Le feuilleton de l'avenir du Parc des Princes continue de plus belle. Si la mairie de Paris est disposée à discuter du Parc des Princes avec le PSG, qui souhaite racheter le stade pour l'agrandir et le moderniser, ce serait plutôt pour une location longue durée.
Pour rappel, le PSG est engagé jusqu'à fin 2043 dans un bail emphytéotique de trente ans avec la mairie de Paris, propriétaire des lieux, moyennant un loyer annuel d'un million d'euros. Le club souhaite racheter le stade de la Porte de Saint-Cloud pour le moderniser et l'agrandir, afin de le faire passer de près de 48 000 places à 60 000. Sans quoi le club de la capitale, par la voix de son président Nasser Al-Khelaïfi, brandit la menace du déménagement. Pas au Stade de France, mais dans une nouvelle enceinte qui pourrait être construite à Montigny-le-Bretonneux ou sur un autre site de l'ouest parisien.
Un nouvel épisode a eu lieu vendredi, lors d'un point presse à l'hôtel de ville où Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo, a appelé à la reprise du dialogue, tout en excluant l'idée d'une vente du Parc.
La position de la mairie de Paris
D'après Emmanuel Grégoire, "la vente n'est pas possible" car ce serait "un choix pour l'éternité". Il propose donc "une location de très, très longue durée", comme avec la Fédération française de tennis pour Roland-Garros, où la FFT réalise des investissements de près de 500 millions d'euros. "Le louer, c'est garantir que le Parc reste un stade de foot, le stade du PSG. Nous sommes tous de passage. Nous sommes les modestes dépositaires d'une longue histoire. Nous proposons une solution qui n'empêche pas le développement sportif du PSG, et en même temps qui permet au Parc des Princes de rester dans le patrimoine commun", a-t-il ainsi expliqué.
Il assure enfin de ne pas croire à la construction d'un nouveau stade : "Je ne crois pas sérieusement que ce soit possible. Le PSG a un contrat avec la ville de Paris jusqu'en 2043. Donc, ils devront l'honorer jusqu'en 2043. C'est loin 2043 ! Non, ils ne peuvent pas partir. Ils ne peuvent pas résilier de façon anticipée. C'est pour ça que nous avons tous intérêt à travailler."
Le loyer actuel du PSG
Aujourd’hui, il faut savoir que le PSG paye un loyer pour occuper le Parc des Princes. Ce dernier est de 2 millions d’euros par ans. C’est un loyer que l’OM (qui paye environ 3 fois plus) ou Lille aimerait payer pour alléger leurs comptes. Au cours de la dernière décennie, le PSG version QSI a investi 85 millions d’euros pour remettre le stade au goût du jour. La Mairie est toujours restée l’unique propriétaire du stade. D’où ce loyer de « seulement » 2 millions d’euros.

Emmanuel Grégoire précise : « Le fait d’être titulaire d’une convention d’occupation du domaine public de durée très longue donne des droits de quasi-propriétaire, il faut le souligner. Aujourd’hui, le PSG est déjà en situation de quasi-propriétaire, de fait. Et hormis la redevance qu’il paie, pas un euro ne vient dans les caisses de la ville de Paris ». Selon plusieurs sources, ces déclarations ne font pas changer d’avis Nasser Al- Khelaïfi, qui n’en démord pas.
Les enjeux pour le PSG
Pour le président du PSG, la mairie ne veut plus du club. Pour QSI, avoir un stade de 60 000 places est l’objectif inéluctable. Sportivement et économiquement, le club doit passer par cette étape pour continuer de grandir. Plus que jamais, le Parc a besoin de son club résident pour des raisons sportives et de spectacle. De plus, un PSG sans Parc des Princes ne donnerait pas la même saveur au Championnat de France.
Quitter le Parc peut aussi être risqué pour le PSG, déjà accusé d’être un club sans âme. En effet, si Anne Hidalgo a rejeté les propositions parisiennes, ce qui a surpris le PSG. Aujourd’hui, une véritable bataille d’intérêt s’est engagée. Cependant, la Mairie de Paris serait la plus grande perdante dans cette affaire.
Le risque d'un déménagement
Après plusieurs mois de conflit avec la mairie de Paris, qui refuse de vendre le Parc des Princes, Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain, a annoncé vouloir faire déménager le club. "C’est fini maintenant, on veut bouger du Parc", a déclaré le dirigeant qatari. Une annonce qui tombe après plus d'un an de conflit avec la mairie de Paris, qui refuse de vendre son stade.

Depuis 2011, Nasser Al-Khelaïfi, ne cache pas son envie d'agrandir le Parc des Princes, pour qu'il passe de 48.500 (rénovation de 2016) à 60.000 places afin de se rapprocher des standards des autres grands stades européens. Mais c'est depuis la Coupe du monde au Qatar que l'état-major du club hausse vraiment le ton pour réclamer la propriété de l'enceinte afin d'entreprendre des travaux.
Dans un premier temps, la mairie, par la voix du premier adjoint Emmanuel Grégoire, laisse la porte ouverte à une vente. Mais avec une réponse cinglante: "La vente, on ne l'a pas exclue catégoriquement. Mais c'est au juste prix. Le PSG en propose 40 millions d'euros. C'est moins cher que Paredes. Franchement? Vous pensez vraiment que le Parc vaut moins que Leandro Paredes?" En coulisses, il est alors question d'un prix demandé de 350 millions d'euros.
Depuis, Anne Hidalgo a clarifié sa position en déclarant être catégoriquement contre une vente du Parc des Princes. Une volonté que le Conseil de Paris a confirmé le 6 février dernier. Entre temps, l'exécutif parisien a fait savoir qu'il était prêt à reprendre les discussions pour apporter des "garanties" concernant une location de très longue durée.
Le PSG doit-il changer de stade pour grandir ?
Les projets du PSG pour un nouveau stade
Pour quitter le Parc des Princes, le Paris Saint-Germain va devoir occuper un stade déjà existant ou en construire un nouveau. L'entreprise américaine Legends Hospitality a été mandatée pour trouver des sites. Plusieurs pistes sont déjà tombées à l'eau. C'est notamment le cas de celle d'un rachat du Stade de France. Candidat pendant un temps, le PSG s'est finalement retiré de la course.
Le bail emphytéotique : une solution ?
Le bail emphytéotique est justement la logique inverse, comme l’explique très bien la définition suivante : « Ce type de bail confère au preneur un droit réel sur la chose donnée à bail, en général un terrain ou un bien immobilier. C’est à ce dernier d’améliorer le fonds tout en acceptant de régler un montant de loyer très faible. Les améliorations de la chose donnée à bail bénéficient en fin de bail au propriétaire (aucune indemnité n’est due au locataire également appelé emphytéote). »
En ce qui concerne le Parc des Princes, deux types de travaux sont en réalité à prévoir. Il y a ceux de structure, obligatoires étant donné l’état actuel du Parc des Princes, bâtiment qui date de 1972. Cette rénovation devra être réalisée coûte que coûte, et peu importe le propriétaire. Le PSG s’y refuse s’il n’est pas propriétaire du stade. Et donc, d’autre part, les travaux d’agrandissement, pour répondre à l’ambition du business plan des dirigeants du club.
La bagarre sur la propriété du stade n’est pas qu’une question romantique sur la garde du patrimoine parisien. Elle est surtout une donnée financière, et foncière.
Tableau comparatif des loyers et capacités des stades
| Stade | Club | Capacité | Loyer annuel (estimation) |
|---|---|---|---|
| Parc des Princes | PSG | 48,000 | 2 millions d'euros |
| Vélodrome | Olympique de Marseille | 67,000 | 8 millions d'euros |
| Juventus Stadium | Juventus FC | 41,507 | N/A |
| Stamford Bridge | Chelsea FC | 40,341 | N/A |