Le Centre de Formation de Rugby de Dax : Un Avenir Construit Entre Terrain et Salles de Cours

Ne pas tout miser sur une carrière de rugbyman est la devise du centre de formation de l'US Dax. Ce mercredi 29 octobre 2025, trois jeunes talents de l’US Dax (Pro D2) ont laissé de côté leurs crampons et le ballon ovale pour évoquer leur parcours scolaire et leur avenir professionnel.

Depuis cinq ans, l’association de l’US Dax rugby oblige les Espoirs du centre de formation (CDF) à assurer leurs arrières dans le cas où ils ne parviendraient pas à s’ouvrir les portes du monde professionnel. « Lorsqu’ils sont au CDF, ces jeunes sont dans une salle d’attente de la vie. Certains seront des joueurs professionnels, d’autres de jeunes actifs », souligne Hugo Maurel, en charge du pilotage de la Fon’daxtion, le fonds de dotation du club.

Une Force d’Attraction

Pour accompagner ces 27 « gamins » répartis dans 16 formations différentes et 11 établissements, le club peut compter sur l’engagement sans faille de trois bénévoles, dont Bernard Thiolas, responsable du suivi pédagogique. « Nous nous adaptons aux demandes des jeunes. Cette structuration de la formation est une vraie force de l’US Dax », appuie-t-il. Une force qui permet d’attirer chaque année de nouveaux talents dans la cité thermale.

Logan Dubois, jeune troisième ligne qui a goûté à la Pro D2 la saison dernière, se remet actuellement d’une lourde blessure au genou. Il réalise un BTS MCO (Management commercial opérationnel) en parallèle de sa rééducation. « Sans rugby, le temps devient hyper long. On peut rapidement s’ennuyer. Ça nous permet de nous raccrocher à quelque chose et de nous déconnecter des performances sportives », explique celui qui est chargé de mission avec la Fon’daxtion.

Une trentaine d’entreprises du Grand Dax accueillent de jeunes joueurs en alternance ou en apprentissage.

Garder la Tête sur les Épaules

Pour Paul Laperne, ce double projet permet de garder la tête sur les épaules. Le jeune pilier de 22 ans a signé son premier contrat professionnel avec l’US Dax à l’été 2025. Il détient également une licence dans le secteur du bâtiment et s’apprête à passer son Certificat d’aptitude à la conduite en sécurité (Caces). « Certains de nos copains travaillent la journée et vont s’entraîner avec leur club le soir. On se rend compte que tout le monde n’a pas cette belle vie. C’est une sécurité car à tout moment notre carrière de sportif peut s’arrêter. »

D’autant plus que, sur le plan sportif, l’US Dax n’hésite pas à donner sa chance aux jeunes talents. Face à Agen, le 31 octobre, Paul Laperne était titulaire, tout comme deux autres jeunes du centre de formation : Julien Laveran et Mathys Pardies.

Cette structuration de la formation permet également de rassurer les parents qui cherchent un club pour leur enfant.

« La Recette Fonctionne »

Bernard Thiolas a les yeux qui brillent quand il évoque cette jeunesse. « C’est une vraie chance de pouvoir fréquenter ces gamins. Ils nous permettent de nous remettre en question et de nous réinventer. Quand on les voit sur le terrain le vendredi soir, c’est notre salaire. » De son côté, il suit attentivement le parcours scolaire des sportifs et leurs premiers pas dans le monde du travail.

Le pilier Raphaël Laboille estime qu’il est préférable de poursuivre ses études au début de sa carrière. « Plus tard, il peut être difficile de s’y remettre quand on a une famille », explique-t-il. Contrairement à d’autres clubs de la région, l’US Dax n’impose aucune formation à ses joueurs. Ce sont eux qui décident ce qu’ils souhaitent faire.

Pour Hugo Maurel, « la recette fonctionne bien, et les résultats de ce double projet en sont la preuve.

Tout comme l’ensemble du club, le centre de formation (CDF) de l’US Dax a particulièrement souffert de la descente de Pro D2 en Fédérale 1, au printemps 2018. Quand les pertes des droits télé, de l’enveloppe de la Ligue nationale de rugby et la réduction des subventions des institutions ont été actées, les dirigeants se sont tournés vers la structure de formation, gérée par l’association, en lui indiquant qu’elle coûtait désormais trop cher.

De 20 stagiaires, le centre de formation était passé à 13, mais n’avait plus de directeur. Paul Lasserre, initialement en charge du suivi des études des jeunes, avait alors pris le poste pendant que la branche sportive était gérée par Manu Maignien. Le staff de l’équipe première de l’époque avait, lui aussi, son rôle puisque Frédéric Tauzin et Stéphane Barbéréna s’étaient occupés de la partie collective et Gary Varlet de la préparation physique, Sébastien Ayala, préparateur physique du centre de formation, étant en arrêt maladie.

Ce dernier et Paul Lasserre avaient fini par être licenciés pour raison économique. C’est alors à Manu Maignien qu’on avait donné le poste de directeur pendant un an, avant que celui d’entraîneur des avants de l’équipe première ne lui soit de nouveau proposé.

Du Centre Agréé à Labellisé

En arrivant, le constat du nouveau président et ancien pilier de l’USD (1996-1999) est clair : « On avait une structure de Top 14 sauf qu’on y joue malheureusement plus. Nous sommes donc passés d’un centre agréé à un centre labellisé, tout en gardant certaines exigences demandées par l’agrément. Nous avons, par exemple, gardé le logement des jeunes ainsi que la participation financière à leurs études », détaille le président. Aujourd’hui, le centre de formation compte dix pensionnaires.

Côté organigramme, l’association est allée chercher l’ancien deuxième ligne de Pau, Narbonne et… Dax (2006-2008), Manuel Sierra, pour devenir responsable sportif du centre de formation, dont le coordinateur général est Jean-Marc Chevrier.

L’aspect médical est géré par le Dr Barbiche et le cabinet de kinésithérapie de François Gachet. Pour la préparation physique, Christophe Desmaison s’occupe des jeunes pensionnaires, en parallèle de son intervention auprès de l’équipe première. Enfin, le suivi des études est géré bénévolement par l’ancien proviseur adjoint du lycée Borda à la retraite, Bernard Thiolas.

« Son réseau nous aide beaucoup », confie William Rebeyrotte, qui travaille avec un budget de 500 000 euros. « On a toujours entendu « il faut faire si, il faut faire ça ». Aujourd’hui, nous avons l’opportunité d’agir et, même si nous n’avons rien inventé, je crois au développement de cette structure.

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