une ère extrêmement professionnelle, comparable à ce que l’on voit à Rouen, à Grenoble ou à Marseille. Grâce à cette patinoire, nous allons devenir des challengers sérieux pour le championnat de la Ligue Magnus dans les années à venir, c’est indéniable.

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