La gardienne de but Cléopatre Darleux, figure emblématique du handball français, a récemment exprimé sa frustration et son inquiétude face au manque de considération accordé aux commotions cérébrales dans son sport. Touchée au visage lors de la demi-finale de la Coupe de France, elle a partagé son expérience et ses préoccupations dans une interview poignante.

Un incident révélateur
Lors de la demi-finale de la Coupe de France entre Metz et Brest, Cléopatre Darleux a été victime d'un tir en plein visage de Juliette Faure. La gardienne messine a dû se rendre aux urgences, une situation qu'elle connaît malheureusement bien, ayant déjà été éloignée des terrains pendant plus d'un an en raison de commotions cérébrales entre 2023 et 2024.
Colère et dénonciation
Dans une interview accordée au Républicain lorrain, la gardienne de 35 ans a exprimé sa colère face à l'absence de sanctions et aux failles du protocole commotion. « Il n'y a vraiment aucune protection pour les gardiennes », a-t-elle déploré. « On devrait mettre un rouge direct pour que ça s'arrête. Ça arrive trop souvent, ce n'est pas normal. »
Elle pointe également les failles du protocole commotion : « On ne peut pas dire qu'ils (les arbitres) ne sont pas sensibilisés à la question des commotions, ils ont le réflexe de dire : protocole ! Mais c'est bidon parce que c'est mal fait. »
Darleux appelle à une tolérance zéro en cas de choc à la tête : « Le médecin du match doit venir poser des questions sur le terrain et la gardienne peut continuer à jouer. C'est lunaire ! On devrait faire sortir systématiquement la gardienne. Ils disent de consulter un médecin spécialisé mais ça ne veut rien dire. Il faudrait plutôt donner une liste de médecins ou avoir un médecin référent par exemple. »
Santé - La commotion cérébrale
Un retour à la compétition après une longue absence
Après treize mois d'arrêt en raison de commotions cérébrales, Cléopatre Darleux a fait son retour à la compétition. Le club vient de l'annoncer : "Grâce au travail de l’ensemble du staff sportif du BBH, ce retour de Cléo, avec un temps de jeu encadré, va pouvoir s’inscrire dans la continuité de la saison".
Victime de troubles de la concentration, de vertiges et de maux de tête, elle a été suivie par d'éminents médecins. Elle a d'abord été autorisée à reprendre l'activité physique en janvier, puis rapidement de pleinement réintégrer les entraînements avec son club en février.
Les JO de Paris en ligne de mire
Ce retour à la compétition entretient donc l'espoir qui a toujours guidé Cléopatre Darleux ces derniers mois : être opérationnelle pour participer aux Jeux Olympiques à Paris cet été avec l'équipe de France qui défendra son titre olympique. Elle fait partie des six athlètes qui se relaieront pour porter la flamme olympique à Brest.

Le protocole commotion remis en question
Cléopatre Darleux ne mâche pas ses mots. « C’est bidon parce que c’est mal fait » : la gardienne du Metz Handball, Cléopâtre Darleux, s’en prend jeudi, dans un entretien au Républicain Lorrain, à l’application du « protocole commotion » par sa fédération et réclamé davantage de sanctions.
Après un match face à Brest samedi en coupe de France, où elle a reçu un tir « droit dans la tête », la joueuse explique avoir dû aller aux urgences. « Je ne voyais plus d’un œil. Pendant deux bonnes heures, c’était tout blanc », a raconté Darleux, qui s’agace de la réaction que cela a provoquée chez les arbitres.
« On ne peut pas dire qu’ils ne sont pas sensibilisés à la question des commotions, ils ont le réflexe de dire : protocole ! Mais c’est bidon parce que c’est mal fait. On pose trois questions mais ce n’est pas là qu’on va voir que quelque chose ne va pas ».
Des sanctions plus lourdes exigées
Elle a réclamé des sanctions plus lourdes à l’encontre des joueuses ayant des comportements à risque. « Ça arrive trop souvent, ce n’est pas normal. Au rugby, ils examinent vraiment et il y a de vraies sanctions.
Sélectionnée pour plus de 200 matches en équipe de France, Cléopâtre Darleux avait dû mettre sa carrière entre parenthèses pendant plus d'un an dès janvier 2023 à la suite d'une commotion cérébrale.
En décembre dernier, lors d'un match de Ligue des champions, la gardienne reçoit un ballon en pleine tête, à plus de 100km/heure et à bout portant. "Dix minutes après je retourne sur le terrain, je me sentais un peu sonnée mais ça allait", raconte la joueuse de l'équipe de France.

Un traumatisme pas assez pris au sérieux dans le sport
Au quotidien, tout devient plus compliqué : "Je ne pouvais plus jouer avec ma fille car j'avais des vertiges" détaille la handballeuse, aussi victime de troubles de la mémoire immédiate.
Dans le sport, les commotions sont souvent méconnues : "Les médecins du club n'étaient pas forcément formés à ça. "J'ai envie que ça serve pour tous les handballeurs professionnels mais aussi pour le monde amateur" explique Cléopâtre Darleux.
Depuis sa prise de parole, la joueuse a reçu de nombreux témoignages similaires au sien. Très optimiste pour la suite, la joueuse compte d'ailleurs repousser son départ en retraite initialement prévu après les JO 2024 : "Ça m'a donné envie d'aller un peu plus loin.
Prévention et sensibilisation : les maîtres mots
L'internationale française pense également à l'avenir et aux moyens de limiter les commotions cérébrales. "Le plus important reste la prévention, la prise de conscience et le suivi médical, poursuit-elle. Cela passe par exemple par un renforcement de toutes les cervicales pour aider à maintenir le haut du dos et le cou pour éviter que la tête balance. Ils font ça en Formule 1. Moi-même, je n’avais jamais travaillé là-dessus. Mais je vais le faire, croyez-moi."
Malgré ce qu'il lui est arrivée, "Cléo" Darleux ne veut pas changer sa façon de jouer et aborde les prochaines semaines avec ambition et sérénité. "Il y a quand même quelques rares côtés positifs à cet arrêt. J’ai pu ralentir la cadence ce qui sera positif pour ce qui arrive l’année prochaine. Avant la commotion, j’étais en mode: 'J’arrêterai après Paris 2024.' Je me dis maintenant que je vais faire une ou deux années de plus.