La Coupe du Monde de rugby à XV est une compétition internationale masculine qui se déroule tous les quatre ans depuis 1987. Elle est ouverte à toutes les fédérations reconnues par World Rugby (anciennement IRB). La première édition s’est déroulée conjointement en Nouvelle-Zélande et en Australie en 1987. Seules seize équipes étaient invitées.
Si les premières règles du rugby ont été définies en 1823 et écrites en 1845, le sport est resté très longtemps l'apanage des nations anglo-saxonnes, et des colonies de l'empire britannique Australie, Nouvelle-Zélande et Afrique du sud. La France les rejoint grâce à des Anglais installés au Havre qui fondent le premier club de rugby de l'hexagone en 1884.
Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, le président de la Fédération française propose d'organiser une compétition regroupant les deux moitiés de l'hémisphère. La fédération internationale refuse, comme elle refusera de nouveau en 1970, et en 1983. Et cela parce qu'elle pense que cela signerait la fin de l'amateurisme. Mais l'Australie et la Nouvelle Zélande reviennent à la charge et finissent par la convaincre.
La première coupe du monde voit le jour en 1987, sans l'Afrique du sud qui pratique encore l'apartheid. Une année impaire pour ne pas être en concurrence avec le football et les JO. Elle sera organisée tous les quatre ans. La première édition, qui ne compte que 16 participants, contre 98 aujourd'hui, est remportée par la Nouvelle Zélande.
Preuve que les craintes de la fédération internationale étaient fondées, le rugby devient professionnel en 1995. La France n'a encore jamais remporté cette coupe qui est allée deux fois à l'Australie, à la Nouvelle Zélande et à l'Afrique du sud et une fois à l'Angleterre.
Les premières compétitions internationales datent aussi de la fin du siècle dernierA l'époque elles mettent face à face des nations britanniques comme l'Angleterre, l'Ecosse, l'Irlande ou le Pays de Galles. Ce n'est qu'à partir de 1910 que ces nations commenceront à rencontrer les Français. Ce tournoi n'est reconnu par la fédération internationale qu'en 1993. En 2000 l'Italie est admise, et le tournoi devient le tournoi des 6 nations. Les pays du Nord jouent les uns contre les autres. Les pays du sud aussi dans leur coin.
Très vite les clubs décident de défrayer les joueurs et de leur payer leurs heures de salaires perdues à jouer. Voire à leur offrir une bonne situation pour les convaincre de changer de club. Le rugby se professionnalise donc rapidement, contre l'avis des instances dirigeantes qui y mettent le hola en 1893 et interdisent les rémunérations sous quelque forme que ce soit. Une partie des clubs font secession et vont fonder le rubgby à 13.
Le trophée récompensant le vainqueur de cette compétition est appelé William Webb Ellis Trophy, en hommage à l'étudiant qui aurait inventé le rugby en 1823. Les All Blacks sortiront grands gagnants de la compétition, face à l'Equipe de France, sur le score de 29 à 9.
Au terme de cinq ou six ans de bagarre, la première Coupe du monde de rugby s’est donc déroulée en 1987, dans l’hémisphère sud, en Nouvelle-Zélande. Et ce fut une réussite.
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Les Premières Rencontres Internationales
La réponse à cette première question suppose d’effectuer un détour historique en observant comment les différents acteurs du rugby organisent la diffusion du jeu dès la fin du xixe siècle ? En effet, l’organisation des premières rencontres internationales est particulièrement significative d’une volonté des Britanniques de contrôler cette diffusion en limitant les échanges entre les nations suffisamment « cultivées » pour se disputer le ballon ovale.
Ainsi, le premier match international est joué entre l’Angleterre et l’Écosse, le 18 novembre 1870 sous la forme d’un défi, sans une volonté réelle d’établir une hiérarchie. La dimension significative de cette rencontre s’observe plutôt dans l’attribution d’un trophée au vainqueur de la confrontation : la Calcutta Cup. Décernée pour la première fois, le 10 mars 1879, cette coupe vise tout à la fois à ritualiser l’affrontement et à récompenser l’équipe la plus généreuse et la plus valeureuse.
Aussi, quand Paul Dietschy parle de tradition inventée pour la coupe du monde de Football5, le monde du rugby n’a pas besoin de se construire de nouvelles légendes. Il a déjà construit ses propres mythologies. Dans la continuité de la légende de William Webb Ellis, chaque rencontre internationale rugbystique est porteuse de traditions qui ancrent ces oppositions dans l’imaginaire populaire et qui participent à la reconnaissance internationale du football-rugby.
Au regard de cette première dynamique qui singularise le monde de l’ovalie et qui l’éloigne du besoin d’une compétition mondiale, il est important d’observer le deuxième processus d’internationalisation des rencontres rugbystiques. Celui-ci se caractérise par l’organisation de tournées entre les nations britanniques et les nations de l’hémisphère sud.
En effet, « les Anglo-Saxons structurent tout un système d’échanges internationaux exclusifs entre les équipes des îles britanniques et celles de l’hémisphère sud (Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud et Australie) à partir d’une logique de tournées réciproques et alternées entre ces différentes nations. Ce système leur permet de contrôler l’internationalisation du jeu tout en répondant à un triple enjeu sportif, économique et idéologique8 ».
En juin 1888, un collectif de joueurs britanniques se déplace dans l’Hémisphère sud pour disputer une série de 35 matches en Nouvelle-Zélande et en Australie9. Pour la Rugby Football Union, cette tournée représente le moyen d’exercer une diplomatie parallèle et de renforcer le modèle colonialiste britannique. S’appuyant sur le modèle de cette première tournée, c’est toute une dynamique d’échanges internationaux qui se construit alors entre les nations de l’Empire Britannique, à la fin du xixe siècle.
Ainsi, entre février et décembre 1889, une équipe de Maoris appelée « the natives » débarque-t-elle dans les Iles Britanniques, pour y disputer une série de 74 rencontres à raison de quatre matches hebdomadaires10. Les dirigeants britanniques s’exonèrent du principe d’universalité de leur sport. Si une diffusion du rugby doit avoir lieu, elle doit rester sous leur contrôle et se limiter à des nations capables de pratiquer ce sport élitiste11.
Si ces tournées se caractérisent par leurs dimensions sportives et festives, l’enjeu économique apparaît malgré tout l’élément dominant et structurant de ces échanges. Ainsi, quand l’équipe anglo-écossaise de Bill Mac Lagan part, en 1891, pour une tournée de 16 jours en Afrique du sud, agrémentée de réceptions et de parties de chasse13, toutes les rencontres se jouent à proximité des comptoirs diamantaires de la Compagnie De Beers14 fondée par Cecil John Rhodes15.
Très vite, il apparaît évident que les tournées sont également le prétexte à des échanges commerciaux pour des joueurs et des dirigeants qui appartiennent à l’élite sociale et économique de l’Empire britannique16. Par ailleurs, l’organisation de ces tournées entre « adversaires » du même monde de l’ovalie présente l’avantage de générer une économie de l’entre-soi qui vont les dispense de créer des événements mondiaux lucratifs, à la différence du football.
En effet, comme le suggèrent les travaux de différents historiens, l’enjeu d’une Coupe du monde quadriennale est, en particulier, de créer une économie permettant une diffusion mondiale du ballon rond par une redistribution des profits. Les tournées internationales de la famille de l’ovalie n’ont pas cet objectif de partage des gains entre toutes les nations. Les bénéfices sont réservés aux seuls acteurs de ces échanges et permettent ainsi de conserver le pouvoir et le contrôle sur le rugby international.
Ainsi, après la première tournée des Néo-Zélandais au Royaume-Uni en 1905, c’est la somme de 8 908 livres que la fédération néo-zélandaise et les nations britanniques hôtes peuvent se redistribuer. Dans cette logique de contrôle des profits, la Rugby Football Union impose, très tôt, son autorité sur ces échanges. En effet, dès 1880, l’institution prend en charge l’ensemble des dépenses afférentes aux matches internationaux.
Pour autant, les nations de l’hémisphère sud cherchent multiplier ces échanges internationaux. Dans un premier temps, les dirigeants néo-zélandais cherchent à pérenniser les tournées avec les Britanniques en proposant de nouveaux modes de financement, en particulier à partir de premières formes de sponsoring et/ou de dédommagements des joueurs. Malgré une première réticence des Britanniques, la marque de cigarette néo-zélandaise BDV finance un tiers des 6 000 livres nécessaires à la tournée de 190517 et les joueurs néo-zélandais vont percevoir trois shillings quotidiens pour compenser le manque à gagner de ces 6 mois de tournée dans le Royaume-Uni18.
Parallèlement et pour des raisons évidentes de proximité géographique, les rencontres entre les nations de l’hémisphère sud se développent au début du xxe siècle. Si le premier déplacement des Néo-Zélandais en Australie est organisé en 1884, trois autres tournées sont effectuées en 1907, 1910 et 1914 pour une visite des Australiens en 1910. Au cours de la même période, les échanges entre Néo-Zélandais et Africains du Sud sont plus difficiles à mettre en place.
Ces difficultés peuvent s’expliquer par les effets de la guerre des Boers, mais aussi et surtout par la stratégie apparemment « perfide » des Britanniques qui mettent « en concurrence les fédérations de rugby de ces deux colonies pour déterminer qui affrontera la mère partie sur son sol, en ce début du xxe siècle »19.
Pourtant, le contexte politique international donne une autre dimension aux échanges entre les nations rugbystiques. En effet, comme l’écrit Stephen Cooper20, seule une crise mondiale comme la guerre permet, au début du xxe siècle, de regrouper tout un ensemble de nations dans un même endroit du globe.
En effet, au regard du sacro-saint principe de l’amateurisme, il n’était pas envisageable (au moins pour les dirigeants britanniques) d’organiser un événement mondial qui conduirait les joueurs à s’absenter pendant deux ou trois mois de leur pays et surtout de leur travail. Or, à la fin de la Première Guerre mondiale, les rugbymen survivants, venus des quatre coins de l’Empire britannique, restent cantonnés en Europe pendant de longs mois.
Aussi, le roi Georges V, pour célébrer la victoire militaire de ses troupes et montrer l’unité de l’Empire approuve l’organisation d’un grand tournoi de rugby la King’s Cup du mois de mars à avril 1919. Les rugbymen du Commonwealth se réjouissent de cette décision. Ils y voient, en effet, la possibilité d’exprimer leur sentiment national et surtout de montrer leur capacité à jouer au même niveau que les Britanniques21.
Les soldats-rugbymen australiens, néo-zélandais, canadiens, africains du sud défient alors les équipes de l’Armée de Terre du Royaume-Uni et de la Royale Air Force. Ce ne sont pas moins d’une quinzaine de rencontres qui sont organisées à travers toute la Grande-Bretagne, auxquelles assistent des milliers de spectateurs. Cependant, la dimension mondiale de cet événement reste limitée comme le montre l’absence des Français.
Ces derniers ne sont pas invités. Et pourtant, ils avaient été acceptés dans le Tournoi des V Nations à partir de 1910. Certains historiens23 justifient cette absence par la faiblesse sportive des Français qui n’ont gagné qu’un seul match sur les 19 disputés dans le tournoi. L’explication ne peut se réduire à ce simple argument. Des considérations politiques semblent plus subordonnantes pour justifier cette absence. La King’s Cup vise à célébrer la toute et seule puissance de l’Empire britannique. Certes, les Français sont des partenaires, mais ils doivent rester de simples spectateurs24.
Par ailleurs, si le contexte politique international stimule l’idée d’une compétition mondiale, le contexte rugbystique semble un frein à la réalisation de ce projet. En effet, au cours des années vingt, l’état du rugby français apporte un ensemble d’arguments aux opposants à une compétition hiérarchisante. L’organisation du tournoi de rugby aux Jeux Olympiques de Paris en 1924 conforte les nations britanniques dans le refus d’une compétition mondiale25.
Le niveau de violence observée sur et en dehors du terrain, en particulier, lors du match entre les Français et les Américains confirme la crainte des Britanniques. La recherche de victoire exacerbée par des matchs à enjeux hiérarchiques est contraire à l’idée du fair-play et conduit à des débordements sur et en dehors du terrain.
Pour préserver la loyauté des acteurs du jeu, les dirigeants britanniques affirment qu’il est nécessaire de jouer de manière désintéressée. L’argument est d’autant plus recevable que les Britanniques donnent en exemple l’image du championnat de France de Rugby. Le désir de s’emparer du Bouclier de Brennus pousse les différents clubs à différentes dérives.
Au cours des années 1920 et 1930, le championnat de France de rugby se caractérise tout à la fois par de nombreuses violences pouvant conduire à la mort de certains joueurs26 et par une circulation incontrôlée de l’argent, contraire aux principes de l’amateurisme et du désintéressement nécessaire à un jeu pur. Face à ce laxisme français, les dirigeants britanniques décident alors de rompre les relations internationales avec la Fédération Française de rugby, le 2 mars 1931. De fait, les tricolores sont exclus du Tournoi des V nations.
Au regard du contexte des années trente, le projet d’organiser une compétition mondiale, à l’image de celle du football, n’est pas concevable. Pourtant, dans l’hémisphère sud, l’idée alimente toujours les débats. Les journaux néo-zélandais se font d’ailleurs l’écho de la possible organisation d’un « tournoi de rugby impérial à Londres »27 qui réunirait les meilleures équipes mondiales.
Une telle compétition est à fortiori encore moins envisageable quand les acteurs du rugby à XIII fomentent un projet de création de Coupe du monde de rugby à XIII. En effet, le 14 novembre 1934, le président de la Ligue française de rugby à XIII, François Cadoret organise une réunion avec John Wilson (Secrétaire de la Rugby Football League28), Jean Galia29, Victor Breyer, Charles Bernat et Louis Delblat30 pour concevoir cet événement.
L’idée est d’organiser une compétition entre la France, l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Australie au cours du mois de mai 1935, avec une finale à Paris31. Le projet, soumis aux dirigeants britanniques de la Rugby League, ne reçoit finalement pas l’agrément de ces derniers. Mais, pour le monde du quinze, la menace est importante ! Ces derniers veulent, avant tout, contrôler la montée du professionnalisme et éviter la commercialisation du ballon ovale.
Ancrés dans leur culture conservatiste, les dirigeants quinzistes ne peuvent concevoir de développer le rugby à quinze sur un modèle économique envisagé par les treizistes. Pour autant, cette période de schisme va constituer un terreau fertile au projet de conception d’une compétition mondiale à la fin du xxe siècle.
En effet, exclus des affaires du rugby mondial, les Français se rapprochent momentanément des Allemands pour fonder une institution européenne du rugby. Le 24 mars 1934, la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, les Pays Bas, l’Italie, le Portugal, la Roumanie, la Suède et la Catalogne créent la Fédération Internationale de Rugby Amateur (FIRA)32.
L’événement est important puisque la Fédération crée aussitôt un championnat européen des nations qui devient la deuxième compétition rugbystique internationale après le tournoi des V nations. Ainsi, de 1935 à 1939 puis de 1965 à 199433, l’organisation...

Palmarès de la Coupe du Monde de Rugby
Voici le palmarès des 9 premières éditions de la Coupe du Monde de Rugby :
- Nouvelle-Zélande : 1987, 2011, 2015
- Australie : 1991, 1999
- Afrique du Sud : 1995, 2007, 2019
- Angleterre : 2003
Seules quatre nations figurent au palmarès de la Coupe du Monde. La Nouvelle-Zélande a remporté trois fois le trophée en 1987, 2011 et 2015, tout comme l'Afrique du Sud en 1995, 2007 et 2019. L'Australie a gagné deux fois en 1991 et 1999 et l'Angleterre est sortie victorieuse de la compétition en 2003, seul pays de l'hémisphère Nord à s'emparer du trophée planétaire. La France a été présente trois fois en Finale (1987, 1999, 2011).
La France et la Coupe du Monde
C'est en 2007 que la France accueille sa première Coupe du Monde de Rugby à XV. Après une phase de qualification entre les sélections nationales de 86 pays, seules onze équipes disputeront le tournoi en compagnie de la France, qualifiée d'office en tant que pays organisateur. Les huit autres nations se sont qualifiées à la faveur de leurs résultats à l'édition de 2003. La FFR acceptera exceptionnellement de délocaliser quatre matches dont un Quart de Finale à Cardiff (Pays de Galles) et deux autres à Edimbourg (Ecosse).
La Coupe du Monde est remportée par l'Afrique du Sud pour la deuxième fois. Elle s'impose face à l'Angleterre dans un match sans essai.
La France est désignée, pour la seconde fois, pays hôte de la compétition, en 2023. Cette 10ème édition a mis à l'honneur 20 équipes dont douze se sont qualifiées directement en terminant dans les trois premières de leur poule au Japon en 2019 et huit à l'issue d'un processus mondial de qualification. En tout, ce sont 48 matches qui se sont joués sur 51 jours, dans 9 stades répartis dans 10 villes hôtes.
Le casting au Stade de France a juste été exceptionnel ! Ce ne sont pas moins 6 des 8 meilleures équipes mondiales, France, Australie, Nouvelle-Zélande, Ecosse, Afrique du Sud ou encore Irlande qui ont foulé la pelouse du Stade de France lors de la phase de poule de la compétition dont le match d'ouverture. Le Stade de France a également accueilli 2 Quarts de Finale, 2 Demi-Finales, la Finale de Bronze et pour finir, la Finale. Ce vendredi 8 septembre, le match France-Nouvelle-Zélande donne le coup d’envoi du Mondial 2023 en France.

Les Parcours de l'Équipe de France
Voici un aperçu des parcours de l'équipe de France lors des précédentes Coupes du Monde :
- 1987 - Nouvelle Zélande / Australie : Finaliste (défaite contre la Nouvelle-Zélande)
- 1991 - Angleterre : Quart de finale (défaite contre l'Angleterre)
- 1995 - Afrique du Sud : Demi-finale (défaite contre l'Afrique du Sud)
- 1999 - Pays de Galles : Finaliste (défaite contre l'Australie)
- 2003 - Australie : Demi-finale (défaite contre l'Angleterre)
- 2007 - France : Demi-finale (défaite contre l'Angleterre)
- 2011 - Nouvelle Zélande : Finaliste (défaite contre la Nouvelle-Zélande)
- 2015 - Angleterre : Quart de finale (défaite contre la Nouvelle-Zélande)
- 2019 - Japon : Quart de finale (défaite contre le Pays de Galles)