Le monde du football est en constante évolution, et les règles qui le régissent ne font pas exception. Récemment, des modifications significatives ont été apportées aux règles concernant le nombre de changements autorisés en Ligue 1. Cet article vous offre un tour d'horizon complet de ces changements, de leur origine à leur impact sur le jeu.

L'évolution des règles de remplacement au football
Au début du football, les remplacements n’existaient pas, les joueurs devaient terminer le match, même en cas de blessure. Dans les années 1960, les compétitions nationales et internationales adoptèrent progressivement les remplacements tactiques. Au départ, une seule substitution était autorisée, puis ce chiffre augmenta avec le temps. Les évolutions récentes, notamment après la pandémie de COVID-19, ont vu l’introduction de nouvelles règles.
La règle des cinq changements : une réponse à la pandémie
Depuis la pandémie de Covid-19, une nouvelle règle a été introduite par l’International Football Association Board (IFAB) : chaque équipe peut effectuer jusqu’à 5 remplacements par match, au lieu des 3 traditionnels. L'IFAB a « validé définitivement » la règle des cinq changements par équipe et par match. Cet amendement à la « loi 3 » du football, prévoyant d'ordinaire un maximum de trois remplacements par match, avait été décidé en mai 2020 et devait courir jusqu'à fin 2021 pour les compétitions de clubs et jusqu'au 31 juillet 2022 pour les rencontres internationales.
La règle des cinq remplaçants a été introduite en 2020, en réponse à la pandémie de COVID-19. Les calendriers surchargés et les risques de blessures ont conduit les instances à autoriser plus de changements. D'autant que l'IFAB anticipe une prochaine saison au calendrier plus soutenu et au rythme plus serré en raison du Covid-19.
Cette mesure, censée limiter l'impact de la pandémie de coronavirus sur le calendrier des saisons de football, devrait permettre aux équipes de gérer plus facilement leurs effectifs, mais aussi d'éviter un certain manque de rythme lors des rencontres (trop) rapprochées.

Comment fonctionnent les cinq remplacements ?
Ces changements peuvent être réalisés en 3 occasions, avec une possibilité supplémentaire à la mi-temps. Si le match se prolonge en temps supplémentaire, les équipes obtiennent une quatrième fenêtre pour effectuer des changements. Pour empêcher que le jeu ne soit perturbé, chaque équipe n'aura le droit de procéder à ces remplacements qu'à trois occasions, ceux effectués à la pause n'étant quant à eux pas comptabilisés dans ce décompte.
Nombre de joueurs sur la feuille de match
Par ailleurs, en Ligue 1, 20 joueurs maximum pourront être inscrits sur la feuille de match contre 18 auparavant. En Ligue 2, 18 joueurs pourront être inscrits sur la feuille de match, contre 16 par le passé.
Le sixième remplacement en cas de commotion cérébrale
En plus des cinq changements autorisés en raison de la crise sanitaire, la Ligue de Football Professionnel donne la possibilité aux clubs d’opérer un sixième remplacement en Ligue 1, uniquement dans le cadre d’un protocole commotion cérébrale. A partir de cette 5e journée qui a débuté vendredi soir, les équipes sont désormais autorisées à effectuer six changements au total.
La Ligue de Football Professionnel donne également la possibilité d’opérer une sixième substitution, uniquement dans le cadre d’un protocole commotion cérébrale dont les règles sont détaillées sur le site officiel de l’instance. Cette expérimentation acceptée par la Fédération Française de Football en juillet dernier, après proposition de l’IFAB (International Football Association Board), est déjà mise en place en Angleterre.
Les détails du protocole commotion cérébrale
Elle nécessite par exemple que l’équipe désireuse d’effectuer ce changement spécial informe « l’arbitre ou le 4e arbitre, à l’oral et en le notifiant sur le carton de changement par la mention "commotion" ». Il est aussi précisé que ce remplacement pour commotion cérébrale ne peut être utilisé qu’une seule fois par match et par club, et n’est pas comptabilisé parmi les trois séquences de changements autorisées. Un joueur remplacé via ce protocole ne peut plus entrer en jeu par la suite.
Après la rencontre, un examen d’expertise doit être « réalisé dans les 72 heures suivant la commotion cérébrale par un médecin qui fait partie de la liste officielle des médecins experts commotion de la FFF. » Puis le changement en lui-même sera « analysé a posteriori en vidéo par la Direction Médicale de la FFF pour vérification du protocole commotion ».
Lors de la rencontre entre Lille et Metz (6-1) pour le compte de la 9e journée de Ligue 1, les deux équipes ont exceptionnellement pu faire entrer un 6e joueur, à la place des 5 remplacements habituels. En vigueur depuis 2021, la LFP avait instauré le droit à un 6e changement pour chaque équipe lors d'un match de Ligue 1, en cas de commotion cérébrale d'un joueur.
Pourquoi cette formation est elle la préférée des entraîneurs ? (FORMATION 4-2-3-1)
Impact tactique de l'augmentation du nombre de remplacements
L’augmentation du nombre de remplacements a un impact significatif sur les stratégies mises en place par les entraîneurs. Ils peuvent désormais ajuster plus finement leur système de jeu en fonction du score, de la fatigue des joueurs ou des caractéristiques de l’adversaire. Les équipes ont la possibilité de modifier leur animation offensive ou défensive en cours de match, en injectant de la fraîcheur physique et de nouvelles compétences. Les remplacements sont devenus un élément tactique à part entière, au même titre que le schéma de jeu ou les consignes données aux joueurs.
Ces nouvelles règles sont notamment critiquées car suspectées de favoriser les grands clubs, plus à même de disposer d'effectifs de qualité, en quantité. Mais pour d’autres, elle devrait permettre à davantage de jeunes joueurs de trouver du temps de jeu et de s’aguerrir.
La technologie au service du football
Le football moderne s’appuie de plus en plus sur les technologies pour améliorer la prise de décision et la gestion des matchs. La technologie semi-automatique pour détecter les hors-jeux, testée lors de la Coupe du monde 2022, en est un excellent exemple. La technologie semi-automatique promue par la Fifa doit permettre d'accélérer la prise de décision. Elle s'appuie sur les caméras qui servent à la retransmission télévisée ainsi que des caméras spécifiques et donne la position exacte des joueurs sur le terrain, offrant aux arbitres des informations précises en quelques secondes.
Les équipes utilisent également des outils de suivi des performances, comme ceux développés par Catapult, pour analyser en temps réel les données physiques des joueurs. La communication entre le staff technique et les joueurs est également facilitée par ces technologies. Enfin, l’utilisation des data dans les clubs professionnels révolutionne la gestion des effectifs et la préparation des matchs.