Carlo Ancelotti au PSG : Un passage marquant et contrasté

Quand il quitte un club, Carlo Ancelotti laisse le plus souvent des titres et une belle cote d’amour. Le Paris-Saint-Germain n’échappe pas à la règle et ses supporteurs devraient réserver une belle ovation à celui qui a ramené leur club sur le devant de la scène, aussi bien en France qu’en Europe. Après un an et demi (2012-2013) passé au club de la capitale, l’entraîneur italien est de retour au Parc des Princes.

La venue dans la capitale de l’entraîneur napolitain renvoie à son règne contrasté au club parisien. Un passage de dix-huit mois qui a permis de structurer le PSG version Qatar Sports Investments (QSI), mais l’intéressé en garde encore une certaine amertume en bouche.

Carlo Ancelotti sur la sellette au PSG

L'arrivée d'Ancelotti : Un coup de tonnerre

Le 22 décembre 2011, alors que le PSG a remporté la veille une victoire sur le terrain Saint-Etienne qui lui assurait le titre de champion d’automne, Antoine Kombouaré est débarqué de son poste d’entraîneur au profit de Carlo Ancelotti, libre depuis son départ de Chelsea en mai 2011.

En novembre 2011, Carlo Ancelotti se laisse pourtant séduire par le discours tenu par le Brésilien Leonardo, alors directeur sportif du PSG et architecte du projet mis en place par les nouveaux propriétaires qataris. Les deux hommes se connaissent bien depuis leur collaboration au Milan AC. Double vainqueur de la Ligue des champions avec les Rossoneri (2003 et 2007), entraîneur de réputation mondiale, Ancelotti accepte de prendre les commandes de l’équipe parisienne à partir de la saison 2012-2013. Mais le limogeage d’Antoine Kombouaré, au début de la trêve hivernale, change la donne et précipite son arrivée.

Avec six mois d’avance, Ancelotti débarque au PSG et le fait basculer dans une autre dimension. Reflet des visées continentales du club, il obtient des recrues à sa main (Maxwell, Thiago Motta, Alex) et célèbre son pot d’arrivée au Stade Moustoir de Lorient contre les amateurs du Saint-Colomban Locminé, pensionnaire de CFA 2 (cinquième division), en 32e de finale de Coupe de France. Contraint de redescendre de ses coutumières hauteurs pour cette première, le natif de Reggiolo s’en sort de justesse (victoire 2-1 dans les arrêts de jeu) face au « petit poucet ». Le ton est donné : rien ne sera facile.

« Carlo Ancelotti était cohérent avec l’ambition sportive de Leonardo, qui devait bosser avec un coach familier pour lui, et l’ambition d’image de l’actionnaire, souhaitant envoyer un message immédiat », se souvient un ex-cadre du club.

Il s’en est fallu pourtant de peu pour que le baptême du feu du Mister sur le banc parisien ne se solde par la plus grande humiliation de l’histoire du club. Les débuts d’Ancelotti en championnat s’effectueront plus sereinement avec trois victoires remportées en trois matchs. Le PSG reste leader au moment de recevoir la surprenante équipe de Montpellier qui le talonne au classement et le match nul heureux arraché dans les dernières minutes de la rencontre (2-2) rappelle que le titre est encore loin d’être acquis pour les joueurs de la capitale.

Une impression qui va se confirmer quelques semaines plus tard, les parisiens concèdent deux résultats nuls et leur première défaite de la saison sur la pelouse de Nancy (2-1), une mauvaise passe en championnat qui les contraint à céder leur fauteuil de leader et qui est accentuée par une sèche élimination en coupe de France au parc des princes face à Lyon (1-3). Ancelotti donne l’impression de tâtonner tactiquement et ne parvient pas à imposer aux joueurs sa fameuse tactique dite du « sapin de Noël » en 4-3-2-1. Lors du classico remporté difficilement face à l’OM (2-1), Ancelotti opère un changement tactique en disposant son équipe en 4/3/3 sans avant-centre avec Nêne, Menez et Pastore alignés aux avant postes.

Une stratégie globalement payante puisque le PSG remporte six de ses huit derniers matchs de championnat mais les deux accrocs rencontrés sur les pelouses d’Auxerre (match nul 1/1 concédé stupidement en fin de rencontre après avoir manqué plusieurs balles de break) et de Lille (défaite 2/1 contre le cours du jeu avec un arbitrage défavorable) lui sont fatals et permettent à Montpellier de remporter le premier titre de champion de France de son histoire avec 82 points.

Un entraîneur qui a professionnalisé le PSG

Au-delà des moyens financiers mis à sa disposition, Ancelotti apporte avec lui les méthodes de travail appliquées à Chelsea. GPS pour mesurer les données des joueurs, analystes de performances, nutritionnistes, création d’un restaurant au centre d’entraînement du club, nouvelles habitudes alimentaires : l’Italien et ses deux adjoints, son compatriote Giovanni Mauri et l’Anglais Paul Clement, bousculent les habitudes et contribuent à professionnaliser un club pas réputé pour être le plus structuré de Ligue 1 avant l’arrivée de QSI.

« Le programme d’entraînement était établi un mois à l’avance. Ancelotti, c’est le premier étage de la fusée QSI. Il a étoffé le secteur médical, recruté des kinés, préparateurs physiques. Il déléguait aussi beaucoup, développe Ronan Le Crom, à l’époque quatrième gardien du PSG. C’est un grand homme, d’une grande classe. Il avait une grande proximité avec ses joueurs, à qui il ramenait d’Italie de la mozzarella. Il était très à l’écoute. Il aime ses joueurs, ses collaborateurs, organise des barbecues en famille. Chacun a droit à un traitement particulier. Il voyait tout tactiquement. Quand il rentre dans une pièce, il inspire le respect. Il ne hausse jamais la voix. Sauf quand un short traîne dans les douches. »

Malgré son sens du détail et des relations humaines, la saison se solde par un semi-échec, aux allures de déception pour Ancelotti, avec le sacre improbable de Montpellier devant le PSG.

A l’été 2012, le Transalpin modifie son équipe de fond en comble avec le recrutement de Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva, Ezequiel Lavezzi, et son jeune (20 ans) compatriote Marco Verratti, déniché à Pescara. Son PSG se mue alors en rouleau compresseur sur la scène domestique et remporte aisément la Ligue 1, en mai 2013, après dix-neuf ans de disette. Surtout, les Parisiens signent leur grand retour en Ligue des champions et manquent de faire tomber le FC Barcelone de Lionel Messi en quarts de finale.

Au fil de cette saison aboutie, marquée par le recrutement à visées commerciales de la « pop star » David Beckham, Ancelotti traverse pourtant une zone de turbulences. En décembre 2012, les propriétaires qataris du PSG s’inquiètent des inconstances et sautes de concentration de la formation avant sa victoire à l’arraché contre Porto, en phase de poules.

Alors que la machine Parisienne paraît lancée, la mécanique va, comme souvent, se gripper au mois de novembre et engendrer une crise de résultats. La pression est maximale sur les épaules de Carlo Ancelotti à la veille de recevoir le FC Porto pour le dernier match de la phase de groupes de la ligue des champions. Le PSG remporte une victoire qui lui permet de s’assurer la première place du groupe, une nouvelle contre performance aurait assurément coïncidé avec la fin de l’aventure pour le Coach Italien à la tête de l’équipe.

Le PSG va démarrer l’année 2013 sur les mêmes bases. Désormais sure de sa force, l’équipe abandonne peu de points en championnat même si les défaites concédées sur les pelouses de Sochaux et Reims font un peu désordre. Le PSG remporte logiquement le championnat à deux journées de la fin sur la pelouse du stade Gerland de Lyon. En ligue des champions, les Parisiens font forte impression en éliminant le FC Valence avant de tomber avec les honneurs face au Barcelone en 1/4 de finale sans perdre le moindre match. Seule ombre au tableau de cette seconde partie de saison, l’élimination subie en coupe de France sur le terrain d’Evian.

Alors que le PSG célèbre son titre de champion de France devant son public en battant Brest, Ancelotti est élu le lendemain meilleur entraineur des trophées UNFP et annonce dans la foulée qu’il a demandé à ses dirigeants de quitter le club. Il s’engage avec le Réal Madrid quelques semaines plus tard.

Sur le banc du Réal, il remporte la fameuse « décima », le dixième trophée en ligue des champions que les Madrilènes attendaient depuis douze ans avant d’être démis de ses fonctions un an plus tard. Après une année sabbatique, il s’engage avec le Bayern Munich et remporte le titre de champion d’Allemagne 2017.

« Une erreur que QSI regrette encore »

En janvier 2013, Ancelotti est endeuillé par la disparition, dans un accident de voiture, de son ami Nicholas Broad, chef du projet performance du PSG. Deux mois plus tard, la défaite de l’équipe à Reims irrite les dignitaires de QSI, de plus en plus impatients. Désireux de bénéficier de « beaucoup de temps » pour bâtir sur la durée, l’ancien milieu de terrain décide alors de ne pas prolonger l’aventure dans la capitale et s’en ouvre à Leonardo.

« Chaque match était devenu un motif de tension. On voulait tout et tout de suite », confessa-t-il.

Une fois le titre de champion acquis, l’entraîneur claque la porte et cède aux sirènes du Real Madrid. « Déçu », le président Nasser Al-Khelaïfi ne parvient alors guère à le faire changer d’avis et se tourne vers Laurent Blanc pour lui succéder.

« Le PSG avait des attentes et le coach a aussi été sollicité par le Real. Le train n’allait passer qu’une fois. Il y a aussi eu une dimension humaine dans cette décision », analyse Ronan Le Crom.

Carlo Ancelotti a vécu comme un affront le fait que des nouveaux arrivants aient à son égard des exigences révélant leur incompétence sportive, détaille un ancien membre de l’état-major parisien. Un an plus tard, il remportait la Ligue des champions avec le Real Madrid. QSI ne commettra plus cette erreur, qu’il regrette encore.

Depuis le départ fracassant de l’Italien, le PSG n’a d’ailleurs jamais fait mieux qu’un quart de finale en Ligue des champions.

Dans son entretien accordé à L’Équipe, Carlo Ancelotti est revenu sur son expérience au PSG, évoquant ses relations avec Nasser Al-Khelaïfi, la victoire en Ligue des champions et les qualités de l’équipe, tout en abordant des sujets plus larges comme la compétitivité de la Ligue 1 : «On peut rencontrer des problèmes sur le moment, mais j’ai gardé une très bonne relation avec Nasser (Al-Khelaïfi). J’ai été très content que le PSG gagne finalement la Ligue des champions. Il l’a mérité, en pratiquant un football de très haut niveau : techniquement, physiquement, dans l’organisation. Mais vous savez, je garde un très bon souvenir de mon année et demie à Paris. J’en ai récemment parlé avec Marquinhos.

Il a poursuivi : «C’est important de laisser du temps à l’entraîneur. Quand tu estimes avoir trouvé la bonne personne, il faut la laisser travailler. C’est rare dans le football. Mais au final, je voulais partir. Le PSG n’a pas voulu me remercier. Nasser voulait même prolonger mon contrat. D’accord, l’attitude du club après une défaite à Nice, en décembre, n’avait pas été bonne. Mais si j’avais voulu rester, j’aurais pu. La Ligue 1 est un championnat qui a besoin de plus de concurrence.

Entraîneur du Paris SG de décembre 2011 à juin 2013, Carlo Ancelotti a laissé une belle image au PSG, qu’il affronte ce mardi 15 février avec le Real Madrid (21 h).

Gilles Bourges, actuel entraîneur adjoint du Stade lavallois (National) a travaillé avec Carlo Ancelotti au PSG de décembre 2011 à juin 2013.

« On avait découvert Carlo quand Antoine Kombouaré avait été démis de ses fonctions durant la trêve hivernale 2010, à la surprise générale. Je me souviens de la 1re prise de contact, dans une salle du Parc des Princes. Avant, on fonctionnait avec un staff « à la française » : un entraîneur adjoint, un pour les gardiens, moi, un préparateur physique, même si Antoine avait pris un 2e adjoint. Ça avait été impressionnant. Carlo était arrivé avec tout son staff, je me suis dit qu’on partait dans un truc que je n’avais pas connu. Il ne me connaissait pas comme entraîneur des gardiens. Mais à ma grande surprise, il m’a accordé une totale confiance. Il avait eu des bons échos de Sirigu je crois. Au bout d’un temps, pour le n°1, il m’a dit : « C’est toi qui choisis. » Et il a demandé à ce que mon contrat soit prolongé.

« Il était arrivé avec son bras droit, Giovanni Mauri, un ami de longue date. Un grand scientifique, Nick Broad, directeur de la performance (voir plus loin). La personne la plus brillante que j’aie croisée dans le football, malheureusement décédé dans un accident de voiture en janvier 2013. On était 10 dans le staff, qu’avait intégré Claude Makelele. Carlo a toujours aimé être épaulé par un ex-joueur, comme il l’a fait avec Zinédine Zidane au Real Madrid, pour avoir une proximité avec les joueurs, dire des choses avec une certaine crédibilité. Claude avait ça. Quand il manquait un joueur, il allait en séance, et il était aussi bon que les autres d’ailleurs. Tout était chirurgical au niveau des séances, tout planifié, tout dessiné. Puis on a eu des moyens illimités, pour faire par exemple une salle de muscu toute neuve en une semaine, sans devis… Mais pour faire grandir le club, pas pour dire c’est la fête.

Ancelottti quittera Paris sur un titre de champion de France, en 2013. « Je suis persuadé qu’il aurait gagné la Ligue des Champions à Paris », dit Bourges.

« À l’été 2012, on a vu arriver Ibra, Beckham, Lavezzi, Silva. Maxwell, formidable. Là aussi on a basculé dans une autre dimension. Surtout avec Ibra. Mais Carlo a géré des stars comme ça tout le temps. Il fallait un type de ce niveau pour ce genre de joueurs. Je pense que les stars se sentaient de la même famille que Carlo. Il était arrivé dans un club leader, et on n’a pas été champion. La vraie révolution du PSG date de l’époque Ancelotti. Le vrai passage dans la haute sphère s’est fait par là. Son départ a été un coup d’arrêt. C’est une erreur monumentale. Sans médire sur les successeurs. Il avait une vraie vision à long terme.

« La cassure, c’est un match à Reims qu’on perd 1-0, après un match de Ligue des Champions, sur un terrain pas du tout remis en état… Le propriétaire du club s’en est pris un peu à Carlo par message. Pour lui c’était une rupture. Je pense que le décès de Nick Broad a joué aussi. À Pâques 2013, il est venu dans mon bureau. Il m’a dit, ce que tu entends, c’est vrai. Ce sera soit City, soit le Real. Et au Real il a fait la Decima. Les entraîneurs qui partent du PSG réussissent. Est-ce un hasard… Il était arrivé au PSG avec un staff pour gagner la Ligue des Champions. Et je suis intimement convaincu qu’il l’aurait gagnée à Paris.

«Humainement, c’est quelqu’un de simple. Tout le monde a été vite conquis par la gentillesse de l’homme. Il est très, très proche de son groupe. Il a la blague facile. Il a une posture qui inspire un grand respect, mais peut déconner. À Lyon, on arrive la veille d’un match. Le soir, après le dîner, on est au bar de l’hôtel, un truc de luxe, avec un pianiste. On prenait un digestif avec le staff, et les joueurs l’ont un peu allumé. Il s’est très vite exprimé en français. Ça s’est perdu. Aujourd’hui, ça me choque : Paris a un entraîneur qui a joué ici, et ne s’exprime pas en français. Bien sûr, ça peut être difficile. Mais au début aussi Carlo butait, et s’en excusait. Avec les médias, c’était un bon client. Franc et honnête.

« Ce qui m’a marqué chez Carlo, c’est quelque chose qu’il essayait de diffuser dans son langage : il employait toujours des tournures positives. Ses phrases clés, sur les power point, ce n’était pas « On ne recule pas. » Mais : « On joue haut. » À la vidéo, sur l’adversaire ou nos débriefs, il ne passait pas d’image négative. Depuis, je ne supporte plus d’entendre des « On ne prend pas de but. » Non. Il faut dire « On reste solide. » « On fait une clean sheet. » L’imagerie est différente.

« La référence d’Ancelotti, c’était Arrigo Sacchi. Il était venu au Camp des Loges. C’était l’élève et le maître. On sentait un respect profond. Tactiquement, il avait lancé son sapin de Noël. Pour lui c’était une façon d’optimiser le groupe qu’il avait, sans trop prendre de risque. Ce n’était pas l’entraîneur à l’italienne, qui faisait des heures de tactique, des choses à vide, de répétition à outrance. Il s’adapte sa façon de jouer à son effectif. S’il a une équipe qui aime le jeu de transition, il le fera. Il tire le meilleur parti des joueurs. Un Mbappé se régalerait avec Ancelotti.

« On a perdu au Parc contre Rennes, qui finissait à neuf (en novembre 2012). À la mi-temps, il a crié, crié. Comme il ne trouvait pas ses mots, il est passé en italien. Il était tout rouge, il avait la mèche qui tombait. Il s’arrachait les cheveux avec Verratti. Il a pu lui faire perdre son calme et son flegme. Les cartons de Marco Verratti, ses discussions, les zones où il ne fallait pas perdre les ballons. Il avait moins d’expérience. Mais il l’a emmené haut, comme un Matuidi. C’est lui qui l’a poussé à se projeter plus, à marquer plus. On aurait d’ailleurs pu être les premiers à qualifier le PSG pour une demi-finale de Ligue des champions en 2013, grâce à Blaise qui égalise à 2-2 dans les arrêts de jeu contre Barcelone. Messi était blessé, il était sur le banc au retour. Mais il est rentré, et même blessé il a changé le cours du match.

Un Nick Broad avait un peu bouleversé les codes. Il avait instauré le restaurant à l’intérieur du Camp des Loges, pour les déjeuners et les petits-déjeuners. Il avait amené des produits diététiques, il a eu un très gros impact là-dessus. Il avait aussi structurellement changé le Camp des Loges, avait installé des mats GPS, fait bâtir une côte, un grand bac à sable… Les données partaient en Australie ou Nouvelle-Zélande pour être analysées. Lors de chaque exercice, chaque joueur était suivi en live. Et il y avait toujours un travail prêt sur un terrain à côté, au cas où un joueur n’avait pas rempli les objectifs de la séance. Quand il est décédé, il a fallu sept personnes pour le remplacer.

Récapitulatif du passage de Carlo Ancelotti au PSG
Saison Compétition Résultat
2011-2012 Ligue 1 2ème place
2012-2013 Ligue 1 Champion
2012-2013 Ligue des Champions Quart de finale

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