L’équipe de France masculine de volley-ball, double championne olympique en titre, est entrée en lice aux Championnats du Monde contre la Corée du Sud. Pour certains cadres de la génération dorée, cette compétition représente la dernière chance de remporter une médaille mondiale, la seule manquante à leur palmarès exceptionnel.
Au cœur de cette équipe se trouve son capitaine emblématique, Benjamin Toniutti. Le Pfastattois a été élevé au grade d’officier de l’Ordre National du Mérite par Emmanuel Macron à l’Élysée.

En équipe de France depuis 2010, il compte trois sacres en Ligue mondiale à son actif, un championnat d'Europe et, évidemment, une médaille d'or olympique qu'il aura à cœur de défendre à la tête de cette équipe.
Une préparation minutieuse pour les Championnats du Monde
Afin de se préparer au mieux pour ces Mondiaux, l’équipe de France s’est repliée sur elle-même à Cannes et à Okinawa au Japon. L'objectif principal était de créer une bulle avec des joueurs qui se connaissent par cœur, dont 11 des 14 sur la liste pour ces Championnats du Monde étaient champions olympiques l’été dernier à Paris.
Jenia Grebennikov explique : "Nous avions besoin de nous retrouver pour un moment sans matches, à Cannes, un endroit qu’on connaissait, dans une ville qui vit pour le volley avec tout à disposition, la mer et le soleil pour la récupération. Nous étions dans notre cocon".
Selon Earvin Ngapeth, "Nous avons essayé de récréer tout ce que nous avons fait depuis des années, ce n’est pas un hasard si nous étions à Cannes, c’est là où nous étions aussi avant les Jeux Olympiques de Paris. Okinawa ce n’est pas un hasard non plus, c'était là où nous étions allés avant les JO de Tokyo… Notre groupe se remémore les bons souvenirs pour essayer de boucler la boucle comme il faut. Il y a plein de signes".
La quête d'une médaille mondiale
Car ces Championnats du Monde ressemblent à une dernière danse pour quelques tauliers de cette génération dorée double championne olympique, championne d’Europe et quadruple vainqueure de la Ligue des Nations. Seule manque donc à son palmarès une breloque mondiale.
Jenia Grebennikov avoue : "L’aventure de ce groupe a commencé en 2014 aux championnats du monde où on fait quatrième, c’est là qu’on a commencé à être performants. Mais aux Mondiaux en 2018, il y avait un système de tableau bizarre. En 2022, nous étions très performants, on aurait dû aller en demies."
La der’ annoncée de Toniutti
Pour le capitaine Benjamin Toniutti, ces Mondiaux devraient être l’épilogue de sa carrière internationale. "Ce serait top d’avoir une médaille dans chaque compétition, de groupe le mérite mais je n’échangerais pas pour autant mes deux médailles aux Jeux contre une médaille aux Championnats du Monde", sourit Jenia Grebennikov.
Earvin Ngapeth ajoute: "Cette médaille est la dernière qui nous manque donc on est tous très motivés pour aller la chercher. On avait tous envie d’aller encore plus loin, pour certains, il y a l’envie de continuer encore après. Mais c’est sûr que ce Mondial est la dernière compétition pour l'ossature de ce groupe".

Le rôle de la nouvelle génération
Trévor Clévenot fait la transition entre les générations. Il était d’ailleurs le capitaine en mai d’un groupe très rajeuni pour le début de la Ligue des Nations. "Nous nous sommes toujours considérés comme une grande famille, avec les plus jeunes qui s’intègrent aux valeurs que nous donnons à cette équipe depuis des années. Je trouverai ça beau de finir sur une médaille tous ensemble, pour marquer le coup avec ceux qui vont arrêter l’équipe de France en fin de saison", espère le réceptionneur-attaquant du club d’Ankara (Turquie).
Mathis Henno, 20 ans, incarne la relève et est sélectionné pour ces Championnats du Monde. "C’est une fierté, je suis avec le groupe champion olympique, ça me fait super plaisir. J’ai ressenti qu’il y avait chez les cadres de l’équipe une vraie volonté d’aller chercher cette médaille, nous en avons beaucoup parlé ensemble et on bosse dur pour cela", raconte le fils de l'ancien libéro international Hubert Henno.
Les défis à relever
Les Bleus, qui retrouveront Earvin Ngapeth et Jean Patry, devront finir en tête de leur groupe, composé de la Corée du Sud, de la Finlande et de l'Argentine.
Jean Patry assure : "Au regard des prétentions qui sont les nôtres, c'est inimaginable qu'on ne passe pas les poules. On est tous en mission sur ce championnat du monde. On a à cœur d'aller chercher cette médaille qui nous manque."
Les honneurs de la nation
Les joueurs et le staff de l’équipe de France masculine de volley ont été reçus au Palais de l’Élysée pour y être décorés par le président de la République. Emmanuel Macron a notamment promu le capitaine, Benjamin Toniutti, au grade d’officier de l’Ordre National du Mérite.

Une réception a été organisée pour saluer sa médaille, à l'hôtel de ville de cette commune de 10.000 habitants, où il a grandi et où réside ses parents. Benjamin Toniutti confie qu'il a reçu beaucoup de messages de sympathie. "On sent qu'on a marqué un peu l’histoire" dit-il, pour lui cette médaille d'or "ce sera un moment gravé à jamais."
Tableau des distinctions et palmarès de Benjamin Toniutti
| Distinction | Année |
|---|---|
| Officier de l’Ordre National du Mérite | [Année de réception de la distinction] |
| Palmarès | Année(s) |
|---|---|
| Ligue Mondiale | 2015, 2017, 2022 |
| Championnat d'Europe | 2015 |
| Médaille d'or olympique | 2021 |
| Ligue des champions | 2021 |