Le débat sur la nécessité d'avoir été un joueur de haut niveau pour devenir un bon entraîneur de football revient régulièrement. Un entraîneur sans passé de joueur peut-il vraiment transmettre ? Qu’en est-il du père qui prend en charge l’équipe U6 faute de mieux, puis suit les enfants jusqu’à l’adolescence ? Il existe une idée persistante : un bon entraîneur doit d’abord être un bon joueur. C’est séduisant comme pensée. Logique même.
Il est crucial de comprendre que jouer et entraîner ne mobilisent pas les mêmes compétences. Un excellent joueur possède l’intuition, l’expérience corporelle, la lecture rapide du jeu. Mais un entraîneur doit diagnostiquer, expliquer, adapter, motiver, organiser. Ce sont des métiers différents. Un chirurgien brillant ne ferait pas forcément un bon formateur en chirurgie.
Sur les terrains amateurs, on voit souvent d’excellents joueurs devenir des entraîneurs désastreux. Ils savent faire, mais ne savent pas transmettre. Pire encore, ils pensent que ce qui était facile pour eux doit l’être pour les autres. Ils manquent de patience. À l’inverse, certains des meilleurs éducateurs qu’on rencontre dans les clubs n’ont jamais brûlé les planches.

Les Compétences Essentielles d'un Entraîneur
Un entraîneur doit posséder un ensemble de compétences variées :
- Compréhension de l’apprentissage : Comment se construit une capacité ? Pourquoi un enfant reproduit-il un geste trois fois et l’oublie la quatrième ? Comment progressent les adolescents ? Ce savoir ne vient pas de ses années de carrière.
- Communication et adaptation : Parler à un enfant de six ans ce n’est pas parler à un ado de seize ans. Un entraîneur doit ajuster son ton, ses explications, ses exigences selon l’âge, le niveau, la personnalité. Il doit motiver sans pressurer, corriger sans blesser. Cela aussi, c’est un apprentissage méthodique.
- Connaissance du jeu : Pas seulement savoir y jouer, mais comprendre ses principes, son évolution, ses tactiques. Beaucoup de joueurs « de terrain » ne saisissaient jamais les logiques tactiques parce qu’ils jouaient d’instinct.
- Volonté d’apprendre : Se former constamment, regarder des vidéos d’entraînement, lire, discuter avec d’autres coachs, assister à des formations.
- Empathie :
- Organisation : Savoir préparer une séance, fixer des objectifs, progresser. Beaucoup de très bons joueurs n’avaient jamais besoin d’organisation pour réussir.
- Honnêteté et stabilité :
Quelqu’un peut avoir joué au football toute sa vie et être un mauvais entraîneur. Quelqu’un d’autre peut n’avoir joué que jusqu’à quatorze ans et devenir excellent. Le pire entraîneur n’est pas celui qui n’a jamais joué. C’est celui qui pense que son passé de joueur suffit. Qui ne se remet jamais en question.
Faut-il avoir joué pour devenir un bon éducateur de football ? Non. En revanche, faut-il vouloir apprendre ? Oui, absolument. Faut-il se former aux méthodes pédagogiques ? Oui. Faut-il rester humble face à la complexité du métier ? Les clubs amateurs qui manquent d’éducateurs devraient moins chercher des anciens joueurs et plus investir dans la formation de gens motivés, peu importe leur passé. Un papa qui prend en charge une équipe U6 et suit une bonne formation peut devenir un repère pour ces enfants.
Les Parcours Possibles
Le joueur de senior reconverti
C’est vrai qu’il a des avantages. Il connaît les pièges, les difficultés techniques, l’intensité physique. Il peut montrer. Il a une légitimité auprès des jeunes. Mais il doit apprendre à pédagogiser son savoir. Beaucoup d’excellents joueurs buttent là-dessus.
Le jeune sans expérience senior
(voire arrêté en U14). Il part de zéro sur la connaissance du jeu professionnel ou haut niveau. Mais il n’a pas non plus les mauvaises habitudes du joueur qui croit que le talent innate suffit. Il doit se former sérieusement, mais il peut devenir un excellent entraîneur parce qu’il n’aura pas les raccourcis mentaux de celui qui « savait jouer ».
Le papa entraîneur par défaut
C’est peut-être le profil le plus fragile au départ. Il n’a aucune légitimité sport, souvent aucune formation. Mais s’il accepte d’apprendre, s’il suit les formations officielles (brevet de moniteur, notamment), il peut devenir un très bon éducateur. Certains des meilleurs entraîneurs amateurs sont d’anciens papas qui ont pris la responsabilité au sérieux.
Les Diplômes et Formations pour Devenir Entraîneur
Pour devenir entraîneur de football, vous devez gravir les différents échelons de formation afin d’obtenir les différents diplômes de football. Voici un récapitulatif des diplômes dont vous devez être titulaire pour exercer en tant qu’entraîneur professionnel. Attention à bien distinguer les activités d’entraîneur de foot de celles de l’éducateur sportif.
Avant de devenir entraîneurs professionnels, la plupart des candidats aux diplômes nationaux passent d’abord par la case « éducateur ». La Fédération Française de Football (FFF) dispense des formations pour obtenir ces certifications destinées à devenir « éducateur fédéral ».
Les diplômes s'obtiennent par étapes successives, chaque niveau ouvrant la porte à des responsabilités plus importantes.
- Certificats Fédéraux Football (CFF) : Premiers pas dans l'encadrement, permettant d'encadrer bénévolement des jeunes.
- Brevet de Moniteur de Football (BMF) : Premier diplôme pour être rémunéré, permettant d'encadrer une équipe jeune au niveau régional ou une équipe senior de R3.
- Brevet d'Entraîneur de Football (BEF) : Permet d'entraîner une équipe senior de niveau R1 ou R2, une équipe jeune au niveau national (si le club n'a pas de centre de formation agréé), ou une équipe féminine de D2.
- DESJEPS mention football : Permet d'encadrer en N2 ou N3.
- Brevet d'Entraîneur Formateur de Football (BEFF) : Ouvre les portes des centres de formation agréés et des pôles espoirs.
- Brevet d'Entraîneur Professionnel de Football (BEPF) : Sésame ultime pour diriger une équipe de Ligue 1, Ligue 2 ou National 1, délivrant la licence UEFA Pro.
Comprendre comment devenir entraineur de foot implique souvent de s’engager dans des programmes rigoureux de formation entraineur de football, qui peuvent durer de quelques mois à plusieurs années. Par exemple, pour les aspirants souhaitant devenir entraîneur de foot jeune, il est crucial d’entamer leur formation entraineur de foot dès le plus jeune âge, idéalement avant 20 ans, pour acquérir l’expérience nécessaire.
Les formations certifiantes pour devenir entraîneur de foot offrent une porte d’entrée privilégiée dans le monde professionnel du football. En effet, les équipes pédagogiques des centres de formation sportive sont composées exclusivement de professeurs issus des métiers du football tels que des entraîneurs, d’anciens joueurs, des dirigeants de clubs de foot, des recruteurs de football, des journalistes sportifs, etc. Ils vous accompagnent tout au long de votre cursus et vous apprennent les véritables clés du métier d’entraîneur de football.

Le BEPF : Un Diplôme Indispensable pour la Ligue 1
Le Brevet d’entraîneur professionnel de football (BEPF) est obligatoire pour entraîner en Ligue 1, Ligue 2, et National. Comme lui, de plus en plus de coachs sans passé de footballeur professionnel accèdent désormais à cette formation.
La promotion 2023-2024 du BEPF est ainsi composée de cinq anciens joueurs professionnels à la carrière riche en première ou deuxième division, y compris en D1 féminine, de deux anciens joueurs n’ayant connu le professionnalisme que le temps de quelques matchs, et de trois candidats n’ayant aucune expérience en tant que footballeur professionnel.
Une étude de Jean Bréhon, Hugo Juskowiak et Loïc Sallé, intitulée "Entraîneur de football professionnel : itinéraire d’un joueur gâté ?", montre que 85% des diplômés entre 2002 et 2014 étaient d’anciens joueurs pros à la carrière relativement longue.
Presque absents des candidats admis jusqu’en 2014, les entraîneurs issus du monde amateur, sans passé de footballeur professionnel, se font néanmoins plus nombreux ces dernières années. Ils sont entre deux et quatre parmi les dix retenus dans chacune des dernières promotions.
Un nouvel élan impulsé notamment par la réforme du statut des entraîneurs de National, la troisième division, qui doivent, depuis 2016, être titulaires du BEPF.
Des "ambassadeurs", comme les nomme Fabien Pujo, avec la réussite de Christophe Pélissier, entraîneur d’Auxerre, mais aussi celle de Franck Haise (Lens) ou Régis Le Bris (Lorient), qui ont certes connu une carrière professionnelle de footballeurs, mais qui ont fait toutes leurs gammes d’entraîneur en amateur avant d’arriver en Ligue 1.
D'ailleurs, Didier Digard a obtenu une place dans la prochaine promotion, tandis que Will Still passera son diplôme en Belgique.
En intégrant la prochaine promotion, Sandrine Soubeyrand, joueuse la plus capée de l'histoire de l'équipe de France (198 sélections) et coach du Paris FC en D1 Arkéma, ne deviendra que la quatrième femme à passer le BEPF.
Un simple entretien avec Pier Gauthier et j’ai vite compris que sa méthode était faite pour moi. Après seulement 8 mois de travail avec Pier, je suis déjà très heureuse et convaincue du travail effectué et je ressens une nette amélioration dans mon acceptation, ma concentration et ma confiance. La méthode ACCEDER est pour moi une révolution dans la préparation mentale. Elle est concrète, claire et structurée. J’ai la sensation de toujours avoir appris ou compris quelque chose à la fin de chaque séance.
Salaire et Perspectives de Carrière
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Le marché de l'emploi pour les entraîneurs de football est particulier. D'un côté, le football amateur manque d'éducateurs diplômés : de nombreux clubs associatifs peinent à trouver des profils qualifiés pour encadrer leurs équipes. Les offres sont nombreuses, notamment pour les titulaires du BMF ou du BEF.
De l'autre côté, l'accès au football professionnel reste extrêmement sélectif. Les postes d'entraîneur principal en Ligue 1 ou Ligue 2 sont rares et très convoités. La concurrence est rude, et l'expérience au haut niveau (souvent comme ancien joueur professionnel) constitue un atout majeur.
Un entraîneur débutant touchera de 1 500 € à 3 000 €.
Les perspectives d'évolution dépendent largement du niveau auquel tu exerces et de tes résultats sportifs. Dans le niveau amateur, tu peux gravir les échelons en passant d'une équipe départementale à régionale, puis nationale. Chaque diplôme supplémentaire (BEF, DESJEPS, BEPF) ouvre de nouvelles portes.
Au niveau professionnel, l'évolution naturelle mène du poste d'adjoint à celui d'entraîneur principal, puis potentiellement vers des clubs de plus en plus prestigieux. Les meilleurs peuvent viser les sélections nationales ou des postes à l'étranger.
Salaire moyen des entraîneurs de football :
| Niveau | Diplôme | Salaire Brut Annuel | Salaire Net Mensuel |
|---|---|---|---|
| Amateur | BMF/BEF | 0 € (bénévole) à 25 000 € | 0 € à 1700 € |
| Semi-pro / National | DESJEPS | 30 000 à 60 000 € | 2000 à 4 000 € |
| Professionnel (Ligue 2 / Ligue 1) | BEPF | 200 000 € à plusieurs millions d'euros | 16 000 € à près d'un million € |