Le championnat de France féminin de football, officiellement appelé Arkema Première Ligue pour des raisons de parrainage, est le championnat féminin français de football de plus haut niveau. Créé en 1919 par la Fédération des sociétés féminines sportives de France (FSFSF), disparu en 1933, il renaît en 1974 sous l'égide de la Fédération française de football (FFF).
La saison 2024-2025 de Division 1 est la 51e édition du championnat de France féminin de football, la première sous l’appellation Arkema Première Ligue[1].
150 ans d'histoire de football féminin + Marinette Pichon / 3107
Les Débuts du Championnat Féminin
Le tout premier match du championnat de France féminin s'est déroulé le matin du 23 mars 1919 au stade Brancion de Paris entre Fémina Sport et l'En Avant. Les deux premières éditions du championnat ne concernent que des équipes parisiennes. En avril 1933, le football est officiellement radié des sports organisés par la FSFSF, en raison de la désaffection croissante des femmes pour ce sport, dont la pratique est soumise à de fortes critiques à la suite de ce détachement.
En 1970, porté par le Stade de Reims, le football féminin est reconnu comme pratique officielle par la Fédération Française. L'année suivante, l'Équipe de France dispute son premier match. La France compte alors environ 2 000 licenciées.
La première saison du Championnat de France de football féminin sous l’égide de la FFF se déroule en 1974. Le titre est remporté lors de cette première saison par le club de Reims[5] le 31 mai 1975 contre Orléans[4]. L'équipe de Reims est alors entraînée par Pierre Geoffroy et Bernard Ranoul[4].
Le Stade de Reims, qui s'est qualifié pour les huit finales suivantes jusqu'en 1982 et en a remporté cinq, ainsi que l'AS Étrœungt (trois fois champion en quatre finales) ont dominé ces premières années du championnat. Le championnat de cette période laisse encore de la place aux petites villes en développement.

Équipe de France féminine en 1985
Évolution du Format de la Compétition
De 1974 à 1979, le nouveau championnat de France féminin se divise en deux phases : un premier tour de quatre groupes composés d'abord de quatre équipes les deux premières années puis de cinq équipes par la suite, chaque équipe affrontant une seule fois chaque équipe de son groupe. Les deux meilleures équipes de chaque groupe sont qualifiées pour les quarts de finale de la compétition, tandis que la dernière est reléguée.
En 1979, le championnat s'agrandit puisque désormais quarante-huit clubs français sont répartis dans six groupes de huit équipes, jouant une série de quatorze rencontres durant la saison de football. La meilleure équipe de chaque groupe se qualifie pour les demi-finales de la compétition qui consiste en deux mini-tournoi à trois équipes qui s'affrontent une seule fois.
De 1982 à 1986, l'ensemble des équipes nationales, quarante-huit clubs, s'affrontent lors d'une première phase de huit groupes de six équipes, en une série de douze rencontres jouées durant la première partie de la saison de football. Les trois meilleures équipes de chaque groupe sont alors qualifiées pour participer à la première division tandis que les trois derniers participent à la deuxième division.
Finalement en 1986, le système de deux divisions est abandonné et le championnat français revient à la formule précédente, avant une réduction des équipes l'année suivante. En effet, de 1987 à 1992, plus que trente clubs français, répartis dans trois groupes de dix équipes, jouaient une série de dix-huit rencontres durant la saison de football.
1992 marque ainsi la création de deux divisions nationales, la Nationale 1A et la Nationale 1B. Pour la première division, est mis en place le format tel qu'on le connaît aujourd'hui avec douze équipes dans une poule unique, s'affrontant tout au long des 22 journées du championnat. En 2000, le championnat prend son nom actuel : Division 1. De cette date à 2004, les quatre premiers du classement disputèrent un tournoi final à l'issue des 22 journées pour désigner le champion.
Domination Lyonnaise et Montée en Puissance du PSG
Pour l'équipe de Saint-Maur, sa dernière apparition en compétition durant ces années-là (1991) est suivie par le début de la suprématie du FC Lyon et du Juvisy FCF, qui ont remporté presque tour à tour le titre de champion jusqu'en 1998. Par la suite, les joueuses de Toulouse deviennent quadruple championnes de France de 1998 à 2001 sous la bannière du TOAC puis en 2002 sous celle du TFC, le club toulousain voyant l'opportunité d'en faire une grande section de son équipe féminine.
La saison 2006-2007 marque le début de la suprématie indiscutable des féminines de l'Olympique lyonnais sur le championnat de France féminin de football. S'ensuit une série de 14 titres consécutifs et un bilan titanesque : de leurs 286 matches à la fin de la saison 2018-2019, elles en ont remporté 263 pour seulement cinq défaites (deux contre Juvisy et le Paris Saint-Germain, une contre Hénin-Beaumont).
Mais depuis 2012 et l'arrivée des propriétaires qataris dans le club de la capitale, la section féminine du PSG ne cesse de réduire l'écart avec les championnes lyonnaises[7]. Les rencontres entre l'Olympique lyonnais et le Paris Saint-Germain deviennent ainsi un « classique » du championnat, ces matchs étant décisifs pour le titre, et une forte rivalité nait alors entre les deux clubs.
La saison 2020-2021 est historique pour la D1, synonyme de premier sacre pour le Paris Saint-Germain, détrônant Lyon après 14 titres consécutifs[8].
Professionnalisation et Développement Récent
En 2023, la FFF engage un plan de développement du football féminin français. Une nouvelle fois en 2023, la fédération décidé de créer la Ligue féminine de football professionnel (LFFP), interne à la fédération, afin de professionnaliser la D1 et la D2 et développer les ressources du championnat.
Depuis 2019, dix-huit joueuses peuvent être inscrites sur une feuille de match, contre seize auparavant, la FFF se conformant à la norme en Ligue des champions féminine. Douze arbitres sont retenus en début de saison pour devenir les arbitres principales des matchs de première division. Depuis la saison 2020-2021, l'ensemble des arbitres de D1 Arkema sont équipés d'un système de communication par micros et oreillettes[51]. De plus, la FFF lance un plan de professionnalisation des arbitres de D1 à partir de cette même saison.
Profitant du succès de la Coupe du monde 2011, la D1 féminine est pour la première fois diffusée à la télévision cette même année, sur Eurosport et France 4. Sur cette dernière, les premiers matchs diffusés de la saison 2011-2012 attirent 370 000 téléspectateurs en moyenne, soit 2,1 % de parts d’audience[61]. La Fédération française de football lance le 10 octobre 2017 l'appel d'offre des droits télévisés du championnat de France féminin pour les saisons 2018-2019 à 2022-2023, en imposant aux diffuseurs d'être en mesure de diffuser toutes les rencontres.
Alors qu'elle comptait un total de 81 153 licenciées en 2011, la FFF a dépassé la barre des 200 000 licenciées durant la saison 2019-2020. Aujourd'hui, elles sont plus de 250 000.
Chiffres clés
- 251 682 Licences féminines dont 202 493 joueuses.
- 40 687 Dirigeantes.
- 2 412 Éducatrices et animatrices.
- 1 448 Arbitres femmes.
Format Actuel et Qualification Européenne
Le championnat oppose douze clubs français en une série de vingt-deux rencontres jouées durant la saison de football. Le classement est calculé avec le barème de points suivant : une victoire vaut trois points et le match nul un. La défaite ne rapporte aucun point. Les critères de départage entre plusieurs équipes au même nombre de points sont, dans l'ordre d'importance, plus grand nombre de points dans les confrontations directes, la plus grande différence de buts particulière, la plus grande différence de buts générale puis le plus grand nombre de buts marqués. À la fin de la saison, les deux dernières sont reléguées en deuxième division.
La phase finale du championnat réunit les quatre premières équipes du classement de la saison régulière. Les demi-finales à élimination directe opposeront le 1er au 4e et le 2e au 3e. La finale se disputera sur le terrain de l'équipe la mieux classée au terme de la saison régulière. Il n'y a plus de match pour la troisième place.
La Coupe féminine de l'UEFA est créée en 2001, et permet ainsi au club champion de France de pouvoir participer au premier tour de qualification de la compétition. Le Toulouse OAC, champion en 2001, est le premier club français à participer à cette compétition. En 2009, la Coupe féminine de l'UEFA est réformée et devient la Ligue des champions féminine de l'UEFA. Dans ce nouveau format, le champion de France est directement qualifié pour participer à la phase finale de la compétition alors que le vice-champion doit passer par le tour préliminaire de cette compétition.
Alors qu'à partir de 2021-2022 la Ligue des champions change de format avec une phase de groupes avant les tours à élimination directe, la troisième place du championnat de France devient qualificative pour la compétition européenne[45]. Le champion de France se qualifie directement pour la phase de groupe tandis que le deuxième entre au deuxième tour qualificatif et le troisième au premier tour[46].
Depuis la création de la Coupe féminine de l'UEFA en 2001, devenue la Ligue des champions féminine de l'UEFA en 2009, deux équipes de première division ont disputé douze finales continentales pour un total de huit victoires. Ces huit titres sont gagnés par l'Olympique lyonnais, club le plus titré de l'histoire de la compétition, en dix finales jouées depuis 2010. En 2017, a lieu la première finale 100 % française, opposant l'OL et le PSG.

Ligue des Champions féminine
Distinctions Individuelles
Il y a plusieurs distinctions individuelles attribuées au terme d'une saison du championnat de France. Si l'UNFP attribue des récompenses depuis 2001, la FFF ne lui fait concurrence que depuis 2010. Depuis la saison 2000-2001, un trophée est remis à la meilleure joueuse du championnat lors de la cérémonie de remise des trophées UNFP du football. Seule Dzsenifer Marozsán a remporté le trophée de meilleure joueuse à trois reprises (en 2017, 2018 et 2019).
Depuis la saison 2009-2010, le trophée de la meilleure joueuse de Division 1 est attribué par la FFF. De 2010 à 2015, c'est la lauréate du Challenge de la meilleure joueuse qui se voit attribuer la récompense en fin de saison. Le jury du Challenge était composé des douze entraîneurs de Division 1. Depuis 2016, la FFF organise une cérémonie des trophées de la D1 féminine en fin de saison.
Au mois de mai, lors de la cérémonie des trophées UNFP du football 2025, sont élues la meilleure joueuse, la meilleure espoir et la meilleure gardienne de but de la saison.
Records et Statistiques
Gaëtane Thiney a joué le plus de matchs de D1 féminine à voie unique, elle est la première joueuse à avoir atteint les 400 matchs (le 17 octobre 2020 contre Fleury). Les données ne sont malheureusement pas tout à fait complètes dans les premières années, mais peuvent être complétées par d'autres bases de données.
Eugénie Le Sommer, avec 226 buts, est la meilleure buteuse du championnat de France depuis la saison 2001-2002 (données introuvables auparavant). Elle inscrit la majorité de ses buts avec Lyon, de 2010 à 2024, et termine trois fois meilleure buteuse de la saison (2010, 2012 et 2017).
Le tableau ci-contre récapitule le classement de la France au coefficient UEFA depuis 2002. Ce coefficient par nation est utilisé pour attribuer à chaque pays un nombre de places pour la Ligue des champions ainsi que les tours auxquels les clubs doivent entrer dans la compétition.
Liste des Champions
L'Olympique lyonnais est le club qui a remporté le plus de titres de première division (18) et qui détient le record du nombre de victoires consécutives (14).
| Saison | Champion |
|---|---|
| 1974-1975 | Stade de Reims |
| 1975-1976 | Stade de Reims |
| 1976-1977 | Stade de Reims |
| 1977-1978 | AS Étrœungt |
| 1978-1979 | AS Étrœungt |
| 1979-1980 | Stade de Reims |
| 1980-1981 | AS Étrœungtt |
| 1981-1982 | Stade de Reims |
| 1982-1983 | VGA Saint-Maur |
| 1983-1984 | ASJ Soyaux |
| 1984-1985 | VGA Saint-Maur |
| 1985-1986 | VGA Saint-Maur |
| 1986-1987 | VGA Saint-Maur |
| 1987-1988 | VGA Saint-Maur |
| 1988-1989 | CS Saint-Brieuc |
| 1989-1990 | VGA Saint-Maur |
| 1990-1991 | FCF Lyon |
| 1991-1992 | FCF Juvisy |
| 1992-1993 | FCF Lyon |
| 1993-1994 | FCF Juvisy |
| 1994-1995 | FCF Lyon |
| 1995-1996 | FCF Juvisy |
| 1996-1997 | FCF Juvisy |
| 1997-1998 | FCF Lyon |
| 1998-1999 | Toulouse OAC |
| 1999-2000 | Toulouse OAC |
| 2000-2001 | Toulouse OAC |
| 2001-2002 | Toulouse FC |
| 2002-2003 | FCF Juvisy |
| 2003-2004 | Montpellier HSC |
| 2004-2005 | Montpellier HSC |
| 2005-2006 | Juvisy FCF |
| 2006-2007 | Olympique Lyonnais |
| 2007-2008 | Olympique Lyonnais |
| 2008-2009 | Olympique Lyonnais |
| 2009-2010 | Olympique Lyonnais |
| 2010-2011 | Olympique Lyonnais |
| 2011-2012 | Olympique Lyonnais |
| 2012-2013 | Olympique Lyonnais |
| 2013-2014 | Olympique Lyonnais |
| 2014-2015 | Olympique Lyonnais |
| 2015-2016 | Olympique Lyonnais |
| 2016-2017 | Olympique Lyonnais |
| 2017-2018 | Olympique Lyonnais |
| 2018-2019 | Olympique Lyonnais |
| 2019-2020 | Olympique Lyonnais |
| 2020-2021 | Paris Saint-Germain |
| 2021-2022 | Olympique Lyonnais |
| 2022-2023 | Olympique Lyonnais |
| 2023-2024 | Olympique Lyonnais |
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