L’Eliteserien est de retour ! Le championnat de Norvège reprend dimanche 31 mars à 18h. Le club de Bodo/Glimt remet son titre en jeu.

Histoire et évolution du football en Norvège
Le football apparut dans les années 1910 dans la ville côtière du Sud-Ouest de la Norvège, Haugesund. Rapidement, deux clubs virent le jour : SK Vard en 1916 et SK Djerv en 1919. Puis, en 1939, un troisième larron fut fondé, le SK Haugar.
Les 3 clubs se disputèrent la suprématie de la cité et cette rivalité déclencha une dynamique intéressante pour la région. Dès qu’un club avait fait sa part sur la scène nationale et entamait alors un déclin, un nouveau prenait le relais et portait fièrement l’étendard de Haugesund.
Mais, les exigences du haut niveau devinrent de plus en plus difficile à suivre et, après plusieurs années d’errance en termes de résultat, ponctuées de difficultés financières, les trois fleurons de la ville envisagèrent d’unir leurs forces. Finalement, Vard abandonna le projet et le FK Haugesund naquit en 1993 de la fusion de deux autres clubs.
Le football fit son apparition dans cette ville du Sud du pays, près de Stavanger, au début du XXème siècle (vers 1907), lorsque les frères anglais Arnold et Hubert Thomas vinrent y travailler. Séduite, la jeunesse de la ville s’organisa rapidement puisque dès l’année suivante, le club de Sandnes Fodboldforening vit le jour.
Au départ des frères Thomas qui retournèrent en Angleterre en 1911, le club fut dissous. Pourtant, l’engouement suscité par cette nouvelle pratique sportive ne disparut pas parmi les jeunes de la ville.
Naturellement, lors de la création d’un club, le nom demeurait un choix important et l’objet de débat mais souvent suivait des modes. Et, en Norvège, au début du XXème siècle, la mode était à des noms courts, de préférence une seule syllabe : Fram (3 clubs fondés en 1892, 1894 et 1907), Odd (1894), Lyn (1896), Start (1905), Brann (1908), Frigg (1904), Ørn (1904) et Skeid (1915).
Club norvégien fondé le 15 septembre 1920, il s’agit d’un des plus septentrionales au monde. Situé à plus de 1 700 km par la route de la capitale Oslo, il faut plus de 21 heures pour relier les deux villes. Autant dire que cela n’a pas facilité le développement de cette association sportive nordique.
D’ailleurs, jusque dans les années 1950, les clubs du Nord du pays ne pouvaient pas participer aux ligues nationales et il fallut attendre 1963 pour qu’ils puissent enfin concourir en Coupe de Norvège.
Tromsø attendit les années 1980 pour parvenir dans l’élite norvégienne. Néanmoins, situé dans le grand nord, exclu des compétitions nationales jusqu’au milieu du XXème siècle, il n’était pas évident de recruter des joueurs.
Naturellement, le club se porta sur la formation pour constituer et renforcer ses équipes. Il investit donc dans son académie et Tromsø devint un fournisseur de joueurs pour les clubs huppés de l’Eliteserien (la première division norvégienne) ou l’équipe nationale.
Le football s’est établi plus tôt dans la péninsule du Varanger que dans le reste du nord de la Norvège principalement rural, à l’exception d’Hammerfest où dès 1886 une association sportive a été créée.
Les premiers clubs de football ont été fondés à la fin des années 1900 contre les années 1920 à Tromsø. Les activités sportives ont été créés en grande partie suite à la fondation de mines locales, comme avec Sydvaranger AS en 1906, une industrie minière exploitant les mines de fer dans le Sør-Varanger près de Kirkenes.
Un afflux massif de la population fait passer la ville dans la période 1910 à 1930, de 3 570 à 7 590 habitants. En 1935, un journal norvégien dit « Venir à Kirkenes c’est comme arriver à une idylle économique et souriante ».
La ville est devenue un avant-poste moderne de la Norvège. Mais dans leur temps libre, les jeux de cartes, la danse, la boisson et les combats étaient courants à cause du manque de divertissement.
Deux ans plus tard, l’association sportive de la ville est créée. Le Kirkenes IF doit « promouvoir des sports d’été et d’hiver sains sur place ». Sa gestion est soutenue par des forces au sein de la direction de Sydvaranger AS déplorant le manque d’association sportive.
Un an plus tard, Kirkenes et Nyborgmoen s’affrontaient dans les premiers matchs entre des clubs éloignés du Finnmark. Plus tard, le « trophée Nyborgmoen » est devenu l’un des grands tournois organisés dans le nord de la Norvège.
Dès 1863, à Vadsø, une association sportive est créée. Ce n’est que dans les années 1910 que des clubs de football sont créés à Vadsø et à Vardø.
À partir de 1919, des clubs se sont fondés tout au long de la côte. Le football consolidait sa place d’activité culturelle la plus populaire dans le nord de la Norvège.
La création de l’association de football du Finnmark en 1920 a permis le développement des terrains et des complexes sportifs. C’est l’une des dix-huit associations norvégiennes à l’échelle des comtés.
Les clubs appartenant à l’association provinciale ont pu être reconnus par l’association de football norvégienne. Ils ont été soumis aux lois de l’association nationale, ce qui a favorisé l’organisation des premiers tournois de football régional régulièrement.
La nécessité de limiter le nombre de match entre des équipes éloigné de la province s’expliquait par les trajets de plusieurs jours avec le Hurtigruten entre les villes du Finnmark.
En 1935, il y avait quinze clubs dans les trois championnats du comté. La presse locale a joué un rôle important dans le développement du football au Finnmark.
Le Championnat de Norvège de football est une compétition annuelle et professionnelle, inaugurée en 1937. Les meilleures équipes de la saison peuvent prendre les places européennes, alors que les dernières descendent en deuxième division.
Structure et Fonctionnement de l'Eliteserien
Seize équipes sur la ligne de départ. Le Championnat de Norvège de football est une compétition annuelle et professionnelle. Les meilleures équipes de la saison peuvent prendre les places européennes, alors que les dernières descendent en deuxième division.
La seconde division du championnat de football de Norvège se nomme 1. divisjon. Elle regroupe 16 équipes pour les deux places directes d’ascension et une place de promotion entre la troisième et la sixième place.
Quatrième championnat nordique à reprendre ses droits, l’Eliteserien a vu Bodø/Glimt être couronné du titre de champion pour la quatrième fois de son histoire l’année dernière.
La soixante-seizième édition du championnat élite de Norvège de football a débuté le 16 juin 2020, pour finir en décembre 2020 ; suite aux complications de la crise sanitaire. Seize équipes s'affrontent pour succéder au Molke FK. L'équipe championne va en Champions League, les deux suivantes en Europa League.
La soixante-dix-septième édition du championnat élite de Norvège de football a eu lieu du 9 mai au 12 décembre 2021. Seize équipes s'affrontent pour succéder au Bodø/Glimt. L'équipe championne va en Champions League, les deux suivantes en Europa League.
La soixante-dix-huitième édition du championnat élite de Norvège de football a eu lieu du 2 avril au 13 novembre 2022. Seize équipes s'affrontent pour succéder au Bodø/Glimt. L'équipe championne va en Champions League, les deux suivantes en Europa League.
La soixante-dix-neuvième édition du championnat élite de Norvège de football a eu lieu du 10 avril au 2 décembre 2023. Seize équipes s'affrontent pour succéder au Molde FK. L'équipe championne va en Champions League, les deux suivantes en Europa League.
L'Eliteserien norvégienne est-elle une compétition sérieuse ?
Les équipes phares de l'Eliteserien
Malgré le départ du serial buteur Pellegrino pour la MLS, Bodo/Glimt est le favori numéro un à sa propre succession. La conservation d’une ossature mixant expérience et jeunesse talentueuse ainsi qu’un recrutement judicieux et malin pour compenser les départs donnent un effectif équilibré, dense et suffisamment large pour voir venir sur la scène domestique.
Cinquième la saison dernière après un exercice raté, Molde a les crocs et son récent parcours en Ligue Europa Conference (élimination en huitièmes de finale) présuppose que cette année les blanc bleu devraient être bien présents au rendez-vous de cette nouvelle campagne. En se renforçant dans toutes les lignes, cela devrait instaurer une concurrence plus vive que celle de la saison dernière et donc tirer vers le haut ce groupe expérimenté dorénavant doté d’une vraie profondeur de banc.
Pour son retour dans l’élite, Brann a fait un beau dauphin la saison dernière. Riche d’un mercato ciblé, le podium comme objectif afin d’inscrire le club de Bergen dans la continuité. Un bon début de championnat pourrait représenter un risque d’affaiblissement au prochain mercato estival avec l’appétit de clubs venus chercher de belles affaires.
Auteur d’une belle préparation malgré le départ de deux joueurs importants, Viking a le profil d’un coupeur de tête, à même d’embêter tous ses concurrents. A la condition expresse d’être épargné par les coups du sort qui pourraient en particulier frapper ses joueurs clefs, le club de Stavanger aura son mot à dire.
Formation solide à défaut d’être géniale, Lilleström joue la carte de la stabilité et plutôt à raison au regard de la qualité présente dans toutes ses lignes. Difficile toutefois d’imaginer ces Canaris s’envoler plus haut.
Encore décevant avec une piteuse neuvième place, Rosenborg, qui compte dans ses rangs Nypan la pépite du championnat (17 ans et qui affole tous les cadors européens), sera de nouveau à la recherche de son glorieux passé, riche de 26 titres de champions et d’un goût prononcé pour les Trolls. Très irrégulier en préparation, la déculottée reçue contre Viking (5-0) juste avant la reprise est venue doucher les ambitions d’un retour sur le devant de la scène.
Surprenant troisième la saison dernière, Tromsø a été victime de son succès. Helstrup, son entraîneur, est parti chez le voisin Bodo-Glimt en tant qu’assistant. Point fort de ses succès, sa défense a été décimée par les départs : Gundersen le défenseur central et taulier à Bodo Glimt (décidément, ça promet de sacrées retrouvailles) et les deux latéraux Vesterlund le droitier à Utrecht et Diouf le gaucher au Slavia Prague. Une préparation calamiteuse, avec zéro clean sheet. Récidiver s’annonce bien compliqué, le maintien en priorité.
Un cran derrière, on pourrait retrouver Sarpsborg 08, qui a vu son effectif chamboulé par les départs de plus de la moitié de l’équipe et qui va s’attacher à rebondir.
Strömsgodset reste difficile à jauger tant par les mutations de son effectif que par ses résultats irréguliers en préparation. Sur la foi de sa préparation bien délicate, la saison pourrait être longue du côté de Odd qui va devoir constamment regarder dans son dos. Heureusement, le club de Skien, qui est aussi le plus vieux club de Norvège (fondé en 1894), peut compter sur certains éléments de son groupe pour batailler avec force.
Champion en titre de la Obos Ligaen, Fredrikstad est à priori le promu qui a le plus de chance de renouveler son bail dans l’élite. De sa capacité à améliorer sa défense (59 buts encaissés soit presque deux buts par match) dépendra en grande partie la tenue de route de Hamarkameratene dit HamKam.
Treizième et premier non relégable la saison passée, Sandefjord espère vivre un championnat moins compliqué. Pas gagné cette histoire, même pour un club habitué à surprendre.
Comme la saison passée, Haugesund s’attend à devoir lutter jusqu’au bout pour se maintenir. Condamné à voir partir tous les ans ses meilleurs éléments, le club né d’une fusion en 1993 a misé cet hiver sur un recrutement faisant la part belle à la jeunesse. Avec l’espoir que l’insouciance se marie à l’efficacité.
Passé par le tortueux chemin des barrages pour assurer une remontée immédiate, Kristiansund est un promu promis à la descente, qui va s’évertuer à éviter de prendre de nouveau l’ascenseur. Déjà meilleure attaque en Obos Ligaen, le KBK a porté principalement porté son effort de recrutement onéreux sur sa ligne d’attaque.
Promu, KFUM Oslo a fait le choix de la stabilité de l’effectif.
Située à Stavanger, Viking est un des clubs légendaires de Norvège. D’une part, fondé le 10 août 1899, le club compte parmi les plus anciens du pays. Cette longévité s’est traduite par son longue présence au sein de l’élite norvégienne. Intégrant la ligue à sa création en 1963, le club participa à toutes les saisons à l’exception de trois courtes périodes (1966-67, 1987-88 et 2018). Résultat, il est l’un des deux clubs norvégiens avec le plus de participation à la première division. D’autre part, Viking FK est l’un des clubs de football les plus titrés de Norvège.
4 fois champions de Norvège (2011, 2012, 2014, 2019) et 5 fois vainqueur de la Coupe (1994, 2005, 2013, 2014, 2021), Molde FK est l’un des principaux perturbateurs de l’hégémonie de Rosenborg. Ole Gunnar Solskjær joua une saison à Molde avant de rejoindre Manchester mais il exerça aussi en tant que manager à Molde, permettant aux clubs d’acquérir sa renommée (Solskjær officia entre 2011 et 2014 ainsi qu’entre 2015 et 2018).
Située au nord du Cercle polaire, dans le comté de Nordland, Bodø est la ville norvégienne qui attire les touristes pour observer les aurores boréales et s’engouffrer dans les fjords. Surtout, elle connaît une période estivale (2 juin au 10 juillet) pendant laquelle le soleil ne se couche pas (le fameux soleil de minuit). Depuis 2020 (et son premier titre de champion), elle est devenue la fierté et la lueur du nord du pays, souvent dénigré, notamment en football, par le reste de la Norvège.
En effet, une vieille croyance supposait que les clubs du nord du pays (Nordland, Troms et Finnmark) n’avaient pas les moyens de rivaliser avec ceux du sud, et en conséquence, ils n’étaient pas autorisés à participer à la Coupe nationale jusqu’en 1963, ni être promus en première division avant 1972.
Seulement, Bodø/Glimt fit mentir cette légende en remportant 2 fois la Coupe (1975, 1993 + 4 fois finaliste : 1977, 1996, 2003, 2022) et surtout 2 fois le championnat (2020, 2021). Pratiquant un jeu offensif et ayant une philosophie de développement passant par la formation, il s’agit désormais de la nouvelle sensation norvégienne. L’AS Roma de Mourinho ne me contredira pas après le 6-1 reçu à Bodø en Ligue Europa Conférence en 2021.
Le FK Bodo/Glimt, prononcé « Bou-deu glimt » en norvégien dans le texte, est en train de se faire un nom sur la scène européenne. Situé à Bodo, au nord du cercle polaire, ce club norvégien surprend par ses performances durant cette campagne 2024-2025 de Ligue Europa.
Ce jeudi, Bodo/Glimt a écrit la plus belle page de son histoire européenne en se qualifiant pour les demi-finales de la Ligue Europa aux dépens de la Lazio, écartée aux tirs au but dans son antre du Stadio Olimpico (2-0, 1-3, 3-2 t.a.b.). La performance rappelle à quel point cette équipe aime les clubs romains, puisqu'elle avait infligé un 6-1 à l'AS Rome en phase de groupes de Ligue Europa Conférence en octobre 2021.
Après avoir passé deux tours de qualifications de Ligue des champions mais échoué en barrages fin août face à l'Étoile Rouge Belgrade (2-1, 0-2 au retour), les Norvégiens ont frappé fort en phase de ligue de la Ligue Europa en battant le FC Porto (3-2, le 25 septembre), avant de s'imposer face à Besiktas (2-1, le 26 octobre).
Le succès des Jaunes ne repose pas uniquement sur les résultats, mais aussi sur un style de jeu attractif. Sous la direction de l'entraîneur Kjetil Knutsen, l'équipe pratique un football offensif basé sur un pressing intense, des circuits de passes travaillés et une construction fluide du jeu. Et le terrain synthétique de l'Aspmyra Stadion n'y est pas pour rien, comme l'a souligné ce jeudi l'entraîneur de la Lazio, Marco Baroni : « Ce terrain en synthétique favorise les redoublements de passe et ils le font très bien. »
Arrivé en 2018 au club centenaire (il a été fondé en 1916), il lui a permis de remporter le Championnat norvégien pour la première fois de son histoire en 2020, puis en 2021, 2023 et 2024. Et cette réussite lui vaut l'attention de nombreux suiveurs du football scandinave.
Mais c'est dans la gestion de ses joueurs que se distingue le plus l'équipe norvégienne. Car dans un football moderne où les petits clubs se lancent dans l'achat-revente, à l'instar de son voisin danois Nordsjælland et ses éphémères talents ghanéens (Nuamah, Sulemana, Kudus), Bodo/Glimt détonne.
En effet, dans son onze de départ contre la Lazio, sept titulaires avaient au moins cinq saisons d'ancienneté au club, comme le milieu Ulrik Saltnes, auteur des deux buts contre la Lazio à l'aller. La saison européenne du club norvégien est déjà magnifique.

Bodø/Glimt a éliminé le vice-champion d'Europe. Tombeur de l'Inter (3-1, 2-1), Bodø/Glimt a écrit la plus belle page de son existence.
Après sa victoire à l'aller (3-1), Bodø/Glimt a réalisé l'impensable en s'imposant à Milan (1-2). Malgré une pression étouffante des Nerazzurri (30 tirs à 7), le réalisme froid des Norvégiens a fini par éteindre le leader de la Serie A.
Ce qui rend cette qualification exceptionnelle à bien des égards, c'est avant tout l'état de forme des deux effectifs. Le championnat norvégien (Eliteserien) s'est achevé le 30 novembre dernier ; Bodø/Glimt était donc techniquement en vacances depuis quasiment trois mois. Faire tomber un cador européen en plein rythme de compétition, avec seulement trois semaines de préparation dans les jambes, relève de la prouesse médicale autant que sportive. La gestion du bloc bas et la capacité de résilience physique des Jaunes ont totalement annihilé le système de Christian Chivu.
Sur le plan comptable, le séisme est tout aussi vertigineux. L'effectif complet de Bodø/Glimt est valorisé à seulement 57 M€, soit moins que le prix d'un seul titulaire de l'Inter comme Alessandro Bastoni ou Nicolo Barella. Avec un budget global dix fois inférieur à celui de son adversaire, la formation norvégienne a prouvé que la structure collective et l'identité de jeu - ce fameux 4-3-3 immuable cher à Kjetil Knutsen - pouvaient compenser un déficit abyssal de talent individuel.
C'est la première fois en 54 ans qu'un club hors du TOP 5 terrasse trois géants de cette envergure sur une seule campagne.
Au-delà de la surprise, ce succès marque un tournant historique pour un football norvégien trop longtemps resté dans l'ombre des grandes nations. Jusqu'ici, seule l'épopée de Rosenborg en 1996-1997, qui avait atteint les quarts de finale, servait de boussole aux clubs du pays.
En brisant ce plafond de verre face au vice-champion d'Europe, Bodø/Glimt s'offre une légitimité nouvelle, effaçant des décennies de complexes sur la scène internationale.
Pour la présidente de la fédération, Lise Klaveness, ce triomphe à Milan est «le plus grand de l'histoire du football de clubs du pays» . Une juste récompense pour une équipe qui a rappelé que la vérité du terrain ne se lisait pas toujours sur un tableur Excel.
Surnoms des clubs
La particularité de la capitale norvégienne est que ses habitants n’ont pas de gentilé. Le Ministère des Affaires Etrangères français, en collaboration avec l’Académie française, a défini le terme Oslovien mais, en Norvégien, le terme approprié est osloenser, qui signifie les « habitants d’Oslo » . En surnom, cela n’aurait pas été très original. Car le club de Vålerenga demeure la fierté d’Oslo, le seul à défendre la capitale au sein de l’élite du football norvégien.
Le club et ses supporteurs s’identifient donc totalement à la cité. Résultat, ce surnom fait référence au Saint Patron de la ville, St. Né vers 1020 et issu d’une famille noble, Hallvard Vebjørnsson était un fervent chrétien, aimant son prochain.
Située sur la côte et protégée par les détroits de Smedasund et de Karmsundet, Haugesund reposa son développement sur les activités maritimes, en particulier la pêche. Dans les mers du Nord et Baltique, le hareng regorgeait car ces mers correspondaient à son aire de ponte.
Lorsque la ville se dota d’armoiries officielles le 29 décembre 1862, le conseil municipal adopta des éléments relatifs à ce pan important de la vie de la cité. Ainsi, trois barils de hareng sur lesquels reposait une ancre décoraient le centre des armes. En arrière-plan, le port maritime apparaissait, accompagné de trois mouettes blanches volant dans le ciel.
A l’occasion du 75ème anniversaire de la ville, de nouvelles armes, plus simples, virent le jour en 1930. Les barils de hareng furent supprimés en raison du déclin de cette industrie et les nouvelles armoiries ne représentaient plus que 3 mouettes blanches sur un fond bleu. Le bleu et les mouettes rappelaient les liens historiques et forts de la cité avec la mer. Ce nom particulier suffit en lui-même pour faire le surnom du club.
Le premier président du Sandnes Ulf, Nils Voss, un des membres les plus âgés du défunt Sandnes Fodboldforening, souhaitait que le nouveau club porte un nom différent de celui de Sandnes Fodboldforening.
Ainsi, lors de l’assemblée générale extraordinaire du 27 juin 1911, trois propositions de noms furent soumises au vote : Smart (vif, intelligent - proposition du conseil d’administration) Gann (terme utilisé avant le Moyen-Âge pour désigner la région de Sandnes - proposition de Johan Iversen) et Ulf (proposition d’Arnulf Asserson).
Bien que soutenu par le conseil d’administration, Smart ne recueillit que 3 voix (comme Gann). En revanche, Ulf, nom court, simple, accrocheur, avec une certaine sonorité, remporta la mise, avec dix voix.
Dans ses premières années d’existence, la principale préoccupation du club était d’évoluer sur un terrain praticable. Par ailleurs, les finances du club étaient modestes et les maigres premiers deniers servaient avant tout à financer les déplacements et à acheter des ballons.
En 1915, ce nom n’avait toujours pas convaincu les membres du club et finalement ces derniers le changèrent pour un plus classique Molde FK. Ce choix de couleurs n’est pas documenté mais j’avance personnellement que le fait que ces couleurs soient similaires avec celles des armoiries de la ville, adoptées en 1742, n’est pas le fruit du hasard.
Représentant une baleine, dans des vagues blanches, poussant un tonneau sur un fond bleu, ces armes symbolisent les principales activités économiques de la ville au Moyen-Âge : l’exportation de bois et l’exportation de hareng. Pourtant il s’agit bien d’une baleine sur les armoiries et non d’un hareng. Molde n’a jamais été un port de pêche à la baleine.
Fondé en 1916, le club se nomma tout de suite FK Glimt. Pourquoi les fondateurs souhaitèrent s’appeler ainsi ? Ce choix n’est pas documenté mais il n’est pas étonnant qu’ils se placèrent sous le signe du soleil. Bodø étant la première ville au nord du cercle polaire arctique et par conséquent la ville la plus méridionale de Norvège avec le soleil de minuit, la cité et ses habitants ont donc une longue relation avec l’astre lumineux.
En outre, quand l’écusson fut revisité à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale (alors que la ville entamait sa reconstruction suite aux bombardements de la guerre qui l’avait grandement détruite), le seul élément qui fut conservé était le soleil sur fond rouge. De l’avis de son créateur, Trætteborg, Bodø avait une raison particulière de choisir le soleil comme symbole (en raison de sa position géographique citée avant).
Le nom du club évolua au fil des ans pour arriver à cette particularité d’intégrer un « slash ». En 1936, le club créa une section ski (saut à ski, ski de fond, combiné) et devint donc Ski- og Fotballklubben Glimt (Ski et Football Club Glimt).
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