La finale du championnat de D1 de handball met aux prises le Case Cressonnière et le Saint-Pierre HBC. Pour beaucoup, ce ne sera pas seulement une opposition de style sur le terrain, entre d’un côté l’esprit de combat saint-andréen et de l’autre la culture du beau jeu saint-pierroise. Ce sont aussi deux visions de club différentes, éloignées l’une de l’autre, qui seront face à face.
Pour les inconditionnels du handball local, cette finale du championnat de La Réunion entre le Saint-Pierre HBC et le Case Cressonnière de Saint-André revêt la même symbolique. Car, ce sont les mêmes ressorts, la même charge émotionnelle qui animera les protagonistes, joueurs, fans, dirigeants, parents… A La Réunion, le handball est en effet une institution depuis des lustres. Et sa finale, le nec plus ultra. Le théâtre ultime des rêves, où s’expriment des rivalités exacerbées, comme au plus haut niveau du sport professionnel.
Jadis, les supporters réunionnais se délectèrent des affrontements épiques entre Joinville et Saint-Gilles, les deux références des années 80. Plus récemment, ce furent les joutes fastueuses entre la JSB et l’AS Château-Morange, dans les années 2000, qui emballèrent les coeurs et firent monter la température sur la planète handballistique réunionnaise. Ces chocs ne se mesuraient pas alors seulement à l’aune de leur dimension sportive. C’était un combat bien moins raisonnable. Une lutte fratricide, un combat géopolitique, entre des identités très marquées, où la fierté de clocher était une ode au dépassement de soi.
Souvent par le passé, cette finale a mis aux prises deux bastions radicalement opposés sur les principes, les valeurs, l’histoire, ce qui façonnait presque une lutte sociale des identités. Pour le dire plus trivialement, il y avait les riches d’un côté, ceux qui payaient les joueurs rubis sur l’ongle, avaient le pouvoir de recruter ce qui se fait de mieux sur l’île, en allant piller ici et là les pépites sur le territoire de l’île, et les pauvres de l’autre, ceux qui se contentaient de l’autosuffisance, bref de la formation, pour survivre et renaître à la fois.
C’est de cela qu’il est encore question à l’aube de cette finale. C’est en tous les cas le discours, le débat qui affleure sur les réseaux sociaux, les parkings de gymnase, dans les tribunes surchauffées et les vestiaires aux effluves de camphre. Tout le monde en parle. Du pot de fer contre le pot de terre. La Cressonnière serait l’incarnation de la toute puissance. La citadelle des riches. Celle qui a construit sa suprématie de ces dernières années sur le dos des plus pauvres, des clubs formateurs comme Saint-Pierre, moins bien lotis qu’elle.
La réalité est sans doute à mi-chemin. En tous les cas, Karil Calicharane, l’incontournable coach de la Cressonnière conteste cette vision caricaturale selon lui. “Les clichés ont la vie dure, dit-il confortablement assis dans le fauteuil de son bureau. Les préjugés à notre égard sont malheureusement bien ancrés dans les têtes.” “C’est un faux procès que l’on nous fait”, renchérit Pierre-Jacques Mounichy, le président saint-andréen, qui insiste sur un point fondamental, cristallisant tous les fantasmes et toutes les spéculations, dans le milieu. “A la Cressonnière, on fait d’abord de l’insertion sociale.
Et Karil Calicharane de poursuivre : “Le Case est organisé en quatre pôles d’activités bien distincts. Il y a bien sûr le pôle compétition autour du handball et du tennis de table. Mais pas que, fort heureusement. Il y a aussi les pôles animation, socio-éducatif et sport-santé, Au total, 26 salariés travaillent chez nous, où l’offre est multiple, le champ de notre intervention est large. Si je prends l’exemple du secteur primaire, nous intervenons aussi bien à l’école catholique Sainte-Geneviève, plutôt une école de milieux aisés, qu’à l’école primaire publique Josée Léger. Quand nous réunissons les samedis après-midi, tout ce petit monde hétéroclite, qui n’est pas du tout issu du même milieu social, je n’ai pas l’impression que la Cressonnière soit le club des privilégiés, des riches. Bien au contraire, notre fierté est de brasser des gens de tous milieux sociaux, d’être en somme un exemple de mixité sociale.
Il y a longtemps, la Cressonnière avait l’image d’un quartier dur, où sévissait la délinquance, dont on parlait uniquement dans la rubrique faits divers. Aujourd’hui, à son petit niveau, le club de handball a contribué à changer l’image du quartier. Une manière de refuser la stigmatisation de ceux qui pensent que la Cressonnière n’est qu’une constellation de stars venus d’ailleurs, qu’aucun travail de fond sur la formation, ne serait mené sur le long terme. “Notre but à nous aussi est d’arriver à l’auto-suffisance un jour, prolonge Calicharane. Par conséquent, aller faire son marché à l’extérieur.

“Mais attention, reprend le même Calicharane à la fois coach et directeur technique du club. Aujourd’hui, nous comptons plus de Saint-Andréens qu’à une époque, en équipe fanion. Je peux citer par exemple les noms de Samuel Célestin et Wilson Clain, qui sont Saint-Andréens de souche. C’est bien sûr moins qu’à Saint-Pierre. Mais les choses avancent dans le bon sens en matière de formation chez nous. Trois de nos jeunes joueurs viennent en effet de revenir des Interligues avec un titre de vice-champion de France. Malgré tout, les préjugés ont la vie dure. L’ossature de l’équipe première est composée de joueurs venus d’ailleurs, anciens joueurs professionnels, membres pour un certain nombre d’entre-eux de la sélection de La Réunion.
Ils ont permis au club de régner presque sans partage sur le handball réunionnais lors de la dernière décennie. La Cressonnière a ainsi gagné les titres de champion en 2017, 2018 et 2019, soit les trois derniers mis en jeu, avant la période de pénitence de deux ans, 2020 et 2021, liée à la crise Covid, qui n’a sacré personne, puisque le championnat n’est pas allé à son terme. Lors des deux dernières éditions de la finale, Saint-Pierre était déjà en face de la Cressonnière. Preuve que ces deux-là dominent désormais le handball local. Les Saint-Pierrois s’étaient alors inclinés à chaque fois. Trente-quatre ans que les Sudistes courent donc après un titre de champion qui se refuse à eux. Le dernier remonte à 1988, tenez-vous bien. C’était l’époque bénite de l’avènement au plus haut niveau d’un certain Jackson Richardson, icône du handball local, formé à la dure sur les terrains de Casabona. Le futur stratège de l’équipe de France a bien sûr laissé une trace indélébile dans la ville sudiste.
Il a incarné à lui seul l’image d’une association qui autour de sa réussite s’est bâti une réputation de club formateur, doté certes de moyens réduits, mais dont la force résidait dans la compétence et la créativité de ses formateurs, dans sa jeunesse aussi bien évidemment, le bassin de recrutement chez les jeunes étant bien plus étendu à Saint-Pierre qu’à Saint-André. Des experts de la formation tels que les frères Boucher, ou encore Michel Charlette, s’y sont succédé, pour polir les diamants bruts ramassés dans les écoles de la ville. Cela a donné une éclosion de talents, qui ont rejoint le plus haut niveau en métropole. Sans parler de la star Richardson, Dambreville, Agathe, Imare ont été autant de belles réussites de la formation saint-pierroise.
Mais force est de reconnaître que cela n’a pas suffi. Y compris, lorsqu’à l’image de la Cressonnière et son recrutement extérieur massif, l’entité sudiste s’est elle aussi inscrite dans une politique de club aux gros moyens sous l’ère Patrick Candassamy, en attirant à son tour les meilleurs joueurs de l’île. Avec le promoteur immobilier à sa tête, Saint-Pierre a constitué une armada venue en majorité de l’extérieur. Le club a bien atteint la finale en 2008, avec son contingent de vedettes locales. Mais il fut battu cette année-là par l’AS Château-Morange. Entraîneur à l’époque, Michel Charlette se souvient. “Le problème, avec ce genre de politique qui consiste à recruter à tout va, c’est que tu as beau constituer une Dream Team, tu n’as jamais la garantie que tu vas gagner. C’est comme le PSG d’aujourd’hui, tu peux acheter les plus grands, si tu n’arrives pas à créer l’osmose entre tous ces egos, t’es mort !”
Saint-Pierre est donc revenu à sa politique de départ, beaucoup moins dispendieuse. Elle a fait confiance à ses formateurs pour faire éclore les pépites de la ville. Un éducateur, en particulier, a pris le relais de ses illustres aînés. Mickaël Andrianaïvo. Passé par le PUC (Paris Université Club), celui-ci est à l’origine du renouveau saint-pierrois, de son retour vers les sommets du handball réunionnais. Il a utilisé ses talents de formateur pour faire émerger la génération actuelle. Une génération qui est ensemble depuis cinq-six ans et n’a cessé de progresser en s’appuyant sur une identité très forte. Celle d’un club familial, axé sur la dynamique des jeunes. “On est un club à part, dans le petit monde du handball local, qui est surtout concentré dans toute la partie nord de l’île, témoigne Mickaël Andrianaïvo. Je nous vois un peu comme un village d’irréductibles gaulois.
Contrairement à la Cressonnière, dont 90% de l’effectif n’a pas été formé à Saint-André, la grande majorité de nos joueurs sont issus du club. Le club tire son identité de là. De la qualité de sa formation et d’une certaine “culture du beau jeu”, confie encore Mickaël Andrianaïvo. C’est ma philosophie de formateur. Je ne veux pas brider la créativité de mes jeunes joueurs. Je les laisse donc s’exprimer au maximum sur le terrain. S’ils veulent tenter des passes dans le dos, qu’ils le fassent ! Et si ça ne marche pas, tant pis. Ça marchera la prochaine fois. Je ne veux surtout pas les enfermer dans des stéréotypes de jeu. Grâce à ces préceptes, Saint-Pierre est sorti d’un long tunnel sans titre. Il a d’abord remporté la coupe des clubs de l’Océan indien en 2019, puis il est allé chercher la victoire au Trophée de la Réunion en décembre dernier.
“L’écart s’est resserré un peu avec la Cressonnière par rapport à 2018 et 2019, pense Mickaël Andrianaïvo. Il y a trois ans, la Cressonnière d’Ah-So et Lenclume était imbattable. La Cressonnière est en avance sur tous les autres clubs à La Réunion. Et c’est pour cela qu’elle gagne ! Car elle fait attention, je me répète, à l’humain. A savoir la formation, et toujours la formation, “le kiff” de Mickaël, qui se sent plus formateur et éducateur que manager comme l’est Karil Calicharane. “Voir un gamin que tu as vu commencer le handball avec toi, grandir sous tes yeux et réussir au plus haut niveau en métropole quelques années après, te dire qu’à ton modeste niveau, tu as joué un rôle dans sa formation et son éclosion, je trouve ça infiniment plus gratifiant qu’être manager et avoir à gérer des egos de joueurs confirmés.”
Malgré tout, c’est ce rôle de manager général ou de directeur technique qui fait aujourd’hui défaut à Saint-Pierre, selon Michel Charlette, dans la comparaison qu’il dresse avec le rival saint-andréen. “Riche ou pas riche, le modèle structurel et organisationnel de la Cressonnière est celui vers lequel Saint-Pierre doit évoluer, soupèse-t-il. A Saint-André, Karil Calicharane est dans la peau d’un entraîneur mais aussi d’un directeur technique. Il ne s’occupe pas seulement de l’équipe première mais de tout le reste : organisation du club, gestion des entraînements, politique de formation, recrutement. Et surtout, il a compris que son rôle ne se cantonnait pas à l’aspect purement technique. Il prend en compte la dimension sociale du handball, il met l’humain et le joueur au centre de ses préoccupations.
Cela veut dire qu’il est en soutien dudit joueur, qu’il l’épaule pas simplement en jouant un rôle sur le plan sportif à ses côtés, mais en l’aidant à se construire en tant qu’homme, en lui facilitant la tâche en matière d’insertion sociale, professionnelle, à travers des stages, des formations, un métier. Croyez moi, le joueur qui ressent qu’on le soutient à ce point dans toutes les dimensions de sa vie, après, quand il vient à l’entraînement ou qu’il joue en match pour les couleurs de son club, il est à fond ! A Saint-Pierre, on est encore loin de cette organisation là, de ce soutien humain. La Cressonnière est en avance sur tous les autres clubs à La Réunion. Et c’est pour cela qu’elle gagne ! On pourrait lui rétorquer qu’il faut avoir les moyens financiers de cette politique là, que se pencher sur l’humain, l’insertion des joueurs dans la vie professionnelle, à l’intérieur d’un milieu où les joueurs, c’est vrai, sont souvent en voie de paupérisation, a un coût. Et que Saint-Pierre ne dispose pas du même budget que la Cressonnière, des mêmes ressources humaines, afin de mettre en place une vraie politique d’accompagnement auprès de ses licenciés.
“Mais il faut constater aussi que tous les ans, on change de président à Saint-Pierre, persiste Michel Charlette. Pour le frère de Jackson, il en est ainsi donc : la richesse d’un club se mesure d’abord à sa capacité organisationnelle et sa stabilité. Pas seulement à sa surface financière. En cela, pour lui, la Cressonnière a un train d’avance sur Saint-Pierre.

Les handballeurs de La Cressionnière remportent leur 3ème titre d’affilée. Les Réunionnais du Case Cressonnière se sont imposés 29 à 28, au terme d’un match à suspense face aux Guadeloupéens de l’ASUP. Un match " très dur ", pour Laurent Gonthier, joueur de la Cressonnière. " Depuis le début on a galéré, on a mal commencé. Après on a fait un petit écart, un petit relâchement qui a failli mal tourner. Mais on a réussi à tenir jusqu’à la fin, malgré une grosse fatigue parce que c’était très intense ", analyse-t-il à chaud, en sortie de match. Pour le pivot, Bertrand Boursault, il faut surtout retenir le résultat. Les handballeurs de la Cressonnière sont champions ultramarins, il estime ainsi qu’ils ont bien représenté La Réunion. L’objectif numéro 1 était en effet de remporter le titre.
Dans les buts, Loïc Sam-Caw-Frève s’est particulièrement illustré. De l’avis du capitaine de l’équipe, Ludovic Grondin, " Loïc a fait un grand match, et c’est lui qui donne la victoire à la fin, donc un grand mérite à lui ". Il salue aussi l’ensemble de son équipe. « On nous dit souvent que pour avoir un très beau champion, il faut un très beau match. Cela nous a rappelé la finale que nous avons fait à La Réunion, où on remonte Saint-Pierre, on gagne derrière. A une minute de la fin quand on est à égalité, on repense un peu à tout ça, on se reconcentre. C’est magique de gagner sur un arrêt. »
Prochaine étape pour La Cressonnière avec les finalités du championnat de France de Nationale 2, face à Vénissieux. Ce samedi 14 juin, deux équipes péi se retrouvent sur le devant de la scène nationale. D'un côté, les handballeuses de la Case Cressonnière, sacrées championnes ultramarines, jouent la finale de Nationale 1 féminine contre la réserve du Metz Handball. De l'autre, les joueurs de Saint-Pierre, eux aussi sacrés champions des Outre-Mer, affrontent Saint-Raphaël dans un match capital en Nationale 2 masculine. Deux rendez-vous cruciaux, deux ambiances, mais un seul et même objectif : porter le plus haut possible les couleurs de La Réunion.
Les Saint-Pierrois savent que ce ne sera pas facile, mais ils ont tout de même l'objectif de se faire plaisir sur le terrain. "Quand on prend plaisir, on est contents de jouer et c'est là qu'on joue le mieux. Si l'on se prend la tête, ce n'est pas bon, mais franchement, jouer contre ce genre d'équipe, ça nous challenge. On est très heureux et je pense qu'on va faire un très bon match", confie Alexandre Charlette, capitaine de la Saint-Pierroise. Les joueurs sont plus motivés que jamais, comme Ludovic Grondin. "Il faut donner le maximum, dit-il fermement, qu'importe la situation, que ce soit pour marquer ou pour fixer par exemple. Ce qui compte c'est que collectivement on arrive à marquer des buts".
Invaincues lors des finalités ultramarines, les joueuses de la Case Cressonnière ont prouvé qu'elles avaient le niveau pour rivaliser avec les meilleures. Guidées par leur entraîneur Didier Ranguin, elles ont enchaîné successivement les victoires contre les Mahoraises de Tsingoni (23-13), les Guadeloupéennes de Zayan La (20-16), mais aussi contre la Guyane (26-13) et la Martinique (20-11). Cette série de victoires reflète leur cohésion et leur discipline tactique. Face à elles, se dresse une montagne : les filles de la réserve du Metz HB. Il s'agit de l'un des plus grands clubs d'Europe. Cette jeune équipe de Metz possède technique, vitesse et sens du jeu. Mais les filles de Didier Ranguin n'ont pas l'intention de subir. Pour les Saint-Andréennes, ce championnat est l'occasion unique de prouver que le handball réunionnais peut briller au plus haut niveau national.
Cette notion de "jouer en collectif" pourrait permettre aux joueuses de la Cressonnière de battre la réserve du Metz HB, un club de référence du handball féminin avec 27 titres en D1. « Il faut jouer comme on a l'habitude de jouer, se faire plaisir et y aller à fond. Au moins, quand on retourne à La Réunion, on sait qu'on aura tout donné et qu'on n’éprouvera aucuns regrets. » L'entraîneur de la Cressonnière, Didier Ranguin, fera passer un message d'unité à ses joueuses avant le début de la rencontre : "les filles, profitez bien ! Restez unies, restez comme une famille", lance-t-il au micro de Patrick Ramoudou à Créteil.
« Ce sont les derniers moments de handball qu'on vit, donc profitez à fond. Vous avez bien travaillé. L'objectif a été atteint sur le plan local et ultramarin. Il reste juste cette finale face à Metz. Prenez plaisir et ayez toujours cet esprit combatif de "lionnes" sur le terrain. » En cas de victoire dans cette finale de Nationale 1, les filles de la Cressonnière auront tout gagné durant cette saison.
Saint-Pierre chez les hommes, La Cressonnière chez les femmes : les deux clubs portent les espoirs d'un département passionné par le handball. Si les objectifs diffèrent : gagner en Nationale 2 pour les Saint-Pierrois et gagner en Nationale 1 contre Metz pour les Saint-Andréennes, la fierté réunionnaise est la même. Ce samedi pourrait bien marquer un tournant dans l'histoire du handball ultramarin.

Club partenaire de l’US Ivry Handball, la Case cressonnière a été sacrée championne de la Réunion il y a quelques jours. Club phare de l’île de la Réunion et partenaire des Rouge et Noir, la Case cressonnière a tenu son rang lors des finales du championnat local au terme d’une saison bien maîtrisée. Et sera donc présente dans l’Hexagone pour le compte des habituelles finales Métro/Ultramarins pour tenter d’aller arracher de nouvelles récompenses. « On est vraiment tous très contents » s’enthousiasme Karyl Calicharane, le coach maison. « Ce n’est qu’un championnat régional mais il y a eu un gros engouement. Entre 3000 et 4000 personnes sont venues voir la finale. On s’est tous beaucoup investi tout au long de la saison pour en arriver là. En 2016, on avait perdu dans les dernières minutes, on a pris notre revanche. Cela débouche sur les finales en métropole et c’est une belle récompense aussi de faire ce type de voyage. Il y a aussi une vraie reconnaissance de la part des médias, cela donne un rayonnement intéressant pour le club. Maintenant, on va venir avec humilité car la saison a été très longue et que l’on est un peu fatigué.
C’est l’année des 40 ans, un âge qui marque l’apogée de la maturité, lorsque les expériences passées se conjuguent avec la vitalité et l’ambition pour l’avenir. La Cressonnière, c’est un lieu-dit au paysage urbain et à l’ambiance animée, un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) où la précarité est plus forte qu’ailleurs, les fragilités nombreuses. C’est pourquoi le club, au-delà de sa mission originelle, promeut l’action sociale et l’éducation, celle des enfants notamment, et cherche à toucher d’autres pratiquants. « En fait, résume Ludovic Seutchie, la performance sportive et la performance sociale sont nos deux piliers que le HandFit peut aisément mettre en lumière. »
Ancien de Toulouse ou Vaulx-en-Velin, Ludovic Seutchie est le référent d’un projet qui n’en est qu’à ses balbutiements. « Nous avions évoqué l’idée la saison passée, indique-t-il, mais nous n’avions pas pu la développer, faute de moyens. Également porté par Océane Apavou, manager du club, et Mathilde Ziegler, l’ancienne arrière de Strasbourg Achenheim qui officie en qualité d’éducatrice, ce projet s’inscrit dans l’ADN d’un club qui, depuis 2020, abrite la Maison Sport Santé de l’Est, et porte les labels « Sport pour Tous » et « Sport sur Ordonnance ».
« Nous avons la chance d’évoluer sous une bannière omnisports, insiste Ludovic Seutchie, et on essaie de développer d’autres pratiques et de nous adapter à la demande. Avec le sport santé, nous nous adressons à des gens en forte sédentarité ou frappés d’obésité, mais également en reprise de sport ou tout simplement privés de pratique pour diverses raisons. La question que nous nous posions était : comment leur proposer un rapprochement avec le handball.
Le mardi matin, dans un dojo de l’espace Paris Kischenin, un premier public de retraités découvre donc l’activité au cours de deux séances animées par Mathilde Ziegler. « J’avais déjà proposé quelques séances à des enfants à Achenheim Truchtersheim, souligne-t-elle, et j’ai été très tentée de tester cet autre public au CASEC. J’interviens depuis deux ans à la Maison Santé et l’idée d’introduire certains gestes de handball permet de rompre la monotonie et de s’ouvrir tout doucement vers la discipline. En attendant, comme pour le BabyHand dont les séances sont animées par Ludovic Seutchie, le HandFit accapare l’attention des dirigeants d’un club qui abrite quelques têtes connues, Eloïse Dewez et Bryan Doisel par exemple, et bien sûr l’indémodable Johan Boisedu. Le CASEC ambitionne ainsi de développer la pratique, d’acquérir tout le matériel nécessaire, et sollicite à ce sujet toutes sortes d’aides afin de proposer un service de qualité. Mathilde Ziegler, elle, songe pourquoi pas à passer le diplôme coach HandFit.
« Nous avons plein d’autres idées, sourit Ludovic Seutchie. À Paris Kischenin, différents sports cohabitent et proposent des animations « fit », mais il n’y a pour l’instant aucune synergie, pas de lien. Pourquoi ne pas envisager quelque chose ? Le Case Cressonnière accentue sa domination sur le handball masculin de La Réunion. Les hommes de l’entraîneur Karil Calicharane ont battu Saint-Pierre HBC après prolongation (32-29) au Gymnase Cotur du Port, samedi. Les Saint-Andréens remportent ainsi leur quatrième titre d’affilée et le septième de l’histoire du club. Avec un passif de deux buts à deux minutes de la fin, Le Cressonnière a su faire parler son expérience pour arracher les prolongations (26-26) avant de s’imposer en finale du championnat.
Ce duel entre les deux meilleures formations du handball réunionnais a tenu toutes ses promesses devant les 2000 spectateurs présents dans les travées du Chaudron. Et dire que c’est la troisième fois d’affilée que ces deux cadors se retrouvent à ce stade de la compétition. Dans une opposition équilibrée, la différence s’est faite dans les détails. Et cela a souri à Le Case Cressonnière. « Celle-là, on est allé la chercher au mental. Les joueurs ont fait preuve d’expériences par instant, et ont été naïfs une grande partie de la rencontre, car ils n’ont pas su s’adapter à l’arbitrage. La finale a été compliquée à l’image de la saison mais ça se termine bien », a indiqué l’entraîneur de Cressonnière, en donnant rendez-vous pour une autre finale la saison prochaine.
Titres de champion remportés par la Cressonnière:
| Année |
|---|
| 2017 |
| 2018 |
| 2019 |
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