La diffusion de la Bundesliga, le championnat allemand de football, suscite un vif intérêt tant en Allemagne qu'à l'étranger, notamment en France. Cet article explore les différents aspects de cette diffusion, les acteurs clés impliqués, et les enjeux financiers qui en découlent.

Attractivité de la Bundesliga pour les Joueurs de Ligue 1
Étiquetée « championnat plus facile » mais réputée pour faire confiance à la jeunesse, la Bundesliga s’érige naturellement en terre d’accueil pour de jeunes espoirs bouchés dans leur club français. Et parce que l’attaquant made in France semble aussi répondre aux attentes du football allemand.
« Si on regarde les autres championnats européens, ce n’est pas une bonne idée de les envoyer en Angleterre, trop physique. Je pense que la qualité d’un joueur ressortira plus en Allemagne qu’en Espagne, parce que les Espagnols ont un niveau technique équivalent au nôtre. Donc ce truc en plus ne ressort pas naturellement. C’est pour ça que l’Allemagne est peut-être le meilleur choix.
Et de poursuivre : « Si vous voulez dire que les défenses sont faibles en Allemagne, on dévalue ce qu’on a de précieux, nous, Français. On forme mieux les joueurs qu’autre part en Europe. Un jeune français qui arrive en Allemagne, il a ce truc en plus. » Outre les qualités intrinsèques, l’attaquant issu de la Ligue 1 se distinguerait outre-Rhin par des automatismes tactiques favorables au jeu allemand.
« Les attaquants français que j’ai pu observer, ils ont cette facilité à bien se déplacer dans la surface, ce qui leur permet de marquer plusieurs buts. Les succès allemands de Modeste, Haller, Kolo Muani, Guirassy et consorts s’expliquent aussi en délaissant tableaux et feutres velleda, au profit de l’aspect mental.
Intimidant au premier abord, avec ses stades pleins à craquer (dont la D2 attire plus que notre L1) et ses ambiances électriques, le championnat allemand et ses supporters fidèles créeraient paradoxalement une atmosphère plus favorable à l’épanouissement du buteur.
Jonathan Schmid explique : « Je pense qu’il y a moins de pression. En Allemagne, le public sait attendre que le joueur s’adapte au championnat, il y a plus de patience on va dire. En France, si tu ne marques pas pendant 2 ou 3 matchs, tu es tout de suite critiqué. En Allemagne, on te laisse un peu plus de temps. Ici, si tu fais les efforts et que tu défends bien, le public t’applaudit, même si tu n’as pas marqué.
Jeu débridé, avance tactique et confiance du public local seraient donc les trois clés qui pourraient expliquer pourquoi les attaquants en délicatesse en Ligue 1 réussiraient chez nos voisins teutons. Ce changement d’environnement aux conséquences favorables déclenche d’ailleurs un regain d’efficacité mesurable.
En prenant le cas de tous les attaquants cités dans cet article passés de la Ligue 1 à la Bundesliga, leur nombre de buts d’une saison à l’autre a augmenté en moyenne de 5,83, et ce, dès leur première saison au pays du schnitzel. Effet immédiat.
« En Allemagne, c’est un football très offensif, ça se joue jusqu’au bout, on n’attend pas l’adversaire dans son camp et on ne craint pas de perdre. On attaque, plutôt que de défendre. On essaie de marquer plutôt que de ne pas encaisser », nous explique Karl Mwakalo Buchmann, qui gère la carrière de l’ancien Parisien.
« Le championnat allemand est très ouvert, dans les deux sens. On le voit tous les week-ends avec le nombre de buts marqués. C’est très différent de la Ligue 1 où c’est davantage de blocs bas, donc c’est plus compliqué pour les attaquants. En France, on ne voit pas trop de buts, à part les grandes équipes. Les défenses ne sont pas nulles, il y a de très bons défenseurs en Allemagne.
beIN SPORTS et la Bundesliga : Un Partenariat Durable
beIN SPORTS France est un acteur majeur de la diffusion de la Bundesliga en France. Le partenariat entre beIN SPORTS et la Bundesliga a été prolongé pour quatre saisons supplémentaires, jusqu'à la saison 2028/2029 incluse.
Laurent De Camas, Managing Director de beIN SPORTS France, a déclaré :“beIN SPORTS est ravie et très fière de s’associer à la Bundesliga pour 4 saisons supplémentaires et de prolonger l’aventure jusqu’à la saison 2028/2029 incluse. Ce partenariat montre la relation de confiance qui nous lie à la Bundesliga et vient enrichir un magnifique portefeuille de droits tels que nos championnats de football premium, la Coupe d’Afrique des Nations, Wimbledon, l’EPCR Champions et Challenge Cup, les championnats de France de Handball.”
Peer Naubert, Managing Director et Directeur Marketing de Bundesliga International, a souligné l'importance de ce partenariat :“beIN SPORTS bénéficie d’une forte présence internationale et nous sommes fiers de collaborer avec un partenaire de longue date dans un marché en constante évolution. Le nombre de fans de la Bundesliga en France a explosé au cours des deux dernières saisons grâce aux performances des stars de l’Equipe de France, comme Michael Olise et Kingsley Coman. Nous remercions beIN pour sa contribution à la promotion de notre slogan « Football As It’s Meant to Be » en France, notamment à travers des initiatives promotionnelles telles que l’envoi de fans en Allemagne pour des week-ends riches en actions de Bundesliga.
L’émission EUROPE ARENA revient chaque week-end sur les temps forts du championnat allemand et encadre les matchs diffusés.
Droits TV en Allemagne : Un Pactole Milliardaire
La Ligue allemande (DFL) a annoncé que les droits TV pour le marché domestique de 2025 à 2029 ont été attribués pour 1,12 milliard d'euros par saison.
Il s'agit du troisième cycle consécutif de quatre saisons pour lequel la DFL obtient des droits TV supérieurs au milliard d'euros par saison. De 2017 à 2021, ils s'élevaient à 1,16 milliard d'euros par saison. Pour la période suivante (de 2021 à 2025), la mise aux enchères au printemps 2020 en pleine pandémie de Covid et avec une Bundesliga à l'arrêt, avait abouti à une légère baisse à 1,10 milliard d'euros par saison.
Cet accord concerne l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche, le Luxembourg, le Liechtenstein, le Haut-Adige italien et la partie germanophone de l'est de la Belgique. Il a été présenté ce jeudi aux 36 clubs de 1re et 2e division.
Ce chiffre va pourtant à rebours des tendances observées ces derniers temps sur la commercialisation des droits télévisés des événements sportifs.
Les 306 matchs en direct d'une saison de Bundesliga seront diffusés comme lors du cycle précédent par les chaînes payantes Sky et DAZN, avec quelques changements.
Sky récupère les matchs du dimanche que DAZN avait obtenu entre 2021 et 2025. DAZN, qui décroche pour la deuxième fois des droits, diffusera le multiplex du samedi après-midi (et donc celui des neufs matchs de la 34e et dernière journée).
Le patron de la DFL, Hans-Joachim Watzke (qui officie toujours au Borussia Dortmund), a exprimé sa joie devant ce nouveau juteux contrat. « C’est un résultat qui va faire réagir toute l’Europe. Compte tenu de l’environnement du marché, personne n’aurait cru que nous pourrions faire cela ».
Comparaison avec la Ligue 1
En comparaison avec les autres championnats principaux, la Ligue 1 reste loin derrière ses voisins. En commençant d'abord avec les champions incontestés anglais, qui ont réussi à valoriser leur championnat à 4,05 milliards d’euros par saison, grâce notamment à des droits internationaux impressionnants (2,1 milliards d'euros). Sur la seconde place, se situe l'Espagne (2,04 milliards d'euros en cumulé par saison) et donc l'Allemagne (1,12 milliard d'euros en cumulé par saison).
Cet été, la Ligue de Football Professionnel (LFP) avait eu énormément de mal à trouver un diffuseur qui répondrait à ses attentes. Au final, les droits TV ont été vendus pour une somme globale de 660 millions d'euros par saison.
Dans le détail, avec une affiche par journée, BeIN Sports a déboursé 100 millions d'euros. DAZN détient les huit autres rencontres, en échange de 400 millions d'euros. Des sommes auxquelles il faut ajouter 160 millions d'euros de droits internationaux.
La Ligue 1 a alors vu ses revenus s'effondrer de près d'un tiers, passant de 726,5 millions d'euros par saison (entre 2016 et 2020) à 500 millions d'euros (pour la période 2024-2029).
Rappelons que la Ligue 1 a cédé ses droits domestiques à DAZN (400 M€ par saison) et beIN Sports (100 M€ par saison) pour un montant total de 500 M€.
Tableau Comparatif des Droits TV
| Championnat | Droits TV par saison (en milliards d'euros) |
|---|---|
| Premier League (Angleterre) | 4.05 |
| La Liga (Espagne) | 2.04 |
| Bundesliga (Allemagne) | 1.12 |
| Ligue 1 (France) | 0.66 |
DAZN : Un Acteur en Expansion
DAZN est une plateforme anglaise qui ambitionne de s'imposer comme le "Netflix du sport". D'abord lancé en Angleterre, en Autriche, en Allemagne, en Suisse et au Japon en 2016, DAZN a avant tout pour ambition de s'imposer comme le "Netflix du sport".
DAZN est aujourd'hui accessible sur iOS, iPadOS, Android, AndroidTV, Playstation, Xbox et évidemment sur navigateur web. L'application est donc accessible partout.
En Allemagne, DAZN paiera 280 M€ par saison pour son lot (le multiplex du samedi et les 2 matches du dimanche), tandis que Sky s’acquittera de 620 M€.
La plateforme anglaise DAZN, l’un des nouveaux acteurs dans la course à l’appel d’offres des droits TV de la Ligue 1, a lancé une offre gratuite pour regarder des matches en Allemagne, « avant un déploiement mondial », comme l’indique à Bild Alice Mascia, directrice du marketing chez DAZN.
« Notre vision chez DAZN est de fournir l’expérience sportive la plus innovante au plus grand nombre de fans possible à l’échelle mondiale, a déclaré Alice Mascia, directrice du marketing chez DAZN, à Bild.
Impact sur les Téléspectateurs
En Allemagne, Comme en France ou en Italie, le fait d’avoir deux diffuseurs gonfle l’addition. D’autant que DAZN, qui avait investi le marché allemand il y a quelques années avec des offres discount à hauteur de 10 euros par mois, propose désormais un tarif de 35 euros par mois (avec engagement) pour bénéficier des matches de Bundesliga diffusés. 45 euros sans abonnement.
« Le plus grand perdant, ce sont les fans de football. Je prédis : les diffuseurs répercuteront les dépenses liées aux droits TV sur leurs abonnés et augmenteront à nouveau leurs prix », explique ainsi le Dr. Michael Schaffrath, spécialiste des médias à l’Université de Munich.
Toutefois, rappelons que l’attachement du public allemand à son club de coeur est incomparable avec les fans français, en témoigne l’affluence toujours remarquable dans les stades de première et deuxième division.
Car Sky n’est pas donné non plus, avec un abonnement à 30 euros par mois pour le forfait Bundesliga.
Alors que le football européen a retrouvé les terrains depuis plusieurs semaines, la Gazzetta dello Sport a divulgué jeudi 12 septembre les affluences des différents championnats de la précédente saison. Une affluence bien loin des autres championnats majeurs, et même inférieur à celle de la 2.
L’affluence de la Ligue 1 battue par la D2 allemande.
L’affluence de la Ligue 1 battue par la D2 allemande.
Selon les dernières données de l’UEFA divulguées par la Gazzetta dello Sport sur les affluences des différents championnats nationaux, la Ligue 1 réunie moins de supporters que la 2.
Baisse des droits TV, niveau de jeu... Pourquoi la Ligue 1 est-elle déclassée ?
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