Les relations entre la LFP et Canal+ semblent plus que jamais au point mort.
Après plusieurs années de désaccords entre les deux parties concernant les droits TV du football français, de nouvelles tensions sont apparues.
Maxime Saada, patron de la chaîne cryptée, a adressé un courrier à Nicolas de Tavernost dans lequel il met en demeure la LFP de lui libérer les flux de distribution dès jeudi, faute de quoi il attaquera la Ligue en justice, révèle L'Equipe.

Un accord de distribution qui capote
Canal+ reproche à la LFP de ne pas avoir respecté un accord de distribution, que les deux groupes avaient enfin trouvé pour permettre au media crypté de donner accès à Ligue 1+ à ses abonnés, évoquait L'Equipe mercredi.
Cet accord, obtenu après des semaines de blocage, aurait finalement capoté, alors que la Ligue aurait demandé en contrepartie l'abandon des poursuites judiciaires menées par Canal+ autour d'un précédent contrat de diffusion du championnat de France.
Amazon avait alors récupéré les droits laissés vacants par l'arrêt prématuré de Mediapro pour une somme réduite, quand Canal+ payait encore plein tarif pour 20% des matches du calendrier.
Des années de bisbille
Ce point de rupture entre Canal et la Ligue est estimé comme nul par la chaîne, qui estime avoir obtenu un accord oral et écrit, avant que la Ligue ne souhaite y inclure l'arrêt des actions en justice.
Dans un premier temps, Maxime Saada écrit : "De manière aussi inattendue qu'incompréhensible, vous avez indiqué que l'"application" de l'accord (ndlr : de distribution) supposait que Canal+ renonce à ses demandes dans le cadre des contentieux en cours contre la LFP Media relatifs à l'attribution des droits de Ligue 1 à Amazon en juin 2021... Nous avons cherché la mention d'une telle condition dans les nombreux échanges écrits que nous avons eus, en vain...".
Avant de conclure : "En conséquence, nous vous mettons par la présente en demeure de démontrer, avant le 21 août au matin, que les parties avaient fait de la renonciation par Canal+ à l'ensemble des contentieux en cours contre la LFP un élément essentiel du contrat de distribution du service Ligue 1+. À défaut, ce contrat est réputé conclu depuis le 18 août au soir et doit recevoir application immédiate.
En l'absence d'une telle démonstration, nous vous mettons en demeure de mettre à nouveau à disposition de Canal+ les flux permettant la distribution du service Ligue 1+, et ce impérativement avant le 22 août 2025, 15 heures, afin de permettre à Canal+ de proposer ce service à ses abonnés avant le début de la deuxième journée du championnat de Ligue 1. À défaut, nous n'aurons pas d'autre choix que de porter cette affaire sur le plan judiciaire."
La Ligue ne plie pas
Dans un courrier révélé par L'Equipe, LFP Media a rétorqué sèchement en opposant une fin de non-recevoir aux exigences de la chaîne cryptée.
"Cette démarche choquante ne vise sans doute ni plus ni moins qu'à tenter de venir perturber le bon déroulement de la commercialisation de Ligue 1+, alors même que nous espérions fonder les bases d'un vrai partenariat avec Canal+.
Sur le fond, contrairement à ce que vous soutenez de manière erronée, il n'existe aucun contrat entre LFP Media et Canal+ permettant à cette dernière de distribuer Ligue 1+", a-t-elle écrit, avant de prévenir Canal+ de ne pas franchir de ligne rouge.
LFP Media vous fait par ailleurs expressément défense de vous prévaloir d'un accord intervenu permettant à Canal+ de commercialiser Ligue 1+.
LFP Media vous demande expressément de cesser de perturber les conditions de distribution des acteurs avec lesquels nous avons trouvé un accord en bonne et due forme.
Même si les deux patrons de médias sont amis à la ville, leur dernière négociation sur les droits TV de la Ligue 1 n’avait rien de chaleureux.

Canal+ : un simple distributeur ?
Canal+, qui espérait co-diffuser l'affiche du dimanche soir en Ligue 1, sera un simple distributeur, selon les informations de RMC Sport.
Canal+ ne reviendra pas par la grande porte.
La chaîne cryptée aspirait à faire son retour dans l'optique de la chaîne de la Ligue 1, prévue pour le lancement de la saison 2025-2026 (le 15 août), mais il n'en sera rien à en croire les informations de nos confrères de RMC Sport.
Ces derniers affirment ce lundi que la chaîne cryptée ne sera pas un partenaire de la Ligue 1, pas plus qu'un co-diffuseur.
D'après RMC Sport, LFP Média va faire de Canal+ un simple distributeur de sa chaîne, à l'instar des fournisseurs d'accès internet et tous les autres distributeurs potentiels (Amazon, DAZN...).
Les raisons du désaccord
Visiblement, les contreparties demandées par Canal+ ont été jugées trop importantes.
En froid avec la LFP, et malgré les déclarations de Maxime Saada, Canal+ n'a donc pas obtenu ce qu'il voulait.
Dans le registre des droits TV de la chaîne de la Ligue 1, la proposition de DAZN (prise en charge globale des besoins de production, éditoriaux, marketing et communication pour un montant de 110 millions sur les deux prochaines années) aurait également été déclinée.
BeIN Sports, lui, va rester détenteur du droit de la rencontre du samedi 17 heures contre 78,5 millions d'euros annuel, selon RMC Sports.
Ainsi, 8 matchs sur 9 seront diffusés sur la nouvelle chaîne en 2025-2026 (et théoriquement 9 sur 9 dès la saison 2026-2027).
Troisième journée du championnat et toujours pas de Ligue 1+ sur Canal+.
Au plus grand désarroi du journaliste Patrick Chêne qui a interpellé Maxime Saada sur X.
"J'ai enfin réussi à retrouver la Ligue sur ma TV en passant par DAZN et ma TV LG. Je ne passe plus par Canal+. Cela peut m'inciter à cesser mon abonnement. Je ne comprends pas, Maxime Saada. Expliquez-moi votre stratégie", a-t-il écrit.
Le patron de la chaîne cryptée n'a pas tardé à lui répondre.
"Nous avons fait le maximum pour distribuer la nouvelle chaîne cet été, en mobilisant les équipes de Canal+ en pleine trêve estivale", a-t-il assuré.
Avant d'ajouter: "Mais une exigence de dernière minute de la part de nos interlocuteurs, alors que toutes les conditions techniques et commerciales étaient remplies, a compromis le lancement, à notre grand regret. Croyez-bien que notre seule préoccupation est de satisfaire nos abonnés."
Une petite pique en direction de la LFP, alors qu'un deal entre les deux parties a capoté à la dernière minute.
Alors que Ligue 1+ et Canal+ étaient très proches de trouver un accord de distribution avant la deuxième journée du championnat, il n'a pas vu le jour en raison du passé.
Canal+ réclame en effet toujours 600 millions d'euros de réparation à la Ligue, ce à quoi Nicolas de Tavernost n'a pas cédé.
"Je ne sais pas être partenaire le matin et adversaire l'après-midi. Je vais vous prendre une image : vous vous séparez de votre femme, puis vous vous réconciliez. Elle ne va pas continuer à vous réclamer une pension ? Pour Canal, c'est un peu la même chose", avait reconnu le patron de LFP Media dans l'émission l'After Foot.
Mais la chaîne cryptée a contre-attaqué et souhaité "contraindre" la diffusion de Ligue 1+, estimant que l'accord est acté.
La Ligue, par l'intermédiaire de son responsable des affaires juridiques, a alors a son tour menacé d'engager des poursuites en justice.
Maxime Saada, le président de Canal+, s'est adressé à son service des sports à quelques jours du résultat de l'appel d'offres de la Ligue des champions pour 2027-2031.
Avant cela, alors que Canal+détient aujourd'hui 100 % des Coupes d'Europe jusqu'en 2027, Maxime Saada est venu s'adresser ce vendredi après-midi à sa rédaction des sports.
Il a d'abord rappelé l'originalité de cette commercialisation des droits de la Ligue des champions, avec un lot, celui de la meilleure affiche du mardi, destiné à une plateforme mondiale.
Le président de Canal+aurait confié croire véritablement à une offre d'une ou plusieurs plateformes.
Il aurait notamment cité YouTube, qu'il attend pour cet appel d'offres ou le suivant, ou encore Apple ou Netflix.
Son discours aurait été le suivant, en substance : « Quand Netflix est à 13 millions d'abonnés en France, pour aller en chercher 14 ou 15, ce n'est pas avec une nouvelle série ou un film qu'elle y parviendra mais avec ce genre de produit ».
Maxime Saada a aussi rappelé que lors de la dernière négociation, il avait formulé une offre liée où il remportait 100 % des matches ou ne prenait rien...
Un moyen de mettre la pression sur l'UEFA à l'époque, même si lui ne l'a pas formulé ainsi face à ses salariés.
Mais, comme pour préparer ses troupes, le patron de Canal+a justement déclaré que la chaîne n'avait plus forcément vocation à diffuser 100 % des matches alors qu'elle dépense actuellement autour de 480 millions d'euros par saison pour les trois Coupes d'Europe en intégralité.
Il a enfin rappelé que le dernier accord avait été signé dans un autre contexte, en 2022, où Canal+cherchait à se « désintoxiquer » de la Ligue 1.
Le président de la chaîne cryptée a enfin dévoilé que l'antenne française du groupe serait légèrement rentable cette année mais qu'elle devait accroître sa marge.
Alors qu’un accord était en passe d’être signé, Canal+ n’a pas voulu renoncer à ses poursuites judiciaires envers la Ligue datant de plusieurs années.
Malgré l’absence de contrat, la chaîne de Maxime Saada a exprimé via une lettre sa volonté de distribuer Ligue1 + ce que la Ligue a refusé.
Lancée en dernière minute par la Ligue de football professionnel (LFP), la nouvelle plateforme est pour l’instant une réussite.
Les promesses ont globalement été tenues avec des images immersives, des caméras dans le vestiaire des équipes, des arbitres et même des entretiens en visio avec les joueurs après les rencontres.
L’opération séduction semble fonctionner, malgré le couac d’Amazon Prime qui n’a pas diffusé l’avant et l’après-match de Stade Rennais - Olympique de Marseille lors de la soirée de lancement.
Principale plateforme audiovisuelle en France, Canal+ était le seul à ne pas distribuer la chaîne malgré l’appel du directeur général de LFP Média : « Canal+ est le bienvenu. Malgré cette absence, nous avons réussi notre démarrage. Encore une fois, Canal+ est le bienvenu si nous trouvons un accord ».
Une main tendue malgré les tensions entre les deux partis depuis plusieurs années.
Pour contrarier la soirée de lancement de la nouvelle plateforme, C + a diffusé en clair au même moment Liverpool - Bournemouth, première journée de Premier League et a même refusé la vente d’encarts publicitaires à la Ligue pour promouvoir Ligue 1 + comme BeIN Sports.
Une position pour saboter la jeune chaîne avec peut-être l’espoir de récupérer les droits du football français à moindre coût en cas de nouvel échec.
Mais finalement, ce lancement a été une réussite accueillit avec intérêt par le public.
C’est ainsi que les discussions ont redémarré dans le plus grand secret.
Toujours selon L’Équipe, les négociations ne se tournaient pas vers une distribution exclusive comme ce fut le cas il y a quelques semaines mais pour une distribution simple, non exclusive comme pour les autres distributeurs.
Cette solution paraissait être la première pierre d’un partenariat en faveur du football français.
La chaîne cryptée était prête à diffuser le championnat, de nombreux techniciens étaient sur le pont et une bande-annonce avait même été enregistrée pour l’occasion.
Sauf qu’un sujet est venu tendre les échanges.
Un différend qui a conduit Canal+ a porté plainte contre la LFP.
Pour que Ligue 1 + soit diffusé, il fallait que Canal+ renonce à ses poursuites, une condition obligatoire formulée par un courrier envoyé par la Ligue et Nicolas de Tavernost.
Une requête que la chaîne cryptée par l’intermédiaire de Maxime Saada a refusée, souhaitant une réparation du préjudice - son groupe demande 600 millions d’euros de dédommagement -.
Dans un courrier, Nicolas de Tavernost a ensuite averti les clubs de ces derniers événements avec la chaîne cryptée.
« La demande de retrait des poursuites est non seulement motivée pour mettre fin à un combat judiciaire quasi permanent depuis quatre ans mené par le Groupe Canal+, mais également pour marquer un lien de confiance rétabli entre LFP/LFP Media et le Groupe Canal+.
Le Groupe Canal+ a refusé de retirer ses poursuites, et, malgré l’absence explicite d’un accord entre celui-ci et LFP Media, souhaite désormais contraindre la distribution de Ligue 1 +. »
Malgré l’absence de contrat signé entre les différents protagonistes, Maxime Saada et Canal+ considèrent qu’ils peuvent distribuer la nouvelle chaîne de la Ligue.
Le refus de la Ligue de laisser le flux à Canal+ a poussé la chaîne cryptée à envoyer une lettre véhémente accompagnée d’un ultimatum - vendredi 22 août 15h- au siège de la LFP.
Les positions sont claires, Canal+ considère qu’un accord avait été trouvé permettant ainsi la diffusion de Ligue 1 +.
La condition de renoncer aux poursuites judiciaires ne passe pas non plus auprès de la chaîne cryptée qui considère que cette requête est arrivée à la toute fin des négociations dans une lettre que L’Equipe s’est procurée.
« En conséquence, nous vous mettons par la présente en demeure de démontrer, avant le 21 août au matin, que les parties avaient fait de la renonciation par Canal+ à l’ensemble des contentieux en cours contre la LFP un élément essentiel du contrat de distribution du service Ligue 1 +.
« En l’absence d’une telle démonstration, nous vous mettons en demeure de mettre à nouveau à disposition de Canal+ les flux permettant la distribution du service Ligue 1 +, et ce impérativement avant le 22 août 2025, 15 heures, afin de permettre à Canal+ de proposer ce service à ses abonnés avant le début de la deuxième journée du championnat de Ligue 1.
À défaut, nous n’aurons pas d’autre choix que de porter cette affaire sur le plan judiciaire.
De son côté, la LFP dément formellement un accord entre les deux entités et répond aux menaces émises par le groupe Canal+.
Par l’intermédiaire de Douglas Lowenstein, le responsable des affaires juridiques de la LFP Média, la Ligue a répondu avec beaucoup de fermeté au groupe dirigé par Maxime Saada pointant, « un grand nombre d’erreurs, inexactitudes et déformations de la réalité des faits, de nos échanges et du déroulement des discussions qui ont eu lieu ».
« Sur le fond, contrairement à ce que vous soutenez de manière erronée, il n’existe aucun contrat entre LFP Média et Canal+ permettant à cette dernière de distribuer Ligue 1 +.
En effet, et d’évidence, les discussions entre les équipes de LFP Média et Canal+ n’ont pas permis d’aboutir à un accord sur l’ensemble des éléments essentiels et l’éventuel accord à intervenir était clairement conditionné à la renonciation par Canal+ aux procédures judiciaires en cours, explique le responsable des affaires juridiques avant de conclure, LFP Média vous demande expressément de cesser de perturber les conditions de distributions des acteurs avec lesquels nous avons trouvé un accord en bonne et due forme.
La réponse est plutôt claire, et Canal se retrouve dans une situation de faiblesse.
L’excellent démarrage de Ligue 1 + prouve que la LFP n’est pas dépendante de la chaîne cryptée, alors que cette dernière qui aurait pu proposer avant même le début de la saison, la plus belle offre football - dont l’intégralité de la L1 - a préféré miser sur un échec de la nouvelle plateforme.
Une volte-face surprenante mais les tensions passées sont revenues à la surface.
Les clubs l’espéraient, et avec eux à peu près tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la Ligue 1.
Mais le retour de Canal + dans la production et la distribution du championnat a fait pschitt, a annoncé le président de la chaîne Maxime Saada à L’Equipe.
« Nous avons informé la Ligue ce vendredi. C’est un rendez-vous manqué, Canal+ jette l’éponge, a expliqué ce dernier.
Nous avons choisi de renoncer.
Nous considérons que les conditions ne sont pas réunies pour que Canal+ distribue la nouvelle plateforme de la Ligue 1. »
Canal apportait une base conséquente d’abonnésDeux scénarios étaient envisagés, que Maxime Saada confirme vendredi soir.
Le premier proposait que Canal+, moyennant un minimum garanti à déterminer, serait distributeur exclusif de la chaîne, avec une co-diffusion de l’affiche du dimanche soir.
Dans le second, le groupe se proposait d’être un distributeur non-exclusif, comme tous les autres acteurs du marché, avec l’avantage de bénéficier d’une force de frappe en France sans aucune commune mesure.
« Nous estimions apporter très vite entre 800.000 et 1 million d’abonnés au lancement, rien qu’avec Canal+ », assure Maxime Saada.
Aucun des deux ne verrait donc le jour.
Le dirigeant met notamment en avant un désaccord avec la LFP sur le prix de l’abonnement.
« On voit mal comment vendre une chaîne qui ne comporte pas la totalité de la L1 la première année (huit matchs sur neuf par journée) autour de 20 euros, comme évoqué par la Ligue.
C’est trop élevé », dit-il, beIN Sport détenant les droits d’une affiche par journée pour la saison à venir.
Un tarif qui n’est cependant pas tout à fait exact, selon L’Equipe.
Il serait prévu une offre de lancement à 14,99 euros par mois pour la saison, avec un tarif préférentiel pour les moins de 26 ans, à 9,99 euros mensuels.
Le temps presse, en tout cas.
