Le hockey féminin connaît un essor remarquable, tant en France qu'au Québec. L'Université Laval, avec son équipe compétitive, est un acteur clé de ce développement. Parallèlement, des figures comme Alexia Cheyroux ouvrent de nouvelles perspectives pour les femmes dans le monde du hockey.

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Le Printemps du Hockey Féminin en France
Comme chaque année, le Printemps du Hockey féminin s’est déroulé du 20 mars au 21 juin 2023. Les clubs, les ligues et les comités régionaux organisent des événements à travers toute la France en faveur de la féminisation du hockey. Au fil de ces événements dédiés à la féminisation du hockey en France, de nombreux clubs ont pris part à cette initiative.
Parmi ces clubs, on compte le Hockey Club de Grenoble, qui a consacré deux journées entières à la féminisation. Le LUC Ronchin, le Douai HC et le Lille HC se sont unis lors d'une journée dédiée exclusivement aux hockeyeuses. Le club du R.C. Arras a été très actif lors de ce Printemps du Hockey Féminin : Chaque premier vendredi du mois, le club organise une séance 100% féminin. D'abord le vendredi 7 avril, puis le 5 mai. En effet, le R.C. Arras Hockey a pris part à cette démarche de féminisation en ouvrant les premiers entraînements du mois à toutes les femmes et filles intéressées par le hockey.
Le 3 juin, le SOM Hockey club a ouvert ses portes, pour la féminisation, les femmes et les filles étaient invitées à participer à des initiations et des activités pour découvrir le hockey. D’autres clubs comme le Lille HC, le Toulouse Université Cub, le HC Dunkerque Malo et le CPB Rennes Hockey, ont organisé des journée “ amène ta copine “, ou les jeunes du club ont pu inviter les filles de leur entourage pour leur partager leur passion. Ces initiatives témoignent de l'engagement continu des clubs, ligues et comités régionaux pour promouvoir la féminisation du hockey en France, en offrant des opportunités d'initiation et de participation à des événements aux jeunes filles qui veulent essayer de nouvelles choses. L'impact de ces actions contribue à l'évolution positive du hockey féminin en France.
Alexia Cheyroux : Une Pionnière de l'Arbitrage Européen
Une excellente nouvelle pour le développement de l’arbitrage français ! Alexia Cheyroux fait figure de pionnière. Elle est la première arbitre européenne à signer un contrat professionnel avec la PWHL. Cette initiative de la FFHG permettra de créer des opportunités aux arbitres européens de traverser l’Atlantique et d’œuvrer dans les ligues Nord-Américaines.
L’arbitre française s’est envolée pour le Québec où elle arbitrera mardi à Ottawa, le match entre les Sceptres de Toronto et la Charge d’Ottawa, puis vendredi à Montréal, pour la rencontre Frost du Minnesota - Victoire de Montréal. En plus de ces deux rencontres, elle sera aussi au sifflet de deux matchs universitaires entre le College John Abbott et le College Dawson ainsi que les Carabins de Montréal contre l’Université Bishop. De nombreuses joueuses françaises décident de poursuivre leur passion au Québec dans ces ligues universitaires, et seront sifflées par Alexia Cheyroux lors de son passage.
Alexia Cheyroux ne s’est pas laissée intimidée par le bruit entourant le hockey professionnel en PWHL. Dès les premières secondes du match, elle prend une excellente décision sur un dégagement alors qu’elle identifie la joueuse de Toronto, en blanc, qui sera la première à toucher au palet. La décision est prise sans hésitation et communiquée clairement afin d’éviter un contact entre les joueuses. Elle a travaillé en confiance, prenant des décisions sur le moment et avec aplomb. Pas facile de se retrouver ensuite à la Place Bell, avec une foule de 11000 spectateurs et une ambiance survoltée mais elle a oublié tout le bruit et s’est concentrée sur le travail à faire.
Comme chaque mois, retrouvez la rubrique dédiée à l’arbitrage français ! Tu es la première européenne à signer un contrat professionnel en PWHL. C’est un honneur d’avoir était la première et j’espère que cela va ouvrir des portes à d’autres arbitres européennes qui le méritent tout autant. Ça a rajouté quelque chose d’officiel de signer ce contrat, et ça montre le sérieux de cette ligue, qui veut se professionnaliser comme d’autres ligues masculines.
Une fois sur place, j’ai été impressionnée par le professionnalisme de la ligue : le sérieux dans la préparation des matchs, l’accueil des arbitres, le professionnalisme et la coopération des officiels hors glace. J’ai fait un gros travail en amont avec mon coach pour gérer mon stress, qui était à son apogée (rires). J’avais jamais arbitré devant presque 11 000 personnes et je savais que j’allais être observée dans le milieu de l’arbitrage. J’avais surtout à cœur de ne pas décevoir les personnes qui m’ont fait confiance et m’ont permis de vivre tout ça. Le soutien que j’ai reçu de toute part a joué un rôle énorme dans la réussite de cette expérience.
Sur place, une amie française de longue date et son mari étaient présents à Laval pour m’encourager, et je me souvient m’être effondrée d’émotion dans leurs bras après le match, en me disant « je l’ai fait !!! ». À Ottawa, ce qui m’a immédiatement frappé à mon arrivée, c’est l’engouement des jeunes filles. Une vague d’émotion m’a littéralement submergé lorsque j’ai embarqué sur la glace et que j’ai vu ce public majoritairement féminin et familial. Et à Montréal , devant les 10 172 personnes de la place Bell, l’émotion à été encore plus forte.
La PWHL a réussi à donner aux jeunes joueuses l’objectif de devenir professionnelle. J’ai même échangé avec une des joueuses de la Victoire pour lui dire à quel point cet engouement avait traversé l’Atlantique et que nos jeunes joueuses rêvaient d’y jouer. Nous y avons une excellente ambassadrice, Chloé Aurard, qui joue à New York. L’impact de cette ligue dépasse les frontières du Canada et des États Unis. J’ai vraiment envie de dire à nos jeunes joueuses françaises de travailler fort pour un jour pouvoir vivre ce que j’ai vécu la bas que ce soit en tant que joueuse ou arbitre !
J’ai eu l’opportunité de travailler un match collégial et un universitaire et j’y ai vraiment ressenti le même professionnalisme, avec des infrastructures qui permettent aux joueuses de se développer. Cela m’a fait penser au pôle France de Cergy, où tout est fait pour permettre aux joueuses de se concentrer sur le hockey et les études. Concernant l’arbitrage, j’ai majoritairement travaillé avec des arbitres féminines et les échanges ont été très instructifs. Lorsque j’ai commencé l’arbitrage en 2010, on me disait que je n’arriverai à rien, que je n’avais pas le niveau mais à force de beaucoup travail, d’échecs et de caractère, j’ai pu me hisser au plus niveau. Aussi, je veux dire à toutes ces jeunes filles qui n’ont pas confiance en elles de ne jamais abandonner.
La PWHL : Une Ligue en Pleine Expansion
Top 10 : les meilleurs buts de la LPHF (PWHL)
Alors que le coup d’envoi est programmé le vendredi 30 novembre, découvrez la présentation d’une saison 2 de la PWHL qui s’annonce encore plus spectaculaire. Complet au possible, ce guide passe au crible les six équipes de la grande ligue féminine.
La PWHL a connu une première saison historique à tous points de vue. Records d’affluence, une couverture médiatique et un cadre professionnel sans précédent pour le hockey féminin, et les meilleures de la discipline enfin réunies. Une réussite alors que le circuit a été lancé quelque peu à la hâte afin de garantir du jeu aux joueuses, et éviter une saison morte après la dissolution à l’été 2023 de la Premier Hockey Federation. La PWHL a mis tout le monde d’accord. Débuts parfaits ? Presque.

Alexia Cheyroux lors d'un match de la PWHL
La formation de Toronto voit enfin plus grand que le petit Mattamy Athletic Centre et ses 2500 places : comme en playoffs, les Torontoises joueront désormais au Coca-Cola Coliseum (7800 places). Montréal déménagera ses matchs du Centre 2102 de Verdun - qui manque d’équipements et de restauration - à la Place Bell de Laval, plus appropriée. L’arène du Rocket de Laval en AHL peut recevoir 10.300 personnes. Quant à New York, l’équipe s’établira dans le New Jersey, comme les Riveters en leur temps, mais au grand Prudential Center, rien de moins que le domicile des Devils.
En début de semaine, Jayna Hefford, la vice-présidente des opérations hockey de la ligue, avouait que les résultats avaient totalement dépassé les attentes. Comme la saison dernière, plusieurs rencontres se disputeront sur « glace neutre », une initiative qui a connu beaucoup de succès et qui a une double vocation : promouvoir la ligue sur de nouveaux marchés susceptibles de l’accueillir dans le cadre d’une future expansion.
La PWHL va s’offrir une véritable tournée avec le « Takeover tour », une série de rencontres organisées dans de grandes enceintes. Détroit avait déjà fait forte impression la saison passée avec un record d’affluence pour un match d’une ligue féminine sur le sol américain, 13 736 personnes. Et la Little Caesars Arena hébergera un deuxième match pour la saison à venir, signe que la candidature de Détroit, idéalement placé géographiquement pour permettre un pont entre Minnesota et les cinq autres équipes, est en position de force.
On a précédemment évoqué le cas de Québec qui a bon nombre d’atouts dans sa manche et qui a écoulé 17 000 places en deux jours (!) pour le match Montréal - Ottawa prévu le 19 janvier, mais on se dirige également vers des parties à guichets fermés à Vancouver et Edmonton. Détroit, Québec, Vancouver, Edmonton, mais aussi Seattle, Denver, Raleigh, St. Louis sont des villes considérées.
Toujours plus de visiteurs s’apprêtent à se déplacer pour les matchs de la ligue, et probablement toujours plus de personnes devant leur écran. D’ailleurs, une nouvelle fois, les fans américains et européens auront accès aux matchs gratuitement sur la chaîne Youtube de la ligue.
Hormis l’expansion, et alors que déjà des projets de matchs en extérieur ou en Europe sont en cours d’étude, l’autre sujet sur lequel la ligue devra plancher est l’autonomie des équipes. La PWHL est propriétaire des six formations mais un tel mode de fonctionnement n’est pas viable, la défunte NWHL avait d’ailleurs entrepris cette mutation en devenant la PHF, avant sa dissolution et laisser le champ libre à la PWHL. Convaincre des partenaires pour un fonctionnement sur fonds privés et permettre l’autonomie des équipes sera l’un des pas à franchir pour la ligue.
L’enjeu est devenu important avec des équipes qui ont déjà un capital de popularité important. Maintenant que l’on peut désormais mettre un nom et un logo sur les six équipes, l’opération merchandising est réellement lancée, et c’est un potentiel que la PWHL et ses futurs partenaires peuvent exploiter.
Et la deuxième saison sera donc celle de la confirmation avec davantage de matchs et un calendrier plus en adéquation avec les standards des ligues professionnelles aux États-Unis et au Canada. La saison va donc débuter le dernier jour de novembre (au lieu du 1er janvier en 2024) pour s’achever le 3 mai. Trois pauses internationales ponctueront cette saison : du 9 au 16 décembre, du 3 au 10 février, puis du 3 au 25 avril 2025 pour les championnats du monde en Tchéquie.
Les alignements ont été clos à l’issue des camps qui ont eu lieu du 19 au 22 novembre à Toronto et Montréal. Hélas, comme l’année précédente, ces camps n’ont pas été ouverts au public, ni retransmis. Les camps se sont donc déroulés sur un délai très court, difficile donc pour les staffs de jauger réellement les joueuses et de ne retenir que vingt-trois noms.
Chloé Aurard demeure la seule représentante française, la gardienne Violette Pianel et la défenseure Léa Villiot, qui ont candidaté à la draft mais n’ont pas été retenues. Il faut dire que la concurrence est encore plus forte. Le repêchage 2024 a vu une salve de sorties universitaires majeures (Sarah Fillier, Danielle Serdachny, Hannah Bilka et Cayla Barnes en tête) auxquelles se sont ajoutées des pointures européennes libérées de leurs engagements (Maja Nylén-Persson, Daniela Pejšová, Ronja Savolainen, Noora Tulus ou Anna Meixner). La proportion de joueuses européennes a d’ailleurs doublé par rapport à la saison inaugurale. Avec un tel plateau, cela apporte davantage de densité aux alignements, le niveau de jeu déjà élevé lors de la saison inaugurale montera clairement d’un cran.
L’équipe du Minnesota a donc fini victorieuse de la première saison, Kendall Coyne Schofield et ses coéquipières sont donc devenues les premières à soulever la Coupe Walter. C’était presque inespéré au regard de la fin de la saison régulière qui s’est terminée par cinq défaites consécutives, Ottawa se révélant menaçant jusqu’au bout.
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