L'équipe de France de handball a connu un succès remarquable sur la scène internationale, en grande partie grâce à la direction et à l'expertise de ses entraîneurs. Parmi les figures les plus emblématiques, on retrouve Olivier Krumbholz et Claude Onesta, dont les contributions ont marqué l'histoire de ce sport en France.
Olivier Krumbholz : Un Pilier du Handball Féminin
Hier, lors de la conférence de presse d'après-match de la finale perdue face à la Norvège, le sélectionneur des Bleues, Olivier Krumbholz, a naturellement été interrogé sur son avenir à la tête de l'équipe de France. Le Messin avait déjà annoncé avant les JO qu'il prendrait officiellement sa retraite en 2025 alors qu'il est âgé aujourd'hui de 66 ans. Son employeur, la FFHB, lui a proposé de faire une dernière compétition à l'occasion de l'Euro disputé en décembre prochain afin d'assurer la transmission avec son successeur qui pourrait être désigné en octobre. Olivier Krumbholz a déclaré "Pour être très clair, je ne vous donnerai pas ma décision. Parce que ma primauté, c'est de discuter avec mes joueuses et de leur dire comment je vois les choses.

Les deux entraîneurs des équipes de France seniors ont été nommés entraîneurs de l’année 2018 par l’IHF. Un panel d’experts de l’IHF, d’entraîneurs des équipes nationales et enfin un vote des fans ont plébiscité Olivier Krumbholz et Didier Dinart élus entraîneurs de l’année 2018 de l’IHF. C’est la deuxième fois que ce prix est attribué aux deux techniciens. Actuellement en stage à Capbreton avec un groupe féminin élargi, Olivier Krumbholz a accueilli avec le sourire cette nouvelle récompense. « Bien sûr, cela fait plaisir et en même temps cela reste anecdotique. Le mérite en revient à celles qui jouent et gui gagnent. Ce prix démontre que nous sommes actuellement dans une bonne dynamique et que notre travail est reconnu. » Et de conclure, malicieux : « Avec Didier, je crois que nous pouvons aller voir Joël Delplanque afin de réclamer une augmentation. »
Claude Onesta : L'Architecte des "Experts"
Claude Onesta : Le Secret du Succès de L'Équipe de France Handball
Lui-même ancien joueur professionnel à Toulouse, où il finira notamment troisième meilleur buteur du championnat de France en 1983, c’est cependant en qualité d’entraîneur que Claude Onesta va connaître la consécration. Dans un premier temps entraîneur en deuxième division en 1987, il prend la tête de l’équipe des Spacers de Toulouse de 1995 à 2001. Au cours de cette période, il est finaliste de la Coupe de France à deux reprises et vainqueur de l’édition de 1998.
Sous sa conduite, l’équipe de France obtient deux médailles de bronze aux championnats du monde en 2003 et 2005. En 2006, il réalise l’exploit en remportant le premier titre de champion d’Europe, dans une compétition réputée comme l’une des plus relevées, le handball étant un sport dont les grandes nations sont toutes européennes. La même année, c’est sur une autre scène que Claude Onesta mènera ses hommes vers les sommets. En effet, à Pékin, à l’occasion des Jeux Olympiques, pour la première fois de son histoire, l’équipe de France décroche le titre suprême.
L’édition 2011 des championnats du monde en Suède est l’année de tous les records pour le handball français. Déjà au summum sur le plan international, la France décroche la médaille d’or et conserve ainsi son titre. Claude Onesta possède actuellement l’un des plus beaux palmarès d’entraîneur de handball de tous les temps, en ayant remporté des titres dans toutes les compétitions internationales : Jeux Olympiques, Championnat du monde et Championnat d’Europe. Il a obtenu près de 8 médailles internationales dont 5 titres.

Comme chaque année, Eurosport.fr a organisé auprès de ses internautes l'élection des personnalités sportives qui ont marqué l'année. Pour 2015, on retrouve des handballeurs dans le palmarès de trois catégories, avec tout d'abord Claude Onesta qui arrive en deuxième position dans la catégorie de l'entraîneur de l'année. De son côté, Nikola Karabatic fait son apparition à la 6ème place dans la catégorie des sportifs français de l'année 2015, dans laquelle Teddy Riner arrive largement en tête devant Flaurent Manaudou (18%) et Martin Fourcade (14%). Enfin, les Experts arrive à la cinquième place dans la catégorie de l'équipe de l'année. C'est la Nouvelle-Zélande, vainqueur de la Coupe du Monde de rugby, qui a récolté le plus de suffrages.
Vincent Gérard : Un Talent Émergent
Pendant deux matches et en l'absence de Thierry Omeyer légèrement blessé, Vincent Gérard s'est retrouvé seul gardien du temple tricolore. Le Montpelliérain a non seulement rempli sa mission mais aussi prouvé qu'il pouvait aisément prendre la place du patron. Par Yves Michel, à Strasbourg« Pour m’épanouir, j’ai besoin d’ambition. J’essaie de construire ma carrière petit à petit, sans me brûler les ailes » Voilà ce que déclarait Vincent Gérard en décembre 2010 à nos confrères du magazine "Handaction". Et en matière de progression, le gardien de buts n’a pas eu à se plaindre.
La découverte du haut niveau à Montpellier en début de parcours, deux années à Istres où il décroche la fameuse coupe de la Ligue à Miami, quatre saisons à Dunkerque avec un titre national en 2014 et un trophée du meilleur portier de LNH et l’été dernier, retour dans l’Hérault (avec au palmarès, les deux coupes nationales). Entre temps, Claude Onesta l’a appelé en équipe de France. En 2014, il participe à l’Euro danois mais comme Thierry Omeyer refait son retour en sélection après quelques semaines de convalescence et que Dumoulin est conservé, il termine la compétition dans les tribunes. Il ne sera pas du voyage au Qatar mais en début d’année juste avant de s’envoler en Pologne, il s’impose comme la doublure officielle de "Titi".
Sur l'Eurotournoi, deux ans et demi après le Danemark, l'histoire se répète. Omeyer a été préservé en raison d’une élongation du psoas. Du coup, Vincent entre en piste contre l’Egypte où au cours des 60 minutes qu’il passera dans les cages, il arrêtera 15 tirs dont deux jets à 7 m. Dans une équipe de France qui doit encore procéder à quelques réglages et après une entrée en matière compliquée, il s’en est plutôt bien tiré. Ce dimanche, face au Danemark, le Montpelliérain n’a pas eu à trop attendre pour être sollicité. Mais il a très vite rassuré sa défense et ses partenaires (13 arrêts au total).
« Je pense qu’on a attaqué le match d’un meilleur pied (que vendredi), ce qui fait qu’on a fait l’écart plus vite. C’est aussi une équipe qu’on connait mieux. Mais quel que soit le résultat, on s’était dit que c’était un match de travail. A titre perso, je prends du plaisir tout en sachant que les rôles sont clairement définis, Thierry est le n°1. Il avait besoin de récupérer après un petit bobo, il fallait que je sois prêt dès le moment où on comptait sur moi. Mais à aucun moment, je ne me suis emballé. » La cerise sur le gâteau est même intervenue à la 14ème minute lorsque depuis sa zone, après un tir allemand raté, le ballon lui est revenu et il l'a catapulté dans le but vide !
« 1er but en équipe de France, il n’en manque plus qu’un et je rattrape "Titi" (rires). Le nouveau règlement fait qu’on est beaucoup plus attentif, il va y avoir de plus en plus de situations similaires, j’ai eu de la réussite sur ce coup mais cela fait toujours plaisir. » Vincent Gérard a été omniprésent devant ses cages, mis en confiance ses défenseurs qui face aux Nordiques, ont rendu une copie quasi parfaite et surtout tenu la distance avec donc 1h vendredi et 57’ dimanche.
« C’est sûr qu’enchaîner deux matches de cette façon, c’est bien mais je suis gardien de but donc ça serait triste qu’en 3 jours, je n’encaisse pas la charge. Après, c’est intéressant car cela me met en conditions réelles et cela me permet d’enchaîner les actions en situation de fatigue. »La prestation de l’ancien pensionnaire du pôle espoirs de Strasbourg a aussi conforté Claude Onesta dans son choix de le préférer au Nantais Cyril Dumoulin et au Toulousain Wesley Pardin.
« Sa prestation n’est pas une surprise parce que quand on le voit à l’échelle de son club, valide le patron des Bleus, on mesure le degré de performance qu’il est capable de produire. Et je le redis, la porte de l’équipe de France peut s’ouvrir de manière inhabituelle et inattendue car il y a toujours des opportunités. Je sais pertinemment que Vincent est quelqu’un qui a l’ambition d’être plus qu’un remplaçant et que même par moments, cela a freiné son arrivée. Il a beaucoup évolué et de notre côté, on sait qu’il est capable d’être un suppléant de qualité. »
Présent derrière le banc de touche, Thierry Omeyer n’a rien loupé des deux bonnes sorties de son binôme. Et quand on connait le mental du Parisien, on se doute bien qu'il va mettre toute son énergie pour retrouver une place que d'ailleurs personne n'est enclin à lui contester. « Encore une fois, souligne Onesta, si sur ces deux matches, Vincent s’était troué, j’aurais tenu à peu près le même discours. Car je leur dis souvent, ce n’est pas le coach que vous devez convaincre, le plus important c’est la légitimité que vous allez avoir auprès de vos partenaires et si ceux-ci se sentent en sécurité parce vous êtes présents, la partie est gagnée. »
L'objectif est clairement identifié. L'échéance débute dans quinze jours à plus de 9000 kilomètres de Strasbourg. Mais arriver à Rio avec deux victoires acquises en préparation contre deux belles équipes, ne peut qu’être salutaire pour le moral. « C’est une évidence, acquiesce Vincent Gérard mais il ne faut pas s’enflammer et on doit continuer à travailler surtout les petits détails qu'on ne maîtrisent pas parfaitement. Les Jeux… on y pense forcément, on s’y prépare depuis le 23 juin et on a envie d’être performant là-bas. Maintenant, on va avoir 2-3 jours de repos et cela va faire du bien car on a pas mal chargé. Mais il n’y a aucun doute dans les têtes, on sait ce qu’on aura à faire une fois qu’on sera surplace. » L'équipe de France part au Brésil avec deux gardiens de talent et de tempérament. Et ce qui est rassurant, c'est qu'à tout moment, Vincent Gérard peut remplacer le patron.
Philippe Gardent : Un Nouveau Chapitre pour Aix-en-Provence
Ce samedi, via ses réseaux sociaux officiels, le club d'Aix a annoncé que Philippe Gardent a été nommé entraîneur de l'équipe première. Ca bouge au niveau de la rubrique des transferts de handball. En effet, Aix-en-Provence, qui se cherchait un nouvel entraîneur, l'a finalement trouvé. Ce samedi, via ses réseaux sociaux officiels, le club du Pays d'Aix UC a annoncé que son équipe première sera entraînée, à partir de la saison prochaine, par le très expérimenté Philippe Gardent : "PHILIPPE GARDENT NOUVEAU COACH ! Philippe Gardent est aixois pour la saison prochaine ! Philippe Gardent viendra coacher notre équipe pour la saison 2023-2024. Ancien vainqueur de la Coupe des Coupes en 1993 avec l'OM Vitrolles, il devient également champion du monde avec l'EDF face à la Croatie en 1995 ! En tant qu'entraîneur, Philippe Gardent a remporté trois titres de Champion de France, une Coupe de la Ligue et deux Coupes de France. Avec Philippe Gardent aux commandes, le PAUC nouvelle version se donne les moyens de poursuivre ses ambitions européennes. Welcome Philippe !"
Andersson arrivera en 2024 Ce dernier va s'installer sur le banc d'une toute nouvelle formation de l'élite, pour l'exercice 2023-2024, après avoir notamment déjà entraîné, par le passé, le Paris Saint-Germain ou bien encore le Bordeaux Bruges Lormont Handball. Avec ce club, il a notamment été champion de France de N1 en 2022. A son palmarès, Gardent, aujourd'hui âgé de 59 ans et champion du monde 1995 avec les « Barjots » est quintuple champion de France en tant que joueur et trois fois en tant qu'entraîneur, une avec Chambéry (2001) et deux avec Paris (2013 et 2015)
Depuis le début du mois de mars dernier, Aix n'avait plus d'entraîneur, après le départ de Thierry Anti. Benjamin Pavoni avait alors assuré l'intérim, mais c'était visiblement déjà sûr qu'il n'allait pas rester à ce même poste. En 2024, c'est Magnus Andersson qui deviendra le nouvel entraîneur d'Aix.
Thierry Omeyer et Daniel Narcisse : La Fin d'une Époque
Après cet énième titre planétaire, "c'était le meilleur moment pour partir", a souligné Thierry Omeyer, l'inusable gardien, encore international à l'âge de 40 ans (356 sélections). #EdF[M]BREAKING NEWS!T. OMEYER et D. Les passionnés de hand auront toutefois encore la chance de voir les envolées d'"Air France", surnommé ainsi pour sa détente, et les arrêts spectaculaires de "Titi" puisqu'ils ne tireront leur révérence qu'en fin de saison. Dernier objectif avant de quitter la scène : aider les Bleus à valider leur billet pour le prochain Championnat d'Europe (12-28 janvier en Croatie).
Ils disputeront donc au minimum deux matches contre la Norvège, en guise de rééditions de la dernière finale mondiale remportée le 29 janvier à Bercy. Si ce n'est pas le cas, peut-être les reverra-t-on en Lituanie puis à Montbéliard contre la Belgique courant juin. Arrivés en sélection au tournant des années 1990-2000, Omeyer et Narcisse ont été, avec Nikola Karabatic, leur coéquipier au Paris SG, les acteurs les plus prestigieux de la fabuleuse aventure du hand français.
Avec les "Costauds" de Daniel Costantini d'abord, puis surtout les "Experts" de Claude Onesta, ils ont empoché deux titres olympiques en 2008 à Pékin et en 2012 à Londres, trois européens en 2006, 2010 et 2014, cinq mondiaux pour Omeyer (2000, 2009, 2011, 2015, 2017) et quatre pour Narcisse, qui a manqué un épisode (2011) en raison d'une blessure au genou gauche.
Le titre mondial, décroché à Bercy en janvier, seize ans après celui de 2001, sonnait comme un fin rêvée pour ces deux monuments du hand, rentrés frustrés des Jeux Olympiques de Rio en août avec "seulement" la médaille d'argent autour du cou. La défaite en finale contre le Danemark a été "dure à digérer" pour Narcisse. Les sélectionneurs Didier Dinart et Guillaume Gille espéraient compter une dernière fois sur eux lors de l'Euro croate. Mais ils ont décidé de s'arrêter là.
"Le poste de gardien est très dur, très exigeant et demande une remise en question permanente. Aujourd'hui, c'est le moment d'arrêter parce que j'ai rempli tous les objectifs que je m'étais fixés en équipe de France", a expliqué Omeyer qui prépare sa reconversion comme entraîneur. Mais s'ils ont (presque) tiré un trait sur l'équipe de France, "Titi" et "Toumout" (son deuxième surnom) n'en ont pas encore terminé avec leur carrière.
Ils ont prolongé d'une saison supplémentaire, jusqu'à l'été 2018, leur contrat avec le Paris SG qu'ils espèrent mener vers un premier titre en Ligue des champions dès cette année. Ce ne serait que du bonus pour ces deux inséparables amis, déjà lauréats à deux reprises ensemble de la compétition européenne sous les couleurs de Kiel en Allemagne (2010, 2012). Omeyer l'a remportée quatre fois au total. "J'espère que Thierry aura un jour sa statue.
Récompenses et Reconnaissances
Après la médaille de bronze remportée par les Bleus à l’EHF EURO 2018, Didier Dinart se voit lui aussi récompensé : « J’accueille cette distinction en toute humilité car je suis surpris. D’autres entraîneurs ont remporté des médailles en 2018. Je pensais que le titre mondial ou européen donnait presque automatiquement le graal de meilleur coach du monde. Par le passé, seuls les internautes votaient et il pouvait y avoir des surprises. Trois collèges ont délibéré cette année et peut-être qu’ils ont évalué d’autres critères. C’est une grande fierté mais ce n’est pas une fin en soi. » Et le coach des masculins, d’adresser ses félicitations à Olivier Krumbholz. « J’ai beaucoup d’admiration pour ce que réalise Olivier, je lui ai déjà dit en personne.