La cohésion d'une équipe est un facteur déterminant dans la performance collective, que ce soit dans le sport ou en entreprise. Dans le domaine du football, la cohésion de groupe est essentielle pour transformer une équipe de joueurs talentueux en une équipe championne. Cet article explore en profondeur la cohésion de groupe dans le contexte du football, en définissant ses composantes, en analysant les facteurs qui l'influencent et en proposant des stratégies pour la renforcer.

La cohésion d'équipe est un facteur clé de succès au football.
Qu'est-ce que la Cohésion de Groupe ?
« La cohésion d’une équipe c’est la résultante de l’ensemble des forces qui agissent sur les membres pour les faire rester dans le groupe, pour les inciter à participer et à coopérer, pour les rendre solidaires. » La cohésion au sein d'un groupe s'accompagne d'une attraction des individus les uns par rapport aux autres, associée à un sentiment d'appartenance et d'attachement au groupe. Une équipe soudée bénéficie d’une efficacité collective supérieure, d’une ambiance de travail saine et d’une performance qui dépasse la somme des talents individuels.
Il est primordial de partager une même idée des tâches à accomplir, de toute la logistique autour de la réussite et pas forcément sur l’ambiance du vestiaire. En effet, les 3 niveaux d’acceptation ne revêtent pas la même importance aux yeux des uns et des autres. Le point n’est donc pas seulement que les personnes s’apprécient entre elles, mais aussi qu’elles identifient leurs valeurs et reconnaissent leurs différences.
Dans une équipe de football, tous les membres peuvent tendre vers la réussite en championnat de France, sans pour autant qu'il y ait des relations affectives entre les joueurs. On distingue deux types de cohésion dans le sport :
- La cohésion sociale : Elle repose sur l’ambiance et l’envie de bien vivre ensemble, ce qui requiert un minimum d’inter-relations.
- La cohésion opératoire : C’est essentiel. Comme il est primordial de partager une même idée des tâches à accomplir, de toute la logistique autour de la réussite et pas forcément sur l’ambiance du vestiaire.
Selon ces auteurs, des forces distinctes agissent sur les membres pour les garder dans le groupe. La première est l’attrait du groupe, qui se rapporte au souhait individuel d’avoir des interactions interpersonnelles avec les autres membres du groupe et au désir de participer à des activités de groupe. Cette seconde catégorie de force est appelée le contrôle des moyens.
La cohésion ne se limite pas à l’aspect affectif et social mais elle se réfère aussi à la tâche. La cohésion opératoire est le degré de collaboration des membres du groupe dans la poursuite d’un but bien précis. La cohésion sociale est le degré d’attirance entre les membres du groupe et le degré de satisfaction des membres de ce groupe à évoluer ensemble. Ces deux composantes sont donc indépendantes dans le sens où les membres d’un groupe peuvent tendre vers un but sans pour autant qu’il y ait un sentiment fort entre les membres de ce groupe. Le monde sportif nous offre des exemples multiples dans ce sens.

L'esprit d'équipe contribue à la cohésion du groupe.
Facteurs Influençant la Cohésion de Groupe
Divers facteurs favorisent la cohésion d'un groupe, qu'il s'agisse de la cohésion opératoire (liée à l'exécution de la tâche) ou de la cohésion sociale (liens tissés au sein du groupe). Voici quelques facteurs clés :
- Objectifs communs : Il faut fixer des objectifs communs. Le coach ne doit pas forcément être impliqué, c’est davantage à l’ensemble de l’équipe de les partager.
- Communication : Si la cohésion et la solidarité sont des facteurs essentiels, la communication joue un rôle fondamental.
- Leadership : Un leadership démocratique: un leadership autoritaire est mal adapté au fonctionnement des groupes restreints car il développe des réactions de soumission ou d'agressivité et n'encourage pas la créativité. Seul un leadership démocratique, qui favorise la participation de tous les membres, assure un bon fonctionnement des équipes de travail.
- Répartition claire des rôles : Le groupe doit avoir le sentiment que chacun de ses membres assure sa part du travail.
- Désir d'appartenance au groupe : Les individus accordent généralement une grande importance au fait de faire partie d'un groupe, d'y être reconnu, d'y jouer un rôle, d'y développer des interactions sociales.
Les recherches menées dans ce domaine ont fait ressortir deux concepts permettant de saisir le lien entre la cohésion et le comportement d’un groupe : la distinction entre la cohésion opératoire (phases d’exécution de la tâche) et la cohésion sociale. Ces deux composantes sont donc indépendantes dans le sens où les membres d’un groupe peuvent tendre vers un but sans pour autant qu’il y ait un sentiment fort entre les membres de ce groupe.
En outre, l'ambiance de l'équipe est un des facteurs primordiaux pour procurer du bien-être au travail et renforcer la cohésion humaine.
Stratégies pour Renforcer la Cohésion de Groupe
Renforcer la cohésion humaine dans une équipe permet de renforcer la cohésion technique, base de la performance collective. Voici quelques stratégies pour y parvenir :
- Bâtir ensemble une vision stratégique : La première et meilleure façon de ne pas atteindre un objectif est de ne pas s’en fixer. La seconde est de s’en fixer chacun un différent !
- Favoriser le travail en sous-groupes et en binômes : Favorisez au maximum le travail en sous-groupes, et notamment en binômes. De manière périodique, réunissez chacun des binômes pour faire avec eux un point sur leur fonctionnement et leur avancement. Voyez où ils en sont, leurs points forts et ce qu’ils peuvent améliorer.
- Cultiver la transparence et faire circuler l’information
- Défendre ses collaborateurs : N’hésitez pas à défendre et mettre en avant vos collaborateurs au sein de l’entreprise. Dites autour de vous le bien que vous pensez d’eux, rendez-les visibles.
- Laisser les problèmes au sein de l’équipe : Afin d’éviter tout risque de débordement, il est important de traiter les problèmes au sein de l’équipe elle-même, éventuellement avec la médiation d’un coach expert en régulation des relations de travail.
- Penser à dire merci souvent : Prenez le temps de remercier chaque collaborateur pour son travail. Félicitez également, devant d’autres personnes, ou bien en leur absence. Cela ne manquera pas de remonter à leurs oreilles et ce sera bon pour le moral des uns et des autres.
- Recadrer les dérives : Ne laissez pas les collaborateurs réticents au travail d’équipe prendre l’ascendant. Aidez-les à prendre conscience des avantages du travail en équipe. Confiez-leur plutôt des responsabilités, qui les aideront à s’inscrire dans la démarche du travail en équipe. Par exemple en leur confiant la mission de venir en aide à un élément plus faible de l’équipe, ils seront plus enclins à l’entraide.
- Montrer l'exemple : Il est normal que vous passiez du temps à manager et non à produire de la valeur technique aux côtés de vos équipiers. Cependant, en montrant l’exemple de temps en temps, vous inciterez votre équipe à renforcer l’esprit d’équipe.
Renforcer la cohésion humaine permet d’établir une base solide à la performance collective. Selon Will Schultz, chaque membre doit se sentir inclus dans le groupe, reconnu comme acteur influent et surtout apprécié en tant qu’individu, au-delà de sa fonction professionnelle. Le feed-back aide à nourrir les sentiments d’appartenance et d’estime. Cet exercice invite les membres à discuter des valeurs qu’ils accordent aux trois dimensions de reconnaissance (inclusion, influence, appréciation). Chaque membre évalue les relations avec tous les équipiers en attribuant des points selon l’impact sur les résultats et la qualité perçue des interactions.
Il est recommandé d’instaurer un cadre structurant et protecteur, d’encourager la réflexion individuelle puis d’organiser un tour de table encadré. Le management se doit d’instaurer un climat de confiance et de transparence en créant des espaces d’échanges et en défendant ses collaborateurs.
Voici un autre exemple de façon de procéder pour aplanir les tensions au sein d’un groupe, quand une personne est en butte à l’hostilité du groupe (souvent d’ailleurs parce qu’elle ne fait rien pour l’éviter) :
- Proposez un cadre structurant et suffisamment protecteur : Indiquer l’objectif, ses bénéfices, le temps prévu et le timing du protocole proposé, le type de participation attendu, les conditions de réussite de l’exercice.
- Proposez un tour de table, en invitant la personne qui a des tensions avec le groupe à se mettre au centre d’un arc de cercle formé par les autres participants. Le collaborateur X (au centre du demi cercle) ne doit pas réagir, argumenter, se défendre, se justifier… Sinon cela dégénérerait tout de suite. accuser réception des principaux points qu’il aura entendus (sans pour autant dire qu’il les reconnaît comme vrais). Il suffit qu’il dise les avoir entendus, et qu’il valide ainsi le droit aux autres de croire à ce qu’ils croient, ressentent ce qu’ils ressentent.
- Récapitulez les engagements de chacun et annoncez qu’un point sera effectué avec les mêmes participants d’ici 1 à 3 mois (selon l’importances des points reprochés et des actions à mettre en place).
La cohésion, dans la performance d’une équipe, c’est le premier facteur. Ne pas la maintenir, c’est risquer de perdre en efficacité. C’est important de continuer de la travailler, même en dehors de tout relationnel. Le but, c’est de conserver ce lien. Ça peut être des séances d’étirement par visio-conférence, par exemple. Ou la réalisation d’un reportage photos sur les deux dernières saisons de l’équipe, pour faire ressortir des éléments qui la structurent.
« Personnellement, je vois l’équipe comme un tissu complexe de compétences et d’émotions où il est difficile d’évaluer les mécanismes de stagnation et de régression. Une équipe marche bien s’il y a une part conséquente d’éléments de liens, d’écoute, d’amour, de joie d’être ensemble, ces choses qui font que l’on se transcende naturellement. Regardez l’équipe de France de football de 1998-2000 : les liens comptaient plus que les compétences. En 2002, c’était l’inverse. Ma préoccupation, quand j’étais entraîneur, était toujours d’extraire le meilleur potentiel relationnel d’un mélange de personnalités.
La cohésion de groupe : « Vivre ensemble, mourir ensemble ! ». Les exemples de cette nature foisonnent dans les journaux. L’équipe de France de football lors de la Coupe du Monde 2006 nous offre une illustration de l’impact de la cohésion de groupe sur la performance avec sa légendaire formule « vivre ensemble, mourir ensemble », qui dénote à la fois cette profonde attirance pour le groupe mais aussi cette envie d’avancer dans le même sens, vers un but commun.
Et c’est justement dans la montagne à Tignes, lors de l’ascension du glacier de la Grande Motte, que cette aventure prend un tournant particulier. Raymond Domenech, alors entraîneur de l’équipe de France avait pris soin, lors de cette ascension, de former des cordées de quatre joueurs évoluant aux mêmes postes. « Le but est que les membres de la cordée ne fassent qu’un. Si l’un d’entre eux lâche du lest, les autres sont là pour le motiver » avait dit R. Domenech.
Le concept de performance ne se limite pas au fait de gagner. Il englobe à la fois les résultats positifs mais aussi l’atteinte d’objectifs fixés. La performance peut aussi être rattachée aux notions de transformation et de progression, comme améliorer son revers lifté par exemple.
Les recherches ont invariablement montré qu’il existait une forte corrélation entre la cohésion et la performance sportive. Cette corrélation est plus forte pour la cohésion opératoire. Cette relation entre cohésion et performance est circulaire : si la cohésion augmente la performance sportive, le succès renforce la cohésion.
Mais cette cohésion doit être homogène, c’est-à-dire que l’ensemble du groupe doit être concerné et non pas seulement les plus performants. Par exemple, cette cohésion doit être forte chez les titulaires d’une équipe, mais également chez les remplaçants, si l’entraîneur souhaite augmenter son efficacité collective.

La victoire renforce la cohésion du groupe.
Tableau récapitulatif des facteurs de cohésion de groupe
| Facteur | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Objectifs communs | Partage d'une vision et d'objectifs clairs | Gagner le championnat, se maintenir dans la même division |
| Communication | Échanges ouverts et transparents entre les membres | Partager des informations, donner du feedback |
| Leadership | Style de leadership démocratique et participatif | Favoriser la participation de tous, écouter les avis |
| Répartition des rôles | Définition claire des responsabilités de chacun | Chaque membre connaît sa tâche et la réalise |
| Appartenance | Sentiment de faire partie d'un groupe et d'y être valorisé | Être reconnu, jouer un rôle important |