Le lancer franc, un tir non contesté accordé à un joueur après une faute, représente une opportunité cruciale de marquer des points au basket-ball. Cet article explore l'importance du pourcentage de réussite aux lancers francs en NBA, en mettant en lumière des figures emblématiques comme Robert Smith et Shai Gilgeous-Alexander, et en analysant les statistiques qui définissent cet aspect fondamental du jeu.
Au basket-ball, rater un lancer franc peut arriver, mais en rater onze est exceptionnel. Le 8 décembre 2000, Shaquille O’Neal a établi un record NBA unique en son genre : celui du plus grand nombre de lancers francs manqués consécutivement dans un même match, avec 11 échecs. Cet événement souligne l'importance de la constance et de la précision dans cet exercice apparemment simple.

Robert Smith : Un Record Fabuleux dans le Basket Français
Le basket professionnel français a été témoin d'un exploit exceptionnel il y a trente ans : le record de Robert Smith aux lancers-francs sur une saison. Personne n'a probablement jamais fait aussi bien, au monde. Le plus fabuleux record de trente ans de basket professionnel français ? Celui de Robert Smith, aux lancers-francs, sur une saison.
Le 7 octobre 1987, à Nantes, Robert Smith loupe un lancer-franc. Ce qui semble être une statistique anodine marque le début d'une série impressionnante. Le meneur de jeu de Monaco ne va plus manquer un seul shoot de la saison sur la ligne de réparation. Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
- 6/6 contre Antibes
- 10/10 à Mulhouse
- 12/12 lors de la venue d’Avignon
- 4/4 pour la 14e journée retour contre Orthez
Arnaud Sevaux, le statisticien de la ligue, a confirmé ces données en reprenant les feuilles de stats de l’époque. Résultat : l’Américain a bien réalisé un incroyable 99/100 aux lancers cette saison là en en convertissant 90 de suite. C’est cette marque qui est entrée dans l’Histoire mais il faut savoir que le « Petit Robert » en a encore transformé 4/4 au Tournoi des As. Pour la Coupe Korac et les playoffs, il était blessé.
Ce record pulvérise celui de Carmine Calzonetti qui, quinze ans auparavant, en avait enfilé 51 de suite, pour un total de 51/52. Même si l'exploit de Robert Smith n'a pas fait grand bruit à l'époque, il est important de noter que Steve Nash détient le meilleur pourcentage de réussite aux lancers francs en carrière avec 90,43 % (3060 lancers francs réussis sur 3384 tentés) pour les joueurs dont la carrière est terminée.
Malgré cet exploit, il n'y a pas eu de grand tintamarre à l'époque. Contrairement aux Américains, les Français ne sont pas friands de chiffres et de plus la performance du meneur monégasque s’est réalisée à doses homéopathiques, presque en catimini. Il s’agit pourtant, très probablement d’un record mondial et c’est bien ce que son coach de l’époque, Bill Sweek relevait :
« On n’en parle pas trop, mais il faut se rendre compte. Ce que Robert est en train de réussir aux lancers-francs n’a jamais été égalé. C’est une performance exceptionnelle. Et je n’ai jamais vu ailleurs, ni même en NBA ou en CBA, un joueur aussi adroit aux lancers-francs. Je n’en connais pas un dans le monde. »

Robert Smith : De "Speedy" aux Parquets Européens
De 1974 à 77, Robert Leroy Smith fut le meneur de l’équipe de UNLV répertoriée sous le nom de « Hardaway Eight ». Elle comprenait des gars comme Reggie Theus, Eddie Owens, Sam Smith, Glen « Gondo » Gondrezick, et encore Larry Moffett (vu à Vichy) et Lewis Brown (vu au Mans), et cette génération là pouvait scorer plus vite que n’importe qui dans le pays. En 1977, les Rebels engrangèrent 107 points par match et la fac se qualifia pour la première fois pour le Final Four.
« Avec lui, si tu ne te donnes pas 100% de ce que tu as en toi, tu n’as rien à faire sur le terrain. Pendant la saison, il est à cran, inabordable. Mais après, c’est un homme charmant. A UNLV, j’étais surtout un passeur et un tireur de lancers francs. Mais on comptait aussi surtout sur ma vitesse. Dans l’équipe on m’appelait Speedy. »
Lors de la fameuse saison 1976-77, il établit la meilleure performance de toute la NCAA : 98/106 (92,5%) avec 27 réussites consécutives, un record de la fac. Sa moyenne en 229 matches de NBA s’établit à 87,7% et monte à 93,2% en 157 games de CBA. Un don, une machine.
NBA et CBA : Un Parcours Éclectique
De 1980 à 85, Robert Smith fut un journeyman de la NBA mais lors de ses trois premières saisons, il joua tout de même 192 matches avec Denver et New Jersey pour 5,0pts en moyenne. C’est en Continental Basketball Association, une ligue qui recelait alors quelques pépites, que l’ancien Runnin’ Rebel va s’éclater. Il en fut même désigné le MVP en 83.
Le Petit Robert a décalé son départ en Europe à la trentaine. Partir à l’étranger l’effrayait, ce n’était pas encore quelque chose de naturel. Robert Smith fut l’un des joueurs les plus spectaculaires, l’un des meneurs les plus performants -avec Delaney Rudd-, l’un des hommes les plus charmants qui aient jamais fréquenté les parquets de la LNB.
Robert Smith fut élu MVP du premier All-Star Game français, en 1987, à Limoges. Il récidiva trois ans plus tard. Le Californien passa 4 saisons à Monaco puis 2 et demi à Antibes avec qui il fut champion en 91. Il laissa une dernière fois sa trace aux lancers-francs lors de l’exercice 91-92 : 54/56 sur la ligne de réparation.
Robert Smith est retourné ensuite à Las Vegas et il est actuellement consultant pour la chaine de TV qui diffuse les matches de UNLV. Lorsqu’on lui demandait son secret, il répondait qu'il utilisait la même technique depuis qu'il était junior, s'exerçant à en tirer une cinquantaine par jour.
Shai Gilgeous-Alexander : Une Étoile Montante et Son Efficacité aux Lancers Francs
À l'heure où les meilleurs extérieurs du monde alternent entre tirs au cercle et bombes à 3 points, Shai Gilgeous-Alexander a conquis le titre de MVP 2024-2025 avec un jeu qui fleure bon les années 1990-2000. S'il présente une telle régularité au scoring, c'est parce qu'il est capable de marquer avec une efficacité invraisemblable. 52 % au tir, 89,8 % aux lancers francs, mais aussi 37,5 % à 3 points (sur un joli volume de 5,7 tentatives/match), domaine qui a longtemps été considéré comme son point faible. De quoi afficher une efficacité réelle au tir (TS %) de 63,7 %, un chiffre rare pour un arrière avec un tel volume de jeu.
Cette saison, Shai Gilgeous-Alexander a obtenu 9,3 lancers francs/75 possessions (le nombre de possessions jouées en moyenne chaque match par les meilleurs joueurs). Un chiffre impressionnant, le deuxième plus grand cette saison derrière Giannis Antetokounmpo (11,2), mais « seulement » le 150e de l'histoire. En NBA, personne ne drive plus que lui (20,6/match) et difficile de l'arrêter une fois qu'il est lancé vers le cercle.

Les Joueurs les Moins Fiables aux Lancers Francs
La NBA a tenté de limiter les effets du hacking cette saison en adaptant son règlement. C'est indéniable, les big men les plus médiocres dans l'exercice vont beaucoup moins souvent sur la ligne. Parmi les "usual suspects", Dwight Howard va 5.8 fois sur la ligne en moyenne, au lieu de 6.7 fois en 2015-2016, et shoote à 52.4% contre 48.9 l'an dernier.
Voici quelques-uns des joueurs les moins fiables aux lancers francs :
- Tristan Thompson (Cleveland Cavaliers), 49.5%, 2.9 lancers par match, 67 matches disputés.
- Andre Drummond
- Clint Capela
- DeAndre Jordan
- Steven Adams
Quand un joueur pourtant dominant dans le jeu est aussi nul que Shaq dans cet exercice, la solution est alors toute trouvée : faire faute constamment sur lui pour qu’il galère à rentrer ses lancers francs plutôt que de se faire enfoncer dans la raquette pour un panier facile.
Stephen Curry : Des Statistiques Étonnantes
Stephen Curry affiche des statistiques hallucinantes depuis le début de la saison. Le seul joueur à s’approcher de ce record est Dana Barros, en 1995, qui avait atteint la barre des 50 points avec seulement 2 lancer-francs. D’ailleurs, Stephen Curry a compilé trois matchs à 50 points ou plus sans jouer plus de 36 minutes cette saison.

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