L'Histoire du Club de Rugby d'Avignon: Une Épopée Sportive

Le Sporting Olympique Avignonnais (SOA), plus communément appelé les « Bisons », n'est pas qu'une ligne sur un palmarès. C’est une épopée française.

L'histoire du SOA commence en 1916, au cœur de la Grande Guerre, sous les couleurs du rugby à XV. Mais le véritable acte de naissance du « mythe » intervient à la Libération.

Le rugby à XIII, interdit et spolié de ses biens par le régime de Vichy en 1940, renaît. Ce choix n'est pas anodin. Il marque le début d'une aventure humaine où le professionnalisme avant l'heure, la rapidité du jeu et le combat physique total vont séduire le peuple avignonnais.

Les années 50 marquent l'entrée du club dans la légende. Sous l’impulsion de dirigeants visionnaires et d’une génération de joueurs d’exception, Avignon devient la capitale du XIII français. C’est l'époque où le stade de Saint-Ruf gronde à chaque charge. Les joueurs sont des héros locaux.

Comme toute légende, le SOA a connu ses zones d'ombre, ses crises financières et ses relégations. Mais là où d’autres auraient disparu, Avignon a toujours puisé dans sa formation pour survivre. Le « sang bleu et blanc » se transmet de père en fils.

Le passage au XXIe siècle est celui de la structuration. Sous l’égide de présidents passionnés et grâce au soutien indéfectible de la municipalité et du Grand Avignon, le club se modernise.

Le 1er juillet 2018 reste une date historique. Soixante-trois ans après son premier sacre, le SOA remonte sur le toit de la France en battant Limoux en finale du championnat Elite 1. Ce titre, couplé à une ferveur retrouvée, confirme que le géant avignonnais n'est jamais aussi dangereux que lorsqu'on le croit endormi.

On ne peut raconter le SOA sans citer ceux qui ont écrit ses pages avec leur sueur et parfois leur sang:

  • Jacques Merquey: l'icône absolue. Capitaine de l'équipe de France, il était surnommé le « Magicien ». Sa vision du jeu et son élégance ont fait de lui l'un des plus grands joueurs de l'histoire mondiale du XIII.
  • Patrick Entat: demi de mêlée de génie des années 80 et 90, il a été le métronome du club.
  • Renaud Guigue: formé au club, il a brillé sur le terrain avant de devenir l'architecte du titre de 2018 en tant qu'entraîneur.
  • Tony Gigot: l'enfant prodige. Formé à Avignon, il est devenu une star internationale, premier Français à remporter le trophée de « l'homme du match » (Lance Todd Trophy) en finale de la Challenge Cup à Wembley.

Pourquoi le SOA est-il légendaire ?

Une résilience politique et sociale : le rugby à XIII a été persécuté au cours de l'histoire. En restant fidèle à ce code, le SOA a porté une forme de résistance culturelle.

Comme un air de musée. Depuis dimanche, le péristyle de l'Hôtel de Ville s'est paré des couleurs bleues et blanches du club de rugby à XIII d'Avignon. Un déguisement enfilé dans le cadre d'une exposition retraçant cent ans d'histoire du club, créé, donc,en 1916.

"Ils ont fait un travail extraordinaire, confie Frédéric Bissière. Pendant sept à huit mois, ils ont consacré énormément de leur temps. Cette exposition nous tient vraiment à coeur. Elle permet de nous rappeler également ce qu'était le SOA à sa création, un club omnisports."

Mais le SOA XIII, autour de ses anciens comme Robert Grangeon, Jacky Merquey, Jean-Louis Dartindeguey ou encore Jacques Garzino, ne compte pas s'arrêter là, puisqu'une journée champêtre est également prévue le 14 mai prochain, avant la soirée de gala le 11 juin, à bord du Mireio. Un livre sur les cent ans du club avignonnais est aussi en cours d'édition. Histoire de boucler la boucle, avant de partir sur un nouveau centenaire.

Cent ans d'histoire du SO Avignon, exposition jusqu'au 13 mai, dans le hall de l'Hôtel de Ville.

« Vous avez un rôle très important auprès du public d’Avignon et vous le jouez à merveille. Vous le rendez HEUREUX ! », avait dit un jour le Docteur Pons, alors maire de la cité des papes, à Jacky Merquey, joueur mythique du club de rugby à XIII local, le SO Avignon XIII.

Du haut de ses 95 ans, “le kangourou”, recruté en 1952, n’a rien oublié de cette époque : « Les résultats furent très flatteurs et brillants tant en coupe qu’en championnat. Mais plus encore, c’était la manière de jouer qui plaisait : défense très solide et jeu d’attaque et de contres permanents....

De passage à Avignon le 9 novembre 1969, le secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports Joseph Comiti visite le stade nautique et le stade du Parc des Sports d’Avignon, en compagnie du maire, du préfet et de parlementaires.

Mais le stade du Parc des Sports accompagne surtout les performances sportives des équipes locales, notamment en football et en rugby à XIII, dont Avignon est un des fiefs.

Né en 1931 sous le nom d’Avenir Club Avignonnais (ACA), puis rebaptisé Olympique avignonnais (OA) en 1949, ce club de football présidé, à partir de 1965, par l’entrepreneur local Guy Sauget fait du nouveau Parc des Sports son stade résident.

Sous l’égide de son mécène, le club évolue en deuxième division et atteint en 1973 la demi-finale de la coupe de France uniquement battu par l’Olympique lyonnais futur vainqueur de la finale contre le FC Nantes.

Puis consécration l’Olympique avignonnais joue en Division 1 lors de la saison 1975-1976 mais effectue l’ensemble du championnat à la dernière place ne totalisant que vingt points à la fin de la saison.

Le 13 décembre 1975, plus de 13 000 spectateurs assistent au retour de l’AS Saint-Étienne au Parc des Sports. Ce sont cette fois les Verts qui s’imposent 3 buts à 1 et remportent le championnat de France, tout en échouant en finale de la coupe d’Europe des clubs champions à Glasgow contre le Bayern Munich.

Perdant le statut professionnel en 1979, l’Olympique avignonnais connaît une décennie difficile avant de brièvement retrouver la deuxième division entre 1989 et 1991, puis il retombe dans les limbes et connaît deux dépôts de bilan en 1996 et 2010 et plusieurs changements de nom, parfois au gré de fusions.

À partir de 2009, c’est l’Athletic Club Arles-Avignon (ex Athletic Club arlésien), accédant à la deuxième division et ne pouvant plus jouer à Arles, qui est le club résident du Parc des Sports.

À l’été 2009, une mise aux normes est donc nécessaire et une tribune provisoire est édifiée. Des travaux nettement plus importants sont entrepris l’été suivant pour permettre à l’Athletic Club Arles-Avignon d’accéder en Ligue 1 lors de la saison 2010-2011.

Outre la rénovation de la tribune Jean Rey et l’agrandissement de la tribune Baranca, le stade est pourvu de deux nouvelles tribunes populaires Nord et Sud derrière les buts, ce qui permet aux supporters locaux de vibrer une seconde fois au rythme de l’accueil des plus grandes équipes du football français. Le match contre l’Olympique de Marseille se déroule devant 15 000 spectateurs.

Retombé en Ligue 2, puis rétrogradé administrativement, le club dépose le bilan en 2015. En 2017, le Sporting Olympique (SO) Avignon XIII, qui a quitté le stade Saint-Ruf, investit le Parc des Sports pour y disputer ses matchs à domicile. Il devient champion de France pour la première fois de sa longue histoire en 2018.

Ce club né en 1916 s’est définitivement tourné vers le jeu à XIII en 1946 et a ainsi offert plusieurs décennies d’exploits aux Avignonnais, dont cinq victoires en coupe de France.

Le Parc des Sports d’Avignon partage en effet une longue histoire avec le rugby et en particulier avec les treizistes. Ce stade a aussi vu se dérouler en son sein des rencontres internationales, comme France Irlande en 2010 ou France Angleterre en 2011 et en 2016. Lors de cette dernière confrontation, remportée par les Anglais 40 à 6, le coup d’envoi est donné par l’Avignonnais Jérémie Azou, champion olympique d’aviron la même année à Rio.

L’apogée rugbystique date cependant du 1er novembre 2013 lors de la confrontation entre la France et la Nouvelle-Zélande à l’occasion de la Coupe du monde de rugby à XIII, dont des matchs se déroulent en France.

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